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V I E D E Mr. BAYLE.
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(i) Ibid.
p. 283.
fr)
Aux questionsd'un Provin-cial » Tora.UI. Chap.CL XXIX &luiv.
(O ibid. .
Chap.CT.XXXf,P- 1i 79 »128 o.
(4) Ibid.Chap.CLXXXII,p. 1286.1287 .
point, comme le dit Mr. Bayle, de même que si elles étoient de pures machines; puis-que ce font elles qui remuent leurs membres. Par exemple, peut-on dire qu'u n Chien,qui placé dans une espece de tambour le sait tourner en marchant, & par là fait tour-ner une broche 6c ce qui y est attaché, soit employé simplement comme un tourne-broche? On fait aller un tourne-broche, par le seul poids, mais on ne fait pas remuer,, les jambes d’un chien ; c’est lui-même qui les remue 6c si l’on mettoit en fa placequelque machine que ce fût, elle ne feroit jamais le même effet. J’avoue, „ ajoûte-t-il, que je ne puis pas dire comment Dieu applique à la matière 6c dirige des Na-tures Formatrices immatérielles , fans être l’Auteur de toutes leurs actions ; mais onne peut pas rejetter cette pensée comme absurde, après les preuves directes que l’on ena rapportées. Autrement il faudroit rejetter tout ce dont on n’a pas des idées complet-tes, 6c exactes, ce qui scroit tomber dans un ridicule Pyrrhonisme”. Sur ce que Mr.Bayle avoit dit qu’il preferoit le Systeme des causes occalionelles aux autres, parce qu’illui sembloit le plus propre à établir l’existence de Dieu; Mr. le Clerc déclara qu’il nevouloir s’engager dans aucune dispute là-deífus. „ J’ai crû seulement, dit-il (x), qu’a-,, près avoir proposé le sentiment de Mr. Cudworth, comme probable, je devois faire„ voir que Mr. Bayle avoit tort de dire qu’il donnoit lieu aux Athées de détruire, par„ une rétorsion, le meilleur argument qu’on peut produire contr’eux, 6c qui est tiré de„ l’ordre de l’Univers. Après l’avoir sait, il ne me reste plus rien à dire là-dessus. Je,, ne veux pas entrer dans des choses personnelles, ni pénétrer dans des desseins; que l’on„ ne peut découvrir, qu’en chagrinant ceux que l’on en pourroit soupçonner'”.
Mr. Bayle récapitula cette dispute, 6c l’examina plus à fond (z). T 1 remarqua quel’hypothese de Mr. Cudworth , savoir que Dieu a l’idée de l’organisation des animaux,n’ôte pas ce qu’il y a d’incomprehensible 6c d’impossible dans la supposition qu’il fait quela véritable cause efficiente 6c immédiate de l’organisation ne connoit quoi que ce soit ; 6cque les Stratoniciens peuvent se servir de la seconde hypothèse pour contester Pautre:qu’ils lui montreront que ces deux choses paraissent également impossibles, l’une que lesinventeurs d’une machine ne connoissent rien , l’autre qu’ils la fassent exécuter par desgens qui n’en ont aucune idée. Mr. Bayle ajoûta que l’exemple d’un chien qui fait tour-ner la broche étoit hors du cas qu’il avoit proposé : car il n’avoit pas dit que nous sommesobligez de pouffer & de diriger les bêtes dans les services que nous en tirons, mais seule-ment (pi'en tout ce où leurs connoiffaéces ne leur servent point de guide , il faut que nous lespoufions ou que nous les dirigions tout comme fi elles étoient de pures machines. ,, (3) Unchien mis dans une espece de tambour n’ignore pas qu’il doit marcher, 6c qu’il sera ba-tu s’il se repose : n’est-il pas menacé ou même frapé toutes les fois qu’il interrompt sonaction? 11 ne manque donc pas de certaines connoissances qui lui servent de guide, ilvoit les objets qui l’entourent, il craint, 6c il agit par cette crainte ou par quelqu’au-tre passion fur la faculté locomotive-y 6c dans la situation où il est, il ne peut se remuer
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,, sens que le tambour tourne fur son centre, 6c fasse tourner la broche. 11 n’est donc pas„ nécessaire de le pousser ou de lui faire remuer les jambes , il susit d’exciter en lui un sen-,, les lui faíle remuer. '
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h) ib. p.
