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Tome premier. A - B.
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LIV
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LIV

V I E D E Mr. B A Y L E.

(1) Ibid.p. 24 -

(2) Monscapitula le9 d’AvriliLsi , après16 jours detranchéeouverte.

(z) Chimerede la Cabalede Jteflcr-dam démon-trée <xc,

P- 194 . W,dans laNote.

(4) Avisimportantau rdibl'c ,p.z. & luiv.

(s) îMd.

p. S.

(«) lb.p. 7 -

(7) ib. p.7 , ê, 9.

(t) Ib.!• 42 ) 43 .

fy) ib. p.37. & luiv.

(10' Ib. p.Uo, m.

(11) Ib.V- 57 .

Bayle lui répondit toujours qu’il feroit bien de le donner à lire à qui bon lui semble-'roit ; Sc comme il dit à Mr. Bayle qu’il s’en rapporterait auffi à lui, Mr. Bayle lui ré-pliqua qu’il ne le fi {t pas, qu’il ne l’âvoit point lu , St qu’il ne le lirait point pendantqu’il feroit manuscrit. 11 lui marqua même fort naïvement’ce qu’en pensoient Mes-sieurs d’Ablancourt , de Bauval, St quelques autres qui l’avoient lu. Ce qui n’avoitgarde de lc rebuter ; car les Prophéties de Mr. Jurieu [qu’il avoir imprimées] luiavoient fait connoitre par expérience que les livres les plus remplis de chimères êtoient

les meilleurs de tous pour l’imprimeur.Enfin, ( 1 ) lorsque Mr. Bayle ne savoir

plus que penser du retardement des feuilles, il aprit pendant le siégé de Mons (z) qu’ily avoir à la Haye des exemplaires de la premiere édition. Cela lui fit conseiller au Li-braire de renoncer au Projet de Paix, d’autant plus que le Siégé de cette place de quel-que côté qu’il tournât, changerait l’état des choses : St il trouva qu’il avoir déjà priscette bonne résolution”.

L’Ecrit de Mr, Jurieu contre 1 'Avis cmx Réfugiez St contre Mr. Bayle étoit actuelle-ment fous la presse , lorsque les six premiers Entretiens du Projet de Paix , imprimez àLausanne, lui tomberent enrre les mains. Cet Ouvrage lui étoit inconnu. ,, (3) Mr.Minutoli n’avoit jamais parlé nommément de Mr. Jurieu dans fes Lettres à Mr. Bayle,parmi ceux à qui il falloir montrer le manuscrit. II crut sans doute que cela étoit inu-tile, ayant ouï parler de leurs grandes liaisons, St qu’en priant seulement son ami de'lecommuniquer aux habiles gens, c’étoit dequoi être certain que Mr. Jurieu le verraitdes premiers. Mr. Bayle n’auroit pas manqué de le lui montrer d’abord , encore queson Ami ne lui en cuit pas donné nommément la commission 3 mais il craignit que Mr.Jurieu ne priít pour une insulte, de voir que Mr. Bayle lui présent ail à lire un Projetde Paix, où l’on s’éloignoit si étrangement de son Syíteme. Car Mr. Bayle comprit,, bien par la premiere Lettre de Mr. Minutoli que selon le Projet, la Religion des Pro-testans ne devoir pas être en France la Religion dominante. Comme il n’avoit jamaisgoûté ce Syíteme, Sc que peut-être il en avoir parlé trop librement devant ses espions,il avoir déja encouru la haine sécrété de Mr. Jurieu, de sorte que sur une matière aussichatouilleuse que la gloire d’avoir bien ou mal prédit de grands évenemens,il craignoit,, avec raison que la moindre chose ne le piquait,& ne fuit prise,venant d’une telle main,„ pour une insulte”.

