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Tome premier. A - B.
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A B A R I S. ABBEVILLE.

( 77 ) Leib-nizius, mudTenzelii"ColloquiaMcnstt.

A uni ispq.,H- 779 .

J. 78 ) Lettre

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Effets de laEa guette,

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( 79 ) Mr.Euiffiete,dans la Let-ìre qu’il mefi 1 fi honneurde np écrire le

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(0 Hariul-> Centu-lensus Mo-nachus, i nChronicoMonasteriilui, Lìh. IV.c *f. XII,•M Hadr.yaleíium,

Rôtit.Gall.^ag. 1 .

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de cette Baguette a été fort court, & qu’il a enfin trouvé son heure fatale à l’Hôtel de Condéà Paris.

mieux examiner de quelle maniéré tant de personnes demérite avoient pu.être trompées à Lion, que de rechercherles Cauíes physiques de la prétendue vertu de la Baguette.(77) Et Jcripfì nuper Parifios , utilius, <&• examine dignius,miín videri Problema Morale vel Logicum, quomodo tot Vìrì in-signes Lugdimi in sraudem dufíi fuerint , qaam illud Pseudo-Phyfìcum, quod traBavìt Vallemontius, mehori materiâdìgnus,quomodo Virga corylacea tot miracula operetur ? Nam Moralisïlla Gtu&stio, excusa pro dignitate , multorum Errorum popula-rium Origines sapé speciosas aperiret. Je m’imagine que si lesMagistrats de Lion , qui firent pendre le Meurtrier , queJaques Aymar avoit découvert à Beaucaire , eussent mena-cé de faire brûler tout vif, comme un malheureux Magi-cien , 1 Auteur de la Découverte , & qu’ils lui eussent pré-senté le Bourreau , avec tous les Instrumens de la Question,ils lui eussent fait avouer comment il avoit apris tout le se-cret de l’assalsinat, & qu’il trouveroit à Beaucaire , en tel& tel lieu , l’un des Assassins. II est très-aparent, que despersonnes, qui vouloient le mettre en réputation , afin departager avec lui le profit de la Baguette , lui firent jouer cerôle. Mr. Builsicre remarque dans son Imprimé (78), quecet Homme avoit une Cabale de Gens , qui le prônoíent partout à Paris , O" qui firent mettre dans le Mercure Galant duMois de Février 1693 , qu’il avoit trouvé ceci & cela ; Cr iln’y eut jamais rien de plus faux. La prévention étoit teste,qu’il auroit gagné des Sommes immenses, s’il avoit pu semaintenir. Jugez si ses Partisans n’avoient pas de fortesraisons de le seconder. „ II n’y eut jamais d’Imposture», plus accréditée que celle-là (79) : on étoit si prévenu en„ faveur de ce Personnage , qu’on lui faisoit faire des cho-„ ses à quoi il n’avoit jamais pensé , & qu’on lui cherchoit„ des tassons pour l’excuser, quand il ne réuíïìssoit pas.,, II imposoit par un air simple & grossier en aparence, 8c„ en ne parlant que le Patois de son Pais ; mais, au fond,„ il n’étoit rien moins que ce qu’il paroissoit. Le mouve-„ ment de fa Baguette faisoit illusion ; on voioit tourner„ entre ses mains un morceau de bois fourché si adroite-„ ment, qu’on ne s’apercevoit point du mouvement in-,, sensible de son poignet, qui le déterminoit à tourner avec„ vitesse , 8c avec force , par le ressort qu’il faisoit faire„ à sa Baguette. Outre fa naïveté aparente, st affectoit,, fort d’être dévot, d’aller souvent à Confesse, tous les„ jours à la Messe , 8c autres marques extérieures dune„ grande Catholicité : 8c de dire qu’il avoit soigneusement„ gardé son Pucelage , fans lequel , disoit-il, il ne pourrait„ reúffir avec la Baguette. II ne vouloir point aster pendant„ le jour dans les Rués ; crainte , disoit-il, d'être assommé„ par les Voleurs zv les Filoux. Mais tout cela n’étoit qu’a-„ fin que la nuit lui servît de voile, pour mieux cacher tou-„ tes ses ruses. Quelque ridicules que fussent toutes ses„ maniérés, elles ne laissoient pas de trouver des Aproba-„ teurs, 8c, par conséquent, des Prôneurs. Que si on n’avoit-- P' as eu le foin de Vempêcher de sortir de l’Hôtel de Con--, dé, parce que Mgr. le Prince, qui l’avoit fait venir à Paris,» pour satisfaire fa curiosité, vouloir lui faire faire les épreu-