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tunent ou une passion qui les lui fasse remuer. Observons, continua Mr. Bayle, quele mouvement qu’il se donne est continuellement sous la direction d’une autre cause.Ce n’est pas un mouvement qui le fasse aller de lieu en lieu. Le chien demeure toû-„ jours dans la même place quoiqu’il ne cesse de sc remuer. D’où vient cela? C’est que„ son mouvement est déterminé sens aucune interruption par la disposition du tambour àr„ être tout tel qu’il est. Voilà donc un exemple qui prouve qu’en tout ce où la connois-,, sence des bêtes ne leur sert point de guide, il saut ou les pousser ou les diriger si nous„ voulons les faire servir à quelque chose. Tous les muletiers, tous les cochers confirme-„ ront ceci. Un cocher se peut tenir en repos quand ses chevaux savent le chemin, ou„ se contenter de prendre garde s’ils s’éloignent de leur chemin; mais dès qu’ils ignorent„ s’il faut changer de route, il est obligé d’agir pour leur donner la direction nécessaireMr. Bayle ajoûta qu’à l’égard des preuves direÛes que l'on avoit rapportées de l’existencedes natures plastiques, il ne les croyoit point assez bonnes pour qu’il falût ou embrasser cesentiment, ou être Pyrrhonien; mais qu’il ne vouloir point entrer dans cette recherche.
La fin de la derniere répliqué de Mr. le Clerc donna lieu à Mr. Bayle de dire (4), queMr. le Clerc „ n’avoit pas assez réfléchi fur une chose qui est très-facile à connoitre, c’est„ que le même zèle qui engage un homme à soutenir qu’une certaine raison a beaucoup,, de solidité pour l’existence de Dieu, peut engager un autre homme à soutenir qu’elle„ est soible 6c dangereuse. Ces deux hommes peuvent tendre au même but, ils ne dife-„ rent que dans la maniéré de juger de la qualité d’un argument. Ils doivent donc l’un„ 6c l’autre, dit Mr. Bayle, s’abstenir de toute expression soupçonneuse, s’en abstenir,,, dis-je, non pas en disant qu’ils s’en veulent abstenir, car cela ne laisse pas de porter„ coup, mais par un parfait silence. L’équité se doit présenter d’abord à leur esprit 6cles empêcher de rien dire qui puisse plaire à la malignité des Lecteurs. Les plus ardensdéfenseurs de l’orthodoxie se sont toûjours conservez dans la possession d’examiner lesargumens de l’existence divine, 6c de tout autre article de foi 8c de rejetter ceux quileur paraissent foibles”. II fit voir que dans l’Eglise Romaine on reconnoit la diffe-í-ence qu’il y a entre contester un dogme, 6c contester quelques raisons alléguées pour leprouver; 6c que cette liberté est encore plus grande chez les Protestans. „ Quoi qu’il„ en soit, continua-t-il (y), vous comprendrez facilement que la dispute fur les natures„ plastiques de Mr. Cudworth n’interesse point la Religion. C’est une hypothèse inven-„ tée depuis peu, 6c suivie de peu de gens. Qu’elle fournisse un prétexte de chicane ou„ non aux Athées, peu importe. Cela ne nuit point à tant d’autres argumens victorieuxque ce savant Anglois emploie- 6c develope merveilleusement contre l’Athéisme. LeSysteme des Peripateticiens a ete pendant plusieurs Siécles dans le même cas que celuide ces natures plastiques, 6c y est encore. Ainsi la dispute dont je vous parle, n’estque l’affaire de deux particuliers, qu’une pure question de Logique, 6c de Physique.II ne s’agit que de voir si Mr. Bayle a raison de dire qu’une certaine rétorsion est faisa-ble, ou si Mr. le Clerc a raison de soutenir le contraire, 6c n’a pas donné occasion á
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