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Claris ; au Midi, par quelqu’un des bailliages d’Ita-lie ■ & àl’Gccident, parle canton d’Underwald, 8cpar le pays de Hasli, qui fait partie du canton de Ber-ne. C’est proprement une longue valée , d'environvingt-cinq mille pas, entourée de trois côtés des hau-tes montagnes des Alpes. Le mont Saint Godard ,du côté du Midi, sépare cette vallée de laHaute-Lombardie. Le mont Crispale la sépare de la Haute-Ligue Grise, & du canton de Claris, vers l’Orient.Une autre branche des Alpes à l’Occident, la séparedes terres de Berne , 8c du canton d’Underwald.Cette vallée est arrosée par la riviere de Reuls, quicoule du Sud au Nord , depuis le pied du mont SaintGodard, où elle prend fa source, jusqu’au lac de Zu-rich, dont une grande partie s’appelle Wald-Stetten-zée, c'est-à-dire, le lac des villes, ou plutôt cantonsde la Forêt- Ces cantons Ion t Uri, & Schwitz, 8cUnderwald, dont les terres se trouvent baignées deseaux de ce lac. Enfin, du côté du Nord, la vallée oule pays d’Uri , touche aux terres du canton deSchwitz. * Eta & Délices de la Suisse, t. 2,77.404,& fui v. Longuerue, Descrip. de la France, part. 2,
p,2 7 1-
Ce canton peut être particulièrement regardécomme le séjour ancien & moderne de la valeur Hel-vétique. Les peuples, qui l’habitent, font les descen-dans des anciens Taurisques, qui, du tems de Jules-Céíár , inspirèrent aux autres habitans de l’Helvétiele dessein de forcer les Alpes, & de passer en Italie.Si le nom des anciens Taurisques étoit formé de celuid e Taurus, Taureau, celui des Taurisques moder-nes, ou des habitans du canton d’Uri , en dérive pa-reillement ; car en Allemagne on nomme un taureau,ein Urocks , & chez les Suisses, on appelle des tau-reaux , Uren. Ce peuple belliqueux se sert encore au-jourd’hui à la guerre , d’une grande corne ; & celuiqui en sonne, est appelle der Sáervon Uri , c’est-à-dire,, le Taureau d’Uri. D’ailleurs, on remarque,dans les armes du canton, la tête d’un Taureau, pourpiéce honorable: car il porte d’or à la tête d’un Tau-reau de fable , ayant un anneau de gueule dans lesnarrines. De Longuerue dit que le nom d’Uri, dansla langue du pays, veut dire un bœuf sauvage j & pourlignifier un bœuf sauvage , il étoit en usage dès lerems de Jules-Césarcomme il nous l’apprend, deBello Gai. 1 . 6 , & Pline, 8 <§ g, fait mention dqs
animaux, qu’il nomme Uri, & qu’il assure être desbœufs sauvages. II reprend ceux qui, par ignorance ,les confondoient avec le Bubali ou bustes, dont l’es-péce étoit différente. C’est pour cela, ajoute de Lon-guerue, que ce canton a pris pour armes , une tête deTaureau, en champ de Sinople. La boucle, qu’il adans les narrines , marque que c’est un Taureau sau-vage , que l’on domptoit avec de pareilles bou-cles. * Scheuche. Iter Alpin ID', au 1705. Stumpf1 . 6 ,c. 37 .
Ce canton n’a point de villes, & il n’y a, dit Sta-nian, dans fa relation de la Suisse, qu’un seul baillia-ge qui lui appartienne ; encore est-il bien pauvre.Mais quoique dans le canton d’Uri, il n’y ait vérita-blement qu’un seul bailliage, qu’on nomme la Val-lie de Divin , on ne peut s’empêcher de convenir qu’eles bailliages d’Italie lui appartiennent en commun,avec les autres petits cantons. Le bailliage de Bades ,qui est riche, aété ausíî, ci-devant, de fa dépendan-ce; mais le zèle, que les habitans de ce canton firentparoître, en 1712, pour l’abbé de Saint Gall, leur ena fait perdre la meilleure partie. Depuis, il a une por-tion de la jurisdiction , conjointement avec les an-ciens cantons , dans les bailliages communs enSuisse.
Les lieux les plus remarquables de ce canton,font :
Altdorff, Fluelen,
Beckenried, Burglen,
Urseren.