„ ves qu’st avoit méditées, avant que le Public l’eût mis en„ pratique ; il auroit été accablé par la Multitude , qui cou-„ toit en foule pour l'aller consulter. L’un lui demandoit,„fi on ne pourroit pas découvrir les Voleurs qui avoient fait un„ tel Vol , en un tel teins , en tel lieu , zvc ? Un autre lui ve-„ noit demander , st un tel Saint n étoit pas k véritable , plu-„ tot que celui de cette Paroisse , qui fe vantait de le pojjéder„ aujfiì D’autres lui aportoient des Reliques , pour savoir„ si elles étoient les vraies d’un tel Saint ? J’ai vu un jeune„ Accordé , Ouvrier en Soie , assez idiot, lui donner deux„ Ecus, pour savoir si son Accordée avoit son Pucelage?„ Ceux qui avoient part au gasteau , avoient soin de faire„ venir seau au Moulin , 8c de faire paier la Consulte par„ avance , si on en vouloir avoir une bonne issue. „

Un tel Homme auroit été dans Paris un fond asturé degain, 8c une Mine inépuisable, pour ceux qui auroient eu partau profit. Les Personnes soupçonnantes, 8c les Personnessoupçonnées, l’auroientpaiéàqui mieux mieux; st eût tiré del’argent, 8c des Maris 8c des Femmes, 8c des Galans 8c desMaîtresses : la Baguette n’auroit pas tourné, ou auroit tourné,selon qu’il eût plus reçu des uns que des autres. Jecroiquefil’on pouvoit découvrir tout le mystère de ces sortes de préten-dus Prodiges, on y trouveroit un complot de Gens qui cher-chent à s’enrichir : les uns fe vantent d’un talent extraor-dinaire ; les autres travaillent fous main à établir la persua-sion. Mais je croi qu’il y a des Charlatans, qui n’ont pasbesoin d'Emissaires j la crédulité du Public leur prépare sufi-famment les voies de l’Imposture. II n’y a pas long-tems,qu’il a couru par les Villes de Hollande je ne fai quels Al-lemans, qui fe vantoient de guérir toutes sortes de Mala-des , fans leur donner aucun remede. llnefaut, disoient-ils, que nous envoier de leur Urine. On ne parloir que de leurssuccès : chacun en contoit des circonstances merveilleuses;leur Logis étoit, comme le Lavoir de Bethesda, plein 8cen-touré d’infirmes. Je ne pense pas que ceux , qui prônoientle plus la drogue de ces Gens-là , fussent de l’intelligence,pour partager le profit. Les uns fe plastifient à recomman-der la chose , parce qu’este tenoit du Prodige ; les autres ypouvoient trouver quelque agrément, à cause que l’inuti-lité des Remedes ordinaires les mettoit de mauvaise hu-meur à l’égard des Médecins. L'illusion ne fut point lon-gue : un Mois ou deux en firent raison. On réfuta cetteChimere (80) : 8c il y eut tant de Gens > qui s’y trouvèrenttrompez, qu ils passèrent de l’aprobation au dernier mépris.

Notons que Mr. Leibniz observa , avec beaucoup de rai-son , que si l’on n’avoit pas pu opofer aux Esprits crédulesce qui fe passa chez Mr. le Prince de Condé , il auroit fàluencore tirer au bâton avec ces Gens-là. Mais st est à crain-dre , qUe l’on n’oublie bientôt la déroute de Jaques Ay-mar , 8c que l’on ne soit trop disposé à recevoir la mêmeScène , si de semblables motifs la font revenir dans sept ouhuit ans. Nist Princeps Condeus cognofcenda rei tantum studiiimo zv fumtus impendijfet, laloraremus adhuc zv confliSlaremurcum quibusdam Ingeniis , quibus gratius estper mirafalli, quàmnuda Veritatisstmplicitati acquiefcere (81).

ABARIS, Ville d’Egypte. Voiez l’Article Pithom.

