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Tome premier. A - B.
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LXXIX
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VIE DE Mr. BAYLÈ.

1699. 33 tabìi entre le Paganisme 6c l’Athéisme} il m’a semblé qu’on les peut tesoudre toutes

„ par les principes que j*ai posez , 6c par l’application aes réponses que j’ai déja em-„ ployées. II n’y a donc rien qui presse”. Cette nouvelle édition s’étoit faite pendantqu’il travailloit à la revision & à la réimpression de son Dictionaire. Lors qu’elle futachevée, il n’cut plus rien qui le détournât d’un travail qui augmentoit tous les jours, Scqui ne lui donnoit plus un moment de relâche. ,, Je ne ferois^pas excusable, écrivoit-il„ à Mr. Marais (1), d’avoir tárdé si long tems à vous écrire, si je n’étois extraordinaire-,, ment occupé, tant à la revision de mon Dictionaire^ dont on fait une seconde édition,„ qu’à la correction des épreuves. A peine puis-je suffire à ces deux occupations} Sc„ c'est un bonheur pour moi que la troisième Edition de mes Pensées fur les Comètes soit„ achevée, pour me laisser un peu de loisir. J’en ai relu toutes les feuilles, avant qu’on„ les imprimât} & quoique je n’y aie fait aucune addition, mais feulement quelque petit„ changement au stile, cela n’a pas laissé de me faire perdre assez de momens”. Cetteédition est divisée en deux volumes. On joignit au second tome une seconde édition deY Addition aux Pensées diverses fur les Comètes , qui avoit paru en 1654.

Dans ce tems-là, Mr. le Clerc, déguisé sous !e nom de Théodore Parrhase , donna tinOuvrage intitulé, Parrhafiana: ou Pensées diverses fur des matières de Critique , d'Histoire ,de Morale , (5? de Politique , dans lequel il y avoit un article qui concernoit Mr. Bayle,Celui-ci avoit établi dans son Dictionaire, que les Manichéens pouvoient faire aux Théo-logiens Chrétiens des difficultez au sujet du mal moral 6c du mal physique, qu’il n’étoitpas possible de resoudre par les lumières de la raison. Mr. le Clerc soutint, au contraire,que le systeme d’Origene, abandonné de tous les Chrétiens, suffisoit pour lever ces diffi-cultez, 6c réfuta le Manichéen de Mr. Bayle, sous le personnage d’un Origeniste} ajou-tant que ,, si un homme de cette sorte peut réduire un Manichéen au silence} que ne,, feroient pas ceux , qui raisonneroient infiniment mieux, que les Disciples d’Orige-„ ne (z)? Du reste, il déclara qu’en répondant aux objections Manichéenes, il ne pré-„ tendoit faire aucun tort à Mr. Bayle} qu’il ne soupçonnoit nullement de les favorisen„ Je suis persuadé, dit-il (3), qu’il n’a pris la liberté philosophique de dire, en bien des„ rencontres, le pour 6c le contre, fans rien dissimuler} que pour donner de l’exercice„ à ceux qui entendent les matières qu’il traite, 6c non pour favoriser ceux dont il expli-„ que les raisons. On doit prendre les difficultez qu’il propose , pour des objections„ qu’il est permis de faire, dans un Auditoire de Théologie & de Philosophie}'où plus„ on pousse une difficulté, plus elle fait d’honneur à ceux qui la peuvent résoudre. C'est„ une justice qu’il a droit de demander à ses Lecteurs, 6c qu’on ne lui peut refuser. Pour„ moi, continue-t-il, je la lui accorde trës-volontiers, mais je croi pouvoir demander à„ mon tour, qu’il me soit permis de répondre à ses objections} fans que l’on fasse une ap-„ plication odieuse à la personne des réponses, qui ne regardent que les difficultez”.

