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V I E D E Mr. BAYLE
(l) K/poitsiai.x Qucs-fions d*nnProvincial ,
Tom. 111.Chap.CXXIX, p.
(ï) Ju* f-mcnt fur Usméthodes ri-gides ér re-lâchées d* ex-pliquer UProvidence$5r la Grâce tp. 28 dcl’éditiohde itìrfi.
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(4) ras-9i, 93.
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bien plus essentiel. „ II n’y a point de Lecteurs, dit-il (1), qui à h vue de ce titre ne,, doivent juger que Mr. Bayle a attaqué la Religion, 6c cependant il s’eit réduit à mon-„ trer que les objections philosophiques contre ce que la Théologie nous enseigne surl’origine 6c sur les suites du péché, font L fortes que nôtre raison est trop foible pourles resoudre, 6c qu’ainíì nous nous devons comporter quant au mystère de la Predciii-nation tout comme quant aux autres mystères Evangéliques ; les croire fur l'autoritéde Dieu quoi que nous ne puissions .ni les comprendre , ni les sûre quadrer aux maxi-mes des Philosophes. S’il a répandu dans fou Dictionaire quelques autres difficultez,allan movonnn r , r\irï ,> IV/1 r -îlAnfP HUC íl 0 lcl
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elles font toutes marquées au même coin". Mr. Bayle ajoute
qu elle doit croire en le loumettant a l autorité de JUicu qui lc;en témoignage une foule de Théologiens qui tout d’une voix reculent la raison,mandent point son consentement quand il s’agit d’articles de foi révélez. II cite nommé-ment Mr. Jurieu, qui .imploroit vainement la raison pour resoudre les difficultez qui sepresentoient à son esprit. „ Quand je tourne, dit Mr. Jurieu (2. ), les yeux sur le mon-„ de, sur l’histoire ,6c sur les.évenemens, j’y trouve des abîmes, où je me perds, j’y ren-.. contre des difficultez accablantes. 11 est vrai que je vpy Dieu qui crée toutes choses,bonnes dans le commencement. L’homme sortant des mains de Dieu étoit juste, pur ôcsaint. Mais aussi-tôt je trouve que Dieu abandonne cette créature qu’il venoit de met-tre au monde, 6c qu’il la laisse tomber dans 3 e péché: Péché dont les suites doivent
être si funestes 6c si terribles. (z) Je trouve dans la conduite de Dieu des
choses qui me font incompréhensibles , j'ai beaucoup de peine à réconcilier la hainequ’il a pour le péché avec la Providence. ....... (4) Y a-t-il personne qui soit assez
peu sincere pour dire que cela ne lui fait point de peine, 6c qu’il accorde cela facile-ment avec la haine infinie que Dieu a pour le péché ? Si Dieu hait le péché infini-ment, pourquoi le prévoyant ne l’a-t-il pas empêché? Pourquoi a-t-il fait des créa-tures, dont les autres créatures pouvoient abuser? Pourquoi a-t-il fait naître des hom-mqs qu’il savoir bien fe devoir damner? Pourquoi n’arrête t-il ces hommes dans leurscourses criminelles? Pourquoi n’arrête-t-il la plus part des hommes dans ces courses" qui les mènent à l’enfer? II auroit pû sauver un million de personnes, 6c n’en laisser 1
„ perdre qu’une. Au contraire il n’en fauve qu’un cent, 6c en laisse perdre un million.
„ C’est peut-être qu’il ne peut rien dans cette affaire: Mais qui est-ce qui peut résister„ à fa volonté, 6c puis qu’il fauve cent personnes, pourquoi n’en pourroit-il pas sauver„ des millions par les mêmes moyens? .... Diroit-on qu’un Roi auroit une souverai-
ne aversion pour les maux 6c pour les calamités de son peuple, qui prévoyant que les„ trois quarts 6c demi sc vont perdre 6c sejetter dans le précipice leur ouvriroit le che-
„ min, leur feroit faire large, 6c les laisseroit courir les pouvant empêcher?.
