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Tome sixième. T - Z.
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Ábu-Ferez. Quant au nouveau gouvernement que les Turcsont établi à Tunis, voyez. Ttmn, n®. 3.

Muley Hascenaffuroic qu'il étoit le crente-cinquiémeroìde fa famille, qui avoit régné l’un aprèsl’autre dans Tu-nis , par l’espace de quatre cents cinquante ans, Sc qu’iUétoient venus en droite ligne deMelchior, l'un des troisMages, II porroit pour armes en son écu, une lance entredeux épées, qui a voient la pointe en haut, avec trois crois-fans au-deffus, le tout couronné, avec une étoile fur lacouronne , pour marque de leur descendance ; mais quel-ques-uns des auteurs Africains disent que ces rois de Tunisviennent des Hentetes , qui est une branche de la tige deMuçamuda, i’une des cinq principales de l’Afrique. D’au-tres rapportent qu’ils sont descendus d’Omar, iecond ca-life ; c’est pourquoi ils prennent le titre d’Amir, & préten-dent être les succesteurs légitimes de Mahomet. Ces roisde Tunis ont régné long-tems en Sicile , Sc depuis ont ététributaires des Normands fur le déclin de l’empire des Ara-bes , du tems que Roger troisième gouvernoit, environl’an 1145, ensuite ils l’ont été des rois de France en 1 276 ;car saint Louisétans mort au liège de Tunis, son frétéCharles, roi de Sicile , accourut au secours des chrétiens,& contraignit le roi Muley Moztança à lui payer tribut.

2. TUNIS , royaume d'Afrique, dans la Barbarie, dontìl étoit le quatrième & le dernier du côté de l’orient. Ilcomprenoit autrefois les provinces de Constantine, deBugie, de Tunis, de Tripoli & d’Eflàb; c’est-à-dire, laplus grande partie du gouvernement de l’Afrique, & avoirplus de cent vingt lieues de longueur le long de la mer ;niais Eflàb n’est plus.aujourdliui de ses dépendances. Tri-poli fait un royaume à part, Sc Bugie & Constantine sontincorporées au royaume d'Alger ; ainsi Tunis a conservéseulement les villes du ressort de la province. Voyez l’arti-cle précédent.

3. TUNIS, état d’Afrique, dans la Barbarie, Cariacôte de la mer Méditerranée, qui le baigne au nord Sc àl’orient. Il a au midi divers peuples Arabes, & ati couchantle royaume d’Alger & le pays d’Ezab. Cet état répond àpeu près à lancier, état de Carthage , rel qu’il étoit avantles grandes conquêtes qu’il fit dans la luite. Le peuple est unmélange de Vandales, de Maures, de Turcs Sc de renégatsde toutes nations.

Cet état a été plus grand quil n’est, on le divise à pré-sent en huit provinces ou contrées, dont chacune prend lenom du chef-lieu. Voici leurs noms :

Tunis, Kairvan,

E 1 Media, Hamamece 011 Mahometa,

SouíTe ou Sousa , B,lette ,

Byrrsa, Porto Farine.

L’état de Tunis, selon de l’íste, comprend plusieursvilles & diverses bourgades ; mais la plupart ont étéminées par les Arabes, qui ne souffrent pas qu’onles rétabliste. Ils cherchent par - là â errer librementav ec leurs troupeaux, & à jouir des richeííès de lacampagne. Les principaux lieux qui subsistent aujourd’huisont :

Tabarca,

Biserte ,

Port-Farine »

La Goulette,

Tunis,

Hamamet,

Herguela,

Monaster ,

Sousa,

Africa, ruinée,

Caboudia,

Esfakes,

El-Hama »

Gabcs.

Begie,

La Gemme, .

Kairevan,

Jorbus,

Tebeííè ,

Sobaitele,

Cassa.

Toufera.

Sur la côte,

^ans les terres;

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í^ys des dattes

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Le gouvernement & Pair dans l’état de Tunis sont àpeu près les mêmes qu’à Tripoli ; mais le terroir y est unpeu plus fertile,fur-tout vers l’occident, parcequil n’estpas si sec que vers Porienr. Outre les huit provincesdont nous avons parlé, il y a des ifles qui dépendent del’état de Tunis ; savoir, Lampedouse, Linosa, Gameiera& Querquenes. Malte & Pemalarée en étoient auíìi, avantqu’eiles fuflènt prises par les Espagnols , qui les ont cé-dées aux chevaliers de saint Jean de Jérusalem. * Introducl.à Ihifìoire de /’ Afrique , c. 2 , p. v6ç>.

