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que Paris & Kebec, on trouveroit par leur situation,& par leur mouvement de la ligne magnétique deKebec, &par l’époque de 1686 , que la déclinaisonde l’aimant devoit y être 1672. de iv.d.zo'.N.O.Cependant Richer í’y a observée pendantï’année 1673. presque toute entiere de 11. d. N. E.La différence est de . 21. d. 30’.
Ce qui fait voir que s’îlyades pôles de la vertumagnétique fur la terre qui changent , & qui soientdifférens des pôles de la révolution journalière , cene font pas des pôles universels qui conviennent àtous les lieux de la terre, ou du moins que leur actionest tellement troublée par celle des causes particu-lières, qu’elle eít presque toute comme íi elle n’étoitpas.
7. Quoique le changement de la déclinaison del’aimant ait été de q. ou 10. degrés en soixante ans ,Caffini a trouvé que le pôle de la vertu n’avoit pointchangé depuis trente ans dans un globe d’aimant detrois pouces & un tiers de diamètre, fur lequel P er.it ,allez connu parmi les savans, P avoir marqué avecbeaucoup d'exactinule. II a de plus reconnu que lepôle de fa vertu n’avoit point changé depuis plus dequarante ans dans un gros aimant qui est au college■de Louis le Grand, dont le Pere Grandami s’étoitservi pour les expériences rapportées dans son Traitéde limmobilité de la terre , imprimé à la Fléché en3645, ce q u i donne un juste sujet de douter que lespdîes de la vertu magnétique changent dans les glo-ires d’aimant, & dans les anneaux aimantés, à pro-portion du changement de-déclinaison dans les bous-soles.
Tous les systèmes s’écrouloient à melure qu’on lesbâtiííbit. Haíley, savant Anglois & navigateur ex-
Í 'ert, en proposa un qui effaça tous les autres. Entreesricheffes philosophiques qu’il rapporta d’un voya-ge aux terres australes , on peut mettre ie systèmegénéral de la déclinaison de l’aimant qu’il dressa en3700.
Dans cette mer, qui sépare l’Europe & l’Afriqued’avec l’Amérique, il trouva en quatre endroits dif-férens que l’aiguille ne déclinoit point.
L© premier à 18. d. 30’. de longitude occidentale ,à 2. d. de latitude septentrionale.
Le second à 4. d. de longit. occidentale, à37. d. 30’.de latitude méridionale.
Le troisième à 10. d. 30’. de longit. occidentale, à16. d. 4Ç’. de latitude méridionale.
Le quatrième à 64. d. de longit. occidentale , a31. d. 30’. de latitude septentrionale.
II faut remarquer qu’il prend-les longitudes duméridien de Londres.
* Hist. de T Académie royale des Sciences , 1702 ,p. 11.
Ayant ces quatre points , il conçut qu’ils pou-’voient être compris dans une ligne courbe qui embraf-seroir le globe terrestre, fous laquelle l’aiguille n’au-*oit point de déclinaison , & qui auroit à un de sescôtés les lieux où la déclinaison seroit orientale. IItraça cette ligne sur une carte. Elle embrasse le glo-be , & e {t exempte de déclinaison. Ce n’cst ni unméridien, ni un cercle ; mais une courbe assez irré-guliere. La variation de la déclinaison demanaoitque cette ligne sût mobile , dt l’on volt déja très-sen-siblement qu’elle l’est. Il y a bien de l’apparence aussiqu’elle change de figure , parce que les variations dedéclinaison dans unlieu ne seront pas toujours pro-portionnelles à celles d’un autre. Cette ligne de Hal-ìe Y passe d’un côté dans la mer du nord par les Ber-mudes , & de l’autre par k Chine, à cent lieues de
Canton à l est. (
Une idée fi nouvelle & fi agréable à l’esprit , parJ ordre qu’elle établit dans une matière, où jusques-a st on paroissoit assez peu, seroit extrêmement utilepour l es navigations de long cours, où iî est fort in-commode d’être dans mie perpétuelle défiance det aiguille aimanté», & de n’ose r entierement s’afiurerl 'prí i Ca ^ cu l s qui en dépendent.
