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Tome premier. A - B.
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(p) Origenescontra Cel-íuin, Lib.IlI,pag. irr>.

(«8) VoleriesLettres His-toriques , irle MercurePolitique,du Mois deMai I6s3.

(6 f) Mercu-re Histori-que dit Motsde Maii69ï,P*g.-.S 6 S-

(70) Mercu-re Histori-que & Poli-tique , Moisd’Mvrìlí 697 ,pqg.440,441.

Ol) Mr.Buiffiere,^ipolicaïre deMr. le Primede Coude ', e/lC Muteltr ditLiure o il: apour Titre,Lettre à Mr.H Abbc D. L.fur les véri-tables effetsde la Baguet-te de JaquesAymar, parP. B. à Parischez. LouisLucas, I 6 $n,

A B A R I S.

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le reproche d’inutilité, qu’Origene lui a fait (/>).

(ï) Le Régné de cette Baguette a été fort court. ] A peinea-t-il duré dans Paris , amant de tems qu’il en a falu pourcomposer, 8c, pour imprimer , un Article de ce Dictionai-re. Mr. le Prince de Condé , dont les Lumières ne peu-vent être que fatales aux Imposteurs 8r aux Crédules, vul’éducation d’où il les a prises, a renversé tous les Trophéesdes Partisans de Jaques Aymar. Ce pauvre Homme aéchoué dune maniéré si pitoíable dans les estais qu’on avoulu faire de ses forces à f Hôtel de Condé , qu’il y a per-du toute fa réputation (68). Le Public a su comment leschoses s’y étoient passées : il n’y a plus de lieu à chicanerfur l’ìncertitude ; puis que c’est par l’ordre de ce grandPrince , que le inonde a été informé de ce détail. Aussi,ne se retranche-t-on point dans cet asile ; on tâche seule-ment de donner quelque raison de ces infortunes de la Ba-guette , comme je le dirai ci-dessous. Ceux qui ont ditque les Fauteurs de ces Devins avoient mal choisi leur tems,& que ce n’est pas dans un Siécle aussi philosophe que ce-lui-ci , qu’il faut produire ces Gens-là , ont eu à certainségards quelque forte de raison ; mais, tout bien compté,ils ne raisonnoient pas juste. II y a plus de Particuliers pré-sentement qu autrefois, qui sont capables de résister au tor-rent , & de combattre les illusions , je l’avouë ; mais, àcela près, je vous répons que notre Siécle est aulfi dupeque les autres : 8c , après ce que nous avons vu au sujetd’une Explication de T Apocalypse , qu’on ne nous vienneplus dire , Le Monde ríeft plus grue. II Test autant que ja-mais ; toutes les impostures , qui flatent ses passions, luiplaisent ; il n’a point de honte d’être convaincu qu’on sa-voir trompé ; il n’en respecte pas moins le trompeur ; iln'en crie pas moins contre la foi de ceux qui n’ont pas ététrompez. Voici ce qu’un de nos Nouvellistes (69) vient denous aprendre en confirmation de cela : „ Les Témoigna-„ ges du Châtelet font de si fortes preuves contre Jaques„ Aymar, qu’aucun de ceux , qui ajoutent foi aux effets„ prétendus de la Baguette , n’a osé les contredire. Mais„ ce qui fait voir îe ridicule des Esprits crédules , c’est qu’il„ n’y en a presque aucun , qui se soit rendu. Mr. Valle-„ mont, qui vient de publier un Traité de la. Physique occulte,, de ta Baguette divinatoire , prétend expliquer comment le„ Faisan de Dauphine a pu se tromper dans les épreuves„ que lui a fait faire Mr. le Prince ; quoi qu’il ait véritable-„ ment la vertu 8c les talens dont il se vante. Ces fortes„ de Philosophes, de même que les Explicateurs de Pro-„ phéties, car ce font des Gens assez d’une même trempe,„ font des maniérés de Visionnaires, qui ne veulent jamais„ avoir tort ; 8c qui, encore que convaincus de la fausse-j, té des choses qu’ils ont avancées , traitent d’Esprits-forts„ les Gens de bon sens, qui ne donnent pas dans leurs„ chimères