A parler généralement, Pétat de Tunis n’est nullementpropre à faire de grandes conquêtes. Les dignités de Dey ,de Bey Sc de Sacha , partagent trop P autorité quand estesfont divisées ; Sc si quçlqu’un les réunit, il peut comp-ter d’attirer fur lui l’envie de tous ses sujets. Le gouverne-ment , tel qu’il est établi, est exposé à un flux & refluxperpétuel, Sc d des orages qui renversent les plus hautesforaines.

Sinan hacha de la' famille des Cigalles de Gênes, aprèsavoir fait la conquête de Tunis, vit bien qu’un état compoíóde sujets , de mœurs, de coutumes Sc d’tntérêts distérens,11e pouvoit íubsister fans un grand ordre, des loix féveres Scl’autorité de quelque grand prince, fous la protection du-quel il pût gouverner un corps íì monstrueux. II le mit fouscelle du grand-feigneur , & y établit une milice , compoíced’abord de cinq mille Turcs , divisés en deux cents pavil-lons ; c’est-à dire , en autant de compagnies de vingt-cinqhommes chacune ; c’ell ce qu’on nomme olàah > Sc chacunesous un capitaine 011 0 Ida f-bachi. Les deux cents oldak-bacln étoient pris des Oidacks. C’étoient les soldats lesplus anciens , & ils a voient le commandement par ancien-neté , à moins que quelque exploit éclatant n’en eût avancéquelqu’un plus promptement que les autres. Les plus an-ciens oUak-bachis montoient à la dignité d’oldal> : c'étoitune espèce d’exemts du bacha. Us pastoient ensuite à cellede bachi - odolar , ou conseillers du divan , qui, après sixmois de service , devenoient boulouk-bachis : ce sont ceuxqu’on envoye en garnison dans les places de Pétat, avecle titre d’Aga. On en faifoit quatre par an , Sinan ordonnaaussi que parmi les boulouk. bachis , on pri,t tous les six moisle plus ancien pour la dignité de bachaoux ou chaoux- bachi ;ainsi l’espoir des dignités entretenoit le soldat dans le de-voir. II établit de plus le divan, à qui id donna une grandeautorité; il n’étoit presque composé que de gens de guerre »le bacha y affistoit au nom du grand-feigneur , qu’il repré-sentoit ; un aga y présidoit ; avec un foy# ou lieutenant-général. Huit chaoux ou huissiers, deux cogias ou écri-vains , quatre boulouk-bachis, & vingt bachis odolar com-posoienr ce conseil , qui rerminoit toutes íes affaires ,tant publiques que parciculieres, avec une autorité fansbornes. * Introducl. à l'histoire de l’Afrique , c. 2 , p. 39.

La charge de bey , qui étoit le grand trésorier, fut crééeen même tems. Cette charge fe donnoit à l’enchere de sixmois en six mois, & ne pouvoit être conservée qesun an auplus. C’étoit te receveur des deniers publics, destiné 4 re-cevoir le carage ou tribut des Maures, qui sont comme lespaysans. Pour les y contraindre , il marchoit à la tête d’unnombre de croupes qu’on lui donnoit. L’argent que les beysont eu occasion d’amaller, Sc Pautorite que leur chargeleur donnoit fur les troupes qu’ils ont eu foin de ménager »a été l’origine de leur accroiííèment Sc de l’abaiflèment deshachas , cl u divan & du dey . t

Le bacha étoit d’abord souverain dans 1 état de Tunis,dont toutes les parties n’avoient de mouvement que celuiqu’il leur communiquoit. II nomma pour son fucceffeucKilic-Ali-Bacha , qui mourut après avoir régné deux ans.Comme c’étoit un homme d’un petit gente , haï de la mi-lice Sc du divan , Paucorité de bacha qu on lui donna , suctransférée à Paga du divan , Sc depuis ce tems , les Bachasn’ont plus eu de puiffance dans Tunis. Ils y demeurentnéanmoins pour faire ressouvenir les Tunisiens qu’ils fesont mis autrefois sous la protection du grand-feigneur. Ilsjouiflent d’une pension fort modique , Sc font très-peu defigure dans le gouvernement. ^

Les agas gouvernèrent 1 état à la tête du divan d’une ma-niéré aflez paisible 1 espace de quinze ou seize années , fesuccédant l’un a 1 autre, jusqu’à ce que la taise ou milice sesouleva contre les boulouk-bachis , donc elle maflacra laplus grande partie, & transféra Paucoriréá Kalif , qui ré-gna le premier sous ls nom de Dey.

V V u u u u iíj