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Tome sixième. T - Z.
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YEN.

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^uçîea digne» d’une pareille reconnoissance.

■ a ns la troisième classe de la noblesse Vénitienne,lp: '_ comprend environ quatre-vingt familles qui ont®‘ été la noblesse , moyennant cent mille ducats ,

< aìs le besoin cl'argent où la république se trouva ré-

I • - par la derniere guerre de Candie. On ne ftt5 -"■ ->ne distinction entre les personnes qui se préí’en-t - ; ent. Cette troisième sorte de noblesse Vénitienne

II - sut point d’abord employée dans les grandes char-so es de la république. On lui préféroit les nobles d’an-c ienne origine.

Le corps de la noblesse Vénitienne est si illustre ,^Ue plusieurs têtes couronnées n’ont pas dédaigné®e s’y faire aggréger. Cette noblesse aggrégée formeJjine quatrième classe qui avoit à fa tête la maison dey alois, qui fut reçue dans le corps de la noblesse Vé-^siienne , «nia personne d'Henri III, roi de France& dê Pologne , qui se trouva présent lui-même auStand conseil, où il fut reçu d’une commune voix. Lasaison de Bourbon a fait le même honneur a la ré-publique ; Henri 1 e Grand voulut donner au Sénat deVenise ce témoignage particulier de son affection,e u reconnoissance de ce qu’elle s’étoit déclarée laPtemiere en fa faveur , & de ce qu’elle l’avoit assistésommes considérables dans ses plus pressans besoins.Les maisons de presque tous les princes d'Italie ontsouhaité d’être admises dans le corps de la noblesseVénitienne. Celle de tous les neveux des papes de-Puis Innocent VIII. y ont été reçues, ainsi queQuantité de maisons considérables de divers pays.

H y a à Venise un second état, entre la noblesse 8c.so peuple , & c’est ce qu’on entend par le nom de Ci-tedins , qui sont toutes les bonnes famillessoes ci-toyens Vénitiens. On distingue deux sortes de Ci-tadins : les premiers le font de naissance & d’origine,çta nt issus de ces familles , qui, avant la fixation du£rand conseil, par le Doge Gradenigo , en 1289,soient part au gouvernement présent. La noblesseVénitienne, comme le second ordre des Citadins estComposée de ceux qui ont, par mérite ou par argent,°btenu ce rang dans la république. Les uns & les au-tres jouissent des mêmes privilèges : ils peuvent,Çomme les nobles, porter la veste : ils entrent danssos charges 8c dans les emplois que la république adestinés aux Citadins , 8c lorsqu’ils font en terre-fer-3 tie,leur qualité les égale à la noblesse du pays, & leurdonne , comme à ces nobles , l’entrée dans les con-seils des villes. Ceux-ci en échange ont à Venise lesrnêmes privilèges que les Citadins ; mais comme laPlupart ne s’estiment guere moins que les nobles Vé-nitiens mêmes, ils tiennent infiniment au-dessous de|eur qualité tous les privilèges de la Citadinance,d°nt le corps comprend les médecins, les avocats ,so* marchands, 8c les ouvriers d’étoffes d’or ou deoie, aulsi-bien que les verriers de Mouran, qui se"dent tous annoblis parle roi de France, Henri III.

république honore beaucoup , ou du moins ellea d semblant d’honorer les vrais Citadins. Elle leur^onfére les charges de sécrétasses du sénat, 8c de tousssibunaux-’par où passent les affaires d'etat. On enai t auísi des sécrétasses d’ambassade, de réfídens au-Ptes des princes étrangers. En un mot, on leur donne^Utes les charges qu’on tient au-dessous d’un noblej Titien. La dignité de grand chancelier, est le plusj ail t dégré d’élévation où puisse prétendre un Citadin.

^ Fraudeur de cette charge en rendroit la^olion digne des premiers sénateurs , fi la républi-ç e ’ jalouíe de son autorité, n’ayoitréduit ce grandt poi au seul exercice des choses où la charge l’o-1 , f ans j u j sonner n i voix ni crédit dans les tri-

u oaux où il a la liberté d’entrer.f e ^ out ce qu'il y a de gentilshommes hors de Veni-p 5 ^ ans toutl’état de la république, est comprisc * lîs ' e nom de nobles de terre-ferme. Quelque an-que puisse être la noblesse de ces genrilshom-* es nobles-Vénitiens ne font point de comparai-renc a ^ ec . eux , & veulent qu’il y ait la même diffé-g ent 'i se trouve entre le souverain 8c le sujet. Lesd es v’p 0lnmes rerre-setme composent les conseilsctios 1 *Ì S âont ils font. Ils peuvent régler plusieurs

t Pu regardent la police 8c les intérêts publics j

mais qui n y ont rien de commun avec le gouverne-ment politique, dont la république ne fait part qu’auxseuls nobles Vénitiens. Cependant lorsque quelques-uns de ces gentilshommes s’attachent au service delarépublique, dans les armes, eìleleut donne des em-plois considérables, & souvent des gouvernemens deplaces, 8c de citadelle, dans les provinces ; mais ellene les traite pas en cela plus favorablement que lesétrangers qui font à son service.

