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Tome sixième. T - Z.
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VAR. VA R. 43

en deça qu’au delà de l’équateur ; quê depuis ce mé-ridien, iusqu’à celui de Canton , elle étoit au nord-ouest, excepté en un ou deux endroits au deçà del’équateur , trois ou quatre au-delà. Que depuis leméridien de Canton, qui passe par le milieu du golfede Mexique, à 290 d. de longit., elle étoit au nord-ouest , excepté en un endroit ; & qu’entre ce méri-dien , & celui du Pic, elle étoit au nord-ouest, ex-cepté en huit endroits an deça de l’équateur,& douzeau-delà ; que la plus grande déclinaison au nord-estétoit de 30 d. au détroit de Davis, & la plus grandeau nord-ouest de 33. d. dans la nouvelle Zemhle ;qu’après ces deux déclinaisons, il n’y en avoit pointqui paffât 26. degrés. *

La plupart des observations que rapporte Riccioliavoient été faites long-temps avant qu’il en fit'l’his-toire , qu’il n’imprima qu’en 1661, car les plus récen-tes font celles de Dudlé & de .Kircher, dont l’unavoit été imprimé en 1645 ,l'autre en 1646 , sur desmémoires déja vieux. Ainíì à en juger par ce qui estarrivé depuis , les choses n’étoient plus de son temps,comme il les croyois; car l’aiguille, qui étoit fur laligne méridienne , au cap des Aiguilles, a commencéà varier & à décliner au nord-eíl d’environ 9. & de-mi par an, selon le rapport de tous les pilotes Portu-gais ; & l’on a commencé à ne trouver plus de décli-naison à l’occident du cap des Aiguilles, comme si leméridien magnétique se fût éloigné de ce cap versi’occident, à mesure que la déclinaison au nord-oueítcroissoit à ce cap. On a de plus remarqué que la décli-naison , qui étoit au nord-oueít, entre le cap des Ai-guilles & Canton, & au ncfrd-est , entre ce cap & lepremier méridien , diminuoit à proportion qu’ellecroissoit au cap ; qu’en diminuant de la forte , il yavoit eu une année fans déclinaison en plusieurs en-droits , & qu’enlùite elle avoit changé de côté, étantprésentement au nord-ouest en des lieux où elle avoitété auparavant au nord-eít. Par exemple , elle étoità Lisbonne de 7. d. 30’. au nord-est , lorsqu’il n’yavoit point de déclinaison au cap des Aiguilles ; elley est présentement de plusieurs degrés au nord-est,augmentant par an d’environ 9. d. & demi, commeelle fait à Paris. J’ai dé j a' fait observer que présente-ment, dans l’ouvrage cité , signifie 1692.

Le P. Noël, allant à la Chine fur les vaisseaux Por-tugais en 1684, observa 10 d. de déclinaisoiráu nord-ouest au cap des Aiguilles, n’ayant trouvé aucunedéclinaison à 21Ç. lieues à l’oueít de ce cap. Lespilotes Portugais disent que depuis le cap des Aiguil-les , jusqu’à Madagascar, la déclinaison au nord-ouestcroît de 13. d., ensorte que si elle est de 2. d. au cap ,elle sera de iÇ. d. à la vue de Madagascar; que de-Madagascar à Mozambique elle diminue de 3. d. quede Mozambique à Zocotora elle ne croît presquepoint ; que de Zocotora à Goa elle diminue , étant àGoa, autant au-dessous de 15. d. au nord-ouest, qu’elleest de degrés au nord-ouest au cap des Aiguilles.

A mesure que ce s systèmes se détruisoient, par désobservations imprévues, il étoit naturel de se rebu-ter de cette recherche. Cependant l’importance desAvantages qui en dévoient être le fruit, soutint lec ourage de plusieurs hommes illustres. On continuad’observer Ja variation de Palmant, non-seulementsur mer, pour régler sa route , & pour avoir quelqueconfirmation de son estime , par le raport des varia-tions , mais encore fur terre , où on le peut faire avec® e aucoup plus d’exactitude que fur mer , afin de voir■u , par lá comparaison des observations faites enjpeme-temps en des lieux éloignés, & dans les mêmes* le ux en des temps éloignés les uns des autres, on nePourroit pas trouver quelque période de la variation,tfUi pût servir à déterminer les longit.