Halley eut la satisfaction de voir que toutes ses
autres observations , pendant son voyage , conve-noient à son idée; c’est-à-dire, que la déclinaisonétoit ou orientale ou occidentale, & plus ou moinsgrande, selon que les lieux étoient de l’un ou del'autre côté de cette ligne courbe, exempte de dé-clinaison , & qu’ils -en étoient plus ou moins éloi-gnés.
, Caffini le fils, qui , en travaillant, dans les pro-vinces méridionales, de la France, à la prolongationde la méridienne , de laquelle nous parlons en sonlieu , avoit en rfiême-temps observé les différentesdéclinaisons de 1 aimant en différens lieux , ne lestrouva pas telles qu’il eût dû les trouver en íuivanELsolley , & en prolongeant dans les terres & dans lamecíiterranée, les lignes que l’auteur Anglois avoirtracées fur l’océan par les observations. La déclinai-son dans le golfe de Lyon, par exemple, est plusgrande de deux degrés, que ne la donnoit cette nou-velle hypotèse. Mais íelon la remarque de Fonte-nelle, Hist de VAcadémie royale des Sciences , 1701 ,p. 13 , peut-être de l’océan aux grands continens , Scaux mers qui y sont enfermées, les réglés de la dé-clinaison cbangent-elles ; ce seroit une chose à obser-ver avec soin que ce défaut d’uniformité , & la me-sure de cette variation dans le système de Halley ,supposé quq ce soir d’ailleurs un système. II est tou-jours certain qu il faut, autant que la nature le per-mettra , favoriser une fi belle découverte , & n’y re-noncer que le plus tard qu’on pourra.
Si elle est vraie, la ligne fans déclinaison fera mo-bile fur la face de la terre , puisque dans les mêmeslieux la déclinaison change de onze à douze minutespar an. Mais aussi comme cette variation paroit de-voir être renfermée entre des bornes ; car pendant •tout le temps qu’on a connu la direction de l’aiguillevers le nord, fans connoitre fa déclinaison , elle aassez peu vaste pour laisser les observateurs dans ser-rent de la croire dirigée précisément au nord ; il y aapparence que le mouvement de la ligne sans décli-naison de Halley , fera compris entre des espaces detropiques.
Csteít ainfi que les savans de Paris raisonnoient à lapremiere vue du système de Halley. L Académie entrouva néanmoins binée rrès-belle & digne d’êtresuivie avec beaucoup d attention. Les occasions quel’on eut ensuite de Eexaminer & de la vérifier ne su-rent pas négligées. Caffini le fils ayant entre les mainsdes observations fur la déclinaison faite par de May,millionnaire , pendant le voyage qu’il fit à la Chineen 1703 , avec le Légat du Pape, & les ayant rap-portées fur la carte générale des déclinaisons, dresséepar Halley pour 1 année 1700 , il y trouva tant deconformité ou de st légeres différences, que le systè-me en est extrêmement confirmé. II y a plus, ajoutoitalors de Fontenelle , Histoire de l Académie royale,des Sciences , 17OI, p. 12. Supposé que par ci Autresce fy sterne continuât à être aussi heureux & aussi juste,Caffini le fils lui donne un usage auquel on ne sait íïHalley a pensé. C’est la déterminaison des longitu-des , du moins en quelques endroits du globe terres-tre où les cercles de déclinaison de Halley différentpeu de méridiens. Car les déclinaisons étant possesfur tout le globe , on sautoir en ces lieux-la , par ladéclinaison que Pon trouveroit, sous quel méridienon seroit arrivé. II est vrai que les déclinaisons chan-gent toûjours ; mqfis on commence a savoir , & on
saura un jour encore mieux,'quel changement répondà chaque année. Enfin il paroit que nous sommes àcet égard fur de bonnes voies ; mais il n’y a point dechemin qui se puisse faire qu en un certain temps.
Caffini ne fut pas le seul qui s appliqua à la vérifi-cation du système. De l’ísle ayant eu entre les mainsdix journaux de voyages de long cours , faits en1706, 7, 8 &9.j trouva par les variations de I ai-guille qui y avoient été observées , que cette lignecourbe, exempte de variation , tracée par Halley ,avanctî toujours vers l ouest à notre égard. Cela luit
évidemment de ce que les vaisseaux qui vont de Fran-ce en Amerique, oblervent en deça de certe ligneque la variation qui est nord-onest , est plus graiideque celle de Halley ; & plus petite au-delà où este