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Tome sixième. T - Z.
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diatement du saint siège, est fondée par le pape Urbain IV,& bâtie au même endroit où ce pontife prit naissance :elle fut achevée par le cardinal de sainte Praxède , sonneveu, 8c consacrée en l’an 1389 , par Pierre d’Arcies,soixante-quatorziéme évêque de Troyes. Son chapitre estcomposé d’un doyen , d un trésorier , d’un chantre & deneuf chanoines , dont les prébendes ne valent pas à pré-sent plus de cent cinquante livres chacune. Le doyen , quiest électif, & qui doit être confirmé par le pape, a ledouble , & les deux autres dignités ont chacune une pré-bende & demie : elles sont à la collation du roi & dudoyen alternativement. 11 y a aussi quatre chapelains deNotre-Dame & de saint Nicolas, pour faire Toftice , &d’autres chapelains, qui font nommés par le doyen seul.

La ville de Troyes a quatorze paroisses, deux abbayesd’hommes & une de filles. L’abbaye de saint Loup, dePerdre de saint Augustin , éroit en réputation dès Tannée690, & avoir alors pour abbé Theudccaire. Le 2.6 mai72.4 ,l'église fut consacrée en l’honneur de la Vierge. En870 , Charles le Chauve y donna plusieurs biens, & la fitrebâtir. Suivant le sentiment de l’abbé Guitere , qui vivoitPan 1134, cette abbaye étoit au fauxbourg de Troyes,où est maintenant saint Martin ès Aires, laquelle ayant étéruinée par les Normands en 892 , les religieux se retire-rait dans la ville, où ils font à présent, & y apportèrentle corps de saint Loup. On appelloit alors l'église, quinetoit qu’une chapelle, Notre-Dame de la Cité, Mariade Civitate. Cette abbaye a cté autrefois desservie par uncollège de chanoines régis par un prévôt. Le 29 de novem-bre n35 , cette abbaye prit la régie de saint Augustin,par la conduite d’Hatton , cinquante - sixième évêque deTroyes , & de saint Bernard, & par Pautorité de Thi-bault II du nom , comte de Champagne, qui, charmé dela vie exemplaire des religieux de saint Martin ès Aires,& prenant occasion de ce que le service divin languissoítdans Pabbaye de saint Loup , y établit cette régie, parl avis de plusieurs prélats & de saint Bernard , du consen-tement des chanoines , avec cette condition , qu’ils ne for-tiroient point de leur église, qu’ils y resteraient pendantleur vie , qu’artivant le décès de l’un d’eux , fa place se-roit remplie par un régulier de saint Augustin : ce qui futaccordé. Il n’y eut point d’abbé établi d’abord ; maisGuillaume , abbé de saint Martin , gouverna cette maisonpendant dix-huit.mois,après lesquels le pape Innocent II,à la priere de Thibault, comte de Champagne , écrività cet abbé Guillaume de continuer à gouverner les cha-noines de saint Loup , & qu’en la place de ceux qui vienidroient à mourir , il n’y mît que des réguliers ; 8c que sicette abbaye venoit à perdre fa discipline régulière , elleseroit réformée par celle de saint Martin, & respective-ment celle de saint Martin par l’abbaye de saint Loup ;& que si la régularité venoit à manquer d toutes les deux,les abbés de Ciairvaux & de Pontigny les réformeraient :c’est ce qui se lie en la bulle de ce pape de l’an 1136.Te 1 x juin x 157, on fit Gérard , prieur de saint Martin,abbé de saint Loup. En 115 3 ou 11 6 3 , Henri I du nom,comte de Champagne , donna plusieurs biens à cette ab-baye , avec une prébende de l’église de saint Etienne, &un livre des évangiles, couvert de lames d'argent & depierreries , dans lequel cette donation est écrite , avec dé-fense de le vendre pour quelque cause que ce soit. Onvoit, dans- ce même livre , le portrait d’Henri, fils de cecomte, qui est représenté fort jeune, afin dc conserverla mémoire de la naissance de ce prince, arrivée le jourde saint Loup , & du don fait, par le comte son pere ,cn action de grâces de la naissance de ce prince. En 1184,le comte Henri II du nom , confirma les donations queses prédécesseurs avoient faites à cette abbaye , lui donnaencore de nouveaux biens, & lui accorda de nouveauxdroits. L’église de saint Loup est en forme de croix , &tous les croissants font de même forme & grandeur ; sonautel est superbe & magnifique. On prétend que le reli-quaire , en forme de chef, qui renferme la tête de saint"Tqup, vaut plus de deux cents mille livres ; on y ad-mire les figures de l’auiel de saint Augustin & de sainteMonique , & le tombeau de Nicolas Fréjot, abbé régu-ler de cette maison. Cette abbaye vaut six mille livrese rente à l’abbé trois mille livres aux religieux , qui°nt au nombre de huit, y compris deux religieux de Tab-■y e de Chante-Merle 3 dont Te monastère suc supprimé

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en 1690. îl a été uni à la inense conventuelle de l’abbayede saint Loup, à condition de recevoir deux religieux,qui porteraient le nom de religieux de Chante - Merle ,pour lesquels l’abbé de ce lieu doit donner, aux religieuxde saint Loup , sept cents livres par chacune année. Certeabbaye de Chante-Merle étoit dans un bourg fermé demurailles , entre Ville-Noce & Barbonne ; elle étoit au-trefois fort belle & fort agréable. Ces deux abbayes onttoujours eu entr’elles une alliance spirituelle, comme ilse voit dans lc livre des obits de l’abbaye de faine Loup.

