L X V I
V I E D E Mr. B A Y L E.
(0 £*‘-w en de í ^A-vis, tz.
(2) Chimcrtdémontrée >
préfacé ,x. cix, ex.
( 3 ) Ibid.x. ex j, cxij.
( 4 ) Voyez!'ArticleCOMF.NIUS,Rem. K,
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s.r) VoyezL3-deBììLRem. G.
(£) Vcyezci'deiVus ,Rem. C.
s-) Voyezla mëmeRemarque.
[d) Lettrede Mr. Pa*pin a Mr.Jurieu, in-férée dansla LettrePastoraleaux fidellesde Paris yd 1 Orléans &de Blois ,
&c, p. 6.col. r.
se) Préfacédu Livre deMr. Papin,intitulé lesdeux voiesopposées enmatière de'Religion ,
Lcc. p. xi,xir, del’ed't. deLiege 1713.
(f) Lettredun deKovembreKvr p. 474,
475.
gardoit la Révolution comme un effet de la Politique, & non pas de la neceíîìté : Qu’ilavoit pris le masque d’un Catholique Romain, pour donner plus d’autorité à les remon-trances > pour les rendre plus vives, plus piquantes, 6 c plus capables de faire impression:„ Que puisque T Auteur de Y Avis , selon Mr. Jurieu lui-même, s’étoit proposé de mettreles Réfugiez en état de rentrer en France , ce qui ri 1 étoit point Vesprit des Papistes Fran-çois ( 1 )} il salloit, ainsi que le remarquoit Mr. Bayle (r.), qu’il eût plus à cœur lesintérêts des Protestans que ceux des Papistes , 8 c qu’ainsi ce qu’il difoit en Papiste ou-tré n’étoit pas son véritable lentiment, mais le discours d’un homme qui vouloir sou-tenir ìe personnage, sous lequel il s’étoit déguisé : Que cet Auteur, comme difoit en-core Mr. Bayle ( 3 ), n’avoit fait que ramaíîer les vieilles & les nouvelles objections desCatholiques les plus passionnez Sc les plus malins, les réflexions des flateurs fur les éve-nemens de la premiere Campagne , le poison que l’on répandoit fur tout le corps desRéfugiez pour la faute de quelques Auteurs Scc : le tout afin de fournir matière à undésaveu utile, 6 c à une réponse qui confondît la malice des persécuteurs des Reformez,& la vanité des flateurs , Le qui tirât les Réfugiez du ridicule où les mettoient leursProphéties ; chose qui fut autrefois très-funeste aux Protestans fugitifs des Etats del’Empereur ( 4 )”- On pourroit ajouter, que Mr. Jurieu, qui infatuoit les Réfugiezde ses Prophéties, 8 c qui avoit publié plusieurs Ecrits que l’Autcur de VAvis traitoit deLibelles / que Mr. Jurieu, dis-je , qui étoit le principal objet de cet Auteur, s’étoitaquis une efpece de domination fur les Réfugiez ( de sorte qu’il n’étoit pas possible
d’obtenir
lui rapportait ou qu’on lui écrivoit; & lorsqu’il avoitpris cn aversion ceux qui avoient cté ses amis, il em-ployoit contr’eux ce qu’ils lui avoient dit en confi-dence (£).
Voici encore quelques traits du Portrait de Mr. Ju-rieu : c’est Mr. de Bauval qui le peint.
