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Tome sixième. T - Z.
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parfaitement. II a eu en main d’excellens mémoires.Se il étoit Thomme du monde le plus propre à lesmettre en œuvr e.

II y a , dit-il, peu de matières fur lesquelles on fesoit plus détrompé que fur celle de la déclinaison 8cde la variation de l’aimant. Car dès que Chabot 8cOviedo eurent avancé que l’aiguille aimantée décli-noit tantôt vers l’orient, 8c tantôt vers l’occident, lesphilosophes 8c les géographes prévenus en faveur dela vertu directrice de ? aimant, 8c de l’attraction despôles du monde, fe récrièrent contre cette nouvelledécouverte, disant que ces deux pilotes étoient designorans , qui, s’étant trompés , vouloient tromperles-autres. Mais une infinité d’observations, que l’onfit ensuite , presque dans toutes les parties du mon-de , prouvèrent fi bien la déclinaison de l’aimant,qu’il ne fut plus permis d’en douter. Chacun raisonnaà sa maniéré sur les expériences qui lui tomberententre les mains. Les physiciens enchercherentlacause& donnerent leurs conjectures pour des vérités.Les mathématiciens , après avoir donné aux pilo-tes des régies sûres pour observer la déclinaisonde l’aimant, 8c pour corriger leur route , que l’infi-délité delaboussolerendoitsouventmauvaise, essaye-rent de trouver par ce moyen les longitudes fi néces-saires à la navigation. Mais les systèmes qu’ils en fi-rent se trouvèrent tous faux dans la fuite, auífi-bienque les raiidnnemens des philosophes , qui n’avoienttoutauplus qu’un rapport apparent. * Observai.phyjiqH mathêmat. a la suite des Mémoires de V AcadémieRoyale des Sciences, â Vannée 1692, p. 408.

Le fameux Simon Stevin fit imprimer en 1608, furies observations d’un certain géographe nommé Plan-cius , un traité qu’il intitula de Limenheuretica , parcequ’il y enseigne la maniéré de trouver un port par laseule hauteur du pôle, 8c la déclinaison de l’aimant ;son système est appuyé sur les principes suivans. _

1. Sous un même méridien, dans le même hemis-fhere , la déclinaison est par-tout la même.

2. II y a des méridiens que l’on peut appeller ma-gnétiques , fous lesquels il n’y a nulle déclinaison.

3. Le premier méridien magnétique passe par Cor-vo, l’une des Açores. Le second à 60 d. de longit. parHelmshudam, à l’orient du nord cap de Finmarchie.Le troisième à 160. d. de longit. parl’embouchuredela rivière de Canton dans la Chine.

4. Dans le premier intervalle, c’est-à-dire, entreles deux premiers méridiens magnétiques , la décli-naison est au nord-est ; dans le second, elle est aunord-ouest.

5. Entre deux méridiens magnétiques , aune égaledistance de l’un 8c de l’autre, il y a un méridien, quel’on peut appeller le méridien de la plus grande dé-clinaison, parce que la déclinaison croit toujours éga-lement depuis le méridien magnétique jusqu’à ce mé-ridien-là, 8c qu’ensuite elle décroît dans la même pro-portion jusqu’au méridien magrétique suivant.

' 6. La plus grande déclinaison du premier interval-le est de 13. d. 24’. dans l’hémisphere septentrional,8c de 19. d. dans l’hémisphere méridional. La plusgrande déclinaison du second intervalle est de 33. d.dans l'hémisphere septentrional, 8c de 22. dans l’hé-misphere méridional. II ne dit rien de l’hémisphereoccidental, parce qu’il n'avoir pas trouvé d'observa-tions fur lesquelles il pût fonder son raisonnement.

Metius ajouta au système de Stevin un méridienmagnétique, 8c deux intervalles, chacun de 100. d,

en longit., l'un de 160. d. jusqu’à 260 , dans lequel ladéclinaison est au nord-ouest ; 8c l’autre depuis 260. d.jusqu’à 360,dans lequella déclinaison est au nord-ouest

Le système de Bartolomeo Crescendo, que l’ontrouve dans le livre second , chap. 9. V)e NauricaMediterranea ì imprimé en 1607 , est plus simple. IIxt’y a qu un méridien magnétique qui passe par lapointe orientale de l’isle de saint Michel, 8c parle milieu de l'rsle de sainte Marie des Açores : ce mé-ridien est coupe a angles droits aux pôles du monde ,par le méridien de la plus grande déclinaison , la-quelle n'est que de 22. d. 30’. L a déclinaison est tou-jours au nord-est dans rhémìsphere oriental, 8c tou-jours au nord-ouest dans l’occìdertal, croissant éga-lc/nent, 8c d’une- tuaoiere proportionnée à la longitu-

de dans la premieremoitié de chaque hémisphère, &décroissant de même dans l’autre moitié.

