ment ies maîtres dans leurs villes,. Leur pOlivóir s ac-cru r avec leurs usurpations , fous les empereurs Alle-mands , successeurs des rois de Bourgogne dans le XI* sié-cle; & dans beaucoup d’endroits, les comtes & seigneurslaïcs devinrent vassaux des évêques; mais quelques - unsse rendirent assez puissans pour secouer ce joug. Avant lafin du XI e . siécle, Guignes, comte d’Albon , possédoitune grande partie du Viennois. G est de lui que descen—doit par mâles Guignes IV. comte d’Albon , qui, le pre-mier, porta íe nom d e Dauphin , qu’ii avoít reçu au bap-tême - & tous ses successeurs , après lui , ayant porté lemême nom, il est devenu un titre de principauté.
Ce prince eut une fille nommée Béatrix , qui fut sonhéritière ; & qui épousa Hugues, duc de Bourgogne ,prince de la maison de France. De ce mariage , il n’y eutqu’un fils, nommé André, qui, à cause de son ayeul ma-ternel , prit les noms de Dauphin 8c de Guignes. Le der-nier mâle descendant d’André, fut le dauphin Jean, quimourut en 1282 , 8c laissa pour héritière fa sœur Anne,femme de Humhert, baron de laTour-du-Pin.Leur arriérépetit-fìls Humbertll, fe voyant sens enfans, céda toussesétats en 1343, au prince Philippe , fils puîné du roi Phi-lippe de Valois. Il laissa au choix du roi, ou de son filsJean, alors duc de Normandie, de nommer un des filsde ce duc. Le dauphin obligea seulement le prince , quiauroítle Dauphiné, d’en porterie nom & les armes, qufilécarteleroir avec celles de France. Humhert eut encorequelques années l’usufruit de son état : mais en 1349 ,Philippe de Va.ois , ayant choisi son petit-fils Charles ,fils aîné du duc de Normandie , le dauphin Humhert lemit en possession du Dauphiné. Humhert prit, peu après ,Fnabit dans l’ordre de Saint Dominique ; & on se hâtacle h'i donner les ordres , de le sacrer patriarche d’A-levsnJrie , & de le faire administrateur de l’archevêchéce veirns.Ilmourut en 1355. Al’égard de Philippe, ducci’Oríéans, frere du roi Jean, il renonça volontairementà ses prétentions fur le Dauphiné. Depuis Charles V,fils de Jean , les rois de France n’ont donné le titre deDauphins qu'à leurs fils aînés , héritiers présomptifs dela couronne.
Le Dauphiné , possédé par les rois de France , n’estpas incorporé à leur royaume, il forme un état séparé ;de sorte que dans toutes les lettres, qui regardent cetteprovince, le roi est obligé oe prendre le titre de dauphinde Viennois. Aussi Humhert, dans le contrat passé avecPhilippe de Valois, avoit mis cette condition, que lesétats qu’ildonnoit, ne pourroient être unis au royaumede France , d moins que l’empire Romain n’y fut jointaussi, parce que les terres des-,dauphins avoient toujoursété de i’empire. Aujourd’hui , quoique l’empireRomainn’existe pas , ies pays qui sent à i’orient du Rhône, sontvulgairement appeìlés Empire ,pour les distinguer de ceuxqui íont à l’occident du fleuve , lesquels on nomme'France.
i^e terroir est fertile en quelques endroits, où il pro-dvut du bled , du vin , des olives , du chanvre, de For-ge j de F avoine , du sel, du pastel, de la couperose, de|a 'oye - du vernis , du cristal, du fer , du cuivre , &du plomb. Mais ies deux tiers de la province font stéri-b : à came des montagnes , ce qui oblige les habitansd’ss.ier passer une partie de Fannée hors de chez eux, pourr gti°" <ie quoi vivre 8c payer la taille. Ces montagnesy m rissent une infinité de belles fleurs , ou de simplesutiles , 8c quantité de choses curieuses. On trouve desmarepstites fur les montagnes d’Embrun & de Die.1 ? ’ cont Bresier, près des Alpes & du bourg de SaintC fis > vomît foulent des flammes. La montagne d’ora -ris ce non-, d’une mine d’or , qu’on y découvrit dutems des Romains ; & produit encore des especes dediamans. Les montagnes qui font entre Briançon , Pra-gelas & Pignerol, font couvertes de Melefes » arbre quiressemble assez au sapin , à cela près , que ses feuillesfont plus vertes & plus déliées . & q Ue «Bailleurs, il n’ya point tie bois, qui soit auffi propre pour bâtir & pourla menuiserie, t» qui dure plus long-tems que celui-là;ce cui a été cause qu’on Fa quelquefois confondu avecle C édre. H ne porte ni fleurs ni fruits ; mais il produitla manne, le benjoin & Fagaríc» espece d’excroissance,qui vient fur l’écorce des Meleses, &C dont on se sert uti-lement dans la médecine Sedans la teinture de l’écarlate.