,, Mr. Jurieu, dit-il (i), a porté en tous lieux le„ trouble Sc la discorde. Sa main a toujours été con-,, tre tous , 8 c celle de tous contre lui. La discorde,, entra avec lui dans l’Academiede Sedan. II la par-,, tagea en brigues 6 c en cabales. Ceux qui présage-,, rent ce que l’on devoit attendre de lui, par la pre-,, miere démarche, lorsqu’il fut installé dans la Chai-,, re de Rotterdam, n’ont point mal auguré. 11 prê-,, cha fur ces paroles , O que les pieds de ceux qui an-„ noncent la paix font beaux : Ôt en descendant de„ Chaire il intenta procès à son Collègue pour l e pas*,, il eut pourtant la confusion de succomber dans cet-,, te querelle de préférence 5c de vanité. Depuis quel-„ ques années Mr. Jurieu a mis tout en combustion,, parmi nous ; son esprit vain Sc ambitieux a porté„ par tout le flambeau de la guerre. Bella gerimus„ nullos habitura trìumphos. Il a divisé la Nation Fran-„ çoise que les communs malheurs de leur fuite de-„ vroient avoir réunis ; il tâche de cantonner, pour„ ainsi dire,son Parti. Les haines qu’il semé,Sc qu’il„ nourrit avec tant de soin, font autant de barrières„ pour les tenir séquestrez. II s’est érigé en Inquisi-„ teur Général pour acquérir de la gloire aux dépends,, de la réputation de ses Frétés. Il se comporte en,, Eveque Universel. 11 a arme les Eglises les unes„ contre les autres ; 6 c par les querelles dont il a étc,, 1 Auteur , il a ravale 6 c abaissé la gravité 6 c la di-„ gnité des Assemblées Ecclésiastiques. D’un côté,l’on a vu les Membres du Svnnde
ztfpz.
(g) EA'!-yal, Consi-dérationsfur deuxò'efmons deMr, 'jut testètc, p. jo t
( §L) Asr. Jurieu s'étoit aquis une efpece de domina-tion fur les Réfugiez.'] Voici quelques-uns de ses ex-ploits. 11 s’érigea en Inquisiteur de la Foi , & atta-qua plusieurs Ministres François , dont la plupart e-toient réfugiez en Hollande. Il les accusa de Socinia-nisme Sc les dénonça aux Synodes. Tout leur crimeétoit d’avoir des sentimens de modération : mais laTolérance étoit , selon lui, la plus grande de toutesles Hérésies. C’est par là qu’il persécuta cruellementMr. Huet (a). 11 dénonça comme Hérétiques ou fau-
teurs d’Hérctiques Mr. de la Conseillère Ministre deHambourg, Mr. Jaquelot, Mr. Papin, 6cc. Mr. Pa-pin étoit Neveu de Mr.Pajon, Sc avoit les mêmes sen-timens que lui fur les matières de la Grâce (f>). H lesdéfendit contre Mr. Jurieu dans un Ouvrage qui a pourtitre Epais de Théologie Scc. Mr. Jurieu résolut de leperdre. Il prit pour prétexté un petit Livre de Mr. Pa-pin intitulé , La Toi réduite ct fes ■véritables Principes,csr renfermées dans fes jujles bornes. Cet Ouvrage ten-don au même but que celui de Mr. Dhuisseau (c), c’est-à-dire , à réunir les Chrétiens en les ramenant auxprincipes fondamentaux de la Religion, Sc à leur ins-pirer un esprit de tolérance sur les matières controver-sées. 11 fut publié fans la participation de Mr. Papin.Le Manuscrit s’en trouva dans le Cabinet d'un hommedistingué par son rang V par son mérité {d ) , 8c il futmis entre les mains de Mr. Bayle qui y ajouta deux pa-ges au commencement 6c le fit imprimer en 1687 fousle titre qu’on vient de voir (e). Mr. Jurieu fit con-damner cc Livre par le Synode , 6c persécuta fi vio-lemment Mr. Papin, qu’il le força de retourner en Fran-ce , 6c de se jetter entre les bras de Mr. l’Eveque deMeaux. Mr. Bayle en parle dans une de fes Lettres àMr. Minutoli. „ Vous savez, dit-il (/), que Papin,, s’est révolté, ce qu’il n’auroit pas fait, si la refuta-„ tion qu’il a faite d’un Livre de nôtre Faux-Prophete,, ne l’eút exposé à la persécution violente de ce fana-,, tique, qui ne pouvant disconvenir des contradictions„ Sc des sophismes dont Papin l'avoit convaincu, se,, vangea en écrivant par tout qu’on se gardât bien de,, donner de l’emploi au Sieur Papin ; que c’ctoit un„ dangereux Hérétique,ôcc. Papin eut beau chercher„ du pain en Allemagne, en Hollande, en Angleter-„ re ; il y trouva par tout la porte fermée, par les mé-,, nées de Ion ennemi. Ainsi la faim le fit retourner„ en France, où il a remis à Mr. l’Evcque de Meaux„ les Lettres que Mr. Burnet lui avoit écrites, en ap-,» probation d’un Livret intitulé La Roi réduite a fes,, véritables bornes ’.
