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V I E D E Mr. B A Y L E:
(î) Examenà'un Liiittle$<C.
(z'' Ibidem»
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(3) P 2 Z.39,4»> 4 1 -
(4) x. 4°.
(5) p. 40 J41.
designer Mr. Bayle , quoi qu’il ne se hasardât pas de le nommer. Mais quand il salutrendre raison de ce qui pouvoir avoir porté Mr. Bayle à écrire cet Ouvrage, il se trouvaextremement embarassé. „ Quel doit être, dit-il (1), le but de cet Auteur ? Vit-on„ jamais un dessein plus bizarre? quelle vûe a-t-il eu? D’abord j’ai crû que c’étoit un„ de nos Sceptiques qui n’avoit d’autre but que de fe jouer de la vérité, 8c defendre le,, pour 8c le contre ; de faire un Livre contre nous, Sc de le détruire ensuite par un autre„ Ouvrage pour nous, à dessein de faire voir que la vérité, auiìi bien dans les faits que„ dans le droit, est dans le puits de Démocritej qu'on peut douter de tout, assurer, de-,, fendre 8c combattre tout. Et je fuis encore dans la pensée qu’il est entré un peu de ce-„ la dans ses veuës. Je crois qu’il auroit tenu fa promesse si on n’avoit pas tant fait de,, bruit. Nous aurions en une méchante réfutation, car il y auroit parlé contre son cœur,8c contre ses maximes ; Au lieu qu’ici il parle selon ses pensées”.
Après cela Mr. Jurieu entreprend de découvrir le véritable but de PAuteur. II ditque cet Auteur, „ souverainement entêté de la puissance indépendante 8c lans bornes des„ Souverains, voyant avec chagrin que depuis quelques années on avoit écrit avec assezde liberté contre son Idole le Roi de France ; 8c étant fur tout indigné contre la révo-lution d’Angleterre 6c le détrônement du Roi Jaques; la patience lui avoit enfin écha-pé, 8c qu’il n’avoit pû s’empécher de faire une Apologie pour le Roi de France 8cpour le Roi Jaques (z) : 8c que c’étoit là ce qui l’àvoit obligé de lé cacher sous le voiled’un Papisme outré, 8t d’une haine violente contre la Religion Protestante (3) ”. IIavoue que ce voile l’auroit arrêté 8c tenu en suspens fans la Préfacé (4) ”, Cependantne croioit pas que cet Auteur fût aussi animé contre la Religion Protestante qu’U íèm-bloit l’ètrc. „ On lui fait la justice, dit-il, de croire qu’il n’est pas si malin contre la„ Religion Protestante qu’il le veut paroitre, 8c que Ion emportement contre nous fait„ une partie de la Comedie; afin de pouvoir défendre derrière ce rideau épais, 8c le Roi,, de France, 8c le Roi Jaques, 8c la Puissance arbitraire” (y). II ne croyoit pas mêmequ’aucun motif d’interêt l’eût .... - ■ -•
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p. 69.
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rendre ce témoignage, dit-il 3
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C oì p. 91 7
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( 10 ; p. 97 ,
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(n) p. ISO.(lï)P -1°,(13 P 98.
8c la Puissance arbitraire’
à écrire en faveur de ces Princes. ,, II faut luique Pinterêt ne sautoir avoir de part dans ces apparences„ de zélé. Car il n’avoit aucun dessein de fe faire un mérité de son Ouvrage auprès des„ Puissances, puisqu’il a pris toutes sortes de seuretez pour n’être pas connu ” (6).
