A B A R I S
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(t) Hygin.Astr. Poët.Ub. II, Cap.X V , pag.386 .
(t) Id. ib.
(d) HaipO'dation ,ri» MotÂ'Gupiç.
(e) Jambli-chi VitaPythag.
Cap. XIX,SpanheimiiNota: inCallimach.pag. 490.
autres Hommes, ne lui causoient nul retardement. Cetxe Flèche avoit apartenu à Apollon j &c’étoic aparemment avec celle-là, qu’il avoit tué les Cyclopes, Fabricateurs de la Foudre dont Ju-piter s’étoit servi contre le pauvre Esculape {b). Apollon , après cette tuerie , aiant caché sonDard sous une Montagne , au Pais des Hyperboréens , le recouvra d’une façon toute merveilleu-se ; car les Vens le lui reportèrent, dès que Jupiter se sut apaisé envers lui (c). Ce n’est pas unepetite affaire, que de savoir en quel tems Abatis vivoit (C) : il y a là-dessus une grande variétéde sentimens, qui a fait broncher quelques Modernes (D). II semble qu’il y ait moins de discor-de sur l’occasion qui l’engagea à sortir de sa Patrie , asm de voiager par le Monde. Une grandePeste , dit-on (d) , ravageant toute la Terre , on n’eut point d’autre réponse d’Apollon , fi cen’est que les Athéniens feroient des vœux pour toutes les autres Nations. Cela fit que divers Peu-ples envolèrent des Ambassadeurs à Athènes, & que l’Hyperboréen Abaris fut un de ces Ambas-sadeurs. II étoit déjà assez vieux ; Sc , comme il s’en retourna en son Païs, afin de consacrer àApollon l’Hyperboréen , dont il étoit Prêtre , l’Or qu’il avoit ramassé (e ), on pourroit préten-dre qu’une Collecte pieuse fut l’un des motifs de son volage de Gréce. II renouvella , pendantce volage, l’Alliance des Hyperboréens Sc desHabitans de l’Ile de Délos (/). II se mêloit de pré-dire l’avenir ; & , comme il sémoit ses Prophéties par tout où fa Vie vagabondé le conduiíòit,
on
f 17) Virgile,JE n. Liv. IV,f- 239 . Voiez.aujji Homè-re » Iliade é*Odyssi Uv.dern . ; Ovi-de, Métam.Liv. L f. 75,au sujetes ^Ar-gus i Horace,OdeX, f? rs.& XXIV. f.16. du Livr.I,Stace, The-baïd. Liv. I.
slS)DeVirgxJMercuriaíispotestate drpotewici pecu-tia.rcmTYd.tia . -tiohem fatismyfleriodendamus in Su-perstitionumtnagno Com-7nentdrìo.P>:\t-thius in Stat.Tom.Lì , pag.291.
fiî>) Ho-mcr. OdylliN. e? 17 .(20) nid. k.(ìt) Sur leProverbe Vir-gula Divina.Chit, r, Cm-Tur. 1, n. sj.(22) HuetiiDemonstr.Evang. Pro-pos. IV , pag.aj8.
f 23) Voyez, tesChapitres VII& VJII dePExode.
(24) Pliilos-trati Vira-Apoll. Lit.III.
(2s) ApudHarpocra-tionem.
(26) Euíe-bii Chron.
», 1568.
(27) Henr.Valesii No-tsin NotasMauflàci inHarpocrat.t% 83.
f 28)«« MotïlgOlipoFlOÍI.
( 29) Scho-ìiast. Aiis-tophan. inEquit.
puissante ; & il semble même qu’elle lui ait servi deCheval :
Et primum pedìbus salaria nc 6 íitAurea , qua sublimem Alis , five JEquora supra.
Seu Terrant, rapido pariter cum Flamme portant.
Tum Virgam capit : hac Animas ille evocat OrcoPallentes , alias fub tristia Tartara mittit ,
Dat Somnos , adimitque , cv lumina Morte résignât,lili f r e t u s , agit Ventos , & turbida tranatNubila (17).
Si nous avions le Traité fur la Verge de Mercure, que Bar-thius avoit promis (18), on y verroit assurément une Com-pilation bien curieuse , & peut-être plus instructive , que leTraité du Cynique Antisthenes fur le Bâton de Minerve.Cette Déesse avoit aussi son Bâton , avec quoi elle faisoitparoître les gens , ou jeunes , ou vieux , selon l'exigencedes cas (19). La Sorcière Circé faisoit bien plus que toutcela avec le lien (20) ; puis que , d’un seul petit coup defa Baguette , elle transforment les Hommes en Bêtes, &les Bêtes en Hommes. Erasme, qui joint à tous ccs Exem-ples la Verge avec laquelle Moïse fit tant de choses mira-culeuses (zi) , devoir remarquer que le Démon , le Singedes Oeuvres de Dieu , a pris son modele là-dessus, pourériger le Bâton en l’une de ses principales Causes occasion-nelles. Mr. Huet prétend , que ce que les Poètes ontchanté de la Verge de Mercure , &c. a son origine dans laVerge de Moïse (zz). Notez que le Diable fut bien promptà imiter ; car les Magiciens de Pharao firent, par lemoiende leurs Verges , .quelques Miracles , qui ressenibloient àceux du vrai Dieu (z z). N’oublions point les Brachmanes,qui portoient toujours un Anneau & un Bàto,n , ausquelsils attribuoient de grandes vertus (2.4). J’en dirai peut-êtredavantage fous le mot Rabdomantie.