Depuis TImprelîìon de ce que je viens de dire , troisou quatre années s’écoulèrent, fans que j'entendisse parlerde Jaques Aymar. Nos Nouvellistes l’avoient perdu de vue,8c Tavoient abandonné dans fa Retraite : mais enfin , ils leremirent fur leur Théâtre , au Mois d’Avril 1697 ; 8c cela,pour lui faire jouer un rôle bien divertissant, 8c qui d’ailleurspourroit être d’une merveilleuse utilité , si le conte qu’ilsraportent étoit véritable. Il y a quelque tems , difent-ils (70),que k Prieur des Chartreux de Villeneuve lis Avignon pafia parOrange, avec Jaques Aymar, par le moyen duquel il prétendoitdécouvrir quelques Bornes perdues. Mais , par occasion , onïemploya à. un autre usage. On avoit exposé depuis trois joursun Enfant a la porte du Couvent des Capucins , le Recteur del’Hôpital requit saques Aymar d'en découvrir l’Auteur. Celui-ci y consentit ; se transporta à la porte des Capucins , ou l'onavoit r aparté 1 Enfant ; & , à la vuè d'une foule de Peuple, ilsuivit le chemin que le mouvement de sa Baguette lui indìquoif,cv alla tout droit dans un Village du Comtat Vénaijfm, nomméCamaret ; csr de la dans une Métairie, qu il ajfurct être le Lieuoìí ïEnfant étoit né. s’oubliois de dire , qu en chemin faisant,il rencontra un Homme à cheval; c? que, par le mouvement desa même Baguette, il reconnut que c étoit le Pere de l’Enfant ex-pos1. Le suge du Lieu , ou de son propre mouvement , ou à lasollicitation des Personnes intéressées , pria saques Aymar CVceux qui le faifoient agir , de ne plus faire dc recherche , escqu il feroit reprendre l'Enfant ; ce qui d été exécuté. Je faistrois Observations fur ce Récit. La prémiere, qu’il n’estpas certain que ce ne soit pas une fable ; car combien ya-t-ìlde Gens, qui se divertissent à forger des contes, qu’ilsfont inférer dans les Nouvelles publiques ? Ils les envoientà un Auteur , fans se nommer : ils choisissent une Scène unpeu éloignée ; & > après tout, ils savent que peu de Gensferont des informations. Ma seconde Observation est , quequand même tout ce qu’on raporte dans le Mercure His-torique feroit véritable , on ne pourroit pas faire taire lesIncrédules, saques Aymar, diroient-ils, favoit la route qu ilfuioit prendre, un faux-Brere, parmi ceux qui connoiffoient l’in-trigue de l’Accouchement , fut ravi de^ donner tallarme, &d'ou-vrir un beau champ de causerie. En tout cas , il feroit unHomme à excepter de la Règle , Hui Prophète en son Pais:la honte , qu’il effuia dans la Capitale du Roiaume ; cettefuite , dis-je , de mauvais succès , dont Mr. Buiffiere (71)a publié une Relation éxacte , ne T eût pas décrédité dans faProvince. Je remarque, en troisième lieu , que cette pro-priété de la Baguette auroit de très-bons usages dans leMonde.- EIle déchargerait le Public des Fondations qu’il afalu faire pour T entretien des Enfans trouvez ; car elle fe-

Mais 01s vient (?) cTaprendre que (i) le Régné

de

roit conoître ceux qui les ont mis au monde, & on lesobligerait à les nourrir. De plus, elle augmenterait lacrainte des faites, qui est un frein de l’incontinence , fanslequel les désordres de TImpureté feraient beaucoup plusfréquens & plus scandaleux. Le Sexe féminin , plus sou-vent bridé par cette crainte que Tautre, 8c quelquefoismoins, garderait mieux le dépot. Choisir à l’écart unepetite Maison, pour y accoucher ; y faire venir une Sage-Femme les yeux bandez , 8c par une route détournée ;faire porter l’Enfant au milieu des Rues, pendant les té-nèbres de la Nuit ; cela > 3 c le reste des précautions , feroitinutile , en cas que la Baguette eût la vertu dont on par-le. Elle marquerait le chemin jusques à la chambre del’accouchement, mieux qu’uu Chien ne fuit la piste d’unLièvre jusques au gite. Elle mettrait fin à tant de pagu-res (7 z) qui fe commettent par ceux qui ne veulent pas secharger de la nourriture d’un Batard , comme la Mere lesy voudrait obliger , en se présentant pour cela sans aucunehonte devant les Juges.