L’abbaye de saint Martin ès Aires, en latin in Areis ,est de Tordre de -saint Augustin. En 427 , saint Loup sutenterré dans une chapelle basse & obscure de leglisedecette abbaye , dite de saint Vorle. On prétend que ce saint,qui fut le huitième évêque de Troyes, fit bâtir cette ab-baye en 523. Elle étoit , en ce rems, hors de la ville,depuis, ayant été renfermée dans son enceinte , on lanomma Notre-Dame de la Cité, ensuite -saint Martin èsAires, qui est le nom qu’elle porte aujourd'hui.

Elle fut ruinée par les Normands en 892. Cette ab-baye vaut deux. mille livres de rente à Tabbé , 8Caux religieux, au nombre de quatre, douze cents li-vres.

On voit dans leglise de saint Nicolas un sépulcre deNotre-Seigneqr ; il est d’un beau travail , & fait avec tou-tes les dimensions de celui de Jérusalem. Les vitres deleglise de saint Pantaléon sont très-belles 8c d’un grandprix, ainsi que les tableaux 8i les figures dont elle estremplie.

L’abbaye de filles, fous le titre de Notre Dame, estde l’ordre de saint Benoit; on croit qu’elle a été fondéeenviron Tan 681 par saint Lençon , dix huitième évêquede Troyes, qui y mit des femmes & des filles idolâtresqu’il avoir converties a la foi. II paraît par une chartrede Tan 1183 , donnée pat Gertrude , abbeílè de ce mo-nastère , en faveur des chanoines de saint Nicolas de Se-zanne, qu’il y.a voit alors dans cette abbaye, outre les re-ligieuses , des chanoines, des convers ou oblats qui por-toient l’habit de religieux & des scrvans de la maison ;qu’il y avoir aussi un prévôt qui rendoit la justice , 8cdeux évangélistes qui y chanroient Tévangile. II y a à pré-sent dans ce monastère, outre l’abbeíïè , quarante reli-gieuses , dont le revenu est de dix mille livres.

Les chevaliers de Malthe ont dans cette ville une com-manderie , dont le revenu est de douze mille livres.

Il y a en outre , dans cette ville, un prieuré de saintQuentin, de Tordre de saint Benoît, qui vaut sept cents livresde rente. Un séminaire dans Tun des sauxbourgs pour Tins-truction des jeunes ecclésiastiques , gouverné par les prêtresde la mission-, son revenu est de quarante-cinq mille livres,dont trois mille s’imposcnt fur le clergé de Troyes. Fran-çois Bouthilier , ancien évêque de Troyes, a fait bâtir à sesdépens un autre petit séminaire pour y élever de jeunesgens qui marquent avoir de l’inclination pour Tétat ecclésia-stique , & qui n’ont pas le moyen d’étudier à leurs dépens.Ce prélat a obtenu la permistìon du roi de faire cet établis-sement en 1693.

Une maison des prêtres de Toratoire de Jésus, au nom-bre de sept ou huit, qui arrivèrent à Troyes le 27, février1 6 18, ils furent logés pendant quelques jours dans Tévêche,& ensuite dans une maison acquise en leur notn le 4 no-vembre 1619. Ils entrerent dans Thôpital du saint Espritqu’ils eurent pat échange dune prébende de saint Honoréde Paris. Cet hôpital fut uni à leur congrégation du con-sentement du grand aumônier de France 8c des habitansde la ville. Cette maison n’a que sept cents livres de re-venu , outre les pensiohs que payent ceux qui y demeurent.Ces peres de Toratoire enseignent les humanités, la philo-sophie & la théologie dans un college fonde en partie parM. de Piihou.

II y a encore dans Troyes , un couvent de dominicainsoù il y a douze religieux ; ils ont été établis par Thi-bault IV du nom , comte de Champagne , qui leur donnala maison de Guy deChappes, située auprès de son vergerde Troyes. La chartre est datée du mois de juin 1232. EnTannée 1237 , Agnes, dame de Plancy , donna à ces reli-gieux , du consentement de ses enfans, fa maison qui étoitproche de leur couvent. Le roi Philippe le Long leur donnaun foste venant de la Seineproche de leur maison, 8cquelques maisons de tanneurs. Le titre de cette donation est

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