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Tome premier. A - B.
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ABDE'RAME- Á B D Ë R Ë.

de ce terris-là j Lc que néanmoins les Modernes aient osé en débiter tant de choses parti-culières (L).

(17) Corde-lM>i,Histoir.de Fiance,t a i- 406.

(28) Il citeen margePaul Emile,drFaiichet.

(Z) Les Modernes aient osé en débiter tant de choses partictt-lieres. ] Je me servirai de la judicieuse réfléxion deì’Histo-rien , qui m’a servi de principal Guide dans cet Article.L’on ne sent trop remarquer, dit-il (r?) , cette journée, & l’onne peut assez, blâmer les anciens Annalistes, de n avoir raport saucune circonstance d'une ASlion fi mémorable. Mais, d’un an-tre côté , quand on aime un peu la vérité, on a peine k excuserce que de s Auteurs modernes (z 8), dont le mérite est grand d’ail-leurs , ont écrit de cette Bataille, lis en parlent , comme s’ilsavoient été présent k tous les Conseils, zsr comme s’ils avoient vutms les mouvement des deux Armées : ils décrivent , non feu-

lement les Armes des François zsr des Sarrazins ; mais là ma*niere dont Charles zsr Abdérame rangèrent leurs Troupes, lisraportent de longues Harangues., remplies de choses qui ne font ,ni vrajes , ni convenables : ils disent de quelles ruses se servitAbdérame , l’adresse dont Charles en évita l’effet : zsr ache -vent par la description des postures différentes où on trouva lesCorps dé ceux qui demeurèrent fur le Champ de Bataille ; fansoublier la plainte des Mourans , zsr les louanges que les Chefs dél’Armée de France , c est - k- dire , Charles zsr Eudes , se dona.nérent l’un k l’autre.

(*) Herodot.

Liír. VI/ t

fy. CIX,

CX JCpSjr.

fa) Hérodot.Lib. I, cap.

cLxrin,

ABDERE, Mignon d’Hercule. Voiez la Rentarque (D) dé l'Article suivant.

ABDERE , Ville maritime de Thrace , proche l’Embouchure du Nestus ( d). II y en á (£),qui veulent que la Sœur de Diomede l’ait bâtie ( A) , fie qu’elle lui ait donné son nom ; mais ,qiden la 31 Olympiade , ceux de Clazòmene la rebâtirent, fie lui firent porter le leur. Si l’on encroît Hérodote, ils ne firent qu’en jetter les fondemens, fous la conduite de Timésius (c) : onles chaflìi ( B) , on rendit nulle leur entreprise ; & ce sont les Teiens , qui, à proprement par-ler, bâtirent Abdere , lors que se votant prêts de tomber entre les mains d’Harpagus, Lieutenantde Cyrus, ils aimèrent mieux abandonner leur Patrie, que de se voir sous la Domination des Bar-bares. 11s s’embarquérent donc tous, fie allèrent achever ce que Timésius n’avoit fait que com-mencer (d). II en courut un Proverbe (e) , qu’Erasme n’a pas trop bien entendu (C). Je ne par-• le pas de l’opinion, qui attribue à Hercule la Fondation de cette Ville (D) : il vaut mieux se sou-

(/,) Solin,Chap. X.Voiez. aujfiMêla, Lìbr»//, Cap. //„(c) Voiez*son xArtìdct

(t) SalmasiiExercitat.Phnianx,t“g. ISo.fa) ^dbdtr*Virgin S 5uúptseLOorieèí ra UÍpMÇ,

(ì) Spanhe-«úi Epist. adEameut. Be-geium.

14 ) Hérodot.Libr.I, Cap.CLXVlll.

( S ) Eras-ntus, Adag.Ciiiliade II,Ccm. 1V,

Pinédo

wstephan.

de Uxbib.Mb S.

( 7 ) Epist.X VI, Libr,IV, fr-Epist. VII,Libr. Vil.

{A) La Soeur de Diomede lait bâtie, j 11 n’y a point d’honi-me , qui puisse ajouter foi à Mr. Moréri, fans être per-suadé qu’Abdere , bâtie par les Teiens, a porté le nom deDiomede » qui en étoit Roi ; & que c’est Hérodote , quinous l’aprend. Or ce n’eft qu’un tas de mensonges ; car,en i lieu, ce qui regarde Diomede est un fait du Teinspoétique; mais l’abandon de Téos par ses Habitans , &leur retraite dans la Thrace, où ils bâtirent Abdere , estun fait du Teins historique, & qui se raporte à la 59 Olym-piade. C’est donc une étrange bévue , que de joindre cesdeux choses de telle maniéré, qu’on met le Tems de la Fa-ble après celui de la Vérité. Si vous voulez suivre Héro-dote touchant la construction d’Abdere par les Teiens, nenous allez plus parler de Diomede, qui, en cas qu’il ait ja-mais été , étoit mort depuis plusieurs Siécles : ou , si vousvoulez parler de cet ancien Roi de Thrace , avertissez-nousque vous raportez une opinion differente de celle qui con-cerne les Teiens. En z lieu , Hérodote, quand il parle dela construction de cette Ville , ne fait pas plus de mentionde Diomede , que du Grand Turc. Enfin , il n’est pas vraiqu’Abdere ait porté le nom de Diomede. II faloit dire, queselon Solin, la Sœur de Diomede l'avoit bâtie , & lui avoirdonné son nom ; d’où Mr. de Saumaise a eu grand droitde conclure > que cette Sœur s’apelloit Abdéra (1). II y a,dans Goltzius, une Médaille, où l’on volt une tête de Fem-me , avec cette Inscription, ABAHPAS kopas (z).Nos plus savans Médaillistes la raportent à la Sœur de Dio-mede , Fondatrice d’Abdere (3).