Mais il ne rendoit cette justice à l’Auteur, que pour le rendre plus ressemblant à Mr.Bayle. II saisoit la même chose en parlant dc l 'Avis. D’abord, il disoit de cet Ouvragetout ce qu’il pensoit de Mr. Bayle qui étoit son objet. II trouvoit que leflile en étoit cou-lant , facile , égayé ; que les figures en étaient naturelles , les métaphores heureuses , les ornemensbien choisis & bien placez ; qu'il altachoit par un charme siecret ; qu’ri étoit plein d'une lit-térature agréable , 8c que T érudition y étoit fort bien dispersée (7). Tout cela convenoit àMr. Bayle dans l’opinion publique. Ensuite il disoit que cet Auteur frapoit coup siur coup ,pour atterrer sies Adversaires , £5? renfermoit avec beaucoup d'art en peu d’espace tout ce qui s'étoitjamais dit de plus terrassant contre les Reformez; que son Livre étoit le plus pernicieux Ou-vrage qui eût été fait contr'eux depuis la reformât ion ; faisant voir la Reformatìon du côté le'plus hideux (8): parce que cela étoit encore nécessaire pour son but, qui étoit de rendreMr. Bayle odieux. Mais quand il refutoit le Livre, 8c que venant à s’échaustèr il ou-blioit son premier dessein, ce n’étoit plus qu’un Ouvrage si extravagant pour le fonds qu'ilne faloit ni sijleme , ni principe , ni raison , pour en composer un semblable. Ouvrage quiétoit tout superficie , (s rien dedans ; c'étoit une petite figure de cire bien polie (f bien peignée ,bien assortie de blanc & de vermeil , mais il n'y avoit dedans ni chair , ni os , ni nerfs ; onn’y trouvoit que deux difficultez assez maigres que l'Auteur avoit engraisées de la fertilité deson imagination {s du trésor de ses recueils (p); deux misérables difficultez , tout A -e/s étantdorure , broderie , inventives , historie tes, reproches , & bagatelles ; des réflexions hors d'oeuvre(f qui ne faifoient pas des preuves (10) : ouvrage où il n’y avoit point de fyfteme (11), c’étoitun bon petit recueil du Polyantbea 8c pure pédanterie (12); ouvrage enfin si peu sagement &solidement écrit , que c'étoit prendre les hommes pour des betes , qui fe laiffent mener par le nésL? par les oreilles (13). Ses jugemens n’avoient d’autre régie que fa passion. II represcn-toit l 'Avis comme un Ouvrage formidable, pour pouvoir le donner avec plus de vraisem-blance à Mr. Bayle; 8c il attribuoit à Mr. Bayle le dessein d’avoir voulu faire l’Apologiedu Roi de France Sc du Roi Jaques, parce que dans la situation présenté des affaires rienn’étoit plus capable d’aigrir les esprits contre lui.
II y avoit alors à Geneve un Marchand nommé Goudet, peu affairé mais grand faiseurde Projets. II se mit en tête d’ajuster les differens des Princes, 8c de devenir le pacifica-teur de l’Europe. II composa un Ouvrage intitulé, Huit Entretiens ou Irene (f Arifiefournissent des idées pour terminer la presente guerre par une Paix gêner ale. Ces Entretiens con-tenoient un Projet de Paix, où le Sieur Goudet assignoit aux Princes Sc aux Etats de l’Eu-rope les territoires qu’ils dévoient posseder. La France, par exemple, devoir garder laFranche Gomté, la Flandre conquise, 8c le Luxembourg; mais il faloit qu’elle rendittout ce qu'elle avoit pris en Catalogne depuis la Paix des Pirennées, 8c en Allemagnedepuis la Paix de Nimegue, excepté Strasbourg. Elle devoir aussi démolir Mont-Royal,le Fort Louis, Hunningue 8c Fribourg ; en récompense on lui donnoit la Ville deMons 8c tout le Hainault, 8c quelques terres qui fe trouvoient à fa bienséance. On luidonnoit encore la Lorraine; 8c le Duc de Lorraine devoir avoir la Servie 8c la Bulgarie,8c Belgrade pour Capitale de ses nouveaux Etats: mais il changea ensuite cet Article, 8clui donna le Brabant 8c le reste des Pays bas apartenant à l’Espagne. La France devoirremettre aux Suisses la Ville de Fribourg 8c 1 a forteresse d’Hunmngue démolis; 8c l’Etn-pereur devoir leur ceder les quatre Villes forestières, le Brisgau, 8c le Sunrgau. On ce-doit encore à la France la Principauté d’Orange, le Comut d’Avignon 8c le Venaissin;8c en échange on donnoit au Prince d’Orange le Bailliage de Gex, 8c au Pape un tributannuel de cinquante mille écus, que le Duc de Savoye lui payeroit, en considération de-quoi ce Duc auroit Casai 8c Pignerol. On accorderait aux Reformez de France un Editperpétuel qui leur assurerait la même liberté de conscience que les Catholiques ont ea.
Hollande z
1690.