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Tome premier. A - B.
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(io) Exode,Chap. III,

r. i.

(n) Léviti-que, Ch.X,V.z, & S-

(11) Joan-nis Nodin,Commen-tai. in Cap.III. Exodi,

142»

col. z.

(13) Nom-bres , Chap.XVI, V. 46.& suiv ,

(1) DuMau-iiet, Mé-moires,^.

r7«.

(z) Là m;-

me , page

37».

(3) Là mi-me , pAg.

384.

(4) Là mi-me » pag.

3 88 .

(5) Là-mi-me - page381 .

(6) Là mi-me , z 77,

-78.

(7Ì £4 wr-me x

A A R O N. AARSENS.

Je ne croi point que l’on doive dire , que Dieu suspendit en faveur d’Aaron faction dufeu , tout comme en faveur des trois Hébreux qui furent jettez dans la Fournaise de Babylone.C’est néanmoins l’Opinion de quelques Auteurs (C).

(C) C’ejl néanmoins l’Opinion de quelques Auteurs.'] UnCordelier, Docteur en Théologie de la Faculté de Paris,prétend que le Miracle , par lequel le Buisson d’Horeb futconservé au milieu des Flammes (10) , se renouvella quel-que tems après , lors que le feu ôta k vie à deux Filsd’Aaron , fans que leurs Chemises reçussent aucun domma-ge , & lors qu’Aaron fit cesser la Plaie qui faisoit mourir ungrand nombre d’Israëlites (u). Sicuti faSlum est , quandoegrejfus ignis à Domino Nadab cy Abiud ìgnem alienum cy pro-phanum coram Domino osterentes devoravit , id est interfecit :Veftibuscy Tunicis eorum lineis ìntaéïis nmanentibus. Idemju-dicium est de Aarone fummo Sacerdote , qui citijfime profeíluseftad Populum quem Ignis egrejfus à fac'w Domini interficiebat :ftetitque ilUfus inter mortuos , ac viventes , licet ejfet in medioFlammst fulgentiJstmA , cy flagrantijftmtt, fecundum JofiphumLibro IV Antiq. Cap. III (12,). II ajoute à cela, entre autresExemples, celui de Sydrach , Miíadx, <te Abdénago , quisortirent sains & sauts de la Fournaise de Babylone. Prenezbien garde , qu’il ne cite point l’Ecriture , mais Josephe,pour ce qui concerne Aaron ; & que l’Ecriture (13) ne ditpoint fi la Plaie , qu’Aaron arrêta , & qui fit périr 14700Personnes , étoit un Feu extraordinaire , ou quelque autrechose. L’Historien des Juifs a suprimé entièrement ce Mi-racle; il ne fait mention que du Feu, qui consuma les deux

cens cinquante Hommes qui ofroient le Parfum. L’Ecri-ture en parle aussi (14) ; mais , comme d’un fait antérieurau ravage qu’Aaron arrêta. Notez que Josephe se conten-te d’observer que le Feu extraordinaire, qui consuma Coré,avec les z 50 Hommes qui ofroient le Parfum , ne fit aucunmal à Aaron. II ne touche point les circonstances pourlesquelles le Cordelier Nodin le prend à témoin. Raportonsses ternies : A (p « trávrec , et Te b’taxóo-iet xx) eì x-errr,xevrcexai Kepòí aí^xvTíf ior àvréç, hpêxptitrtxv às xxét roi o-áfxxrx àv-rdv xtpxtn ysyovsvcct. zrepiroifslccí áV pcóvoç A’ocpdo fzr.biv âtreth irvpoç /3Aee/3fíç , Ttf ròv Qeov eivxt rov êç eS'et xxietv XTreç-xX-xórx (15). Cujus (Ignis) vi ac ïmpetu ducentì illi cy quinqua-ginta , una cum Core , ìta fant abfitmptì , ut ne cadaverumquidem reliquk comparèrent : solus Aaron superfuit ilhsus, utmnnifestum ejfet diviniths coortum hoc Incendium. II reconoitlà avec raison le doit de Dieu; mais, fans spécifier fi lefeu toucha immédiatement le Corps d’Aaron , ou st feule-ment Dieu l’empêcha de s’en aprocher. II ne faloit doncpas que le Pere Nodin descendît du Genre à I’Espece, niqu’il citât pour cela l’Historien Juif. La plupart des fautesde cette nature, qui font innombrables dans les Livres,viennent, ou de ce que l’on ne consulte pas les Originaux,ou de ce que l’on se donne la hardiesse de les altérer par desParaphrases, pour les faire mieux servir à ses Hypothèses.

