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Tome premier. A - B.
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A B A ìn S.

(,fj Savoir,rie Pélops.

Djamblich.■ubi supra,Cap. XIX,pag. 93 ; érCap.XXVIII,ftig. 13 ï.Apollonius,eîiam ubi /it-

(i) Suidas,

<i« MotÂ'Çaptç.

( y U MotCroc, dansSuïdas , est,K«â-«JjXÍS 5 .

(43) Stto-mat. L : l>. I.M- 334 -

(44) Ci-des-sus , citation(z 6 ).

(4s) N icetasin Orat. X XGiegor. Na-zìauz. pag.774-

(46) Apol-lon. admir.Hist. Sets.IV.

Ì47)inE<}xit.

(vO Artemi-dor. L;l. m.Cap. XXI.

(49) Pausa-nias Lib. III.pag. 94. 11 ditaussi,que d’au-tres en attri-buaient la cou-Jiruíììon àOrphée.

(so) Platoìn Charm.fag. 4 L 5 .

(51) Scali-Çcri Kotx>n Euseb.

*• Hî4-ÌSï) De Ec-lore profan.Relig.

Is í) in Equíc.

(54) ValesxiNota: in No-*as MauíT. inHaxpocra-

tion. pag. Zz,

Os) InTi-* mxum Pla-' * onis > pag.

H*.

0 ^) ConferJam-

dlicb. ubi si,,p™, Cap.XlX

92 .

O7) Jambl.nid.

0«) Plut.<juomodo3udiendi

ï*0ët. initia,ÍS 9 ) Voìez^la.r *marqtic (D)’ î,er * la fin.

V

on auroit pu l’apeller un Oracle ambulatoire (£). Quelques-uns disent que ce sut lui qui fabri-qua le Palladium (F ), ce Gage fatal de la conservation des Villes qui le possédoient, St qu'il lévendit aux Troiens. II le fit des Os d'un Homme (g) ; Matière , dont je ne pense pas que lcSFaiseurs de Talismans se servent jamais. On prétend qu’il pouvoit prédire les Tremblemens deTerre , chasser la Peste , Sc apaiser les Tempêtes (G) ; St qu’ìl fit des Sacrifices dans Lacédémo-ne, qui eurent tant d’efficace, que ce Païs-là, fort exposé à la Peste, n’en fut depuis jamais afli-gé (h). Il composa beaucoup de Livres (z) ; V Arrivée d'Apollon au Pais des Hyperboréens ; les No-ces du Fleuve Hébrus -, une ‘théogonie , où il expliquoit la Génération des Dieux ; un Recueil d'Ora-cles 1 & un autre de Conjurations , ou d’Exorcismes , ou , II l’on aime mieux, (k) de Prières ex-piatoires. Tous ces Ouvrages étoient en prose , excepté le prémier. Ceux, qui auroient toutela Harangue du Sophiste Himérius, dé laquelle Photius nous a conservé un Morceau (/), conoî-troient mieux qu’on ne le peut faire par ce Fragment-là, fi les grans Eloges que ce Sophistedonne à quelqu’un s’adressent à Abaris. Du moins, est-il indubitable, qu’il le loué d’avoir parlébon Grec ( m ). D'autres assurent que ses maniérés aisées St simples , St fa probité , le rendirentrecommandable à toute la Grece (n). Je n’ai point trouvé que Callimaque St Lucien parlent delui ; quoi qu’un grand Critique l’assure (0). Si fa Flèche avoit eu le don , qu’on attribué à laBaguette de Jaques Aymar (H) , il auroit pu faire de grands biens au Monde , St ne pas craindre

le

(£) Un Oracle ambulatoire .] Clément d’Alexandrie metAbaris entre ceux qui se mêlaient de prédire l’avenir. rrj 0-

yiánci a : xài nvâ-xyá pttí ò pelyotf oclci. Aacccíç fl

ò T'nrsçSópeeií ( 43 )- Prafeientu autem Pythagoras quoque mag-nas femper mentem adhibuit , esr Abaris Hyperboreus. Nousavons déjà raporté (44) l’Epithete d ’Hariolus , dont on lerégale dans la Chronique d’Eusebe. Un Commentateur deSaint Grégoire de Nazianze a raporté qu’Abaris parcou-rut toute la Grece , & y rendit des Oracles (4;). Apollo-nius assure le même Fait ; & il dit de plus, cpre ces Ora-cles subsistoient encore. É'ygctcpe Sì xùi xvurpuK 7 ? x^Pfítrspte^X^pccìioc , ot £<Ví y.éx?‘ ùrrá.^x°' , lei (46)» Scripfit