(C) En quel tems Abaris vivoit .] Son Ambassade d’Athè-nes est placée par quelques-uns fous la z 1 Olympiade ; parHippostrate fous la troisième ; & par Pindare au tems duRoi Crésus (z y). Eusebe s’étoit rangé à ce dernier senti-ment ; puis qu’il avoit situé le volage d’Abaris, & le com-mencement du Régné de Crésus, fous la seconde année dela 54 Olympiade : mais il donna peu après dans une hon-teuse variation ; car il fit fleurir ce Devin la derniere an-née de la 8z Olympiade. Abaris Hyperboranus Hariolusagnoscitur (zó). Mr. de Valois semble préférer à tout autresentiment celui de Porphyre & de Jamblique (2.7), selon le-quel Abaris aura vécu fan z de la 54 Olympiade , contem-porain dc Pythagore. On infère cela de ce que Porphyre &jamblique raportent, que Pythagore montra fa Cuisse d’Orà Abaris, Prêtre d’Apollon l’Hyperboréen. Si les Lettres,qui courent fous le nom de Phalaris, n’étoient pas un Ou-vrage fait à plaisir , on devroit être assuré qu’Abaris a vécuen même tems que ce Tyran ; mais il n’y a nulle apa-rence qu’ils se soient, jamais écrit les Lettres qu’on trouvedans cc Recueil. Cependant , c’est une raison à alléguer,pour montrer qu’Abaris & Phalaris ont été contemporains;car il y a quelque forte de présomption , que celui, qui asuposé ces Lettres à Phalaris , a observé la Chronologie ,afin que ses fictions eussent plus de vraisemblance. Suidasmet la tyrannie de Phalaris fous la yz Olympiade. Le sen-timent d’Hippostrate pourroit être fortifié par la raison quevoici. Suidas observe qu’en la y Olympiade , les Athéniensfirent pour tous les Grecs les Sacrifices qu’on nommoit ngev-petriai (z8). Ils se saisissent avant que l’on labourât la Terre,& dans la vûë d’obtenir la bénédiction divine fur la prochai-ne Moisson. Or le Scholiaste d’Aristophane raporte , quequand les Athéniens firent pour tout le monde le Sacrificenommé Uço-opona, il y avoit eu uneFamine, ou même auífiune Peste, par toute la Terre, qui avoit obligé les Peuplesà recourir à l’Oracle ; Sc que l’O racle avoit répondu , quefi les Athéniens offroíent un tel Sacrifice , le mal cesse-rait (z9). Ce fut donc alors > que tant d’Ambassades furentenvolées à Athènes ; & qu’Abaris y fut envoie de la partdu Peuple Hyperboréen. Hippostrate ne se ferait donc gue-res éloigné de la vérité , en mettant ce volage d’Abarisfous la 3 Olympiade. Si les conjectures de Scaliger fur unpassage de Firmicus Maternus, concernant le Palladium?
font bonnes, il y a eu des Auteurs, qui ont fait remonterprodigieusement le tems d’Abaris ; il faudrait, selon cela,qu’il eût vécu long-tems avant la Prise de Troie. Nous ver-rons bien-tôt ce que c’est. D’autres l’ont fait redescendrejusques au Siecle d’Alexandre le Grand : il est vrai que cen’est que par un Enthousiasme d’Orateur ; à quoi si nousvoulions prendre garde , nous nous taillerions trop de be-sogne. La description , que le Sophiste Himérius nous alaissée (30), de l’équipage avec lequel Abaris se présenta auxAthéniens, convient merveilleusement à un Barbare : maisil n étoit Scythe , dit-il , que dans son habit : sa langue étoitGrecque ; aï, dés qu il la remuoit , on croioit entendre un dis-cours sorti du milieu de VAcadémie , ou du Lycée. Quelle ab-surdité ! Platon & Aristote avoient-ils déjà fondé des Eco-les au tems d’Abaris ì Quelqu’un (31) a voulu concilier cesdifficultez , en suposant qu’il y a eu deux Abaris ; mais fasupofìtion est insuffisante : il en íàudroit cinq ou six , pourbien réussir; deux n’ôtent pas les divisions : ce n’est pasla peine.