„ A ARSENS (François) Seigneur de Somelsdyck 6c de Spyck, 6cc. étoit un des plus„ grands Ministres que les Provinces-Unies aient eus pour la Négociation (A). Son Pere , qui„ étoit un autre habile Homme , étoit dans un Poste , où il lui étoit facile de faire donner de„ l’Emploi à son Fils {B). Jean d’Olden-Barnevelt , qui avoit alors la principale direction des„ Affaires de Hollande 6c de toutes les Provinces-Unies, le fit envoier en France, en qualité d’A-„ gent. Ce fut là , où il aprit à négocier avec ces grands Maîtres, Henri IV, Villeroi, Rôni,,, billeri, Jeannin, 6cc: 6c il y réussit , en forte qu’ils aprouvérent ft conduite. II eut ensuite,, le Caractère d’Ambassadeur, 6c fut le premier qui fut considéré en cette qualité dans cette,, Cour-là , 6c du tems duquel le Roi Henri IV déclara que l’Ambassadeur des Provinces-Unies„ prendroit rang immédiatement après celui de Venise. II fut après cela emploie auprès de„ cette République (C) , 6c auprès de plusieurs Princes d’Allemagne 6c d’Italie , à l’occasion des„ mouvemens de Bohême (D). II a , outre cela , fait plusieurs Ambassades extraordinaires en

,, France

{A) Etoit un des plus grands Ministres .... pour la Négo-ciation.] Ses Ennemis ne lui disputent point cette qualité;car , quand ils disent, Sju’il (1) étoit le plus dangereux Espritque les Provinces Confédérées ayent jamais porté : cy dé autantplus à craindre , qu il cachoit toute la malice cy toute la fourbedes Cours étrangères , fous la faujfe cy trompeuse aparence de lafranchise cy de la stmplicité Hollandaise ; qu’il étoit ardent cypersuajif; qu il trouvait des raisons pour apuyer les plus mauvai-ses causes ; que (z) c étoit un Esprit intriguant , qui avoit eudes liaijons o/ des intelligences avec des Grands de France, dontles aêlions étoient non seulement suspefles, mais odieuses aulioi ;& qu ayant gagné le Sécrétasse de l’Ambassadeur cb Franceà la Haie , il íavoit (3) les plus particulières intentions desMinistres de cette Couronne : quand , dis-je , ils lui don-nent ces qualitez , ils en font l’Homme du monde le pluscapable des Ambassades les plus importantes, & des Né-gociations les plus délicates. Au reste, Mr. duMaurier,qui se déchaîne cruellement contre François Aersens, four-nit lui-même aux Lecteurs le moien de ne se laisser paspréocuper par ses Invectives ; car il nous aprend que sonPere , & cet Ambassadeur Hollandois , furent toujours (4)Ennemis ; qu’il y avoit une incompatibilité insurmontable en-tre leurs Naturels , & que la grande averfion, qui s’étoit éle-vée entre eux , s'augmentait de jour en jour , au lieu de dimi-nuer. II nous aprend même , que son Pere harangua le13 de Novembre 1613 devant les Etats Généraux contreFrançois Aersens (5) , & lui reprocha d’avoir osé parler irré-véremment de Leurs Majestez. cy de Mejsteurs de leur Conseil ,qui étoient les plus fermes Soutiens de la Liberté des Provincesconfédérées , & l’accusa dé audace , de légèreté en ses langagesordinaires , cy dé ingratitude , payant d'insolence tant de bien-faits dont la France l'avoit comblé. Nous voilà suffisammentmunis d’antidote. Qui ne fait qu’il faut bien rabatte de lasignification des termes, quand un Ennemi parle de sonEnnemi ?

(S) Son Pere . .. étoit dans un Poste ... à donner de l’Em-ploi à son Fils. ] II s’apelloit (6) Corneille Aersens , & étoitGreffier des Etats : il avoit connu Mr. du Pleffis-Mornai au-près de Guillaume Prince d’Orange > & il le pria de prendreson Fils à fa fuite. Cela fut fait, & dura quelques années.Ce Fils, entendant la Langue Françoise , & les Affaires duRoiaume , succéda Jan 1598 à Levin Caluard, qui étoitmort Résident auprès du Roi Henri IV. pour les Provinces-Unies , & ne fut que Résident des Etats jusqu’en 1609.Mais, comme on conclut alors une Trêve de douze ans,dans laquelle l’Espagne avoit traité avec les Provinces-Uniescomme avec des Peuples libres, il fut reconnu par Henri IVpour Ambassadeur (7). Pendant son séjour en France , qui futde 15 ans , il recut de grands bienfaits du Roi, cy même desHonneurs-, car, il fut annobli, cy fait Chevalier cy Baron-, ce quifut cause qu en suite il fut reçu en Hollande entre les Nobles dela Province. II devint ensuite si odieux à cette Cour, qu’ellesouhaitta qu’on le rapellât, à ce que dit Mr. du Maurier.Voiez ci-dessous la Remarque (D),