Comme rien n’est auffi capable de détromper les Crédu-les , que de faire voir que Jaques Aymar est tombé d’ac-cord lui-même de fa fourberie , je veux mettre ici ce fait-là dans 1 a derniere évidence. J’ai là-dessus une preuve pluspositive que le Témoignage de Monsieur Robert, Procureurdu Roi au Châtelet de Paris. La Lettre (73) , qu’il écrivitau Pere Chévigni, Assistant du Pere Général de l’Oratoi-re , contient seulement quelques-uns des mauvais succès dela Baguette , 8c puis ces paroles : „ J’ai ouï dire , que de-„ puis , en plusieurs autres Expériences, faites à Versailles„ 8c à Chantilli, fa Baguette n’avoit pas été plus heureu-„ fe , que même il avoit été convaincu de supofition , 8c„ Tavoit avoué : mais je ne le sai que par le bruit com-„ mun , n’ayant pas cru devoir prendre aucun foin d’une„ pareille fadaise , qui marque combien les Hommes font,, faciles à donner croiance aux choses nouvelles , 8c qui„ leur paraissent si extraordinaires”. Voici plus de pré-cision. Mr. Buiffiere m’a fait l’honneur de m'écrire , queMessieurs Dodard 8c Sauveur, Membres de T Académie desSciences, l’ont sollicité à donner une seconde Edition defa Lettre , 8c à s’y nommer ; qu’il la fera donc rimprimer,& qu’il y mettra son nom , puis que Monseigneur le-Princede Condé veut bien qu il lefajse, par fin ordre, pour désabuserles Partisans de la Baguette ; qu’il y joindra la Relation de larecherche (74) que fit Jaques Aymar des Meurtriers quiavoient assassiné un Archer du Guet dans la Rue Saint De-nis ; 8c , qu’afin que les Partisans de la Baguette soient en-tièrement désabusez > il y joindra encore la confession faiteà Mr. le Prince de Condé par Jaques Aymar , qu U ne fa-voit rien de tout ce qu on luy avoit attribué , & que ce qu ilavoit fait jusqu ici n avoit été que pour gagner sa vie. Cet aveusincere lui attira un présent de trente Louis d’Or , que S. A. S.lui sìt donner , asin qu il fi retirât le plus promptement qu ilpourroit dans fin Village , parce que ri étant plus fous ja protec-tion , les Perjonnes , qu il avoit accusées à faux , l'eufient faitarrêter. Mr. Robert ma dit, c’est Mr. Buiffiere qui parle ,que fi on l’avoit mis entre fis mains , pour en faire justice , ill'auroit fait condamner aux Galères , la preuve étant fans ré-pliqué. La même Lettre m’aprend, qu’un Garçon de 14 ans,qu’on avoit instruit, avoit déjà abusé beaucoup de Person-nes ; mais, comme cela étoit trop pris des faits de saques Ay-mar , il trouva les esprits en garde. Le petit Garçon échoua, à la.confusion du Gentilhomme qui i avoit produit. Mr. Buiffiere futchargé de Téxaminer ; il le trouva assez rusé pour son âge :on le tint enfermé quelques jours , fans aucune communicationau Gentilhomme ; un peu d’argent , e? quelques promejfes del’établir , cr quelques menaces , firent qu il avoua tout. CetteLettre de Mr. Buiffiere est datée de Paris, îe 2 $ de Juillet 1698.Joignons à cela ì’Extraìt d’une Lettre de Mr. Leibniz , queT Auteur voulut bien que Ton publiât dans Ie Journal de Mr.Tenzélius , Tan 1694, avec celle (7y) de Mr. Robert. IIassure , qu’il a ouï dire à Madame la Duchesse d’HanoverBelle-Sœur de Mr. le Prince de Condé , qu’elle avoit re-connu dans son Hôtel, à Paris, les Impostures de JaquesAymar , & qu’elle opina conformément à ce Prince , qu’ilvaloit mieux taire connoître auPublic la fausseté de ces cho-ses , que de la laisser inconnue, fous prétexte que la persua-sion de la Baguette avoit fait peur à quantité de Scélérats,& procuré la restitution de quelques vols. Elle déclara,que Jaques Aymar avoit enfin avoué la fraude , & qu’il enavoit demandé pardon , & qu’il avoit dit pour ses excuses,que fa hardiesse avoit moins contribué à la conduite qu’ilavoit tenue , que la crédulité d’autrui. (76) ls (PrincepsÇondaeus) Aimarum Lugduno accerfiverat indagints caufá .-excujfum multìs modis Homuncìonem CV deprehenfum , tandemad confejponem fraudis adegit ; quam fibi ignofii petiit fupplex,<& graviera metuens, caufatus non tam propriâ audacìá, quamaliéna credulitate Hominum falli volentium , cv velnt obtru-dentium fibi , qua alioqui ne jaélare aufus futjfet , fisc in h&chnpulsum eo tandem pervenijse, unde pedem commode non potue-rit reserre. Bacile condonavit homini magnanimus Princeps ;fid erant , qui fuaderent dijfimulari comperta , cv confirvarïfamam Hom 'mis vel Artis, utili dolo , quod confiaret , Furi-bus aliisque malis Hominìbus magnum metum fuisse ìnjeflum ,©■' ob famam adventantìs alicubi rerum furtivarumpretia suisserelata : Sed Ducijfi pariter noftra ac Principis egregii Jententiafuit, potiorem habendam rationemveritatis. Mr. Leibniz a j ointà cela une réflexion très-digne de lui, qu’il vaudrait bien

mieux

(f) Onîaît,

ceci

ISSZ.

(71) Le Contiforte, que Ja-ques Jíymarreconnut qu’w*Cavalier quifajsoìt étoit lePere de cet En-,faut exposé*

Aveu quoJaques Ay-mar a fait defa fourberie^Réflexionsfur cela.

( 73 ) Elle estimprimée aveccelle de Mr*Buiffiere,citée ii-dejfusí

(74) Mr.

Robert en iparlé dans faLettre,

( 75 ) Mr.Paícii, à làpage 77g

de C Ouvragectté ci-des -feus j nommeCheulgnile Pere a cjuicette Lettrefv.t écrite..

C est aparem -ment me fau -te d* Impres-sion , pourChévigni.

(76) Leib-nizius apudTenjzeliiColioq.Menstr.

Anni 1694-Je raporte cecicomme je letrouve dans

P Ouvrage deMr. Pasch,do fie Profes-seur en Philo*fophie. à Kj,fkde Inventifnov - anti-qui^^.77^Edit, 1700,