autem c? Oracula Regiombus quas observans lustrabat , qm aâhoc ufque tempus extant. Le Scholiaste d’Aristophane (47)dit auíîì qu’on les avoit de son tems. Abaris n’étoit pas leseul de son Métier, qui errât ainsi par le Monde , 8c quisemât de toutes parts ses Prédictions à tour de bras : c’é-toit le propre des Devins ; & c’est pourquoi Artémidoreprétend , que lors qu’on songe qu’on devient Prophète,c’cst le plus souvent une marque qu’on voiagera , 8c qu’onse tracassera ; car , ajoute-t-il , les Devins ont accoutumé demener une vie vagabonde. 4>ép$i Sè x.xi áirob'tipu'xç 7roà>íáxtç x.œìxt'jr,e-eií roi iê'óvrt to» orapor. hà forêt; çíáfcit; orspiìiocHv : Por-tendit sape etiam Peregrinationes & Motus hoc Somnium ei quividit, propterea. qmd Vates vitam errabundam agunt (48). Ilsavoient cela de commun avec les Joueurs de Gobelets, 8cavec toutœ fortes de Charlatans. Abaris faisoit plus quedes Prédictions : on prétend qu’il bâtissait des Temples :celui de Proserpine du Salut, K ópn 'Bards >ceç. dans Lacédé-mone , fut son Ouvrage (49). Platon en fait un vrai Char-latan , ou plutôt un Enchanteur , qui se mêlait de guérirles Maladies avec des paroles (50).

(?) A«r fabriqua le Palladium.] On doit Cette dé-couverte au grand Scaliger. II a corrigé en deux en-droits avarus par Abaris (51) , dans un passage de JuliusFirmicus Maternus (52). Voici ce passage ainsi corrigé :Palladii etiam quid fit Rumen audite. Simulacrum eft ex opfibus Pelopis faôlum. Hoc Abaris Scytha fecijfe perhibetur ; jamquale fit confiderate quod Scytha Barbarus confecravit. F.stnealiquid apud Scythas humana Ratione compofitum, étrilla ejferaGens c r crudelì atque inhumana femper atrocitate graffattt , inconstitucndis Religionibus reâlum aliquid potuìt invenire ? Si-mulacrum hoc Trojanis Abaris vendidit , jìultis hominibus va-na promìttens. Scaliger a corrigé deux fautes presque sem-blables dans un passage du Scholiaste d'Aristophane (53).Au lieu de / 3 «f/v, il fait lire A "Sapn; 8c, au lieu de/Z«/><-t«;,il fait lire A'Çápdos ; ce qui fait un sens beaucoup plus in-telligible. O v t£ xàt Á'êot/in tpcttrì tov T ’oreçSlpciov bíB-évraS-coifor eìîriï E'XAaiîot AV«XA mi tsriTcZc-oti, xài Fvyyçáfiitt

tbç txç vïïv 7roú7a.yopívoyJsxç A’capíJ'oç. Le sens est,

qu’Abaris étant allé dans la Grece , pour consulter Apol-lon , ou pour lui faire des Offrandes, s’arrêta à son servi-ce , & écrivit les Oracles qui portaient encore le nom d’A-baris. Mr. de Valois corrige (54) de son côté un en-droit de Proclus (55), où Pythagore est cité h r f rrfoqA v o a for ÀÓyai ; il croit qu’il faut hre Á'Gxpi-». Ainsi, il yauroit eu un Ouvrage de Pythagore (56) adresse à notreAbaris. Ce qu’il y a de certain , c’est que Pythagore, sil’on en croit Jamblique (57) , expliqua son Traité de laNature , & son Livre des Dieux à cet Hyperboréen. Plu-tarque fait mention d’un Livre intitulé Abaris, 8c compo-sé par Héraclide (;8), où l’on voioit, je pense , toutes lesAvantures vraies ou romanesques de ce fameux Hyperbò-réen. Au reste , je m’étonne que Scaliger , qui étoit en flbonne humeur de nous découvrir des fautes, nous ait ren-voyés au Gìraldì, comme à une source de docte Instruc-tion touchant Abaris : car, quelque savant que soit le Gi-raldi, il n’a pas été fort éxact fur cet Article (59). II ditque Valérius Harpocration a parlé des Merveilles de la Flè-che ; & , qu’au raport d’Hérodote , elle fit voler Abarisjusques fur les Terres des Hyperboréens. Mais il est sûrqu’Harpocration ne parle point de la Flèche , 8c qu’Héro-dote ne parle point du Vol d’Abaris, ni ne défigne aucunLieu particulier , où cet Homme fût allé. Charles Etien-ne , 8c Moiéri, ont commis cette derniere faute : Legatus

Athenas veniens ad fuos Hyperboreos rediit nihil comedèns , ditCharles Etienne; Retournant de Grece en Scythie, il fit ce longVoiage fans manger , dit Moréri ; 8t elle est plus digne d’ex-cuse , que la précipitation , qui a pouffé le prémier à dire,que nous avons encore les Oracles d’Abaris. C’est avoircopié fans jugement, 8c fans considérer, que depuis le temsqu’on pouvoit parler ainsi , ces Oracles ont été perdus.Nous ferons ailleurs (60) une réflexion générale fur les bé-vues qui naissent de ce principe.

