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Tome premier. A - B.
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VIE D Ë Mu. B Á Y L Ë, kcì

i 7 °f- gitime. Or i. Si ï)ieu n’eût point créé d’êtres libres, le monde n’eût été qu’une pure

machine, incapable d’aucune action, car la matière est mue, mais ne se meut pas. bail-leurs, Dieu a créé le monde pour exercer ses Vertus, Sc pour se plaire dans son Ouvrage.Or plus une créature lui est semblable, plus elle est suffisante a elle-même, plus lui dent-elle être agréable. Mais l'on ne sauroit douter que celle qui se meut d’elle-mcme, quise plait en elle-même, qui est capable de recevoir Sc de reconnoitre un bienfait, nc soitplus excellente, & ne doive plaire davantage à celui qui l'a faite , que celle qui est inca-pable d’agir, de sentir, de reconnoitre un bienfait. 2. Si Dieu interposoit ta toute-puis-sance pour empêcher les mauvais choix de la liberté , il en arriveroit de plus grands in-conveniens , que de l’abus même qu’on peut faire de cette liberté. II ne faut pas unemoindre puissance pour empêcher faction de la liberté, que pour arrêter le cours du So-leil. II faudroit d’ailleurs que Dieu changeât entierement ta maniéré d’agir avec les agenslibres, qui est de les retenir dans le devoir par les motifs des peines & des récompenses.II empêcherait ce qui nous plait le plus dans nos déterminations , qui est d’être bien per-suadez que nous aurions pû ne pas nous déterminer. Ce serait vouloir ôter à Dieu l’exer-cice de l’une des plus excellentes de ses Vertus, que de vouloir qu’il interposât sa puìlîàn-ce, pour empêcher toutes les mauvaises déterminations de la volonté, qui font l’exercicele plus excellent de fa sagesse , Sc dans lequel elle reluit d’une façon toute particulière.Z. Pour ce qui regarde le troisième moyen d'empêcher les mauvais choix de la liberté,ce seroit vouloir détruire entierement le genre humain, qui a été fait pour habiter sur laterre Sc non ailleurs. II est vrai que les bons doivent être un jour transportez dans unautre lieu, pour y demeurer éternellement, mais ce n’est qu’aprcs qu’ils auront été pré-parez fur la terre, comme les sauvageons dans une pépinière, avant que d’être transpor-tez dans un jardin, pour produire les fruits qu’on en attend.

C’est ainsi que Mr. King répondit aux objections fondées fur le mal physique Sc fur lemal moral. Comme il suppose que ses Adversaires réadmettent point la Révélation, il11’employe que des principes tirez de la lumière naturelle. Mr. Bayle ne convint pas queson système levât les difficultez , 8c il le réfuta par plusieurs raisons qu’il dévelopa avecbeaucoup de précision & de force.

Mr. Bernard fournit à Mr. Bayle le sujet d’un autre Article fort important. H donnaun Extrait critique de la Continuation des Pensées fur les Comètes (1), Sc attaqua Mr. Bay-le sur la question, Si le consentement général des peuples est une preuve de l’existence deDieu, ôc fur le parallèle de l’Athéisme Sc du Paganisme. On prétend qu’il en usa ainsipour effacer les soupçons qu’on avoit eu de son Orthodoxie, Sc pour faire sa cour à Mr.Jurieu (2). Cependant il garda de grands ménagemens pour Mr. Bayle. ,, Comme je„ fuis persuadé, dit-il (3), que Mr. Bayle cherche la Vérité de bonne foi, je suis con-„ vaincu, fans avoir eu besoin de le consulter , qu’il ne trouvera pas mauvais que je lui„ propose quelques difficultez dans cèt Extrait, à mesure qu’elles me viendront dans l’ef-„ prit, en observant d’ailleurs toutes les régies de l’honnêteté, de l’estime, Sc du relpect3, que j’ai pour fa personne, Sc pour son mérité”. Mr. Bayle réfuta fort au long les Ob-servations de Mr. Bernard fur le consentement général des peuples, dans le second Tomede sa Réponse aux Questions d'un Provincial.

