VIE DE Mr. B A Y L E.
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Jópj. Baudot -, & les extraits que Mr. Bayle avoit fait des Livres de ce Ministre dans les Nou-velles de la République des Lettres , ,, afin dííoit- il, d’oppofcr les louanges magnifique!
„ que Mr. Bayle lui avoit données & à l'cs ouvrages, aux critiques du Dictionaire”. llaccompagna le tout de plusieurs Réflexions, où il renouvclloit fies anciennes calomnies,
6c faisoit de nouveaux efforts pour diffamer Mr. Bayle, & faire picpriíèr son Dictionaire.
Cependant il avouoit qu’il n’en avoit pas seulement iû le titre. II intitula cette compila-tion, Jugement du Public , E? particulièrement de Mr. l'Abbê Renaudot , fur le JDiSHo cairecritique clu Sr. Bayle.
Mr. Bayle publia là-dessus un Écrit intitulé, Réflexions flur un Imprimé qui a pour titre ,jugement du public , Lee. 11 dit qu’en publiant cet Ecrit son principal but étoit d’avertirle public, qu’il travailloit à une défense, qui auprès de tous les lecteurs non préoccupezléroit une démonstration de l’injustice de les censeurs: mais que cette apologie ne méritantpas la destinée des feuilles volantes qui la plupart du tems ne paíîént pas la premiere se-maine qui les a vû paroître,il la gardoit pour être mise aú commencement ou a la fin d’unin folio. Par la même raison, ajoute-t-il, on renvoyé là presque tout ce que l'on pour-roit dire de considérable contre l’Ecrit qui vient de paroi tre; & on se réduit à un petitnombre d’obfervations faites à la hâte. 11 remarque d’abord que le titre de .l’Ecrit de Mr.jurieu étoit trompeur. ,, Ce Libelle-là, dit-il (i), est fort mal intitulé : il ne doit avoir í>'. t/fU.
„ pour titre que, Jugement de V Abbé Renaudot commenté par celui qui le publie ; car touè„ les autres Juges font moins que fantômes: ce iont des êtres invisibles; on ne fait s’ils - v« Hr '--fi,, font blancs ou noits. C’est pourquoi leur témoignage Sc un zero font la même cho-
„ fe. Quelle maniéré de proceder est-ce que cela î faire consister le Jugement p-
,, du public en de telles pieces. J'en pourrois produire de bien plus fortes à mon avanta- Tomrnv.,,/gc si la modestie le permettoit. Outre cela que de Lettres ne pourrois-je pas publier ; D ff„ où mon adversaire est reprefenté Sc comme un mauvais Auteur; Sc comme un mal-hon- «íte iv.
,, nête homme! mais Dieu me garde d’imiter l’ufage qu’il fait de ce que les gens s’entr’é- Edi O„ crivent en confidence. C’est une conduite que les Payens mêmes ont detestée”.
il observe que Mr. Jurieu n’a nommé de tous ses témoins que celui qui étoit le plusfecufable. „ L’Auteur de ce prétendu jugement du public, dit-il (z), n’a guere été fa- k, ibí-i.
,, ge dans la distinction qu’il a faite. II fuprime le nom de tous ses témoins excepté celui j
„ qu’il devoit cacher principalement, nom odieux & méprisé dans totis les pais qui font„ la guerre à la France. Je ne me veux point prévaloir de la préocupation publique: je,, veux bien ne le pas considérer du côté de fi Gazette, qui le décrie par tout comme un„ homme habitué à donner un tour malin au mensonge. Je veux le representer par son„ beau côté. ,
„ Mr. l’Abbé Renaudot passe pour très-docte, St pour être d’un goût si délicat, qu’il„ ne trouve rien qui lui plaise. II ne faut donc rien conclure de ion mépris : c’est une„ preuve équivoque. On m’a dit de plus qu’il est fort dévot. II ne faut donc pas s’é-„ tonner qu’il trouve trop libre ce qui dans le fond n’excede point les libertez qu’un hon-„ nête homme fe peut donner, à l’exemple d’unc infinité de grands Auteurs”. Í1 ajoutequ’à l’égard des gayétez un peu trop fortes qu’on trouvoit dans son Dictionaire,il ne dou-toit point qu’on ne fût satisfait quand on auroit vu l’apologie qu’il préparoit fur ce point-ïà: Sc il promettoit de retoucher l’Article de David de telle maniéré: qu’il ne pourroitplus servir de prétexte aux déclamations de ses censeurs. „ J’ai déclaré en toute occa-„ sion, dit-il, Sc je le déclare ici publiquement , que s’il y a des dogmes hétérodoxes,, dans mon Ouvrage: je les deteste tout le premier, Sc que je les chasserai de la seconde,, édition. On n’a qu’à me les faire connoitre”.
