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Tome sixième. T - Z.
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VIC. Vie. 155

grand palais de l’évéché étant d’un côté , 8c cetteéglise cathédrale de l’autre. Son maître-autel est sou-tenu de plusieurs colonnes, avec leurs corniches, d’untnarhte très-rare. Au milieu du chœur, font deuxiépulcres très-anciens, & une grande coupole cou-verte de plomb s’éleve au-dessus. L’égliíè elt envi-ronnée de plusieurs chapelles fort ornées, 8c la voûteest remarquable pour fa largeur. II y a tous les ansa Vicence une foire, qni dure depuis le 15 octobrejusqu’à la fin du même mois : elle fe tient dans unegrande place qu’on appelle Campo Mar^o. Cette placee st hors de la ville 8c entourée de solfiés. On y enrrepat une porte qui est un arc de triomphe , que le fa-meux architecte Palladio a élevé fur le modele desanciens. Toute la noblesse va s’y promener e'n ca-rosse les soirs en Été : le même Palladio y avoir élevéun admirable théâtre, capable de contenir trois millePersonnes assises j mais on n’en voitplus que quelquesruines. II y a un portique à son entrée qui est assezbeau..Le pont de Notre-Dame des Anges estl’un des'plus beaux des huit qui font dans la ville. Entre legrand nombre d’églifes, de couvens, & autres mai-sons religieuses , on remarque celles des Jéíûites,des Carmes, de saint Jerôme, de sainte Marie desAnges-, de Sainte Marie d’Ara cœli, de saint Pierre,de saint François, de S. Thomas 8c de sainte Luce ,qui est dans le fauxbourg de même nom, où font deuxgrands collèges. La maison des Dominicains est cé-lébré pour les doctes personnages qui en font sortis,jerôme Capugnan, grand philosophe, & qui a mis aujour plusieurs volumes de Théologie, 8c d’histoired’Italie , y avoit fait ses études. Il y a à VicenceUne Accadémie de gens de Lettres, appellés GliOlìmpìcì.

En sortant de la ville par la porte du Mont, ontrouve un grand portique tout de marbre, enrichi decolonnes 8c de figures, qui donne entrée à un escalierde plus de cinquante degres de marbre. Quand on yest arrivé on découvre à gauche quelques maisons deplaisance, à travers les colines agréables qui font plu-sieurs petits valons, où tout croît en abondance, 8cfur tout la vigne qui porte le vin le plus estimé dé tourl’état. Entre ces lieux de plaisance, la maison dumarquis deCaprara est remarquable. C’est un édificetrès-propre & bien entendu. Le bâtiment est carré,le centre est un salon, accompagné de quatre appar-temens aux quatre coins : ils font extrêmement régu-liers, 8c ornés de belles peintures, qui, jointes à lasituation de la maison , sur une petite hauteur, necontribuent pas peu à la rendre agréable. Le jardindu comte de Valmanara est aussi tort estimé : on ytrouve un canal, des cabinets & des parterres faits àplaisir: il y a fur tout une très-belle allée de citronniersde marroniers. De ce jardin on arrive au magnifiquecouvent du mont Beric ; les richesses de son église, laquantité de lampes d'argent, de tableaux, de chan-deliers, de bas-reliefs & de colonnes de marbre, dontf°n autel est orné, font que dans fa petitesse elle passePour' une des plus belles d’Italie- II y a encore unechose digne de remarque près de Vicence, íiir le che-min de Padoue ; c’est une grotte appellée ìl Cubalo.Elle est taillée dans le roc, & a sept mille pas de lon-gueur, Onn’y va jamais fans lumière, par la crainte deperdre. On y volt des sources d’eau vive, qui pé-trssent ce qu’on y jette, 8c qui ne laissent pas d’avoirS u ssoisson. Outre cela il y a de certains antres d’où" fort un vent fi violent 8c si froid, que dans les plusScandes chaleurs de l’Été on croiroit être en Hyver ,1 y étoit exposé.

Ee fut dans íe bois de Salanigo, près de Vicence,que f e rerirasaint Thibault, gentilhomme François,p Ve c son compagnon le bienheureux Gautier, versan 1057 ■ il y mourut en 1066 : son corps fut trans-POrte de cet hermitage dans la ville , 8c déposé dans^ e glise Notre-Dame. Son culte s’y établit bien-tôtr . es ’ mais on prétend que son corps fut enlevé de-p er y, ns la fuite , 8c porté en France, où il a été dis-e g| e on tant de lieux, qu’on ne sçauroit dire où enp ^ Principale partie. * BaiIlet,Topogr. des saints,

Saint Gaétan, fondateur de l’ordre des Clercs-Rç-guliers naquit à Vicence en 1480.