Ôn volt encòre , fur ces montagnes » plusieurs espècesd’animaux > qu’on ne trouve point dans les autres pro-vinces de France. Tels font les Bouquetins , ainsi nom*més , parce qu’ils ressemblent aux boucs. Ils font de cou-leur grise, & leur taille est presque la même que cesisdes cerfs. Us se plaisent fur les rochers , 8c font si léger*»qu’ils fautent d’un rocher à l’autre, quoique fort éloi*gués. Sur les montagnes d’Urbon & de Valaurié , dans I eDíois, il y a quantité d’ours ; & fur celle de Voluy, P l ' e3de la Rochecourbe , on voit des troupeaux de Cham» 1 *'Ces .derniers diffèrent des Bouquetins, en ce qu’ils parois-sent rouges en été , 8c gris en hiver ; & en ce que le llt3cornes font petites , assez larges , & tellement crochuespar le bout , que quelquefois ils s’accrochent par-là ,demeurent suspendus, jusqu’à ce qu’ilss’élancent vers 1?lieu où ils ont envie d’aller. Au reste, cet animal est timi-de , & aime le sel plus que tout autre chose. Quand d*font attroupés , il y en a toujours un qui marche à la têtedes autres. Les loirs oumarmotes,som des espéceç degf° srats, qu’on trouve dans les Alpes, & qui ont cela de pat"ticulier , qu’ils dorment six mois, fans se réveiller ; &que, quand ils font leur provision de foin , il y en a rw >dit-on, qui se couche sur le dos, & leve ses jambes. í- eSautres le chargent, & le font servir de chariot , cn 1®traînant par la queue, jusques dans leur taniere. Les lis"vres blancs 8c les -perdrix blanches font en grande quast*tité dans cette province , de même que les phaifans >les aigles , les amours , &c.* Piganiol de la Force , Desc*la France, t. 3. p. 23 6.
Les principales rivières du Dauphiné , font le RhÔilt >la Durance , l’Jssre , & la Drome.
Les Fontaines minérales y font en grand nombre. A^ 2Mote, à deux lieues du terrain qui brûle , il y a mj efontaine , dont les eaux sont grasses , onctueuses & bi-tumineuses. A la montagne d ’Orel , près de Die , il y *des eaux, qui sont spécifiques contre la fievre tierce ;
même que celles qu’on trouve à un quart de lieue
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Gap , guérissent la fievre quarte. La fontaine du Pont ^Baret , entre Crest & Montelimart, a les mêmes avan ta 'ges que celle de la momtagne d’Orel. Les eaux d ’Arj aft 'son ont le goût du vin , & sont bonnes contre les ulcet^'Celles de Bordoire , au pied des montagnes du Diois , 0Saint Chef, près de l’Abbaye de Saint Antoine de Ví eI1nois, de Cremieu , de Launai , de Sanfon Sc deont différentes propriétés. Il y a , dans ce pays , d’au trfontaines , qui donnent de l’exercice aux physiciens.P 3 ®le Gapençois , & dans le territoire de Rives , fur la r° ude Grenoble à Vienne, on en trouve deux qui fe com 0ment entièrement aux deux solstices. Elles croisière 0diminuent, à mesure que les jours font Fun ou l’ í st lt 'Dans la Baronnie à'Aix, près de Die, il y a deux Ruces séparées , par l’espace de deux pieds. L’eau de 1 u ^est salée , Sc celle de l’autre , est douce. Les eaux dy,fontaine àsMoneticr d’Ambel s’élevent, de tems entesll g,de la hauteur d’une pique , & quelquefois davant 2 §Plus leur jet est haut , plus Fannée est stérile, ssila remarque de ceux du pays; au lieu que, quany^g,s’éleve pas si fort , il annonce une récolte aboN 3 sDans le duché de Tallard , il y a plusieurs f° Jltasalées. . j a
On compte sept merveilles en Dauphiné ; í" aV ° ls Jín s -tour fans venin, la montagne inaccessible , la f e s,ardente , les caves de Sassenage » les pierres p r ^ cie fl e d equ’on trouve à la montagne de Sassenage, la ^«alrne.Briançon, & la "grotte de Notre-Dame de R . j jce »Voyez. aux mots Tour , Montagne , F 0lí e ;fles,Sassenage , St Balme. On a , fur ces sept * I,eI 'j er pré—un assez beau poème latin de Salvaing , p resl1 Ì a deuxsident du Parlement de Grenoble. Le parsen 20 ^,archevêchés ; savoir , Vienne 8c Embrun í ^ c ^. g a ínt -chés , savoir , Grenoble , Valence , Die, G a ? ’ oV j n ce >Paul-Trois-Châteaux. On suit, dans cette P j, 3 u nle droit écrit, c’est-à-dire , les loix R omf ia&S ' Çotf
Parlement à Grenoble , lequel est en mêwe-des Aides ; un préfidial , sept bailH a & es * jus-chauffées , quatre judicatures royales > ^ autan ^ jjtices de seigneurs, qu’il y a de terres feigne» ^ fié-n’y avoit, autrefois , qu’un seul sénéchal, pouls pré-ges du Bas-Dauphiné ; mais , après l’érechon t j c u-sidial à Valence en 1636 , on créa «n présidia p ,