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Tome premier. A - B.
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CONCERNANT LE DICTIONAIRE CRITIQUE cxv

choses que ledit Sieur Bayle a iníerées dans son Ecrit, comme entr’autres, ce qu’il prétend pouvoir justifier ce qu’ila avancé dans son Dictionaire, íì l’on en vient à une discussion, ni qu’il parle des raisons qu’il alléguera alors com-me de raisons capables de le disculper, de maniéré qu’il semble que ce ne soit que par condescendance, 8c pour nepas offenser les bonnes âmes qu’il veuille bien corriger 8c rectifier son Ouvrage, 8c non pas que dans le fond il ysoit obligé, ni que cet Ouvrage en ait besoin, parce qu’en qualité de Laïque, de Philosophe, d’Historien, 8c deCommentateur, il lui a été permis d’avancer beaucoup de choses, qu’on ne souffriroit pas dans un autre Auteur.La Compagnie ne peut goûter ces exceptions, ainsi que le Président representera plus au long à Mr. Bayle, 8ccependant voulant bien prendre la voie d’indulgence pour tâcher de terminer cette affaire, elle estime que pour yparvenir, il faut,

i. Que Mr. Bayle acquiesce aux Remarques qui lui ont été faites par la Compagnie, qu’il en reconnoiffe la so-lidité , & promette d’en profiter en s’y conformant dans une seconde édition. Ces Remarques regardent i. lesObscénìtez répandues dans l’Ouvrage; z. l’Article de David-, 3. le Manichéisme ; 4. le Pyrrhonifme-, y. les louan-ges excessives données aux Athées avec les conséquences qu’il en tire. Sur quoi il déclarera qu’il est fâché d’a-voir donné sujet de plainte.

z. II est nécessaire que ledit Sieur Bayle promette qu’à l’avenir il fe gardera bien de rien avancer dans ses Ecritsqui puisse choquer soit la pureté de la Morale, soit la vérité de la Doctrine: mais qu’au contraire il consacrera lestalens que Dieu lui a départis, à la défense de l’une 8c de l’autre, 8c à l’édification de l’Eglise.

3. Que pour réparer le scandale du passé, 8c procurer l’édification publique, Mr. Bayle sera fortement exhortéà n’attendre pas une seconde édition de son Dictionaire qui pourroit trop tirer en longueur, mais à travailler auplutôt de faire imprimer quelque Ouvrage dans lequel il fasse connoître au public les sentimens qu’il nous a té-moigné avoir fur les points qui lui ont été proposez.

Ensuite Mr. Bayle étant entré ; Mr. le Président lui a fait de nouveau lecture dudit projet, qui étoit désormais larésolution de la Compagnie j 8c lui a demandé ce qu’il avoit à répondre là-dessus. Sur quoi ledit Sieur Bayle a témoi-gné qu’il acquiefçoit à cette résolution, 8c a en même tems délivré le Mémoire écrit 8c signé de fa main, tel qu’il fuit.

„ MESSIEURS,

„ Etant persuadé que la Compagnie ne cherche en finissant cette affaire qu’à procurer de bonne foi l’édification,, du Public 8c la Gloire de Dieu, 8c voulant concourir avec elle de tout mon possible pour ce grand bien, j’ac-„ cepte les conditions contenues dans l’Acte qui me fut lû le 7. du courant ; 8c je déclare en particulier quant aux„ Remarques qui m’ont été communiquées par la Compagnie, que j’y acquiesce comme à une réglé que je suivrai„ ponctuellement dans la correction de mon Dictionaire, pour une nouvelle édition.

„ Je satisferai aussi autant qu’il me sera possible à l’exhortation de la Compagnie touchant un Ecrit antérieur„ à la nouvelle édition, 8c j’espere que cela ne tardera pas beaucoup.

„ J’efpereôcje le demande très-humblement à la Compagnie; qu’elle ne permettra point que ses Remarques, 8c au-„ tres papiers touchant cette affaire tombent entre les mains de gens qui en pussent abuser pour publier des Ecrits„ qui ne feroient que troubler l’édification des âmes, 8c par eux-mêmes, 8c par les réponses qu’on scroit peut-„ être contraint d’y faire. A Rotterdam le p. de Janvier 1698.

Et étoit signés

Bayle.