(f) Le sens commun de tous les hommes va là; c’est à croire que celui qui pouvoir„ empêcher la chute du premier homme tout aussi facilement comme il l’a permise, 8c' qui a ouvert toutes les voyes dans lesquelles les hommes se sont égarés, les pouvant fer-mer si facilement, peut être considéré comme auteur d’un mal, qu’il devoir empêcherselon ses principes 6c la haine qu’il a pour le mal, 6c qu’il eût pû arrêter fans aucune
peine. ( 6 ) On a beau dire que Dieu avant que d’avoir rien décerné fur l’éve-
nement, avoit prevû que l’homme posé dans ces circonstances tomberait, 6c que tousses enfans se perdraient : cela ne diminue rien de la difficulté. Car je pourrai toûjoursdire : Puis qu’ainsi est que Dieu avoit prevû qu’Adam posé dans ces circonstances seperdrait lui 6c une infinité de millions d’hommes, par son libre arbitre, 6c que cepen-dant il l’a posé dans ces tristes circonstances , il est clair qu’il est le premier Auteur de
tous les maux.. . Et si l’on veut parler sincèrement, on avouera que l’on ne
sçauroit rien répondre pour Dieu qui puisse imposer silence à l’esprit humain.
(7) Pour conclure, je soûtiens qu’il n’y a aucun milieu commode depuis le Dieu de S.Augustin, jusqu’au Dieu d’Epicure qui ne se mêloit de rien, ou jusqu’au Dieu d’Aris-tote dont les soins ne descendoient pas plus bas que la Sphere de la Lune. Car toutaussi-tôt qu’on reconnoit une Providence generale 6c qui s’étend à tout, de quelque ma-niéré qu’on la conçoive la difficulté renaît, 6c quand on croit avoir fermé une porte,elle rentre par une autre ".
Voila quels étoient les scntimens de Mr. Jurieu en 1686. II ne parle pas moins forte-ment dans un Ouvrage publié dix ans après. ,, A quel point d’aveuglement, dit-il (8),faut-il être monte pour dire que devant ce tribunal de la raison nous gagnerons nôtrecause, fur la Trinité,fur l’Incarnation,fur la satisfaction,fur le péché du prémier hom-me, fur l’éternité des peines, fur la résurrection des corps? Ceux qui disent cela ne lepeuvent croire : On ne qous persuadera jamais qu’ils parlent de bonne foy. Car toutesles fausses lumières de 1 a raison sc révoltent contre ces mystères. Et ces fausses lumiè-res sont telles qu’il est impossible de les distinguer des vrayes, que par les lumières dcla foy”.
Voila préciscment 6c en racourci tout ce que Mr. Bayle a mis dans la bouche des Ma-nichéens dans son Dictionaire. Toutes ses objections fur l’origine du mal sont contenuesdans celles de Mit Jurieu : elles aboutissent toutes à démontrer qu’il n’y a pont d’hypo-thesc qui puisse resoudre les difficultez que nôtre raison propose sur la providence de Dieuà l’égard du mal, 6c par conséquent qu’il faut s’en tenir à la seule révélation. Or celaétant, Mr. Bayle demande, pourquoi Mr. Jaquelot n’a jamais songé à soulager Mr. Ju-rìeu sur les difficultez qui l’incommodoient si fort qu’il semble gémir sous leur poids; 6cpourquoi il s’est cru oblige de prendre la plume contre Mr. Bayle, puis qu’il s’est tenudans un si long silence à l’egard de Mr. Jurieu qui a pourtant dit les mêmes choses.
Mr. Bayle vient ensuite aux trois principaux points qui le regardent. Mr. Jaquelotlpi reprofchoit d’avoir fait tous ses efforts pour détruire le franc arbitre, afin de donner
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