Le changement de déclinaison, qui s’est fait entueme-temps, avec quelque forte de proportion, dansUn hémisphère presque tout entier, semble venir d’u-*UÇ cause universelle, cflti agiroit par-tout avec analo-files causes particulières ne s’oppoipient à lategularité de son action. Mais qui pourroit démêler. ans nature tout ce qui agit fur Patinant, & la ma-uiere dont il le fait ? Il est certain que les mines d’ai-míunt ri de fer Sc d’acier, & d’autres semblables ma-

tières répandues presque par-tout, attirent l’aiguilîeaimantée, lorsqu’elles font à son égard dans une cer-taine situation, & la repoussent lorsqu’elles sontdanâun autre , & se font plus ou moins fortement sui-vant leurs distances , leurs forces , leurs com-binaisons ; mais ces choies font dans un mou-vement continuel , & nous font presque tou-jours inconnues. D’ailleurs il arrive peu de change-mens considérables dans les élémens , & même dansle ciel,que Palmant ne sssin ressente, & que l’on aitremarqué quelque changement dans íà déclinaison.

De la Hire , ayant remarqué du changement dansle pose d’une pierre d’aimant - sphérique de trois pou-ces de diamètre , & jugé que ce changement pouvoicêtre analogue au changement des pôles magnétiquesde la terre , proposa dans .une lettre imprimée en1687, une nouvelle façon de boussole, dans laquelle,-suivant cette hypothèse , la fleur de lis devoir tou-jours rester fur la ligne méridienne, quelque décli-naison & quelque variation qu’il arrivât auy autresboussoles. v

C’étoit un anneau d’acier aimanté de trcÉíffmcesde diamètre , soutenu en équilibre íùr un pivot , Sctournant librement autour de son centre immobile:on avoit attaché une fleur de lis de laiton àPendroitde la circonférence , qui montroit exactement le sep-tentrion lorsqu’il étoit bien en repos. La maniéré del’aimanter étoit aisée ; car on ne fait que présenter àun de ses points le pôle boréal d’une pierre d’aimant,& le pôle austral, au pôle opposé. De la Hire ne pro-posa pas ce système comme une vérité incontestable,mais comme une conjecture qui paroissoit assez pro-bable pour être examinée, íùr-tout dans une.matièresi utile à la navigation. Cette conjecture est fondéefur les principes suivans.

1. II y a fur la terre deux pôles de la vertu magné Jtique : ces pôles changent, & font disserens dela révolution journalière.

2. Chaque pierre d’aimant a des pôles de fa vertu.Ces pôles qui ont changé de place dans une pierre,pourroient bien auísi en changer dans les autres , Scpeut-être que leur changement est analogue au chan-gement des pôles magnétiques de la terre.

3. Si cette analogie est vraie, il n’y a point dedoute qu’u ne pierre sphérique d’aimant , librementsuspendue , demeurera immobile, & qu’elle auratoujours un point tourné vers le pôle de la terre. Cepoint Rappellera ,1e pôle de la pierre, pendant queles pôles de la vertu passeront successivement en dif-férens endroits , à mesure que les pôles magnétiqueschangeront de place íùr la terre.

4. Les expériences que de la Hire a faites, & qu’il

rapporte dans fa lettre , font voir qu’il n y a presqueaucun sujet de douter que l’anneau aimanté, .dont ils’aosit, ne fasse la même choie qu un globe d’aimant,librement suspendu , & qu’un de ses points ne mar-que constamment le septentrion, tanais que les pô-les de la vertu magnétique auront dans fa circonfé-rence une révolution semblable à celle des pôles ma-gnétiques de la terre. , .

Comme on ne pouvoit s'assurer de la vente de. ceshypothèses , que par,un grand nombre (^expérien-ces , qu’unc personne seule ne peut faire , de la Hire'excita , par sa proposition , les savans & les curieux:à en faire qui puisent être utiles au public , les aver-tissant au commencement csiavoir peu d égard auxobservations faites par les pilotes, ou rapportées dansles .livres qui ont traité de cette matière, à cause deserreurs grossières qu’ils u ont pû eviter. On lui sicdes objections contre son système; cela lui donnalieu d’écrire cette lettre au P. Gouye.

II faudroit que je fusse bien certain des ob je c- terions de la variation de 1 aimant, pour croire ton- cetes les irrégularités que nous trouvons dans les selivres de ceux qui nous en donnent des relations ; tecar il faut bien distinguer entre la quantité de la tevariation & ion changement, par exemple, d uneannée à l’autre, qui doit siiivre une espece de pro- cegression;car la quantité de la variation dans un pays ceûépend ordinairement des matières magnétiques ceou ferrugineuses,qui font cachées dans la terre,les-; ce