II masque ensuite plusieurs fausserez que les Auteurs des Extraits avoient debitées ausujet de son Dictionaire:il réfuté les calomnies Sc les insinuations malignes de Mr. Jurieu;
Sc fait voir qu’il fe vantoit ridiculement de l’avoir réduit à vivre de ía pension d’un Li-braire : il dit qu’il l’avoit critiqué fans affectation Sc l’avoit traité fur le même pié que lesautres Ecrivains dont il avoit relevé les fautes; qu’il lui avoit rendu justice lors qu’on l’a-voit censuré mal à propos, Sc que ce n’étoit pas fa faute s’il n’avoit pas eu plus souventoccasion de le justifier; que ce qu’il avoit blâmé dans quelques-uns de ses Ouvrages, n’é-toit pás la même chose que ce qu’il y louoit autrefois; qu’il le louoit alors de bonne foi,
Sc qu’il l’avoit ensuite critiqué avec raison, étant mieux instruit.
A l’égard de Mr. Renaudot, Mr. Bayle se contenta de marquer deux ou trois saussetezde fait qui étoient dans son Mémoire, íe réservant à l’examiner à fond lors que cet Abbés’en seroit déclaré l’Auteur. „ Si je réfuté jamais le Jugement de Mr. l’Abbé Renaudot,
„ dit-il, ce ne fera qu’après avoir su qu’il le reconnoit pour sien, tel qu’on vient de l’im- "
,, primer; car il est si rempli de bevuës, de saussetez; Sc d’impertinences, qúe je m’i-,, magine qu’il n’est point conforme à l’original : on y a cousu peut-être de fausses pieces,, à diverses reprises en le copiant. II avoit prévenu une infinité dé personnes, mais,, d’habiles gens ayant lu mon Dictionaire firent cesser bien-tôt cette prévention. Mr.
,, l’Abbé ne í’ignore point, car il a dit dans une Lettre que je dois être ■content de l'appro-„ bation de tant de géns. Aussi le suis-je. II n’étoit question que de savoir si mon Ouvra?
„ ge choquoit l’Eglise Romaine ou la France. On ne lui avoit point demandé si j’ai lû,, les bons Auteurs, ou si je mets en balance les anciens avec les modernes. Si plusieurs„ Lecteurs l’ont contredit sor le chapitre de mon ignorance, je les eri désavoue: il n’en'
„ dit pas assez, Sc s’il veut faire mon portrait de ce côté-là, je lui fournirai bien des me-„ moires”.
Cette dispute n’eut point de fuites. Mr. Dé Wit s’interesia pour l’Abbé Renaudot,
Sc fit promettre à Mr. Bayle de ne point écrire contre lui. Mr. Bayle tint religieusementfa promesse: il poussa même la délicatesse si loin , qu’il ne voyoit qu’avec peine que jevoulois inférer dans les Oeuvres de Mr. de St. Evremond, la Réponse que ce célébré E-crivain avoit faite au Jugement de cet Abbé. ,, Pour ce qui regarde, m’écrivit-il (z), E " tr «,, l’Apòlogie dont Mr. de St. Evremond a bien voulu m’honorer; comme vôtre Amitié Maisi 7 o*,
pour moi s’est déja déclarée publiquement, je ne fiai si Mr, l’Abbé Renaudot ne me ^
[1 3] „ croiroit