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Tome premier. A - B.
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ABBEVILLE. ABBOT.

(A)Du-Val,

dans f >«Traité dela France,fag. 70.

(s) Sanson,Recherchede l’Anti-ii uirc d’Ab-beville,fag. 4.

(6) Pag. 8.

(7) Pag. 39 -

( 8 ) Pag. 17.

4 °.

(9) Libre IV,Cap. XVII.

(10) Sanson >Recherched’Abbeville,jag. 46.

(11) Cluvier,German.Ant. Lib. //,Cas. XXVII 3aime mieuxlire Brianni,f#* Britanni.

(12) Strabo,

Lib. IV.

îlz) Idem y.ibid.

(a) 11 y en aejîii disent

Abbat,

(1) C'étoit unHomme , ejuiavoir embrasséla %éligion%çraaìne %

core moins lui a-t-on laissé passer la prétention, que cette Ville s’apelloit autrefois Britan-nia (C) , & qu’eìle étoit l’une des plus florissantes de toute la Gaule , long-tems avanp Jefus-Chrilt. Nous dirons en son lieu les suites de la Querelle que le Pere Labbe lui fit là-dessus (D).Abbeville a de beaux Privilèges ; & , comme elle n’a jamais été prise , on la nomme Pucelledu Pais (h) j & elle se dit en fa Devise semper fidetis , toujours fìdele. Qui voudra voir amplementtout ce qui concerne cette Ville , les Privilèges de ses Majeurs, les Hommes illustres qui y fontnez , ou qui y font morts, &c. (t) , doit consulter Y Histoire Généalogique des Comtes de Ponthieu ,imprimée à Paris, chez François Clousier , l’an 165-7, in folio. . L’Auteur n’a marqué son Nomque par ces Lettres, F.I.D.J'.M.C.D. ; mais on fait qu’elles signifient Frere Ignace de JésusMaria , Carme Déchaussé. Voiez l’Article Sanson (Jaques).

(C) Que cette Ville s’apelloit autrefois Britannia.] II fondace sentiment sur un Passage de Strabon , où il crut trouver,(f) ées députez, de Marseille eftans devant Scipion , in-terrogés par lui de ce qu ils f avoient de Britannia , Narbo , zvCorbilo, pas un d’entr’eux rien fut rien dire de mérite , encoreque ce fusent les meilleures Villes de toute la Gaule. II suposeque ce fut l’an 531 de Rome , que les Députez de Marseil-le firent voir cette ignorance. Sa raison elt que celui, quileur faisoit ces Questions, étoit le même Scipion > qui perditla prémiere Bataille qu’Annibal gagna fur les Romains. IIsupose que ce Scipion , voulant savoir des nouvelles de lamarche d’Annibal, navigea jusques à l’embouchure du Rhô-ne ; & que ce fut là , que les Députez de Marseille, qui levinrent complimenter , ne surent répondre à ses Questions.Ceci fera examiné dans V Article de Pythéas. Volons les au-tres Hypothèses de Sanson. II remarque, I. Que la Ville deNarbonne a été l’une des plus anciennes , & des plus floris-santes Villes de la Gaule; & que (6), néanmoins, elle n'estnommée qu après celle de Britannia , parmi les trois dontScipion voulut savoir des nouvelles. 11 . Que le Belgium desCommentaires de Jules César eftoit une Région entre les Bel-S es ( 7 ) > qui comprenois le Beauvaisis, l’Amicnois, P Ar-tois, es? peut-eftre encore les Vermandnois , & les Scnlifiens.I II. Que les Habitans des Côtes de la Grande-Bretagneétoient sortis du Belgium (f ), 8c qu’ils avoìent retenu le nomdes Citez desquelles ils étoient sortis : c’est César , qui nousl’aprend. IV. Que selon le Dénombrement de Pline (9), ilfaut que les Peuples qu’il nomme Britanni aient habité dansle Ponthieu (10). V. Que de tous les Endroits du Belgium,d’où il est passé des Peuples en Angleterre, il n’y en a pointqui doive venir en ligne de compte autant que celui quiest litué fur la Mer, c’est-à-dire, autant que le Païs de Pon-thieu. II inféré de tout cela , que les Britanni de Pline sontles principaux du Belgium qui aient passé en Angleterre (11) ;que d’abord ils y ont gardé leur ancien Nom , & qu’ensui-te ils l’ont rendu général à tout le Pais : & qu’ils ne s’apel-loient pas Britanni , fans que leur Capitale eût le nom deBritannia. II faut donc que la Capitale du Ponthieu soitcette ancienne Britannia , dont Scipion voulut savoir desnouvelles. Or Abbeville est la Capitale du Ponthieu;elle étoit donc fous le nom de Britannia la plus florissanteVille des Gaules , dès avant la seconde Guerre Punique.