( D ) Variété de sentimens, qui a fait broncher quelquesModernes .] Voffius préféré à tout autre sentiment l’opinion deceux qui font fleurir Abaris entre la 30 & la 38 Olympiade.Ce tems-là, dit-il (3z) , est, selon Eujebe, celui de la Tyranniede Phalaris; Phalaris Tyrannìdem exerçait ab Olympiadis XXX(il falloit dire XXXI) An. II, usque ad Olympiadis XXXVIIIAn. II, teste Eusebio : or Abaris a été contemporain de ceTyran. II réfute, par cette hypothèse, ceux qui disent qu’A-baris a été Disciple de Pythagore ; car il observe que Py-thagore fleurit l’an 1 de la 60 Olympiade , & mourut versla fin de la 70. II remarque, qu’un Disciple de Pythagore11’a pu écrire des Lettres à Phalaris. Enfin , st assure , quetous les Anciens ont fait Abaris antérieur , non seulement àPythagore ; mais aussi, à Solon. Antiquì omnes de Abari lo-quuntur ut non Pythagora moào , sed Solone etìam antìquio-ri (33). II n’y a guere de solidité dans ces Remarques deVolìius ; car le même Eusebe, qui en est le fondement,a situé, en un autre lieu, Phalaris fous l’an 3 de la 53 Olym-piade , & le volage d’Abaris fous l’an z de la 54. Voisinsdevoir prendre garde à cela , & se souvenir que le passaged’Eusebe , qu’il ne cite pas, a été préféré par Scaliger (34)à celui qu’il cite. Scaliger se fonde sur ce que le commen-cement de la Tyrannie de Phalaris a été placé par Suidasfous l’Olympiade yz. Outre qu Orale remarque que Cyrus,& ce Tyran , ont été contemporains (3 y). II est donc visi-ble, que les conséquences, que Vossius a tirées de ce qu’A-baris Se Phalaris ont vécu en même tems , ne font guerebonnes ; car Abaris aurait pu écrire à Phalaris après l’O-lympiade yz , & voir Pythagore après l’Olympiade 60 (36).Quoi qu’il en soit, on n’a pas du dire, que, suivant tous lesAnciens, Solon a vécu après Abaris ; car nous savons qu’stdonna ses Loix aux Athéniens en la 46 Olympiade (37),& qu’Eui’ebe met Abaris fous la 8 z (38).
Mr. Moréri s’est mal servi des Observations de Vossius.II trouve de l'opposition entre ceux qui disent qu’Abaris vi-voit avant Solon , & ceux qui disent que c étoit du tems deTullus Hoftilius, ou d’Ancus Martius, Rois des Romains. ,Cenefont pas deux sentimens différens : il n’y a point de Chro-nologue , qui voulût se faire un scrupule d’assurer que cesdeux Rois ont précédé Solon. Ce passage de Vossius , fue-rit igitur (Phalaris) temporibus Tulli Hofiiliicl AndMartii(j 9 ),& le précédent, ont trompé Mr. Moréri. Disons en pas-sant , qu’il s’est laissé abuser par ces paroles de Cœlius Rho-diginus , Hujus (Abaridis) ZV Gregorius Theologus commemi-nìt in Epitaphio ad magnum Bafilìum (40). II a cru que SaintGrégoire parle d’Abaris dans un Epitaphe qu il adresse à. SaintRafle k Grands). Je n’ai rien trouvé touchant Abaris dansles Vers de Saint Grégoire de Nazianze fur la mort de SaintBasile. J’espérois d’y rencontrer les y ou 6 lignes, que leGiraldi raporte comme tirées ex Monodia in Divum Rast-lium (42.1. Le mot de Monodia est une adresse vers unePié-cedePoësie; mais,ici,c’est une adresse trompeuse. Je me fuistourné vers la Prose de cc grand Théologien , c’est-à-dire,vers son Oraison funebre de St. Basile, & je n’y ai pas trou-vé le quart de la citation du Giraldi. II y a une erreur par-ticuliers , en ce que Mr. Moréri s’est exprimé comme sicette Epitaphe n’eût point été faite pour Saint Basile.
(f) Diodot;Sicul. Lib. II.Cap. XLVII,í“g. IlS.
< 3 ->) -IpUtPhotium,pag. II3 5 ,
(JijEdward.Simsonius,apttd Xonig.Bibl. vet. &nova , pag. r.
(n) Vossiusàe PoëtisGrítcis, CapiIIL pag. is.
( 33 ) U
(34) ScaHgtf-ri Animaav*in Eufebium*«. 1452.ptgr 94-
(35) Id, ibd
pag. 84.
( 36 ) Note£
qpZ^AbArì t,fr~
lon Jamblique-,étoit vieux,quand il su 5instruit parPythagore.
(37) Scaligerubi suprà , -7-1422. pag.%6*
(38) Voie&la %cmarqu 6précédente, Ci~tation (26)#.
(39) Vossiusubi suprà*
(4°) CoeiiïÌUiodig. An-tiq. Le£t.Lib. X VI,sCap.X XI lépag. 88 r.
(^j) Cette sau-te r?est pointdans les Edi-tions de Jdol-
(42)GiraIdusde Poétis,Dialogo 1 IÍ/circa init.
W U9. .