Mr. Jurieu fut, en effet, extremement irrite contre ce Projet de Paix : mais il ne seposséda plus lorsque le Sieur Acher lui aprit que cet Ecrit avoir été envoyé depuis long-tems à Mr. Bayle, Sc qu’il lui raconta ce qui s’étoit passé entre Mr. Bayle & lui, au sujetdu Manuscrit. Toujours plein de visions, Sc devenu furieux contre Mr. Bayle, il bâtitun syíteme mille fois'plus chimérique que le chimérique Projet de Paix. II mit à la têtede son Examen de Y Avis aux Réfugiez , un Avis important au Public, où il déclara que toutce qu’il avoir dit ,, du dessein de l’Auteur de Y Avis aux Réfugiez n’étoit que les efforts

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d’un esprit qui ne voyoit goûte dans un lieu ténébreux. II eíl vrai, ajouta-t-il, qu’ily avoit de Bêblouissement, Sc l’on a peine à comprendre a présent comment des Bâbord

on n’a pas au moins deviné tout le myítere (4).Ceux qui font suipects Sc qui

le doivent être ri’ont pas trouvé un meilleur moyen de justifier leurs amis que ce motcui bono? Et j’avouë que ce nœud me donnoit à moi-même un scrupule qui ne me lais-foit à la vérité nullement douter de la source du livre , mais qui me jettoit dans l’em-barras: quand enfin Dieu qui veut que les mystères d’iniquité se découvrent, a permisqu’une autre découverte imprévue nous ait donné lieu de pénétrer plus avant. Onseau ra donc que ce 11’est pas ici l’ouvrage d’un particulier qui ait delìëin de defendrel'autorité des Rois. Ceux qui se sont imaginez cela,continue-t-il,se sont trompez (f ).C’eít ici l’Ouvrage d’une cabale qui s’étend du midi au nord Sc qui a son centre dansParis Sc à la Cour de France (6). ,, 11 ajourait qu’il y avoit à Geneve un parti Fran-çois qui se couvoit fous les ombres du Résident de France3 quê dans ce parti il y avoitdes gens de tonte condition St de tout caractère ; Sc que cette cabale communiquoitavec une autre toute semblable qui étoit en Hollande '(7). Que ces deux partis Fran-çois de Geneve Sc de Hollande communiquoient ensemble : q u’ils avoient un mêmebut, qui étoit de tirer la France d’affaire , par une paix aussi avantageuse qu’elle lepourrait souhaiter : que leur dessein étoit de désunir les Alliez , Sc d’inipirer aux Peu-ples contre leurs Souverains un esprit de révolté qui forçat les Alliez à recevoir la paix,aux conditions qu’on leur voudrait donner : Sc enfin que ces deux partis ne faisoientjt rien que de concert avec la Cour de France Sc par son ordre (8)”. Que conformé-ment aux vues Sc aux instructions de cette Cour, Mr. Bayle qui étoit le Chef de la Cabaledu Nord, avoit écrit Y Avis aux Réfugiez 3 Sc le Sieur Goudet, Agent de la Cabale duSud, avoit composé ses Entretiens fur-la Paix, minutez par le Résident Sc corrigez à Ver-sailles, lesquels Mr. Bayle s’étoit chargé de faire imprimer à Rotterdam, pour les répan-dre plus aisément dans toute B Europe , Sc particulièrement en Hollande Sc en Angleter-re (p). Après cela il trairait Mr. Bayle d 'impie, de prophane, à’homme fans honneur

de V Etat 3 digne d’être deteflê & puni cor -

ennemi

fans Religion, de traître, de fourbe, Sc dporeïïement.

Cependant il avouoit que l’Accusation touchant Y Avis aux Réfugiez n’étoit fondée quesur de simples présomptions. ,, Peut-être,dit-il ( 10 ), que quelques-uns de ceux qui veu-• lent paraître desinteressez diront que c’est pousser trop cruellement les gens, que c’est

” les exposer à la haine publique sans les avoir pleinement convaincus.mais quand

il s’assit de travailler à la scureté publique faut-il des convictions, Sc fur des présomp-tions fortes ne découvre-t-on pas les mal-intentionnez afin qu’on s’en donne de garde?”Ce qu’il y a de singulier, c’eít que pendant qu’il accusoit ainsi Mr. Bayle de s’être pro-posé dans cet Ecrit , la ruine des Protestans ; il lui échapoit des aveus qui détruiraientcette accusation. „ L’Auteur, disoit-il ( 1 i),a cru que dans la fuitte cela ne leur feroit„.p as plus de mal que cent autres libelles qui ont été faits contr’eux : que celuy-ey s’ou-„ blieroit comme les autres 3 Sc que pour le présent cela feroit du bien à la France Sc paf

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