Sans doute , il y a de P érudition 8c de P esprit dans cettelongue gradation d’Hypothêses & de conséquences, de lamaniéré que l’Auteur l’a soutenue : mais il n’en sautoirrésulter qu’un pur Roman , 8c que des Chimères ; puis quele fondement de tout est un passage mal entendu. Voicile Fait. Strabon raporte (12.), que Polybe a mis entre lesContes fabuleux de Pythéas, qu’aucun des Habitans deMarseille, qui a voient eu commerce avec Scipion, n’eût pului rien dire de considérable , lors qu’il les questionna fur laBretagne ; non plus qu’aucun Habitant de Narbonne , niaucun Habitant de Corbilon , les meilleures Villes du Pais:c’est là le vrai sens du Texte Grec , comme on le peut re-cueillir , non feulement par les Règles de la Grammaire ;mais aussi, par l’humeur du Pèlerin dont il est ici question.PUp'í eip'oK-e PloÁÓ£to$ , pt-vr.crB-siç tíÍjv JJuôeH fzustùXoyr,-Bítrm. hnMttevttXtaléét F e ’ > o-juptipaViav ‘Zier/snati ydiiçsipCjS Xsyetv ièiïìv ct^tov IparnBs’tc V7V0 Tfa-Sjtíj Trlanioç òoriç

Bgér'lt/,', , séo 5 tÔjv ifc Nccpfiuìioç , éoé Tíiiv A K oçétv.Xw-

v«5 síiVef ito-ctì aptrxs sréxuç rôh rcíií/îi (13). Je parle de Py-

théas : cet Homme , pour mieux faire valoir ses hâbleries8c ses fanfaronneries, affectoit de se vanter, qu’il aprenoità ses Lecteurs mille choses qui avoient été ignorées j usqu’àce tems-là. II ne faut donc pas douter qu’il n’avançât har-diment , que fa Relation de la Bretagne donnoit les pré-mieres connoissances que l’on eût eues de cette Ile ; &

que , pour le prouver, il ne se servît de cet Argument,c’est que Scipion n’en avoir pu rien aprendre d’aucun desHabitans de Marseille , ni des Habitans de Narbonne , nides Habitans de Corbilon fur la Loire , quoi que ce fussentles plus florissantes Villes de la Gaule. Chacun volt combienSanson a pris de travers les paroles de l’ancien Géographe,à quoi aparemment cette Traduction Latine ne contribuapas peu. Cujus ( Corbilonis ) mentionem faciens Polybius ,fimul PytheA resert commentum , Majstlienfium scilicet qui Sci-pionem convenerunt nullum quicquam habuiste dignum memora-tu quod diceret interrogatus de Britannia , itemque Narbonen-fium esr Corbìlonenfium , cum Ac tres XJrbes GaÚU omnium ef-fent optima. On peut aisément croire , lors qu’on n’est pasassez attentif, que ces trois meilleures Villes de Gaule,dont le Traducteur fait mention, s’apellent Britannia, Nar-bo , c? Corbilo. Mais, fi l’on est attentif, on voit que Bç st-rcevHMj se prend là pour l'Ilc Britannia ; c’e'lt ainsi que Stra-bon a de coutume de s’exprimer fans l’addition du moty, insula (14).

