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Cette charge est un degré à celle de mufti, Sc íl faut né-celíairemenr avoir exercé la charge de caciiíîesker avec ap-probation , avant que de pouvoir être élevé á celle de iou-verain pontife.
La charge de molla est ensuite la plus considérable. Il y ade deux sortes de mollas, les uns ont crois cents aspres depension par jour , & les autres cinq cents, car on les dis-tingue par cette différence de gages. Les mollas de troiscents aspres íontles principaux juges des petites provinces,& commandent aux cadis des villes pauvres & de peu deconsidération. Ceux de cinq cents aspres exercent leur ju-risdiction fur une province entieré du beglerbeg, Si ont fouseux les cadis de toutes les places riches Sc considérables quidépendent de leur gouvernement. Ceux-ci font souvent éle-vés à la charge de mufti, mais ils n’y montent que par plu-sieurs degrés, & il saur qu’ils ayenr auparavant exercé leurcharge dans quelqu’une des villes qui ont autrefois servide siège à l’empire. Ils (ont donc premierement mollasde Prufe , d’Andrinople : enluite ils deviennent cadiíles-kers, & lorsque la charge de mufti est vacante, on les yappelle.
Les imams, ou prêtres de paroitlè, doivent être astc-z ins-truits pour pouvoir lire dans l’aleoran , 8c il faut que leurconduite soir irréprochable pour être appelles à cette char-ge, il faut encore qu’ils ayent été du nombre de ceux quiont accoutumé d’appellcr le peuple à la priere du haut duclocher , 6c qu’on nomme moveddins ou movezzins. La fon-ction des imams consiste à appelíer le peuple aux prières,& à lui servir de guides dans les mosquées aux heures pres-crites. Ilsfont aussi obligés de lire tous les vendredis des fen-rencesou des versets de l’alcoran. Il y en a peu qui osententreprendre de prêcher, à moins qu’ils n’ayent bien de lavanité, on qu’ils ne croyenc avoir bien du talent ; ils lais-sent ce soin aux fcheichs Sc à ceux qui font profession deprêcher , 8c qui jaalíènt ordinairement leur vie dans les mo-nastères. Le muni n’a point de juridiction fur les imamspour ce qui regarde le gouvernement de leur paroisse, caril n’y a à cet égard-tà nulle supériorité, nulle hiérarchie en-tr’eux, chacun étant indépendant & absolu dans fa pa-roisse , mais ils font sujets aux magistrats dans les causes ci-viles & criminelles. Les gens d'église 8c les jurisconsultesfonrengrar.de considération parmi les Turcs, comme ilparoît par ces titres que leur donne le sultan lorsqu’il leurécrit pour leur envoyer ses ordres : Fous qui êtes la gloiredes juges & des hommes sages , & les profonds trésors de l'é-loquence & de l excellence, votre sagesse & votre capacitéputjsent être augmentées.
On peut mettre les émirs, qu’on appelle autrement«nlad rasoul , au nombre des ecclésiastiques , parcc qu’ilsfont de la race de Mahomet. Pour marque de cette illustreorigine, ils portent le turban ver d , qui est la couleur de ceprétendu prophète. La vénération que les Turcs onr pourJe sang de cet imposteur , a engagé les magistrats â accor-der de grands privilèges à ces émirs ; ils ont un supérieur
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qu’on appelle nAib-esiheref, qui a fes sergens Sc ses o sb -ciers, 8c qui est si absolu íur les émirs, qui! a pouvoir devie 8c de mort fur eux. Quoiqu il y en âit peu d’entr’eux quipuilíènt prouver clairement qu’ils descendent de Maho-met ; ceux néanmoins qui peuvent tant soit peu prétendre àcer avantage , trouvant souvent du secours pour prouverleur généalogie , 8c lorsque le nak.il) souhaite favoriserquelqu’un , ou qu’il à ddïein d’acquérit un nouveau sujet,il lui donne un arbre généalogique , qui prouve qu’il estdes descendans du prophète , Sc personne alors ne peut endouter. Le deuxième officier s’appelle alemdar & porteî’enseigue verre de Mahomet lorsque le grand-feigoeur semontre en public.
C’est une opinion commune que les Turcs ont dans leurreligion soixante-douze sectes , & il y a même apparencequ’il s’en trouveroit davantage si l’on connoiffoit parfaite-ment les divers fentimens des auteurs., qui sont en crédit &qui ont des sectateurs parmi eux ; mais il y a deux grandessectes qui divisent les Mahométans; savoir , celle qui estsuivie par des Turcs > 6c celle des Persans. La secte desTurcs tient Mahomet pour le plus considérable Sc ledernier des prophètes; celle des Perses estime qu’^/r luidoit être préféré ; car quoiqu i! air été son disciple , Scqu’il lui ait ensin succédé, ils croient néanmoins qu’il aeu de plus fréquentes 6c de plus considérables inspirationsque Mahomet, 6c que les interprétations qu’il donne à l’al-coran doivent p aster pour très-parlaites 6c pour divine.Les Turcs reprochent aux Persans qu’ils ont corrompu l’al-coran , qu’ils ont changé des mots, 6c qu’ils onr mal placéles virgules ; d’autre part , les Persans s’éloignenc, autantqu’ils peuvent, des cérémonies des Turcs Sc de leur doc-trine , 6c rejettent ces trois grands docteurs de la loi deMahomet; savoir, Abu-Beker, O daman 6c Omar,comme des usurpateurs de l’autorité souveraine.
Presque tout le monde (ait que la religion des Turcs estun ridicule composé de la religion chrétienne 6c de celledes Juifs ; 6c il n’y a pas de doute que leurs monastères oncété formés fur le modèle de ceux des chrétiens , 6c quec’est à leur imitation que ces infidèles onr introduit diverlcssortes de religieux chez eux ; la plûparc de ces religieuxs’atrachenc à une austérité de vie 6c à des mortifications ex-traordinaires ; ils font profession d ette pauvres 6c de re-noncer aux délices du monde. Les docteurs Mahométansastùrent que leurs monastères 6c les ordres de leurs reli-gieux font aussi anciens que Mahomet, 8c que c’est de luiqu’Aly a reçu de lui les instructions de tout ce qui regardeleurs régies 8c leur discipline ; mais l’hisloire des Turcs niles autres mémoires 011 monumens que nous avons, nefont aucune mention de ces monastères que depuis quatrecents ans ou environ. Quoi qu’il en soit, les premiers Ma-hométans qui ont établi des régies & des préceptes pources religieux, sont Cbahvetti 8c Nakschibendi. Les T ures lestiennent après Mahomet, pour les deux sources d’où sontsortis les ordres qui suivent.
De Chaxwetti sontsortis
De Nakschïbên-Pi font sortis
{
Les Nimetulahites,Les Cadrites ,
Les Calenders,
Les Edhemites,
Les Hiz.revttes ,
Les Beíla/chites.
Les Ebrbuharìtes ,Les Mevelavites.
De Nimetulah ,De Cadri ,
De Calender ,YyEdhetn,
De Htzjr ,
De Bettafch.D'Ebrbubar ,De Mevelava.
Í Fondateurs de cesordres.
} Fondateurs de ccsordres.
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Tome V.
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