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Tome premier. A - B.
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LXIV
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LX 1 V

V I E D E Mr. BAYLE.

par rapport aux affaires d’Etat 8c de la Religion: enfin, que dans ses Traitez de Contro-verse on trouve des apostrophes ou des exhortations fréquentés aux Protestans j des ■ élé-vations & des prières à Dieu ; Sc des éloges du Roi de France: caractères qui pris ensem-ble conviennent à l’Auteur de Y Avis, 8c ne paraissent convenir qu’à lui seul. Mais pourrendre cette conformité plus sensible, il rapporte dans ses Observations particulières, untrès grand nombre d’endroits de Y Avis les met en parallèle avec des endroits tout sem-blables des Réflexions , 8c particulièrement avec le troisième volume de ces Réflexions pu-blié en 1685; fous le titre de Chimères cìe Mr. Jurieu. 11 fait voir, par exemple,que versìa fin de cet Ouvrage , Mr. Polisson insultoit aux Réfugiez au sujet des Prophéties deMr. Jurieu qui les assuraient de leur rétablissement en France en l'année 1689 j 8c quec’est précisément par là que Y Avis commence. Dans les Réflexions , Mr. Pelisson dit queMr. Jurieu répand son fiel (fl son venin sur nos tems , contre tout ce que la vérité peut avoiraujourd'hui ow de protecteurs ou de défenseurs les plus illustres , fans refpeéî ni de rang , ni de■mérité : Dans Y Avis , il n'y a rien , dit l’Auteur, de fi auguste ni de fi éminent que vousayez crû digne de vôtre refpeêl-, les têtes couronnées , que toutes sortes de raisons dévoient ga-rantir de l'insulte de vos Libelles diffamatoires , ont été Pobjet de la plus énorme (fl de laplus furieuse calomnie dans plusieurs de vos Livres. Dans l’un 8c dans l’autre, on cite sou-vent les Loix Romaines ; on fait valoir l’autorité du grand nombre ; on se moque des

Prophéties de Drabitius, & des petits Prophètes du Dauphine * on raisonne sur la situa-tion des assures de l’Europe; on s’attache à relever la gloire de Louis XIV, 8tc. On

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(t) Exa-men de i* ^vis aux 7Q-a P*

Chimère d. mmont n e. ,Préfacé,p. LXxj.

(z) Lettreá Mr.

ConstantttU Z4 CÌ’OC-tobre 1692,p- m*

íj) Lettrea Mr. IV.oudu 1-, dePeviicr1686, p.zji.

{*1 Lettreà Mr.Cousant,ubi íupf.p.ZZ9,Z40.

(î) Lettredu 19d’Aout1707.

juge Dien que

paroit pas naturel qu’un Auteur veuille non seulement se réfuter lui-même, mais satiriserson propre Ouvrage, 8c en faire un portrait afreux.

