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Tome sixième. T - Z.
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Lcdeilik ou k dignité de dey , ayant eu un fondement siruineux, a été un théâtre, où depuis cette ptemiere épo-que , les deys ne (ont entrés fur la ícène, que pour y fairele personnage de rois malheureux, fur qui romhoir route kcatastrophe des intrigues qui nailloient, ou entre le divanSc les beys, ou entre les beys mêmes lorsqu’il y en avoirplusieurs en même tems.

Le divan a eu le même fort que les deys : quelque remsaprès Sìnan bacha , il fe vit au plus haut point de ion au-torité par sélection des agas ou chefs du divan , dont lacharge ne dnroit que six mois , & qui ne fa i soi t rien qu’a-vec la délibération de tout le divan ; mais les précautionsque ces républicains prirent pour fe maintenir dans l’espécede gouvernement qu’ils regardoient comme le plus doux ,leur devint à charge. Les boulouk-bachis , d’enrre lesquels ondevoir choisir l 'aga , devinrent fi fiers par la fréquente élec-tion qu'on saison d’eux , que chacun commençoir à tran-cher du souverain. Ainsi au lieu d’un maître , donr ilsavoienc secoué le joug en dérriiiíant l'autorité du bacha , ilss’étoient donné plusieurs petits tyrans, qu’ils fe lassèrent en-fin de souffrir. La milice , qui en fut la premiere méconten-te , commença par élire Kalif, premier dey ; le divan le fitmassacrer & élut Ibrahim. A Ibrahim succéda Cara Os-man , troisième dey , sous lequel s’introduisit la nouvelleautorité des beys en la personne de Morat I. Ce fut fous cebey Sc ses descendans que le divan déchut peu à peu. Le di-van s’apperçut bien dès le commencement quel ombrage ildevoir prendre du grand pouvoir que les beys ufnrpoient,en rendant leur autorité héréditaire dans leur maison , Scen fe fortifiant par les alliances qu’ils contractoient avec lessultans-Arabes , voisins de ce royaume. Cette républiquefit plusieurs efforts pour secouer le joug qui s’appéfantistoitde jour en jour, Sc c’est ce qui a donné lieu à un grand nom-bre de révolutions.

TUNLIEU, ville de la Chine , dans la province deChannsi , au département de Lugan, quatrième métropolede la province. Elle est plus occidentale que Pékin de 4 d3 ss par les j 7 d z 8' de latitude. * Atlas Sinenfis.

TÍ7NN0CELUM , ville de la grande Bretagne. Il enest parlé dans la notice des dignités de l’Empire , se£t. 6$ ,où on lit Tnbunus cobortis prima Aelia clafíica Tunnocelo.Cambdett dit que c’est présentement Tinnmoutb.

TUNQU1N, royaume de l’Asie, borné au nord Sc â l’o-lient par les terres de la Chine ; au midi , partie par legolfe de Cochinchine , partie par ie royaume de ce nom ;au couchant par le royaume de Laos, Ce royaume est undes plus beaux & des plus considérables de l’Orient, soitque l’on considère son étendue , le nombre de fes habitans& la quantité de fes gouvernemens ; soit que l’on faste at-tention aux richesses que lui procure le commerce, à l’a-bondance des choses nécessaires à la vie , d la magnificencede la cour, & aux armées que le roi entretient tant iurmer que sor terre. A la vérité, il ne paroîtra pas d’unefort grande étendue , si on le compare avec ia vaste monar-chie de la Chine, dont il étoit même autrefois une des seizeprovinces. Cependant si l’on considéré ront le pays que ceroyaume comprenoit autrefois , où l’on parloir une mêmelangue , Sc où les mœurs & les loix étoient semblables , onlui trouvera quinze cents milles de longueur depuis l’extré-miré de la province de Canton, jusqu’aux frontières duroyaume de Ciampa. Quoique ces deux lieux, dont le Tun-quin est borné, soient renfermés dans la latitude de onzedegrés, parce que néanmoins 1 espace qui joint ces deuxextrémités fe courbe fort en-dcdans , en maniéré de crois-sant , où la mer forme un grand golfe , il íe trouve qu’enmesurant le circuit depuis une extrémité jusqu’á l’autre, lalongueur est de quinze cents milles, Sc la largeur feulementde six cents milles. Les Tunquinois, qui, pour mesorer, sefervent de journées au lieu de milles, disent que leur royau-me a cinquante journées d’un homme de pied en longueur,

& vingt en largeur. Dans cet espace il y a plusieurs princes ;

5í comme l’empire de la Chine a été divisé en seize royau-mes , celui-ci lest en un pareil nombre des provinces. Cettedivision a ete changée depuis, selon le caprice de ceux quiont gouverné, Sc qui en postédoient tantôt plus , tantôtmoins ; de forte que selon le nombre des gouvernemens qujsubsistent à présent, on y peut compter cinq princes qui ensont comme les souverains ; & si on y veut comprendre cer-tains peuples, qui demeurent sor les montagnes les plus re-culées , Sc qui obéissent a deux petits rois ; l'un appelle le mi

