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Tome premier. A - B.
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A B B O T.

(*) £* 3 ?ul-

leri Ltbro ,***** Titulus ,

Worthies

©f Eng-

laud.

id) Z, eBuckìng-

nés à charge d’Ames ; je veux dire, que n’aiant jamais elîuié les difficultez qui se trouventdans la direction d’une Paroisse, il étoit par là devenu moins propre à user d’indulgence en-vers les Ministres. La sévérité qu’il avoir pour eux , & sa connivence sur la Propagation desNon-Conformistes , étoient deux choses , qui faisoient parler contre lui. La derniere a été causequ’un Auteur moderne a dit, que si Laud avoir succédé à Bancroft, & que le Projet de Con-formité n’eût pas souffert l’interruption qu’il souffrit sous Abbot, il n’y a point de doute qu’onn’eût fait cesser le Schisme dans P Angleterre (c). Abbot devint désagréable au Roi Jaques,pour avoir été contraire au dessein que ce Prince avoir formé de marier le Prince de Galles avecPlissante d’Efpagne. Les Ennemis de P Archevêque , s’étant aperçus de cela , crurent avoirtrouvé une occasion favorable de le perdre j parce qu’ils espérèrent de surprendre la Religion duRoi Jaques , en alléguant la sainteté des anciens Canons. Pour mieux entendre ceci , il fautsavoir qu’Abbot avoit tué par mégarde le Concierge du Parc de Bramzel, qui apartenoit à My-lord Zouch. L’Evêque de Lincoln , qui étoit Garde des Sceaux , fit entendre à Mylord Buc-kingham , que P Archevêque de Cantorbéri étoit déchu ipfo f act o de sa Dignité , par le meurtrequ’il avoit commis. II allégua les Loix d’Angleterre , & la sévérité de l’ancienne Discipline. IIfit craindre que les Papistes ne tirassent avantage , de ce qu’on laisseroit éxercer les fonctionsd’Archevêque , Sc de Primat du Roiaume , à un Homme qui avoit les mains teintes de sang.En un mot, il fit si bien , qu’on expédia une Commission à quelques Evêques, & quelquesautres Seigneurs, pour éxaminer le fait. L'issue n’en fut point agréable aux Ennemis de GeorgeAbbot ; car on jugea qu’il n’étoit point devenu irrégulier par ce meurtre involontaire. Ceci sepassa en 162.1. Six ans après , il s’éleva contre lui une nouvelle tempête, qui le renversa. IIne s’en faut pas étonner : le Favori (d) lui vouloir du mal j Sc ne pouvoir digérer , que de cer-taines Personnes, qui lui étoient odieuses, fussent trop souvent à la Table de P Archevêque,l’une des meilleures de ce tems-là. Le prétexte , dont on fe servit, fut que ce Prélat refusa sonAprobation à un Sermon du Docteur Sibthorp fur P obéissance Apostolique , encore que le Roilui eût commandé de l’aprouver. Alors , on le suspendit de toutes les fonctions de la Primatie,Sc on les fit éxercer par quelques Prélats , Sc , entre autres , par Guillaume Laud , qui depuisfut son Successeur (e). Abbot fe retira dans le Lieu de fa Naissance, Sc puis au Château deCroyden , où il mourut, le 4 d’Août 1633. On voir son Tombeau, avec divers ornemens Scavec diverses Inscriptions, dans P Eglise de Guildford. II fonda un Hôpital bien tenté dans cetteVille. II y a un autre George Abbot ( B ) , qui a publié en Anglois une Paraphrase sur Job-,de courtes Notes fur les Psaumes ; Vmdicìœ Sabbati (/). 11 vivoit en 1640.

(B) Un autre George ABBOT.) C’est à quoi n’a pas pris les Pseaumes ; & les Vindicin Sabbati. II lui donne aussi un

garde le Sieur Hennìnges Witte , dans son Diar'mm Biogra- Traité contre les Evêques , Sc un autre contre les Brownistes.

phicum ; où il donne à l’Archevêque de Cantorbéri les Ou- Ce seroit une chose bien rare, que le Primat d’Angleterre

vrages de cet autre George : les Paraphrases fur Job , Sc fur eût écrit contre les Evêques.