(G) Prédire les Tremblemens de Terre, crc. ] Porphyre at-tribue cette vertu à Pythagore , comme auíii celle de chas-ser la Peste , & d’arrêter la Grêle , de calmer les Orages,8c de faire cesser les Tempêtes fur la Mer & fur les Fjeu-ves, pour procurer à ses Amis un heureux Trajet (61). IIajoute qu’Empédocle , Epiménide , 8c Abaris, aiant apriscela de Pythagore , le pratiquèrent en plusieurs rencontres,rroXÁax’i isriTiTiÁtxt'jct: rolotírct. Un Auteur moderne (62),aiant raporté que Pherecydes Précepteur de Pythagore (63),8c qu’Anaximandre , 8c Abaris (64), prédisoient les Trem-blemens de Terre , fait cette demande assez plaisamment:N'efi-ce point, dit—il , qu à considérer la Terre comme un grandAnimal, ils avoient f Art de lui tàter le Pouls , er de recon-noìtre par là les Convulsions qui lui dévoient arriver ? Or, soitque la Flèche d’Abaris fut l’instrument avec lequel il ex-ploitait tant de merveilles , soit qu’elle n’y contribuât pas,il est sûr que les Volages de cet Homme-là pouvoient êtredune grande utilité au Genre humain. Volez la Remar-que suivante.

(H) Qu on attribué à la Baguette de Jaques Aymar (65).]Jamais chose ne fit plus de bruit, 8c ne donna occasionà tant de Livres. Je viens d’aprendre que ceux qui s’enpromettaient tant d’avantages, 8c tant de victoires fur lesMécréans, se trouvent bien loin de leur compte. La seuleHistoire de tout ceci mériterait un Article ; 8c peut-être entoucherons-nous quelque chose sous le motRabdomantie, ouen quelque autre occasion. Mais , quoi qu’il en soit, jene me dédirai pas de ce que j'avance concernant Futilitéde cette Baguette. Entre les mains d’un aussi grand Voiâ-geur qu’Abaris, elle eût porté la Réformation des Mœurspar tout le Monde > beaucoup plus efficacement que ne Fontpu faire tout ce qu’il y a jamais eu de Miffionaires 8c dcPrédicateurs. Car , si un tel Homme revenait au Monde 3la jalousie , ce fléau de tant de Maris, en ferait bien-tôtchassée. Les Italiens, 8c les Peuples Orientaux, n’auroientque faire de donner des Geôliers à leurs Femmes, ou d e-tre eux-mêmes leurs propres Argus. Chacun s’en fierait àleur bonne-foi: on n’auroit qu’à les recommander à laBaguette. Et, non seulement les Hommes se délivreraientd’un soin pénible (66), 8c qui ne sert quelquefois qu’à hâ-ter leur infortune ; mais, ils fe verraient eux-mêmes dansla nécessité de garder la Foi conjugale , lors qu’ils auroientbesoin de cette réputation. La Tenue des Grands Joursjetterait moins de terreur dans l’ame des Criminels, queF arrivée d’un Abaris. Le plus grand nombre des crimes,les péchés les plus dangereux , savoir ceux qui se commet-tent dans l’espévance que le Public n’en saura rien, cesse-raient entierement au souvenir de la Baguette ; 8c ce feraitalors que l’on pourrait dire ;

Tutus Bos ètenim rura perambulat j

Nutrit rura Ceres , almaque Faujlitas.

Culpari metuìt Rides ,

Nullis polluitur cafia Domus ftupris.

Laudantur simili Proie Puerpers.

Culpam Pœna premit cornes (67)-

J’avouë qu’il est difficile de comprendre que le Démon,l’ennemi juré du Genre humain, ait choisi de telles LoixRengagement avec l’Homme ; 8c c’est à quoi ne prennentpas assez garde ceux qui ne sauraient souffrir , ni qu’on ré-voque en doute les vertus de la Baguette , ni qu’on les ex-plique méchaniquement.

H 3

( l ) PhotlïBibliotheca^pag, iiztz.

(m) Voìez, lék%ernarcfue(C)yvers la fin .

(») Strabo,Lib, VILpag. 208.

(0) Cafau-boni Notxin Strabon;Lib . VILpag. iiî.

(60) T) An slA\emarr}tbt

fur P ArticleBal bus(Jean), À

la fin.

(62) LaMo-

thele VayeriTom. XI,pag. 127.

(63) Il citeDiog.Laërt«Jin Pherecyd.Cicéron. I.de Divin.

(64) Touchant

sAbar’sfilcittApollonius »surnomméDyscole,Cap. V. Cejb

h même qu*j’cti cite ci-dejsus.

(65) Votez.ci-^dejfus la T\C-marque ( 5 )i

( 66 )Pœnaquégraves Ìn cœ-libe visa , EÁgravior cautiscttfîodia vandMarìtis.AufoniíEdyll. XT 4

<67) Horsètu Od. V;Lib, 1 V %