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Tome sixième. T - Z.
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III6 T Y R,,,

Tyr v'antoient, avec exagération , 1 antiquité a Hérodote ,8c c’est dans ce temple que les Tyriens répondirent àAlexandre qu’il pouvoir aller sacrifier , lorsqu il leur fiedire quil souhaitait aller dans leur ville, pour offrir'dessacrifices à Hercule : Tyrum se ire velie ad vota Herculiredienda dixit. Legati responderunt effe templum Henulisextra urbem , in ea fede quam PaU Tyran , five veteremT'yrurn ipft votant , ibiqut in antiquiore templo r échus ideum effe faâurum , &c. L’autre Tyr étoit dans une iste ,vis-à-vis de l’ancienne , dont elle n’étoit séparée que parun bras de mer affez étroit. Pline ,1. ; , c. t y , dit quiln’y avoir que sept cents pas de distance de Piste à la cerre-ferme. Alexandre le Grand combla tout cet espace pourprendre la ville, & fille étoit encore jointe à la terre-rerme du tems de cet auteur : Tyrus quondam insula , praalto mari feptingenûs paffibus divisa ; mine veto Alexandrtoppugnanús openbus continent. Dans le même chapitre ,Pline donne dix-neuf mille pas de circuit au territoire deTyr , Sc y renferme la vieille Tyr : intra PaU-Tyro imlufa.* Q. Curt. /. 4 , c. t , & L 11 , c. io.

C’est donc de l’ancienne Tyr dont parle Josué. La nou-velle ríéioit pas encore bâtie du tems de Salomon. Il n’yavoit, dans l’ille, qu’un temple dédié à Jupiter Olympien.Dius Sc Ménandre Epbesien , ( a ) qui avoient écrit l’his-toire phénicienne, racontent que Hiram, ami de Salomon,avoit joint, à la ville de Tyr , le temple d’Hercule , quiétoit seul dans Piste, par une levée qu’il fit , en jettantdans la mer beaucoup de terre & d’autres matières. U estvrai que Hiram écrivant à Salomon, lui demanda dubled ; parce, dit-il, que nous en avons besoin , de-meurant dans une iste , où notre ville est bâtie , mais il ya beaucoup d’apparence que cette circonstance a été ajou-tée par Joseph , ( b ) puisqu’on lit les mêmes lettres dansEupolême , d’un stile assez différent, ( c )& où cette cir-constance ne se trouve point. On voit encore aujourd’huiquelques vestiges de l’ancienne Tyr, comme de grandesciternes, & des restes d’un aqueduc, qui conduisoir l’eaudepuis la terre ferme jusques dans Piste. Cette iste avoitvingt-deux stades ou trois mille cent quatre-vingt-dix pasde tour , & l’ancienne Tyr avoit dix neuf mille pas. Me-nandee d’Ephéíé raconte que Salmanasar, roi d Astyrie,subjugua toute la Phénicie : ( d ) car les habitans de Sidon ,d’Ace Sc de quelques autres villes de ce pays , s’étant sé-parés de l’alliance des Ty riens, & donnés au roi d’Affyrie,Salmaiiafar marcha contre ces derniers, qui ne vouloientpas se soumettre à sa domination , avec une flotte de soi-xante vaiílèaux & de huit cents rameurs. Les Tyriens,n’ayant que douze vaiílèaux , lui livrerent bataille , dissi-pèrent fa flotte , lui prirent cinq cents prisonniers : il s’enretourna à Ninive ; mais il lailsa, au siège de Tyr, sonarmée de terre, qui se saisit des eaux du fleuve Sc desaqueducs : ce qui ayant duré cinq ans, les Tyriens furentobligés de creuser des puits dans leur ville. Ezéchiel,Ez.ech. z 7 , 28 , nous décrit aile z au long le siège deTyr , formé par Nabuchodonosor Pan du monde 5419,avant Jefus-Christ 381 , avant Père vulgaire 3 3 5. Les fa-vans sont partagés , savoir s’il parle de l’ancienne Tyr oude la nouvelle. Saint Jérôme croit ( e ) que c’est de la nou-velle , puisqu il dit que Nabuchodonosor joignit Piste aucontinent par la terre , les pierres Sc le bois qu’il jetradans Peau. Marsham , ( s ) Périzonius , ( s ) & quelquesautres croient au contraire que c est 1 ancienne. Il faut con-venir qu’il y a des expressions dans Ezéchiel qui favorisent■l’un & Pâture sentiment. Quoi quil en soit , Nabuchodo-nosor ruina la ville de Tyr ; & les prophètes marquents fiez clairement quelle ne fut jamais rétablie : ( h ) cequi 11e peut s’cntentlre â la rigueur que de 1 ancienne Tyr ;car on fait que la nouvelle fur très-florissante depuis Na-buchodonosor. Elle fe releva même de fa chute depuisAlexandre. Isoïe, cap. 23 , 15 , 17 , dit que Tyr demeu-rera en oubli pendant soixante-dix ans, Si qu’après celale Seigneur la visitera , qu’il la mettra en état de recom-mencer son premier trafic , & qu’eíle fe prostituera, com-me autrefois, à tous les royaumes qui son r fur la terre ;mais enfin, que tout le gain qui reviendra de son com-merce fera consacré au Seigneur Sc à l’entretien de ses mi-nistres. 11 n’est pas aisé de fixer le commencement, ni la finde ces soixante-dix ans de l’oublj de la ville de Tyr , carsi l’on en met le commencement à fa prise sous Nabucho-donosor ou sous Alexandre le Grand ,11 faudra prendre