Dans le troisième Tome, il examina ce qui le concernoit dans un Livre de Mr. Jaque-lot intitulé , Conformité de la Foi avec la Raison : ou Défense de la Religion , contre lesprincipales Difficultez répandues dans le DiCtionaire historique (st critique de Mr. Bayle (4).Mr. Jaquelot avoit quité la Haye pour aller à Berlin , où il étoit Chapelain du Roi dePrusse. II se déclara alors ouvertement pour l’Arminianisine ; ce qu’il n’avoit pas oséfaire en Hollande sous la domination des Synodes Wallons. II avoit mis au jour en 1697un gros volume, intitulé, Dissertation sur Vexistence de Dieu, où Von démontre cette véritépar l'histoire universelle de la premiere antiquité du Monde ; par la réfutation du système d'E-pìcure (st de Spinosa ; par les caractères de divinité qui se remarquent dans la Religion desJuifs , ct? dans Vétablissement du Christianisme. On y trouvera auffi des preuves convaincan-tes de la révélation des Livres sacrez { f). Mr. Bayle citant cet Ouvrage dans son Dictio-naire (6), se servit d’une expression qui déplut à Mr. Jaquelot jusques a exciter fa colere.„ (7) II fut outré de dépit en voiant que Mr. Bayle avoit cite la Diíîèrtation fur l’exis-„ tence de Dieu fans lui donner que l’éloge de beau livre. II en murmura hautement,3, Sc fit retentir ses plaintes en divers lieux. II est vrai qu’il n’osa dire qu’elles fussent fon-,, dées fur ce que l’on n’avoit employé que le positif beau au lieu du superlatif tr'es-beau ,„ ou de quelque épithete sublime. II prétendit que l’on avoit employé ironiquement le„ terme de beau. Mr. Bayle aiant su cela lui fit protester par un ami commun qu’il avoit„ pris ce terme dans fa signification naturelle , Sc il est sûr qu’il s’en est servi à l’égard„ d’un Livre dont personne ne le soupçonnera jamais d’avoir prétendu parler ironique-„ ment (8). Plusieurs personnes augurèrent dès ce tems-là que Mr. Jaquelot écrirait„ contre Mr. Bayle avec l’animosité d’un grand ennemi , qu’il voilerait néanmoins un„ peu dans fa premiere attaque, parce qu’il fauroit que la répliqué lui ouvrirait un assez„ beau Champ”. En effet, Mr. Jaquelot déclara dans la Préface de cet Ouvrage, qu'iln'avoit aucun dessein d'attaquer la personne , ni le cœur de Mr. Bayle. J'estime , dit-il, sonérudition , son esprit , sa pénétration ct? tous ces beaux talens qui distinguent un homme dansVEmpire des Lettres. Je le repete encore une fois , ajouta-t-il, je n'ai aucun dessein de pé-nétrer dans son intention : j'en laisse le jugement à Dieu (st à sa propre conscience. II déclareque ce sont des difficultez qu'il propose uniquement , asm qu'on y réponde.

La plus grande partie de cet Ouvrage est une récapitulation de ce que Mr. Jaquelot a-voit dit dans ses Dissertations fur l’existence de Dieu, Sc fur le Messie (9). Ce qui re-

f arde Mr. Bayle se réduit à ces trois points. 1. à la liberté d’indifference. 2. à l’Origineu mal. 3. aux Objections que le Pyrrhonisme peut fonder sur quelques dogmes revelez.Mr. Bayle remarque là-dessus que le titre du Livre de Mr. Jaquelot est trompeur, en cequ’il donne à entendre que cet Ouvrage est entierement destiné à réfuter Mr. Bayle, aulieu que ce qui le concerne n’en fait que la moindre partie. II y trouve un autre défautT o M. I. í_n 2 J bien

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(1) Nm-villes de Ia^ publiqueda Lettres ,

Février ÔcMaïs 170^'

(i) VoyezVHistoire deMr . Bayle& de sesOuvrages&c, ubilupr. p. 17r,* 72 .

(3) NcUvtl-.

les ôcc, Fé-vrier 170^

p. I2Í.

(4) A Ams-;tetdam,MDCCV,

(s) C’estun in 4. de r70 s pages.Voyez lejugementque Mr.Bayle faitde cet Ou-vrage dans:fa Lettre àMr. l’Abbédu Bos dur 3 de De-cembre> 6 , 6 ,p.So 7 ,'8c íuiy,

(«) Al’At-ticle Per-game,Ville d’A-fie, Rem.C. lettre(/).

(7) Entre-tiens deMaxime &de Thtmiflelou Réponse ÀV Examende la Théo-logie de Mr*Bayle parMr. Jaque-

l ° op.14.ii»

(5) C’étoítui Livred: Mr. Bas-;nage.

(í>) CesDissertations

parurent et*