Lorsque Mr. Jurieu se trouvoit dans l’impostìbilited’accuser d’Hérésie ceux à qui il vouloir du mal, il tâ-choit de les rendre suspects au Gouvernement, 6c lesrepresentoit comme des mal-intentionnez. 11 soup-çonna Mr. le Gendre , Ministre à Rotterdam , d’êtrel’Auteur d’un Ecrit sur les petits Prophètes du Dauphi-ne,. 6c fur ce soupçon il l’accusa devant son Consistoi-re d'entretenir des correspondances en France,vr d'avoirune haine sécrété contre P Etat : mais Mr. le Gendre luie n demanda réparation , 6c déclara qu’il le tenoit pourun Calomniateur er un mal honnête homme. Cettedéclaration fut mise par écrit, signée, Sc livrée auConsistoire : Mr. Jurieu recula autant qu’il put, maisMr. le Gendre le pressa fans quartier, Sc il fut forcé àacquiescer honteusement. Son accusation fut laceréeen sa présence Sc de son consentement (g). Sa haines’étendoit jusques fur les parens6c fur les amis de ceuxqu’il haïslòit, quoi qu’ils n’eussent jamais rien eu à dé-mêler avec lui. Il les denonçoít aux Ministres d’Etatcomme des traîtres 6c des espions de la France. Sansrespect pour la Confiance, qui fait le lien de la Socié-té civile , il pnbliyit dans fes Libelles tou ce qu’on
(b) Ibid.P- JÎ.S4-
(!) Ibid,
P- 7.
vû les Membres du Synode d’Amsterdam 6 c>, de Leyden se plaindre devant le Public que ces deux,, Compagnies engagées par Mr. Jurieu avoient com-„ mis des iniquitez Sc, qui pis est, des faussetez, que,, l’on n’a pu excuser jufqu'à présent : 6 c de l’autre,„ Mr. Jurieu mal satisfait du Synode deZiriczée adressa„ un Imprimé plaintif à Messieurs les Etats, où il ac-,, cuse cette Assemblée de violence , d’opprejston , de,, toutes fortes d'excès, csr d’avoir entrepris de violer tou -,, tes les loix fondamentales de la liberte de /’Eglise (T de,, l'Etat. Rien n’avilit davantage les Compagnies,, que ces accusations réciproques qui les décrient 8 c,, les deshonnorent. Mr. Jurieu est la cause originaire„ de tous ces désordres. Il accuse, íl frape à droit Sc„ à gauche. II déclare que les Conseils de ses amis„ qui lui remontrent qu’il devroit laifler le monde en„ repos, font des conseils de la chair cy du sang (k).„ 11 ne prend plus la plume.que pour faire des Libel-,, les diffamatoiies, 6 c il n a pas plutôt mis les armes„ bas qu’il les reprend à la premiere occasion. II est„ toujours l’aggresseur, Sc le poursuivant. Il emploie,, le fer Sc le feu pour exterminer tout ce qui ne re-„ connoit point son empire Despotique ; il appelle à,, son aide la fraude Sc la calomnie; Sc sous les Eten-,, darts de la Religion il iroit volontiers extirper à la„ façon de l’interdit tout ce qui refuse de plier les ge-„ noux devant lui. Assurément Mr. Jurieu a fait à un,, bon nombre de fugitifs un nouveau genre de persc-„ cution peut être plus sensible que celle qui les a,, chaílez de leur Patrie II leur a ravi le repos qu’ils,, étoient venus chercher dans l'exil ; Sc pouf comble,, de leur malheur 8 c de leurs misères, ils ont trouvé„ dans leur propre Nation un injuste Opresseur, qui,, fous d’autres noms leur fait éprouver les iniquitez,, du zélé furieux contre lequel ils cherchoíent un„ ajzile
(K)
logìe dit SfmJurieu ,p.zs.col.*.