André Palladio, fameux architecte, natif aussi deVicence, floriífoitdans le seizième siécle. Lorsqu’iíeut appris les principes de T art, il alla à Rome, où, àforce de s’appliquer à étudier les vieux monumens,il se remplit l’esprit des belles idées des anciens ar-chitectes , 8c rétablit les réglés que la barbarie desGoths avoit corrompues. 11 dessina les principauxouvrages de T antiquité qu’il trouva à Rome, 8c yjoignit des commentaires qu’on imprima plusieurs foisavec des figures. Ce qui a consacré principalementle nom de Palladio, ce sont les quatre livres d’archi-tecture qu’il publia en 1570 ; le dernier, qui ales tem-ples des Romains pour, objet, fait connoìtre que sonauteur a surpassé tous ceux qui avoient traité cettematière avant lui. On voir encore à Vicence fa mai-son dont la façade, qui est de sa façon, passe pour unchef-d’œuvre.

VICENSIMUM ou VlCESIMUM. Voyez, au motAd, T article Ad-Vicesimum.

VICENSIS ou VlCOPACENSIS , siège épiscopald’Afrique, dans laNumidie, selon la notice des évê-chés de cette Province. L’Evêque de ce Siège estnommé Asterius , EpiJ'copi/s plebis JEiccnfis dans laconférence de Carthage, N. 143.

VICE NT A. Voyez ViCETiA.

VICENTIA. Voyez ViCETiA.

VíCENTIN , contrée d’Italie , dans Tétât deVenise. Ce pays, qui tire ion nom de Vicence, íacapitale, est borné au nord par le Trentin ; à T orientpar le Trevisan 8c par le Padouan ; au midi par lePadouan & au couchant par le Veronèse : il estarrosé d’un côté par la Brente, de T autre par la riviereappellée Fiume novo , ou la Gua .,- 8t au milieu deses terres il est baigné par le Bacchiglione, le Rerone,l’Agno, TAstego, l’Asteghello ou Asticello, laTe-sine, laSeriole, 8c le Cireton. Son territoire, quipeut avoir quarante milles du nord au sud, 8c trente-trois milles de Test à l’ouest , contient environ centsoixante mille âmes : l’air qu’on y respire est fort sain.De tous côtés on trouve des sources d’eaux vives,des ruisfeaux 8c de petits lacs, entre lesquels est celuide Piola, dont les eaux croissent 8c s’abbaiffent co.m-me celles des Lagunes de Venise. La plaine est d’unegrande étendue, 8c les colines font aussi fertiles qu’a-gréables. Elles portent une grande quantité de fortbon vin de plusieurs couleurs, 8c de divers goûts,doux 8c piquant, aromatique, âpre 8c stomachal, vertrecherché par quelques-uns, 8c de beaucoup d’autressortes. IIy a aussi quantité de mûriers , dont les feuil-les servent à nourrir une infinité de vers à foie. Ontrouve en quelques endroits des mines d’argent 8c defer, 8c par tout des carrières de pierre à bâtir. II y ena d’aussi dures que celle d’Istrie, 8c d’autres aussi finesque le marbre de Carrare. On tire du même pays uneterre blanche, dont on se íèrt dans toute TItalie, furtout à Fayence, pour blanchir 8c pour vernisser lavaisselle. On nourrit force bétail, entre autres quan-tité de veaux 8c de chevraux , dont la chair est d’ungoût exquis. La pêche ne répond pas à la venaison.Le gibier de toute forte, cailles, perdrix 8c faiians,y est en grande abondance. Les places les plus remar-quables de ce pays font :

Vicence,Bassano,MarosticaOrgnan,

Arzignan,Lonigo,Cologna,Costozza.

On compte outre cela cent cinquante villages, entrelesquels il y en a sept fort renommés, appellés JetteCommuai, ou les sept communautés, & qui font fortpeuplés. * Magin, Carte du Vicentin- Ca Forêt d&Bourgon, Géogr. hist. t. 2, p. ^ 2 . Corn. Dict- Leand.Defcr. di tutt. Ital.

Les Vicentins ont l’esprit fort vif ; sont courageux,civils, propres aux armes, aux lettres 8c au traficmais un peu décriés pour être trop portés à la ven-geance ; ce qui a fait dire aux Italiens : Guareati d'un

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