AARSENS. ABARIS.
3
f**) Tiré deWcquefort,
Traité del’Ambassa-deur Tam, Ji,f a í- 43 S , &
436.
<lr) Wic-quef. del’Ambass.Tarn. X, pag.*í °j & 75°.
( 13 ) DuMamier,t a g- ZSS.
( 14 ) Bar-bus, Epist.LXXVI,P*l- 217.
„ France 6 c en Angleterre (E ), dont il a fait des Recueils fort exacts 6 c très-judicieux. On y„ peut remarquer, que toutes les Instructions que l’Etat lui a données , 6 c toutes les Lettres de„ Créance qu’il a emportées en ses dernieres Ambassades, font toutes de fa façon : tellement qu’il,, faut croire, qu’il étoit l’Homme de tout le Pais, quifavoit le mieux, non feulement négocier,
,, mais aussi instruire l’Ambassadeur de ce qu’il devoir négocier. Et de fait, il a fait honneur à,, l’Etat en toutes fes Ambassades , aussi bien qu’au Caractère dont ses Souverains l’ont revêtu 3 (b) ctfi ainsi„ quoi que lui, ni fa Postérité, ne doivent point (F) regretter le tems qu’il a emploié au service ? ronm ~„ de la Patrie (a) ”. 11 est mort fort âgé, laissant un Fils (G), qui a passé pour le plus riche de ‘íé’Jmsl?Hollande, 6 c qui a été fort connu fous le nom de Monsieur de Sommerdyck (Ji),
(É) Ambassades extraordinaires en "France , & en Angleter-re .] 11 eût cet Emploi en Angleterre l’an 162.0 , 8c l’an1641 (12). La prémiere fois, il étoit le premier des troisAmbassadeurs extraordinaires ; & il fut le second , la der-niere fois. Dans cette Ambassade-ci, il eut pour Collèguesle Seigneur de Brédérode , qui le précédoit, 8c Hecms-vliet , qui le suivoit. Le sujet de l’Ambassade étoit le Ma-riage du Prince Guillaume, Fils du Prince d’O range. L’Am-bassade extraordinaire de France est de Pan 1624 (13).Comme Mr. le Cardinal de Richelieu gouvernait nouvellement leRoyaume , & qu il ignoroìt le mécontentement que les précédensavoient eu de cet Ambassadeur , il en fit état ; crie conoijfantéclairé ... il s’en aida pour parvenir à fes fins. Aarfens futenvoie l’an 1628 , ou en France, ou en Angleterre : nepouvant s’embarquer, à cause des glaces, il revint à laHaie. On prit à mauvais augure que des Chiens l’eussentrenversé. Arffenius à Canibus forte occurfantibus in terramdejeflus Malevolis occafionem prabuit Jìnifira ipfi ominan-di (14).
(?) Regretter le tems.] Du Maurier dit que FrançoisAarfens mourut riche de cent mille Livres de Rente (13).
(G) Laijj’ant un Fils qui a pajfé pour le plus reche de Hol-lande.] II étoit Gouverneur de Nimegue , 8c Colonel d’unRégiment de Cavalerie. II laissa deux Fils, dont f Aîné,nommé François > Seigneur de la Plaate , fe noia , passantd’Angleterre en Hollande, l’an 1659, après un Voiage de huitans en divers endroits de í’Europe. L autre , nommé Cor-neille , a porté le nom de Sommerdyck : il a été Coloneldans les Armées de Hollande , puis Gouverneur de Suri-nam , où il fut tué par la Garnison mutinée, l’an 1688.II avoit épousé la Fille aînée de Mr. le Marquis de Saint An-dré-Mombrun , dont il a eu plusieurs Enfans, 8c qui estmoite à la Haie l’an 1695 , ou environ. De sept Sœursqu’il avoit, il y en a trois qui ont été mariées à des Per-sonnes de Qualité : les quatre autres fe font jettées dans uneDévotion superstitieuse , avec un tel emportement, qu’el-les ont suivi le Sieur Labbadie , Ministre schifmaíique,comme fi c’eût été un Apôtse (ió).
(15) DuMaurier,S 77..
C 16 ) Votez. les
Mémoires dedu Maurier,
/î 387,390.
ABARIS , Scythe de Nation {A) , 8 c Fils de Seuthus. On en débitoit tant de choses fabu-leuses , qu’il semble qu’Hérodote même se fit un scrupule de les raporter , 6 c de s’en bien infor-mer. II fe contenta de dire {a ), qu’on diíoit que ce Barbare avoit porté une Flèche par tout le <•„) H ero-Monde , 8 c ne mangeoit rien. C’est n’avoir pas sû la chose par son Merveilleux ; car ceux qui dot - Lih -l’ont lûë de ce côté'là , ont prétendu qu’Abatis étoit porté sur sa Flèche au travers de l’Air (B ), 1 xa’ÌTt,comme fur un Cheval Pégase : 6c qu’ainsi, les Rivières, les Mers, 6c les Lieux inaccessibles aux .
autres
(t) Suidas,
«H MatÁ'ÇafHq.
