VIE DE Mr. B a Y L E. bxi
Hsoî. *, fieilrs semailles fans comparoitre, alléguant de Dimanche en Dimanche (i) diverses éx-„ cuses. Enfin il notifia à la Compagnie qu’il seroit prêt pour un tel jour: j’en sus aver-,* ti, & je ne manquai pas de comparoitre, mais au lieu d’cntrer cn matière l’Accusetcur,, demanda qu’on nous renvoyât ail Synode. II apuya la demande fur toutes les raisons,* quhl put imaginer. Moi au contraire je fis tout ce qu’il me fut possible pour obtenir,, que lc Consistoire retînt en premiere inítance le jugement de la cause* & je proposai,* qit’on priât quelques Ministres des Egliies Wallonnes du voisinage, & quelques Mi-,, ni lires de f Eglise Flamande de Rotterdam de se joindre au Consistoire, Lc qu’on priât,, même Meilleurs les Magistrats de députer quelques personnes de leur Corps pour assif-,, ter à la discussion de cette cause : mais toutes mes demandes furent rejettées à la plura-„ lité des voix; ma partie obtint que l’affairc fût renvoyée au Synode. II se trouva en,* personne au Synode qui se tint peu de jours après à Ziric-zée* Lc n’y dit pas un mot de,* nôtre procès, il ne voulut pas même consentir qu’on communiquât les Actes du Con-,* sistoire au Synode, quoi que le Consistoire eût chargé ses Députez de le faire”.
Dans cc tems-là, Mr. L ay le déguisé sous le nôm de Car us Larebonius , publia un Ou-vrage Latin contre le Livre de Mr. Jurieu intitulé le vray Syfteme de VEglise : Lc commeil n’y a point de titre à quoi Poreille soit plus accoûtumée qu’a celui du Janua Linguarum.reserata de Comenius (2.)* il l’intìtula "Janua Cœlorum reserata cunilis Religionibus ; à celebriadmodum viro Domino P.etro Jurieu * Roterodami verbi dìvìni Pafiore L? Theologia Prof es-sore. ■ Porta patens efio. Nullì claudatur honefto. Amselodami excudebat Petrus Chayer ,M. D.C. XCII. In 4. II y avoit long tems que cet Ouvrage étoit composé; car il enparloit dans fi Cabale Chimérique comme d’un Ecrit prêt à être mis sous la presse, *, Je,, connois un homme, disoit-il (3), qui a une Dissertation Latine prête à être donnée à„ l’Imprimeur, sous le titre de 'janua Cœlorum reserata , où il montre que le Syfteme de,, F Eglise de cet Auteur est l’éponge de la Reformation, qu’il en ruine toute la nécessité,,* Lc qu’il fauve tous les honnêtes gens dans toutes sortes de Religions”. C’étoit atta-quer Mr. Jurieu par l’endroit le plus sensible : cet Ouvrage passoit pour le meilleur qu’ileût sait; Lc de tous ses Ecrits Mr. Nicosie n’avoit trouvé que celui-là qui fût digne deréponse (4). Mr. Bayle y Fait voir que Mr. Jurieu, tout intolérant qu’il étoit j avoit ou-vert la porte des Cieux, non seulement à toutes les Sectes du Christianisme, mais mêmeaux Juifs* aux Mahométans, Lc aux Payens. Ce Livre, écrit dans une Langue entenduede tous les Savans, mortifia extremement Mr. Jurieu. II n’osa pas se hazarder d’y ré-pondre. Mais ayant enfin publié un Ecrit pour la deffense de fit Doctrine intitulé, Secon-de Apologie pour Mr. Jurieu : ou Réponse à m Libelle sans nom présenté aux Synodes de Leyden& de Naerden , fous le titre de Lettre à Messieurs les Miniftres (f Anciens qui composent le Sy-node assemblé d Leyden , le z. de Mai 1691 ; il y mit à la fin une espece d’Avertissement,où il affecta cse mépriser cet Ouvrage; Lc rapporta l’extrait de deux Lettrés écrites par despersonnes qui en disoient beaucoup de mal, mais qui avouoient en même tems qu’elles nel’avoient point lû. L’Auteur de la Lettre adressée au Synode de Leyde réfuta cette Apo-logie de Mr. Jurieu par un Ecrit, intitulé, Examen de la Doctrine de Mr. Jurieu. Pour.servir de réponse à un Libelle , intitulé * fécondé Apologie de Mr. Jurieu. II ne