(*) EnI560.

s d Le Sieur'Whte metcette mort àP onzièmeMars 1617.Ce qui fatrompes eftles ^4n~iJ-ois ne com-mencent pasi '-Année

comme lesAttires Na-tions,

ABBOT (R ob eut) Frere aillé du précédent, naquit, comme lui, à Guildford fa ), &fit, comme lui, ses Etudes à Oxford , dans le College de Bailleul. L’un de ses premiers Emploisfut la Charge de Lecteur à Worchester , d’où il passa à celle de Ministre de l’Eglife de tous lesSaints au même Lieu ; Sc , peu après , à celle de Ministre de la Paroisse de Bingham , dans laProvince de Northampton. Tout cela fe fit entre Pan 1 f 8 r , Sc Pan 1 s88. II sot reçu Doc-teur en Théologie à Oxford , Pan ifJ 9 , Sc il devint Chapelain ordinaire du Roi Jaques , dèsles prémieres années de son Régné. 11 fut fait, en 1609, Principal du College de Bailleul.Trois ans après, il sot élevé à la Charge de Professeur Roial en Théologie dans l’Université d’Ox-ford. II choisit, pour ses Leçons, une matière si agréable au Roi Jaques, Sc il la traita si pro-fondément Sc si doctement, qu’on a cru que ce fut la feule cause de fa Promotion à P Evêché deSalisbury. La matière , qu’il choisit, fut P Autorité des Rois, laquelle il mit à couvert de tou-tes les subtiles attaques de Bellarmin Sc de Suarez. C’est ce qu’on peut voir dans le Livre Desupremâ P ot estaie Regiâ , imprimé à Londres , en 161p. II avoit publié lui-même , en 1613 , unLivre Latin , qui ne fut pas moins agréable que ses Leçons : ce sot une Réponse à l’Apologieque le Jésuite Eudgemon-Joannes avoit publiée pour son Confrère Henri Carnet. II ne jouît paslong tems de fa Prélature -, car, aiant été sacré le z de Décembre 161 f , il mourut de la Pierre,le z de Mars 1618 (b). • II n’y avoit pas encore deux ans qu’il avoit convolé en secondes Noces *ce qui avoit fort déplu à P Archevêque de Cantorbéri, son Frere (c). On s’est étonné , qu’aiantfait paroître son Savoir St son Mérite, tant de vive voix, que par écrit ; réussissant à tout, àprêcher , à sistre des Livres St des Leçons, à disputer, à soutenir une Thèse, à présider } Sc dé-vélopant à merveilles les Questions les plus difficiles ; il soit monté si tard à la Prélature. On ena donné trois raisons : prémiérement , il n’étoit pas ambitieux ; secondement , on le soupçon-noit d’être Puritain ; troisièmement, enfin , ses Parens avoient de la peine à consentir que P si-gillé fut ornée des dépouilles de l’Académie , Sc qu’il quitât la qualité de Professeur , pour pren-dre celle d’Evêque {d). Cette derniere raison me semble très-fausse. Quoi qu’il en soit , ceuxqui ont comparé les deux Freres l’un avec P autre, donnent l’avantage à George, en fait de prê-cher éloqueVnment -, Sc à Robert, en fait de prêcher savamment. Ils disent que George étoit pluspropre aux affaires} Sc que Robert étoit plus profond-Théologien. Ils ajoutent, que la gravitéde George étoit accompagnée d’un air févere ; Sc , que celle de Robert avoit Pair riant (e).Celui-ci passe pour un Calviniste mitigé ; car il expliquoit, selon l’Hypothêfe des Infralapfai-res, le Dogme de la Prédestination. Je donne les Titres de ses Ouvrages (A). II y a eu depuis lui

un

(. A ) Je donne les Titres de ses Ouvrages .] Outre ceux,dont j’ai parlé, il fit Le Miroir des Subtilisez. Papistiques , àLondres, en 1594. Sermons fur le Pfeaume cent-dix , aumême Lieu , en 1601. La Défense du Catholique Réformé deGuillaume Perkins , contre le Doâfeur Bishop ; Sc une Répliqué<* la Réponse du même Doêleur , à Londres, en 1611. Cesquatre Ouvrages font en Anglois, & j'en ai abrégé les Ti-tres. Antichrifti Demonfiratio contra Pontificios , à Londres,çn 1603 (1). Exerútationes de Gratiá o 1 Perfeverantiâ Sanbto-10 M. 1 ,

rum , à Londres, en 1618. Son Commentaire Latin fur l’E-pitre de St. Paul aux Romains fut trouvé dans son Cabinet :il contient quatre Volumes , & il a été donné à la Biblio-thèque d'Oxford, par le Docteur Edouard Corbet, Mari deMarguerite Brent > Fille de Marthe Abbot ; laquelle Mar-the fut la Fille unique & Héritière de notre Robert, Evê-que de Salisburi (z). L’Epitre aux Romains ne fournitpoint de sujet de Controverse , sur lequel ce docte Prélatn'étende le grand talent qu’il avoit pour la Polémique,

(?) Tire desHistoricalCollectionsde JeanRushwoith,Tome 1 ; oveVon voit unlong Mémoirede GeorgeAbbot furiesPi ocedurcsde fa Suspen-sion.

(f) AthenxOxonienseSjTom. ís

(c) Athcn.'Oxonienii

(d) Fuller,'Worthies oîEngland,

(?) Là mi-me.

(l) Votez, lestuteurs Mn-glois , que f aìcitez, dans l»Corps de cet•ArtisÌi%