La dignité de procurateur de S. Marc, 8ccelle degrand chancelier, avec celle de Doge, sont les feu-les qui fe donnent à vie. Un noble Vénitien ne peutprétendre ài’honneur de la veste de procurateur, quepar lés services importans qu’il aura rendus à la ré-publique, dans plusieurs ambassades, ou dans le com-mandement des armées de mer, ou dans un long exer-cice des premieres charges de la république. Cette di-gnité donne entrée au sénat , 8c le pas, en même-temps, au-dessus de toute la noblesse Vénitienne,parce que les procurateurs font censés les premiers sé-nateurs ; 8c en cette qualité, ils font exempts de tou-tes les chartes publiques, qui obligenr à faire de gran-des dépenses, excepté les ambassades extraordinai-res, 8c les commissions les plus importantes'. Cettecharge subsistoit déjà il y a plus de six cens ans. II yavoit un procurateur de saint Marc, qui prenoit soindu bâtiment de cette église,’ en administroit le reve-nu , 8c en etoit comme le grand marguillier. La ré-publique crea un second procurateur de saint Marc,plus de quatre-vingt ans après ; 8c comme dans la sui-te le biens de cette église s’accrurent beaucoup, on sictrois procurateurs, à chacun desquels elle dona enfindeux collègues ; de forte qu’il y a plus de deux censcinquante ans que le nombre lut fixé à neuf. Ils fontdivisés en trois procuraties ou chambres, dont la pre-mière s’appelle celle d'en haut, 8c elle a soin de toutce qui regarde Téglise ; la seconde a la direction dètous les biens laissés aux pauvres, par les personnesqui demeurent en deça du grand canal; 8c ia troisiè-me prend soin des mêmes biens laissés par ceux quidemeurent au-delà du même canal ; aussi ces procura-ties íont distinguées en procurasse ÙV Sopra , dì Citra ,di Ultra. Ces Seigneurs font les exécuteurs de tousles legs pieux, les tuteurs des orphelins, 8c les pro-tecteurs des veuves. Ils distribuent tous les ans desbourses pour marier de pauvres filles , 8c donnentpour rien les habitations de plusieurs maisons , quidépendent de leurs procurasses. Le rang que cette di-gnité donne dans la république , a été de tout temps íîrecherché de la noblesse Vénitienne , que dans lebesoin le sénat en a sçu se faire une puissante ressour-ce,en vendant la veste de procurateur. Ceux qui rem-plissent les neuf places des anciens procurateurs, sontappellés procurateurs par mérite, aíin de les distin-guer des autres qui ont acheté cette dignité. Ils jouis-sent néanmoins tous des mêmes privilèges, n’y ayantaucune différence entr’eux, sinon, que lors qu’un pro-curateur par mérite meurt, le grand conseil en élit unautre, avant que le défunt soit enterré, 8c qu’on neremplace point ceux qui le sont par argent, afìn deles réduire avec le temps au nombre de leur fixation.Les nobles qui ont acheté la veste de procurateur,l’ont payée trente milles ducats; mais ceux qui, aprèsavoir acheté la noblesse, vouloient encore monter àce haut dégré d’honneur, payoient deux fois davan-tage. Tous les procurateurs portent la veste ducale,c’est-à-dire, à grandes manches jusqu a terre ; 8c sui-vant le rang de leur ancienneté, ils, ont leur demeuredans les superbes procuraties neuves ; mais comme labibliotéque de saint Marc, dont ils sont maîtres , lachambre des archives de la république, dont ils sontles gardiens , & celle ou ils tiennent ordinairementleurs conseils trois fois la íemaine, occupent une par-tie de ce grand bâtiment, il ne reste du logementque pour six procurateurs ; 8c la république donne auxautres une médiocre pension jusqu’à ce qu’ils entrentdans les procurasses.

Les avantages qui sont attachés à la dignité degrand chancelier , égalent en apparence celui qui lapossède aux premiers sénateurs de la répuhlique ; 8cmême, à plusieurs égards, ils l’élevent beaucoup au-

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