Pour trouver la longitude dans ce système,il ne fautqu’une réglé de proportion : Si 22. d. 30’. de déclinai-son font 90. d. de longitude, les degrés de la décli-naison observée, par exemple, 11. d. un quatrième ,feront 4Ç. d. de longit. Crescendo assure que par cetteméthode la longit. est ausii certaine , que par l’obser-vation des éclipses de lune, 8c que toutes les cartesfont fausses, dans lesquelles le cap 'de Bonne-Espe-rance n’est pas éloigné de 90. d. du méridien des Aço-res. Si Crescendo avoit observé à Rome, comme ildit, vers l’année 1607, la déclinaison de n. d. unquatrième , il saut qu’elle ait bien changé ; car les PP.Clavius 8c Blancanus l’y ont observée de près de 6. d.Ies PP. Giatinus 8c Kircher, Jélùites, d’environ3.d.8c le P. Niceron, Minime , de 2. d. au nord-ouest, cequi s’accorde assez avec ce que l’on a observé près deLondres; car en 1580. la déclinaison étoit au nord-est environ 11. d. 30’, en 1612, d’environ 6. d. 10’ ,en 1633, d’environ4. d., 8c en 1667, il n’y a eu au-cune déclinaison. Elle y est présentement, ( c’est-à-dire vers Pan 1692. ) de plusieurs d. au nord-ouest.On a remarqué la même chose à Paris, où la décli-naison a été en 1660. de 7. d. 8c demi nord-est , en1640. de 3. d. nord-est, en 1666. o , en 1682. de 2. d.8c demi nord-ouest, en 1685. de 4. d. 10’. nord-ouest,en 1687. de 4. d. 30’, en 1691. de 4. d. 40’.

Emmanuel Figueroa fit un autre système fur lesobservations de Vincent Rodrigue , premier pilotede la ilote des Indes. II y a dans Ion íystême deux mé-ridiens magnétiques, 8c deux de la plus grande dé-clinaison. Les magnétiques fe coupent aux pôles dumonde à angles droits, 8t ceux de la plus grande dé-clinaison y font avec eux des angles de 45. d. Le pre-mier méridien magnétique passe à 50 lieues àl’ouest deFlores une des Açores. La plus grande déclinaison estde 22. d. 36’. Elle est au nord-est dans le premier 8edans le troisième intervalle ; au nord-ouest dans lesecond 8c dans le quatrième, croissant d’une maniéréUniforme dans la premiere moitié de chaque interval-le, 8c décroissant à proportion dans la seconde.

Le capitaine le Bon, de Dieppe , ayant vu que sesobservations ne s’accordoient pas avec les principesde Figueroa, crut que les méridiens magnétiques, 8cceux de la plus grande déclinaison, ne se coupoientpoint aux pôles du monde,mais aux pôles du Zodiaque.

Comme cette matière parut d’une fort grande con-séquence pour la navigation, les pilotes eurent ordred’observer par-tout, avec beaucoup de soin. Les Es-pagnoles 8c les Portugais se distinguèrent : ceux-cidans l’hémisphere oriental, 8c ceux-là dans l’occi-dental ; 8c parmi les François deux pilotes de Diep-pe , l’un nommé Guerart, l’autre Tellier ; 8c l’on re-connut , en examinant 8c en comparant toutes lesobservations, qu’il n’y avoit nul méridien que l’onpût appeller proprement magnétique, n’y en ayantaucun fous lequel l’aiguille ne déclinât en certainsendroits; qu’on ne pouvoit donner de réglé généralepour tout un méridien , comme avoient fait Crescen-do 8c Figueroa, ni pour un demi méridien , commeavoit fait Stevin ; que dans les intervalles, que l’onavoit appelles magnétiques , la déclinaison augmen-toit ou diminuoit sans aucune proportion à la longit.8c qu’il n’étoit pas poíîible de faire des réglés géné-rales fur des observations particulières, ni de raison-ner , pour ainsi dire, de proche en proche.

Ainsi l’on abandonna les systèmes, 8c on se con-tenta de marquer dans les routes , 8c fur les cartesmarines, la déclinaison que les plus habiles pilotesavoient observée en certains lieux, afin que les au-tres,trouvant la même chose fur leur boussole,recon-nussent qu’ils étoient arrivés aux mêmes lieux. C 'estce que fit Dudlé au chap. 8. du premier livre, dellArca.no delMare, 8c fur toutes les cartes marines dontce livre est rempli.

Riccioli examina Dudlé , 8c fit, au huitième livrede fa géographie réformée , l’histoire de la déclinai-son ; après quoi il assura que de son temps , depuis leméridien du pic des Açores, jusqu’à celui du cap deMatapan , dans la Morée, 8c du cap des Aiguilla,dans l'Afrique, la déclinaison étoit au nord-est > tant