(C) Aupr'es de cette République.] C’est à ce tems-là , qu’ilfaut apliquer ce que le Cardinal Pallavicin a reproché auPere Paul. ll (8) dit qu il a une Lettre du Sieur de Zuilichem,Secrétaire du Prince d’Orange , ou il raconte , que s'étant ren-contré a Venise , dans une Entrevue fortuite du Sieur de Som-merdick , Ambassadeur de Hollande, cy de Fra Paolo , ce Pereavoit dit à ce Ministre , ft H rejfentoit une extrême joie de voirle Représentant d’une République qui tenoit le Pape pour le vraiAntéchrist. L’Auteur du Livre intitulé Canccllaria sécrétaAnhaltina raporte quelques Fragmens de Lettre , par oùil paroit que François Aarfens, en allant à Venise , avoitdes Lettres de Créance pour négocier avec les CantonsProtestans, & qu’il cn reçut de grands honneurs. Ce futun an après la Députation des Ministres Suisses au Synodede Dordrecht. Gratias fe imprimis egijfe quod Civitates cy Op-pida non Catholica Pradicantes suos anno pr.cïeklapso adSynodum Dordracensem dimiserint (9).

(D) A l'occafion des mouvemens de Boheme. ] Ce fut enLan iózo : & il est à remarquer „ que le Roi de France„ (10) défendit à ses trois Ambassadeurs, le Duc d’Angou-„ lême , le Comte de Béthune , 8c l’Abbé des Préaux , de„ recevoir les Visites de Mr. d’Aarfens , qui alloit de la part„ des Etats des Provinces-Unies négocier avec quelques„ Princes d’Allemagne & d’Italie , touchant les mêmes Af-,, faires de Boheme , qUi faisoient le sujet de l’Ambassade„ de France. L’Ordre , qu’on leur envoya , portoit que„ ce n’étoit pas à cause des Etats > avec lesquels le Roi vou-„ loit continuer de vivre en bonne intelligence ; mais, à„ cause de Mr. d’Aarfens en particulier, pour en avoir mal„ usé touchant le service 8c la dignité de Sa Majesté.>, Ceux qui ont quelque connoissance des affaires de ce„ tems-là , _ ne peuvent pas ignorer que ce fut parce qu’Aar-„ sens s’étoit mis à la tête de ceux qui s’opposèrent en l’an„ 1619 à lassasse , que le Roi fit négotier à la Haye , avec„ beaucoup d empressement, paf Boiíìîse&duMaurier, Am-„ bassadeurs. „ Ajoutons à ces paroles de Mr. Wicqucfortun Passage de Mr. du Maurier, qui les éclaircit. L’an 1618,dit-il (11) , Mr. de Boijfife eut commandement du Roi de faireplainte en fin Nom aux Etats Généraux déun Libelle diffama-toire , écrit, figné, cy publié , par François Aersens, au grandscandale’ cy déshonneur de Mefpeurs du Conseil de Sa Majesté,dom lors il ne put tirer aucune raison. 11 y a de l’aparenceque la plainte etoit fondée fur ce qu’on avoit accusé le Con-seil de France de trahir le Roi, en favorisant ceux qui ina-chinoient en Hollande le retour de cette République sousle joug du Roi d’Espagne ; car , s’il en faut croire du Mau-rier , le grand Lieu-commun de Mr. Aarfens > & le Textecontinuel de tous ses Livres, 8e des Placards attachés auxcoins des Rues, étoit que la Faction de Barnevelt s’enten-doit avec l’Espagne, pour abolir la Religion Réformée &la Liberté tout à la fois dans les Provinces-Unies. C’eít icique l’on peut dire , Se non e vero , e ben trovato •• rien neconfirmerait mieux que cette invention la profonde habi-leté de Mr. Aarfens.

(14) Nom*oies , chap .XVIy vers,,

35 .

(ij) Joseph;Antiq. Lié.IV, Cap. III,page 107. G*

(8) Voiez. tdPrsace de/'Histoiredu Concilede Trente,traduite parAmelot de]a Hous-Aye.

(9) Can-cell. An-halt. pag.

tji.

(10) Wic-quef. del’AmbaíKFem. s, pagj658.

(11 ) BuMaurier.pag. z «r.