ABBEVILLE, en Latin Abbatis-Filla , Capitale du Comté de Ponthieu en Picardie, furla Rivière de Somme, à cinq lieues de la Mer , au Diocèse d’Amiens, n’étoit autrefois, commeson nom le témoigne , qu’une Maison de Campagne , qui apartenoit à un Abbé. On croit quecet Abbé étoit Saint Riquier , ou quelqu’un de ses Succesi'eurs , qui , trouvant cette situationagréable ôc bien commode , à deux lieues de son Abbaïe de Centule , y fit bâtir prémierementune Maison (a) , Sc puis un Château, où il y eut un Prieuré dépendant de l’Abbaïe (b). HuguesCapet, en voulant faire une Place forte, pour arrêter les courses des Nations barbares, l’ôta auxMoines (c) ; Sc, l’aiant fortifiée, la donna à Hugues son Gendre , qui prenoit le Titre d 'Avouésà cause que le Roi son Beau - Pere lui avoit commis la Protection de l'Eglise de Saint Riquier.Son Fils Angelram se contenta de ce Titre , jusques à ce qu’il eût tué en Bataille le Comte deBoulogne , Sc qu’il fe fût marié avec la Veuve de ce Comte *, car alors, il fe qualifia Comte dePonthieu : Nom, qui est demeuré â ses Descendans {d). Abbeville est devenue très-considérabledans la fuite des tems. Elle est si grande , qu'à peine fe trouvera-t-il dans toute la France dix oudouze Filles qui la surpassent , ou qui seulement Pégalent en son circuit (e). Sanson, de qui j’cmprun-te ces paroles , faisoit état, en l’année i6z6, qu'elle contenait 3 y ou 40 mille Personnes. C’étoitsa Patrie ; Sc il est remarquable, qu’en fort peu de tems, elle donna trois bons Géographes, lui,Pierre D u-Val (/) , Sc le Pere Philippe Briet, Jésuite. La Rivière de Somme se partage là endivers Bras, qui paissent au dedans Sc au dehors de la Ville. On n’est point demeuré d’accord dece que le même Sanson assure (g), qu’Abbeville a été de tout tems 1 a Capitale du Ponthieu {A) ;Sc que les autres Villes du Ponthieu n’ont rien d’ancien , en comparaison de celle-là (B). En-core

est faux,,, disent ceux de St. Riquier (3) , „ & qu’avez-vous„dans Abbeville, qui marque quelque Ancienneté; puisque,, votre Eglise Collégiale de St.Wulfran reconnoît pour Fon-dateur Guillaume de Taluas , & Jean son Fils, après l’an„onze cens de Salut; & que le Prieuré de St.Pierre, Ordre„de St. Benoît, ne fut fondé que quelques années aupara-„vant: car, pour la Paroisse de Notre-Dame duChatel, cela,,ne ressent encore que le Village.,, Quant à Frédégaire, queSanson avoit cité comme un Témoin de l’existence d’Abbe-vstle au tems du Maire Ebroïn, on lui répond (4) , qu’il fautlire au Chapitre XCVI, non pas atque Abacivo villa evadénsaufugit ; Któjs, atque à Bacivo villâ evadens aufugit.

{A) A été de tout tems la Capitale du Ponthieu. 1 Le P.Labbe le réfute ainsi fur ce point : Vous n’avies pas lu,Monfr. Sanson , les Titres ZV Mémoires de l’Abbaye de St. Ri-quier , qui disent, que sous Louis le Débonnaire , tan 815, ily avoit dans t enceinte des Murailles de Centule deux mille cinqcens Maisons, plusieurs Artisans, quantité de Rués, &c.; qu Abbe-ville est mise au rangdes Bourgs z? Villages, qui en dépendaient (l).S’st en faut croire le Vers tant chanté dans le Pais,

Turribus à centum Centula nomen habet ,les cent Tours , qui flanquoient les Murailles de Centule,lui donnèrent son Nom (z).

( £ ) El'ont rien d’ancien, en comparaison de ctlle-lÀ.] „Cela

(8°) Mr.Lufheu, un

très - habileMMécin deRotterdam ,publia un petilTraité la-dejsus , en ■Flamand éTen François,pour montrerla vanité éTle ridiculede cette Pra-tique. Voicnl’Histoiredes Ouvra-ges des 5 a-vans , Mai1697, pag.408 írjuiv ;ir le Jouta.des Savaiiídu 13 dejarru ,Ï698 , page

30 , Edit.de Hall.

(81) Leib-

uhms, apudTenzeliiColloq.Menstr.Anni 1694,pag. 780 .

(d) Vale-ur NotitiaCastrai.pag. 1.

(e) SanfòníRecherchede l’Anti-quité d’Ab-beviste,pag. 2.

(f) Fd,

d'une Sœurde Sanson*

(g) Sanson,Antiquitéd* Abbeville,}pag. 59, 6 o.

(z) Lamé*me,page 320,

(4) Labbe;

Tableaux

méthodiq,