Tout le canton d’Uri est renfermé entre de hautesmontagnes ; 8t quoiqu’il soit plus avant dans les Al-pes que ses voisins , cependant, il e st plus fertile
qu’eux , 8c les fruits y font plutôt mûrs. S’il ne croîtpas du vin dans ce canton, 8c fi l’on n’y recueille pasentierement le bled qui s'y consume, les montagnesfournissent en récompense des pâturages pour tinegrande quantité de bétail, que l’on vend cn Italie ;ce qui est plus que suffisant, pour avoir ce qui manquedans le canton. D’ailleurs, comme ce pays est legrand passage des marchandises qu’on porte de Suis-se en Italie ; on leve quelque argent, par les impôtsque l’on met fur tout ce qui y passe.
Outre le lac des quatre cantons , qui fournit dupoisson aux habitans du canton d’Uri, ils ont encorequelques petits lacs, comme celui du mont Sebli, ducôté d’Underwald , 8c où l’on prend quelquefois deslamproyes délicates, du poids de huit livres. II y e na un autre, au-dessous du mont Euli, 8c dont Beau,aussitôt qu’elle est sortie, se perd dans la terre, Sc enfort cte nouveau, près du lac des quatre cantons. Il Va ausfi , dans le canton d’Uri, des mines de fer, dansl’une desquelles on trouva , en 1660, au milieu d’unrocher, une pierre à fer, faite en lignes spirales, aucentre de laquelle paroissoit une figure de femme,tenant un enfant entre ses mains. On la regarda com-me une image miraculeuse de la sainte Vierge, 8c onla porta dans le canton de Lucerne, dans une cha-pelle, qui est au milieu d’un bois , appellé Hertgolts -wcld, ou, par corruption, Hebgiswald, près du montPilate.
Le gouvernement est le même, à quelque différen-ce près, que dans les autres petits cantons, qui n’habi-tent que des villages ; savoir: Uri, Schwitz , Un-derwald, Glatis 8cAppenzel, même le gouverne-ment de celui de Zoug ne différé guéres de ceux-ci ;car quoiqu’il ait une ville , cependant le gouverne-ment y est purement démocratique , comme dans lespetits cantons. Les habitans de la ville n’ont aucuneautorité fiir ceux de la campagne. Les trois, Uri,Schwitz 8c Underwald, ont eu de tout tems de gran-des libertes. Les empereurs d’Allemagneles leur ontsouvent confirmées par des lettres - patentes. Il*avoient un gouverneur pour les trois pays. II leurétoit donné de la part de l’empire, 8c il n’habitoit pasmême au milieu d’eux : il alloit d’année en année leuradministrer la Justice , particulièrement pour les af-faires criminelles. Depuis qu’ils ont secoué le jougde la maison d’Autriche , 8c qu’ils se sont érigés estrépubliques, le gouvernement de ces cantons est pro-prement démocratique ; 8c dès qu’un homme a atteintl’âge de quinze à seize ans , il a entrée 8c voix dansl’assemblée générale. Toutes les années les assem-blées générales de ces cantons se forment à certainjour : ceux d’Uri 8c de Zoug s’assemblent le premierDimanche de Mai; 8c Scwitz, Underwald, Glaris 8CAppenzel s’assemblent le dernier Dimanche d’AvribCes Assemblées se tiennent ordinairement en rase
campagne ; 8c on y renouvelle les charges; on y faitles elections. On forme ausfi ces assemblées à l’eX-traordinaire , quand il s’agit d’affaires importantes ,comme de traiter de la guerre 8c de la paix, de fairedes loix, des alliances, 8tc. Ces peuples se regardenttous comme^aux. Le même qui aura été une annéedéputé à la Diette de tous les cantons, sera une au-trefois le valet du député ; mais il ne s’estimera pasmoins pour cela. Ils vivent chez eux à peu-près com-me les anciens Patriarches : leursjnanieres font sim-ples , mais grossières ; 8c leur langage l’est pareille-ment. Leur chef s’appelle Amman, ou Land-A^-man , 8c ordinairement il est en place deux ans. Acet Amman , ils joignent une régence, pour réglerles affaires ordinaires 8c celles des particuliers. Elseest composée d’un certain nombre de conseille^'Ceux d’Uri sont partagés en dix communautés, qu’d sappellent Gnojsaminen, mot qui signifie la même cho-se: 8c de chaque communauté ils prennent six conseil-lers ; de forte que leur régence eff composée de lu-xante personnes. C’est de-là qu’on prend les treo-■riers, les secrétaires 8c les autres officiers neceliai-res. La régence d’Uri se tient ordinairement a Alt-dorff En 1578 , ils se partagèrent en quatre parties ,de chacune desquelles on prend tour-à-tour les dépu-tés, pour envoyer à la Diette des cantons.