laissa pas écha-per ce mauvais artifice de Mr. Jurieu”. On ne peut guére voir, dit-il (f), de plus plai-. santé fanfaronnade que celle de Mr. jurieu sur le Livre intitulé Janua Cœlorum reserata ;í* où d’habiles gens prétendent que son Syfleme de l'Eglise est bouleversé sans retour. II y„ répond par deux extraits de Lettres feints ou véritables* dont l’un dit qu’il n’a point*, lû le Livre, Lc l’autre qu’il en a lu f ou 6 Sections, qui font 10 ou iL pages. C’est,, se tirer bien cavalièrement d’affaire, Lc prendre les gens pour des dupes, que de croire,* que le Public s’en tienne au jugement de cet anonyme qui est peut-être Mr. Jurieu lui-„ même. Comme un Livre Latin est désormais inaccessible pour lui, & qu’il n’a garde5, de s’y accrocher, il s’est fait du jugement de deux inconnus un prétexte de mépriser,,, un Ouvrage* qu’il est dans l’impuissance de réfuter”. Mr. Bayle avertit au commen-cement du Janua Cœlorum reserata que ce Livre est écrit dans le stíle des Scholastiques,non tam silo in Rhetorùm scholis quam in Peripatetìcorum Lycœo obtinente. II s’y servit ausside leur méthode dogmatique; ce qui dégoûta bien des gens de la lecture de cet Ouvrage,& fut cadse qu’on ne le rechercha pas avec le même empressement que ses autres Ecrits.Car dit reste* on y trouve la même netteté Lc la même force de raisonnement.
L’Auteur des Remarques Générales parut de nouveau fur la scene, par des Lettres fur lesdifferéns de Mr. Jurieu & de Mr. Bayle. OU l'on découvre les contradictions de ce dernier ,
* qui peuvent servir de nouvelles Convictions. Ces Lettres sont au nombre de cinq. Ellessont datées dé Coppenhague; mais cela n’empêcha pas qu’on n’en reconnût bien-tôt P Au-teur. II y repetoit sous une nouvelle forme ce qu’on avoit écrit contre Mr. Bayle, 5 cdéguisoit ou passoit sous silence ce que Mr. Bayle avoit répondu. Celui-ci publia à cetteoccasion un Ecrit intitulé * Nouvel Avis au petit Auteur des petits Livrets .- Concernantses Lettres fur les différons de Mr. Jurieu & de Mr. Bayle. A Amserdam , M. D. C. XCII.II y marque les raisons qui l’empêchent de répondre à cet Auteur, & sc contente de don- 4ner un échantillon des faux raisonnemens* de la malignité, Lc des déguiscmens frauduleuxdont il étoit plein. II y inféra (6) la Réponse que Mr. Lattre avoit faite à sa Lettre, Lcoù il avouait que lorsqu'il avoit dit qu'après le départ de Mr. Bayle de Puylaurens on futqu'il s'étoit allé setter au Convënt des Jésuites à Toulouse , il avoit seulement voulu dire quecela fut dit ains à Puylaurens * fcf cru de même de tout le monde: qu’à P égard des autrespetites cìrconsances du tems qu' il y pourroit avoir eu depuis que Mr. Bayle avoit été à Toulousejusqu' à ce qu'il le vid a Gèneve , & du lieu particulier ou ils se parlèrent ensemble la premie-re fois , que ce fut environ trois 1 ans ou moins . quand ce seroit sa mémoire qui l'au-
rait trompé en cela , la chose étoit de très-peu dé conséquence pour l'un aufs bien que pour Vau-tre: Lc que pour ce qui regardoit la Réponse qui'lui auroit été écrite de Toulouse, puis-que Mr. Bayle ne demeurait pas d'accord de l'avoir écrite , il n'avoit garde de l'assurer , n’enayant aucune certitude. Ç’est à dire, qu’il rétracta tout ce qu’il avoit avancé, Lc dont Mr.Jurieu Lc ses suppôts avoient fait un sujet de triomphe.
Li 33 Mr,-
(i) Ce fonSles joursbïdii) airesque lesConiiítai-ires î.’aílem»blcnt;
(2) VoycEdans leDictionairehistorique spcritiquel’Article
Comenius,
cn p»g.
163.16,.
de la 1. E- ’dit. 8c p.i»i >193.de la z. E-dit.
f 4 l Voyezl’ArticleCOMF.NI-us, Kení,
M.
f s) ExetmctìStc, p. rr,col. 1.
( è ) Éteuvet^ivis Lee,p. 34 Scliliv. Ltttrc-ide Mr. BayZle, p.+I».8c lùiv.