(D) La Querelle que le Pere Labbe lui fit la-deffus. ] II fitfa Déclaration de Guerre , 8c son premier acte d’hostilité,par ces paroles : Brttanniam Abbavill&us Chalcogrâphus in-terpretatur Abbeville , lepidìjstmo commenta , quod non tamex Python mendacìis , quam ex ìgnoratìone Lingues Grâces edi-tum malìgnam in lucem demonfirabimus aliàs , cumprimumfingularem illttm de Britannia TraEiatum nancifci c? legere da-tumsuerit. C’est ainsi qu’il s’exprima dans son Pharus Gal-lia antiqutt, imprimé à Moulins, en 1644. II n’avoit paslu encore le Livre que Sanson a voit publié sur ce sujet àParis, l’an 1636. II avoir seulement vu le nouveau Phé-nomène de Britannia, non pas dans la grande Carte de l’an-cienne Gaule , publiée par Sanson , l’an 162.7 ; mais , dansla petite Carte , qui vint après celle-là. Aiant enfin lu ceLivre , il en réfuta les fondemens , en satinée 1646 , danslès Tableaux méthodiques de la Géographie Royale; Lc n’oubliapoint de remarquer , que selon le sens que le Sieur Sansondonnoit au Texte de Strabon , il faudroit dire que les Ha-bitans dc Marseille étoient dans une profonde ignorancepar raport à la Ville de Narbonne, l’an 332 de Rome:quoi <311 st y eût quatre cens ans, à-peu-près, que Mar-seille etoit bâtie ; & quoi que Narbonne fût une Ville très-floriffante. Sanson n’av.oit pas manqué de sentir la diffi-culté ; & il la para le moins mal qu’il lui fut possible (iy).Mais, à qui persuaderait-on , qu a cause que les Marseil-lois avoient souvent guerre avec leurs Voisins, ils n’a voientpas eu le tems de lavoir ce que c’étoit que Narbonne ? Lepassage de justin (16), que Sanson raporte, ne nous aprend-il pas , qu’avant l’an 362, de Rome , ils avoient souventvaincu les Carthaginois, Lc qu’ils avoient tait -alliance avecles Peuples d’Espagne ? Le P. Labbe ,ne se trouva pas tropbien de son triomphe ; car Sanson fit des sotties fur luià son tour , qui renversèrent presque tout le Pharus Galliaantique. Notez , qu’à l’égard de son Hypothèse touchantBritannia , il écrivit une Répliqué (17) , qui n’a pas étéimprimée.

A B B OT (a) (George) Archevêque de Cantorbéri , & Auteur de plusieurs Livres {A\étoit Fils d’un Tondeur de Drap, & naquit à Guíldford , dans le Comté de Surrei, l’an iy<52.II fit ses Etudes à Oxford , & y devint , en 15-97, Principal du College de l’Université. Deuxans après, on lui donna le Doienné de Winchester , qu’il garda jusques à ce qu’en l’an 1609 ilsuccéda à Thomas Morton au Doienné de Glocester. Jusques là , son élévation n’avoit été , nifort éclatante , ni fort promte : mais, dans la fuite, elle fit de très-grands progrès en fort peu detems. II obtint l’Evêché de Lichtfield , le 3 de Décembre 1609 ; l’Evêché de Londres , auMois de Février 1610 -, Lc l’Archevêché de Cantorbéri, an Mois de Mars suivant (h). Son Eru-dition , Lc le Talent qu’il avoit de bien prêcher , contribuèrent moins à ces grands sauts de faFortune , que la faveur du Comte de Dunbar , dont il avoit été Chapelain. Sa conduite ne plutpas à tout le monde. On trouvoit étrange , qu’il eut plus de considération, chez lui , pour sonSecrétaire, que pour ses Chapelains ; & qu’il fit, hors de fa Maison , plus d’honneur aux Gensdu monde qu’aux Gens d’Eglife. On crut, que n’aiant jamais passé par les Bénéfices subalter-nes

(^í) Et Auteur de plusieurs Livres. J Les principauxsont , Quastiones f ex Théologien totidem Prdettionibus dispu-tau , imprimées à Oxford, en 1598. Dofíor hìïïs Reafinsfor Papiftry , unmasked ; c’est-à-dire , Les Raisons du Doc-teur Bill (1) > pour les Papistes , démasquées, à Oxford , en1604. Des Sermons fur le Prophète Jonas. L'Histoire du

Massacre de la Valteline. Une Géographie , dont la neuvièmeEdition , qui n’a pas été la derniere , est de l’an 1607.Ces trois derniers Ouvrages font en Anglois ; commeauffi le Traité de la Vifibilití perpétuelle de la vraie Eglise,imprimé à Londres, en 162.4, anqqel il n’a point muson nom..

f !) (s est metraison qt*efat mis un& estera;car ce Livréeft tout pleinde Matièresétrangères :on y trouvéle CI. B ay ara*& d'autresPersonnes tcjui niant au mcane relationau Ponthieu*

(14) Votez,entre autresEndroits 3

pag. 71,

(15) Sanson*Recherchede l’Antiq.d’Abbeville,

page 76, irsuiv.

(16) Justi-nus, Libr.

XLUI ,Cap. V. ir VI.

(17) Voiezla H cmarcjíie(A) deP Article

Pythe'a S J

à la siti.

(b) ExAthenisOxonien-sibus > V07htm. I.