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de TEau , & l’adtre le roi dit Feu ; on en trouvera sept. Lepremier est le roi de Tunquin ; le second de ia Cochinchi-ne , quoique pour des raisons particulières, il n’en portepas le nom, Sc se fasse appeller Gna Ga , c’est à-dire , mai-son illustre Sc ancienne ; le troisième est le roi de Ciucan-ghe , qui jouit immédiatement de la province de Quiangsi,dans la Chine ; le quatrième est connu fous le nom de Peticroi de Baò ; le cinquième est celui du Petit Lao , distinguéde celui du grand Lao , qui n’esl pas du Tunquin ; le sixiè-me Sc le septième sont compris dans Rtmoï , où demeurentdes peuples sauvages , dom une partie obéit aux petits roisdu Feu Sc de l’Eau. Ceux qui excluent le Lao du Tunquin »mais non de la dépendance ni de l’obligatiou qu’il a depayer tribut, y substituent le peuple Ay, où la langue rou-quine est aussi en usage , quoique l’on s’y serve ordinaire-ment d’un dialecte qui lui est particulier. Les Tunquinoisfont une autre division de leur royaume. Ils le partagent entrois parties ; savoir Tunquin, Cochinchine, Sc Ciucanghe.Les principales provinces Sc les plus renommées font autnombre de six. il y en a deux qu’on appelle Guiaom ScThing Hoâ ; les autres quatre fe divisent selon les quatrevents principaux en égard à la ville royale On les nommela province du Levant, du Couchant, du Nord Sc du Sud.On y compie huit mille six cents quarante cinq bourgs oavillages , fans y comprendre quantité de hameaux qu’onappelle Thon , Sc dont le nombre est presque infini. * Lepere Marigni , Relat. du royaume de Tunquin , c. z.

Les commencemens du royaume de Tunquin font assezincertains. Voici ce qui paroîc le plus vraisemblable. Ceroyaume a reçu autant de noms diffère s , qu’il a été connude d fférenres nations. Ses noms ses plus ordinaires sonrAn Nam , c’est à dire , Repos Aujlra! : Ton Kinh , Cour-Orientale -, Cao Ci ; Peuple aux doigts tonus. Ce dernierest un surnom que les Chinois donnèrent aux Tunquinoisen les menant prisonniers à la Chine , parce quMs avoiencremarqué ce défaut dans la plupart d’entr eux , lequel s estconservé jusqu’à présent en quelques familles. Ce nom aaussi été en usage depuis, pour désigner la partie de la mo-narchie de la Chine, appellée aujourd’hui Cochinchine, Scqui passe à présent pour un royaume séparé, D’autres ayantégard aux lèvres de ce peuple, qui sont extraordinairemencrouges , à cause de la bétel dont ils usent, leur donnerenc.depuis le nom de Xi’c-Qui , c’est à-dire , Démon rouge ,mais ceux ciappellerent leur royaume en leur langue Day-Vi et , nom que les Chinois donnent à leur empire, à 1 ex-clusion des autres ; car dans leur langue Day-Minh , veucdire la même chose que Day-Viet en tunquinois ; c’est-à-dire , grande clarté. On peut inférer de cette diversité denoms que le Tunquin fut autrefois une province de la dé-pendance de la Chine, lorsque ses limites s’étendoient au-delà du royaume de Siam » où les empereurs faisoient leurséjour ; c’est ce qui fit donner au Tunquin ie nom quine lui conviendroit pas aujourd’hui, ce royaume fe trou-vant au midi & à l’occident de la Chine, Sc non pas à sonorient.

11 semble que le Tunquin n’air commencé à prendre íaforme d’un royaume que lorsque le neveu , ou le fils du se-cond empereur de la Chine, s’en mit en possession. LesTunquinois nomment cet empereur Than -Non , c’est-á di-re , celui qui a inventé la charrue Sc Lissage de cultiver laterre. On en place l'époque plusieurs siécles avant la nais-sance de Jesos-Christ.Le ptuple vivoit sens loix & fans poli-ce , lorsque le neveu, ou ie fils de Than-Noû , entreprit deles soumettre Sc de les civilier. Ce peuple qui avoir toujoursvécu dans l’indépendance, eut peine à íùbir Ie joug. Leprince fur néanmoins si bien ménager leurs esprits, qu’ílles engagea à le reconnoître pour leur souverain. Il quitta,alors son premier nom, & fe fit appeller Kinh-Dúong ; ilchangea aussi le nom d; la femme en celui de Thân-Laô, SCajouta au sien le titre de Vóung , qui signifie roi. Cette mo-narchie subsista pendant plusieurs siécles, au bout desquelsl’empereur de la Chine y envoya douze de ses plus fameuxcapitaines qui le soumirent bien tôt -. mais ils le gardèrentpour eux. Le Tunquin fut alors partagé en douze provincesou royaumes , chacun de ces capitaines ayant affecté àsprendre ce titre dans la portion du pays qui lui étoit échue.

Un jeune Tunquinois de baffe naissance, & berger de faprofession , remit fa patrie en liberté , Sc pour récompensede fes services, il fut élevé fur Ie trône par ses compatrio-tes. Aq bouc de douze ans, ce héros ayant été assassiné, k»