tyr

le mot d’oubli dans un sens exagéré , puisque r.ous lisonsque Nabuchodonosor laitla lthob.de , pour roi, à Tyr,( 1 ) & qu’Alexandre y laifla Abdolonyme, ou Ballonyme,ou Straton : car on trouve tous ces noms dans les anciens,( k ) Sc que ces princes Sc leurs succesteurs y ont régnélong tems ; Sc nous ne voyons pas que les Tyriens,avantle tems de Jefus-Christ, ayent fait paraître aucun zélé poucle Seigneur , ni pour son culte. Pour concilier dosle lesprophéties entre elles, il faut dire que lorsque les prophè-tes parlent de la ruine totale de Tyr, ils Pentendent dePancienne Tyr , qui ne s’est jamais rétablie ; & que quandils ptédifent le rétabliflèment de la même ville , il fautPenrendre de la nouvelle, qui devint très florillànte, sereleva toujours de fes malheurs , & qui , ayant enfin em-brasse la religion chrétienne , offrit au Seigneur le fruit defes travaux & de son commerce. ( a ) Apud Joseph, lib. x ,contra Appion , p. 1042 , Sc lib. 8 , p. 267. ( b ) Antiq.lib. 8 , c. 2 , p. 258. ( c ) Euseb. Prœpar. lib. 10, c. 33,34. ( d ) Joseph. Antiq. lib. 9 , c. ulr. ( e ) Hieron. in Ezecb.26 8c 18 , Sc in Amos 1. ( s ) Marsham Canon. Chrott.Sacnl. 18 , pag. 578. ( ë ) Orig.-Babylon, ( h ) Ifài. 23 ,Je'rem. 27,3 & 47,4. Ez.eih. 26, 27 & 28. ( 1 ) Jo-seph. lib. 1 , contra Appion. ( k ) Diodor. Sicul. Jujîin ,&c.

Les Tyriens font fur tout renommes dans l’histoire parleur industrie. Ils faisoient un gain considérable fur l’écar-lare Sc fur la pourpre , dont ils paffoient pour être les in-venteurs , aussi bien que du commerce Sc de la navigation.Ulpien, fameux jurisconsulte Sc natif de cette ville , affureque Pempereur Sévère leur donna les privilèges de fe ser-vir du droit écrit des Romains, & en fit une colonie. Plinedit qu’il y avoit à Tyr un si grand nombre d’habitans, qu’il sfurent suffisons pour peupler les villes de Biferte, de Tri-poli , de Barbarie , de Carthage Sc Piste de Calis près dudétroit de Gibraltar; & pour parler de plus loin, nousvoyons dans 1 écriture sainte qu elle est appelles ville cou-ronnée de gloire & de majesté , remplie de princes & denobles, qui avoient tant d’or & d argent, que ces mé-taux y etoient aussi communs que la terre ; mais elle abien changé de face. On ne trouve aujourd’hui dansses ruines que de foibles traces de son ancienne splendeurparmi le grand nombre de ses palais abattus, de fes pyra-mides renversées, de fes colonnes de jaspe & de por-phyre rompues Sc presque toutes ensevelies dans le fable.Ses fortes murailles sont détruites, fes boulevards appla-nis, & les débris qui en restent ne servent pins qu a étendi sSc à sécher les filets de quelques pauvres pêcheurs. On re-marque auprès dune petite chapelle des Grecs u ne colonne,contre laquelle les matelots vont fe frotter le dos, Lc pré-tendent que cette colonne a ía vertu de faire paster toutesles douleurs des reins & des autres parties voisines. Ce qu’ily a de plus considérable entre ces ruines , c’est le rested’un temple , qui, d’un côté est encore presque tout en-ner, avec un beau degré qui y tient, & qui n’a poincété gâté. Devant ce bâtiment il y a une colonne qui estfaite de maniéré, qu’il íemble quelle soit compoíee detrois autres colonnes qui tiennent ensemble. Elie est dunegrandeur & d’une fabrique extraordinaire. Aujourd’huitoute la magnificence de Tyr est ensevelie, & on ne trouveparmi lès masures qu’une douzaine de maisons où habitentquelques Turcs & quelques Arabes , au lieu qu’autrefoiscette ville étoit la capitale de Phénicie. * Doubdan , Voyagede la Terre Sainte, p. 563.

Les habitans de Tyr adoraient Baal & Hercule. Ils re-çurent les premiers la lumière de l'évangile. On voit queJefus-Christ a prêché & fait quelques miracles aux envi-rons de Tyr. On y montrait autrefois une pierre, fur la-quelle on tenoit qu’il s’éroit quelquefois reposé ; mais iln’entra jamais dans la ville à cause quelle n’écoit habitéeque par des gentils, & il avoit même défendu à fes apôtresd’y entrer. U y a néanmois apparence que l’évangile y futannoncé par quelques uns de fes disciples : car fáïnt Paul ytrouva un bon nombre de familles chrétiennes. La vérita-ble religion y fie de si grands progrès, que du tems des em-pereurs romains les habitans dê Tyr étoient toujours dispo*lés au martyre. On dit qu’Origéne s’étant rencontré â Jéru-salem après fa chute , fut prié par les prêtres de leur fairequelques conférences fur l’écriture sainte, & qu’après quileut commencé â lire ces paroles du pfeaume 49 , Dieu a ditau pécheur ; Pourquoi mwm£ syu mes lm , projanes-ttt