Mr. de la Bastide finit sa Dissertation en répondant à une difficulté qui s’ossroit natu-rellement. „ Que si l’on demande aujourd’hui, dit-il, pourquoi l’Auteur ne se scroit-ilpoint déclaré fur ce dernier Ecrit comme fur les autres, pour ne pas perdre, au moinsparmi ceux de sii communion , le mérité de l’esprit, de l’érudition, 8c du zele qu’ilsemble y étaler ? Outre les raisons lècretes, qu’on ne pénétre pas toujours , il paroitassez que son dessein n’étoit pas de se cacher entierement, ou pour toujours, mais feu-lement de sc tenir quelque tems derrière son Tableau , pour voir ce que le Public endíroit. Oar on trouve vers la fin, qu’il dit à celui à qui il l’adresse, qu’il peut le faireimprimer , 8c qu’il lui recommande seulement de ménager son nom y comme s’il eût vouludire qu’il n’étoit pas à propos de le nommer ouvertement, mais qu’on pouvoit bien lelaisser entendre. Etant né Protestant, proche parent 8c allié de plusieurs d’entre lesRéfugiez, il étoit naturel qu’il eût quelque répugnance à paraître hautement l’Auteurd’un Ecrit qui les rendoit odieux 8c suspects aux Puissances, 8c qui sembloit fermer laporte à leur Rétablissement. Mais fa principale raison étoit apparemment, qu’ayant•laissé couler en divers endroits de cet Ecrit des sentimens assez libres, 8c des expressionsaflèz fortes contre la maniéré dont on avoit persécute ceux de notre Communion, soitqu’il l’eût fait sans réfléchir assez fur les conséquences , soit pour s’infinuer ainfí dansl’esprit des Protestans , l’Archevêque de Paris 8c les Jésuites lui en firent une affaire,comme le brait en fut public. II arriva, en effet, qu’une Edition de Y Avis ayant étécommencée à Paris par le Sieur Martin Imprimeur ou Libraire ordinaire de Mr. Pe-lisson , elle fut arrêtée 8c interrompue , quoi qu’clle eût été entreprise par son ordre:8c depuis on a vû aussi que quelque tems avant fa mort , il en fit faire lui-même unenouvelle édition fous ses yeux ; mais que ce ne fut qu’après avoir ôté'ou changé les en-droits qui avoient choqué cfux de fa Communion, 8c y avoir mis aussi une courte Pré-facé de íà façon en la place de celle qu’on y voyoit auparavant”.

II est pourtant vrai que peu de tems après que Y Avis eut paru, Mr. Pelisson écrivit enHollande pour s’informer qui en étoit l’Auteur, 8c qu’il tâcha de l’obliger à sc découvrirpar l’efperance d’une récompense considérable ( 1 ). Cela supposerait que cet Auteurétoit inconnu à Mr. Pelisson , 8c par conséquent que ce n’étoit pas lui qui avoit écritY Avis. Mais Mr. de la Bastide aurait pû répondre, que Mr. Pelisson ne faifoit cela quepour íe mieux cacher j Sc que d’ailleurs cette supposition est détruite par le Privilège del’Edition de Paris, où l’on expose que l’Auteur àe*YAvis avoit obtenu un Privilège le zo.d'Odobre 1890, mais qu 'ayant affeéié de demeurer inconnu au public , il avoit fait difficultéde laisser enregïtrer ledit Privilège , expédié en son nom , sur les Registres de la Communautédes Libraires de Paris : ce qui fait voir que le nom de cet Auteur étoit connu à la Chan-celerie, 8c qu’ainsi il n’étoit pas nécessaire d’écrire en Hollande pour s’en informer.

te au mois d’Octobre 1890, quede Larroque ( 1). Mr. de Lar-l'année suivante' il publia des Re-marques critiques contre le premier Tome de l’Histoire de l’Heresie par Varillas , qui fu-rent estimées. J’ai déja parlé de fa Réponse à Mr. Brueys. Après avoir voyagé en An-gleterre, en Allemagne 8c en Dannemarc, il repassa en Hollande, 8c de là il retourna enFrance vers le mois de Juin 1692 (4), c’est-à-dire, un mois ou six semaines après queY Avis aux Réfugiez eut paru, 8c embrassa la Religion Romaine. Lorsque je commen-çai de travailler à la Vie de Mr. Bayle en 1707, je priai Mr. Basnage de me fournir quel-ques éclaircissemens. Voici ce qu’il me répondit au sujet de Y Avis aux Réfugiez (q).„ Puis que vous voulez que je vous parle avec une pleine confiance fur ce qui regarde Mr.Bayle ; je ne croy point qu’on doive remuer l’affaire de Y Avis aux Réfugiez. Ce n’estpas que je le soupçonne d’en. être l’Auteur. . Je n’ai point encore abandonné ma pre-mière conjecture: c’est que le Manuscrit lui en avoit été confié. 11 le fit imprimer,il y ajouta une Préfacé, 8c quelques traits de fa main. Mr. Hartsoeker m’a confirmédans ma conjecture, parce qu’il m’a assuré que Mr. de Larroque , étant prisonnier àParis, citoit souvent cet Ouvrage comme une production qui lui apartenoit. Mais

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