Ensuite Mr. Bayle s’étant retiré, la Compagnie délibérant fur fa réponse, a résolu de s’en contenter, parce qu’ilaccordoit tout ce qu’on lui demandoit, qu’il acquiefçoit aux remarques de la Compagnie fur son Dictionaire ^ 8cpromettoit de publier au plutôt un Ecrit qui feroit savoir au public ses bonnes dispositions. Elle a estimé qu’en ter-minant ainsi cette affaire, l’Eglise en feroit plus édifiée, que par de longues contestations; outre que ce seroit lemoyen le plus éficace pour engager Mr. Bayle à faire servir ses talens à l’avancement du régné de nôtre Seigneur.Ayant donc été rappellé dans la Compagnie, le Président lui a déclaré x. que la Compagnie étoit contente de íàRéponse j z. qu’elle l’assuroit que les Ecrits communiquez de part 8c d’autre ne feroient donnez à personne pour êtrepubliez, que ce n’étoit pas l’uíagesse la Compagnie, 8c qu’elle savoit bien que quand des affaires étoient terminées,on ne devoir pas donner lieu à les recommencer par des Imprimez ; 3. qu’elle ne doutoit pas aussi qu’il ne satisfît deson côté à la promesse qu’il faisoit de publier dans peu un Ecrit par lequel il informeroit le public des bons sentimensqu’il nous avoit témoignés, 8c que le plutôt que cet Ecrit paroitroit seroit le mieux. Ce que ledit Sieur Bayle a en-core promis. Après quoi le Président lui a représenté que plus Dieu lui avoit départi de talens,plus il étoit en obli-gation de les consacrer à sa gloire. Qu’il devoir travailler à édifier l’Eglise, qu’on esperoit qu’il s’y appliqueroit àl’avenir, que la Compagnie l’y exhortoit fortement, 8c que moyenant cela elle prioitDieu de répandre sa bénédictionsur ses travaux. Mr. Bayle a assuré qu’il répondroit aux intentions de la Compagnie, 8c l’a remerciée de ses bons souhaits.

Tous les susdits Actes jusques à ce jour 11. Janvier 1698. ont été lus 8c approuvez par la Compagnie, ce 11.Janvier1698. Jinfi signé ,Le P a ge ,Pasteur ;Pi el a t, Pasteur ;de SuFERviLLE,Pastcur;B a s n a g e , Ministre}J. V. Kaeren Ancien ; F. van Schonhoven, Ancien ; Jean Fanueil, Ancien ; Jacob Ver-mande, Ancien; Théodore Sismus, Diacre, 8c Secretaire; D. Prins, Diacre; Gouert Cool-brant; Pierre Balde; Isaac Rerdoes, Diacre; G. Allart, Diacre; Jean de Peys-t e r , Diacre.

Le 7. Decemlre 1698.

Messieurs les Commissaires nommez dans l’Acte du z8. Septembre, pour travailler dans l’assaire de Mr. Bayle,ont fait rapport de leur Commission, fur quoi la Compagnie trouve que;

1. La Lettre imprimée dudit Sieur Bayle a paru plus tard qu’on avoit lieu d’esperer, 8c qu’il auroit été à sou-haiter que Mr. Bayle l’eût fait imprimer plutôt, conformément à ses promesses.

z. Que ledit Sieur Bayle n’en a envoyé aucun Exemplaire à la Compagnie : bien qu’il fût en obligation de luifàire voir qu’il avoit satisfait à son engagement.

3. Que le nombre des Exemplaires de cette Lettre a été trop petit 8c qu’il ne s’en trouve plus, il y a long-tems,chez les Libraires; de maniéré qu’il semble qu’on ait eu dessein de supprimer cette Lettre, aussi-tôt qu’on l’a publiée,& de ne la mettre entre les mains que de moins de personnes qu’il seroit possible, ce qui est contre l’intention de laCompagnie qui souhaitoit que le Public fût informé des déclarations que Mr. Bayle a fait sor cette affaire.

4. Ce qui est le plus important, que Mr. Bayle a passé bien legerement sor les matières dont on avoit été cho-qué , ct qu’il en parle même comme de choses soûtenablcs, prétendant pouvoir defendre ce qu’il a avancé dans sonDictionaire , parce qu’en qualité de Commentateur, 8c d’Historien, il lui a été permis de parler autrement que s’ilavoit fait le Dogmatique : excuse qu’il avoit alléguée au Consistoire par son Ecrit du y. de Janvier 1698. maisqu’on lui témoigna alois n’être nullement recevable, ce qui fit qu’il acquiesça purement aux remarques de la Com-pagnie,d nt il reconnut la solidité, 8c auxquelles il promit de se soumettre; circonstance qu’il devoit déclarer dansL Lettre imprimée, comme étant essentielle à la satisfaction qu’on lui demande.

Pour ces Causes 8c autres, la Compagnie estimant que la Lettre imprimée de Mr. Bayle ne satisfait qu’en partie

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