îjec. L’année suivante, la Princesse Sophie Electrice douairière d’Hannovre, 6c l’Electricede Brandebourg sa fille depuis Reine de Prusse, eurent la curiosité de voir la Flandre 6cla Hollande. Ces Princesses, moins illustres par l’élévation de leur rang que par leursconnoissances 6c leurs lumières, étoient l’admiration de toute l’Europe. Elles honoroientles Savans d’une bienveillance particulière, aimoient à s’entretenir avec eux, 6c leur fu-ioient souvent des questions très-embarassan^s. Mr. Bayle leur étoit parfaitement connupar ses Ouvrages : le désir de voir la Hollande, s’étoit augmenté par le plaisir d’y connoi-tre personnellement un Philosophe si célébré. Après avoir parcouru la Flandre, ellesétoient à peine arrivées à Rotterdam (4), qu’elles envoyerent prier Mr. Bayle de les ve-nir voir. Mais il étoit fort tard, 6c Mr. Bayle étoit au lit accablé d’une violente migrai-ne: il leur sit témoigner le regret qu’il avoit de 11’être pas en état de leur aller rendre sesrespects. Ces Princesses partirent le lendemain pour la Haye, fins avoir vû Mr. Bayle,que son indisposition rctenoit chez lui : mais Mr. le Comte de Dhona ayant fait connoitreà Mr. Basnage, qui étoit allé à la Haye, le désir que leurs Altesses avoient de voir Mr.Bayle, Mr. Basnage l’en informa. Il vint, 6c fut reçu des deux Princesses avec beaucoupde distinction. La Princesse Sophie s’entretint long tems avec lui en particulier: elle luifit plusieurs questions, 6c ils se jetteront sur de grandes matières. Pendant ce tems-là,Mr. Basnage entretint l’Electrice de Brandebourg, qui lui parla avec beaucoup d’estimede Mr. Bayle 6c de ses Ouvrages qu’elle portoit toujours avec elle. Ils demeurèrent avecMr. le Comte de Dhona par ordre de leurs Altesses. Ces Princesses voulurent les menerà Délit : mais Mr. Bayle appyrta quelque retardement au départ , 6c on se sépara à laHaye (f).

Ì701. 11 parut en 1701. un Ouvrage intitulé, Dissertation apologétique pour le Bim-heureux Ro-

bert d’Arkriffielles , Fondateur de YOrdre de Font-Evraud. Sur ce qu'en a dit Mr. Bayledans son Diélionaire historique & critique (6). Mr. Bàyle parlant de Robert d’Arbrissel-les (7) dit qu’on l’avoit accusé de coucher avec quelques unes de ses Religieuses, afin

2 u’en irritant les passions, il fit triompher plus glorieusement sa vertu. II est certain queleoffroy, Abbé de Vendôme 6c Cardinal, avertit le Bienheureux Robert des bruits quicouroient là dessus, 6c le railla fur le nouveau genre de Martyre qu’il avoit imaginé. LePere de la Mainterme, Religieux de Fontevraud, a entrepris la défense du Fondateur deson Ordre} 6c Mr. Ray le avoue dans son Dictionaire qu’// trouve très-fortes les raisons der Apologiste , 8c qu’// n’a garde d'affirmer ce qu'on disoit de Robert . Cet aveu donna occa-sion au Pere Souri, Religieux de ce même Ordre (8), d’examiner cette matière plus àfond, de la mettre dans un nouveau jour. Sa Dissertation est écrite en forme de Lettreaddressée à Mr. Bayle. 11 le loue d’avoir donné à entendre qu’il ne croyoit pas que cequ’on disoit du Bienheureux Robert fût vrai, 6c donne en même tems de grands éloges àson Dictionaire. „ II y a long temps, dit-il (9), que la République des Lettres vous est„ obligée} mais le dernier service que vous venez de lui rendre par vôtre admirable Dic-,, tionaire, y met la derniere main. Ce n’est pas assez dire que vous nous avez donné un„ Livre, vous nous avez donné une Bibliothèque toute entiere. La Nouveauté du des-,, sein, le discernement des faits historiques, Inexactitude de vos citations, cette atten-

>, à

$

(r) Lettrédu 7. déSeptembre

p.

7«3 , 764.

(i) Parrhd-fana, Tom,I. P- 3 ° 4 >

(3) lbid.

p. 302, ioji

(h Le 26d’Octobre1700.

(j) Mé-moireMSS. deMr. Baí-nage.

( 6 ) A An-vers f Ams-terdam )chez HenryDesbordes.

(71 A l’Ar-ticle Fom-

tevraud.

(t) Voyezla \éponftaux Ques-tions ePtt/tProvincial,Tom, J.Chap.LXV 1 J. p.634,

(9) Diffir-tation apolo-gétique Sccp. I. atUtiy.