( 2 ) EusebiiCÍuonic.
n . i 4 j 4 .
(31 Hero-dot. Lib.
IV. Cap.XXXVI-,Diod. Sicul.Mb. III. Cap.XI-, Apollo-*ùì admir.Hist. Sctt.IV-,
Jamblidû
Vita Py-thag. cap.XXVIII,t“í- 127.
Har-
pocration,Mot
A'Œceptq.ScholiastesAristoph. i nEquit ; Eu-sebius,
I568 ; &c.
{4I Jambli-<tu vitaïythagor»,pag. 128 .
(s) Petitus,dc Sibylia,
Mtr.II, Cap.t"Cl, p. 200.
( 6 ) Non est,Je denjt-on viftortiller, Com-un Chevau-f heur d y £fcou-rettes.
(?) Nouvell.delaRépubl.des Lettr.Octob. IS8L,
-.Art. 1.
( g ) Bibliot.‘^7 Hiver C.
n-
(A) Scythe de Nation. ] C’est Suïdas, qui lui donne cet-
te qualité , 8c qui remarque fort distinctement, qu’il vintde Scythie en Grece ; 8c qu’avec la flèche , dont Apollonlui fit présent, st vola de Grece jusques au Païs des Scy-thes Hyperboreens. Txtx ô Uv 7 ra?.cyxv-í\'.< ! bifioq tx ‘n’ETo/íí-vx àrèb r t r E /x.í%çt râti l’oreç Sopém " 2 ,x.vSm. E’îó-y^ ie
uùtôî iraçk tx A!oroMtamq (i). Hujus Ma Fabulìs celebrataSagitta volanùs ex Gracia , ( 8c non pas ex Scythia , commeon lit dans la Traduction ordinaire ) ufque ad HyperboreosScythas. Eusebé le fait auíïï venir de Scythie en Grece (2).Si l’Arhcle d’Abaris n’étoit pas en désordre dans Suïdas, onen pourroit légitimement conclure > que l’Auteur y a dési-gne trois sortes de Régions : la Scythie , où Abaris étoitné ; la Grece, où il alla faire un Voiage; 8c une autre Scy-, thie , où st fit aussi un Voiage : c’étoit celle des Hyperbo-réens. On pourroit, (Tailleurs, en conclure , qu’il ne feservit du vol de fa flèche , que dans son second Voiage -&, par conséquent, que ce fut en Grece qu’Apollon la luidonna. Toutes ces conséquences seroient justes, si l’onavoit à faire à un Ecrivain éxact , ou si l’on étoit assuréqu’il a dit les choses telles qu’on les volt aujourd’hui dansfes Ouvrages ; &, alors , il faudroit dire que Suïdas a suiviune opinion très - particulière : car presque tous les Au-teurs , qui nous parlent d’Abaris, assurent qu’il étoit Hy-perboréen (3) , & que lors qu’il fit le Voiage de Grece , ilétoit parti du Païs des Hyperboréens ; 8c s’sts parlent de faFlèche volante , ils ne manquent pas de dire qu’il Favoitavant que d’aller en Grece.
(B) Etoit porté fur fa Flèche au travers de t Air. ] Les pa-roles de Jamblique expriment cela fort nettement. O'icd! tx
t» Y'oríçSopsotç A'ttÓààojvoç boitchívll ctirtS , Trolot-
fiX 5 TE KUt •XEÁáyn X.«.í Toi ttSctTct. S'iéScCIVEV ÙeÇoSoìTMO T s c 77 c V
t iv« (4). Cura Apollinis , ejus qui ab Hyperboreis colebatur,Jaculo fibi donato inequitaret , Fluvìos c y Maria , ac Locainaccefsa per Aérem quodathmodo incedens permeabat. Mr. Petit,en raportant ce qui concerne cette Flèche , s’est souvenude ce qu’on débite ordinairement, que les Sorcières vontau Sabat à cheval fur un bâton (j). L’un des Journalistes,en faisant l’Extrait du Livre de Mr. Petit, n’oublia pasles Vers de Villon , où un Sorcier est apellé un Chevau-cheur d’Efcouvettes (6). Je reporterai tout le passage ,parce qu’il donne lieu à une petite Observation. Mr. Petitnous allégué les Ravijfemens d'Elie, le Transport d’Habacuc, ce-lui de Pythagoras , cr le Dard qu Apollon l'Hyperboréen avoitdonné a Abaris. C'étoit un Dard merveilleux, d fort sembla-ble à ce manche de Balai , qui sert de Cheval aux Sorcières , àce qu on dit, pour s en aller entre deux Airs à l'AJJèmblée Sab-bathique (7). Avant que la petite Observation paroisse , ilfaut que je reporte ce passage d’un autre Journal : Mr. Pe-tit raconte , âpres Jamblichus , VHistoire ou la Fable d’AbarisHyperboréen , à qui Apollon avoit donné le pouvoir de voler dansles Airs , porté par une flèche , comme nos Sorciers vont au Sa-bat , à califourchon fur un Balai (8). Ces paroles font l’ex-plication de ce Texte de Mr. Petit : Auclor est Jamblichus,in Vitâ Pythagora, Cap. XXVIU, id tnmuf Abaridi tfyper-
boreo ab Apolline conceffum fuisse , ut per Aérem quoeunque vel-let curfum, magico inveiïus Jaculo, tendere pojfet (9). Chacunvoit que l’Epithete Hyperboreo fe peut reporter , ou au motAbaridi , qui précede , ou au mot Apolline , qui fuit ; laLangue Latine est toute pleine de ces équivoques ; mais,il est sûr, par les paroles de Jamblique (10), qui font citéeslà-même (11), que c’est seulement Apollon , qui est traitéd’Hyperboréen. Ceseroitune chicane tout-à-fait vainc ,que de critiquer sur cela le Journaliste ; puis qu’outre qssA-baris a pu être chargé de cette Epithete , comme on Fa vudans la prémiere Remarque , on fait bien que les Auteursdes Journaux font dispenser de la servitude rigoureuse d u-ne Traduction. Je ne dois pas oublier cjue la Flèche d’A-baris étoit d’Or , 8c qu’elle lui étoit si nécessaire , pour feconduire, qu’il fut obligé d’avouër, que lans elle, il ne pou-voir pas discerner les chemins qu’il devoir tenir (12). Py-thagore lui arracha cet aveu , en lui faisant une petite ma-lice : il lui déroba cette Flèche , 8c il salut alors qu’Abaris,étonné comme un Aveugle qui a perdu son bâton , confes-sât ses nécessitez. Cela- me fait souvenir de certaines gens,qui se vantent de trouver , avec leur Baguette , les che-mins perdus. Si tout ce que l’on en dit étoit véritable , jene croi point que, toutes compensations faites, leur bâtonfût moins merveilleux que la flèche d’Abaris ; car , si d’uncôté st n’a point la force de les faire voler, il découvre Tail-leurs , non seulement les Trésors , les Métaux , les Bornesdes Champs, les Larrons, 8c les Homicides ; mais aussi, lesAdultérés de l’un 8c de l’autre Sexe. Un grand Philosophe,consulté sur une partie de ces faits en 1689 » répondit, querien de cela ne fe pouvoìt faire , fans le secours de ìaèíion d'uneCause intelligente , e? que cette Cause ne pouvoìt être autre quele Démon (13). En écrivant ceci, j’aprens que le principalde ces Devins à la Baguette (14), aiant fait l’Eté dernier (ij),à Lion, des épreuves surprenantes de son Art, a été mandéà Paris ; 8c que , fur ce grand Théâtre , il a fait tant dedécouvertes , qu’il a obligé bien des gens à dire , quenous voilà plus en- état qu’on n’y fut jamais, de décider,par des Phénomènes incontestables, que les Démons pro-duisent cent choses, pourvu qu’on les y détermine par lejeu de quelques Causes occasionnelles, comme est l’apli-cation d’un certain Bâton (16). Cela pourroit être duneéficace rétroactive en faveur du Dard d’Abaris ; car, pour-quoi n’y auroit-il pas eu anciennement une Flèche commecelle-là , s’ilfe trouve aujourd’hui un Bâton , qui fasse ceque l’on conte de l’Homme de Dauphine ? Ce feroit unematière à Recherches Métaphysiques, que cette affecta-tion du Bâton ; car l’ancien Proverbe , Virgula Divina ;notre Phrase Commune, le Tour du Bâton ; & ce que les Joueursde Gobelets diíent à tous coups , par la vertu de ma petiteBaguette; semblent tirer leur origine^ de F usage fréquentque la Tradition commune donne au bâton dans les Sortilè-ges. Quelles vertus n’attribuoit-on point anciennement àla Verge de Mercure ? Les Ailes d’Or , qu’il mettoit à fesTalons, n’étoient point tellement le principe de son vol,que fa Verge »’y concourût auflì, avec une vertu très-A r puiiLitz
(9) Petit,
ubi supra tM- I9b.
( 10 ) Votez.-hs ci-dejpasCitation ( 4 }.
( 11 ) lapage 1 99 d*Mu Petits
( 12 ) Jam-blichus ,ubi supra k
P*l' rzi»
(tz) Le Fi,Malleoran-che, dans le
Mercure G a**
lant du Mottde Janv.\6$z+
( 14 ) JaquesAymar, Pat-fan de St. Ve-ran en -Diu-
( 16 ) Voiix.ti-iejfous UTlj/narqH *j(6),