(B) On les chaffa.'j Hérodote le dit expressément, óorlâ^nix.tS'/ i|sA«â'ííç , k Thracibus expulsas (4). Nous verrons,dans la Remarque suivante , une méprise de Pinédo sur cesujet. Toutes les aparences veulent que les Imprimeurssoient la seule cause de cette autre méprise, Thracibus ejeâtis,qui se voit dans la docte Lettre de Mr. de Spanheim àMr. Léger. Ils ont mis ejedíis , au lieu de ejeùlus.

(C) Vn Proverbe, qu Erasme n a pas trop bien entendu, jVoici le Proverbe , A'fifiçu y. a/.,] Tsiiav àoroix.íci,', Abdere labelle Colonie des Teiens. Cela veut dire , selon Erasme , fiVous me chagrinez trop, je fiai bien où je me retirerai. Hoc JEnig-tnate proverbiali fignificamus, non deesj’e quo confugiamus, fi quispr/Lter tnodumpergat esté molestus (;). Le Portugais Pinédo,contraint d’abandonner fa Patrie, afin de se garantir des ava-nies de rinquísition , adopte ce Proverbe en ce sens-là;mais il ajoute qu’il n’en prend pas toujours bien de taireces sortes de retraite , & qu’il en parle par expérience.§luo (.Proverbio) fignificabatur non deeffe quo confugiamus , finabis contumelu enferantur , ut fecere Teii : sed hoc non semperféliciter filet evenire , zsr dodtus zsr expertus loquor (6). S’sin’avoit pas eu plus de raison de se plaindre , que de dire,comme il fait dans la même page , que les Teiens avoientchassé le Clazoménìen Timésius , qui commençoit à bâtirAbdere , ses plaintes seroient les plus mal fondées du mon-de : mais revenons à Erasme. Ce que j ’ai à lui critiquern’est pas tant l’explication du Proverbe , que ce qu’il ajou-te, que peut-être Cicéron a fait allusion à cela dans ses Epî-tres à Atticus. II en cite deux endroits (7) , dans lesquelsil est visible que Cicéron ne parle d’Abdere , que pour lareprésenter comme un Lieu où les Affaires se traitoient sot-tement , & fans rime ni raison. Mais, si Erasme , qui s’estservi d’un peut-être, ne laisse pas de mériter quelque censu-re , que dironí- nous de ce ton affirmatif de Moréri ; Cicé-ron fait fans doute allusion ? Qu’en dirons-nous , lors quenous saurons à quoi l’on raporte cette allusion ? -Ce n’estpas au fait qu’Erasme a conjecturé ; la faute seroit plus 1 é-S cre ; c’est à un certain éclat, qa’il est sûr que ceux de Cla-zmene , chassés de l’Afie, donnèrent à la Ville d’Abdere, quila rendit fi célébré , e? qui donna l occasion k ci Proverbe des

venir

Grecs , Abdere la belle. Je le répete encore; il est:visible que Cicéron ne parle d’Abdere , que pour en tour-ner en ridicule le Gouvernement. C’est donc une grandefaute , que d’avoir dit > qu il fait fans doute allusion à l’é-clat, à la gloire , & à la beauté de cette Ville. Mais, deplus , il n’est pas vrai que les Clazoméniens soient la causede ce prétendu grand éclat , qui fit naître le Proverbe. J’a-voue , que, selon Solin, ils rebâtirent Abdere, que le temsavoit fait tomber en ruine , & qu’ils la firent plus grandequ’elle n’étoit ; mais voilà tout ce que nous lisons deux ;Lc , si l'on consulte Hérodote , on trouvera que les Thra-ces ne leur donnèrent pas même- le tems de k bâtir. Aprèstout, n’est-il pas certain que Strabon raporte expressémentle Proverbe aux Teiens , qui, pour n’etre pas exposez âl’insolence des Perses , se réfugièrent à Abdere ? Le nomdes Teiens n’est-si pas contenu dans le Proverbe? Outre ce-la , que Moréri nous dise un peu où il a trouvé, que quandles Clazoméniens vinrent bâtir cette Ville dans k Thrace,on les avoit chassés de l’Asie. Hérodote , ni Soliit, n’en di-sent pas un seul mot. Enfin , je ne voi personne , qui n’en-tende le Proverbe plutôt au désavantagé qu’à l’avantaged’Abdere : Erasme même n’a point rejette l'Explication dêVadianiis], quoi que peu glorieuse à cette Ville. Existìmatconvenire Proverbium tfbi quis fortunam tenuem , sed cmn li-

(e) Strabo,'Liíro XIViÍ 4 S- 443 .

(i) Pag. j 3 p:

(9) SahnasiiExercitat.Flin.^.iáo;fa o) Apol-lodori Bi-blioth.

Lib. II. '

(il) AVJ

A’/ 3 jîjpíTyT S òtS H 'pi-peu lTçct-xXîèsç épes-pcétti.

Saumai teaforthien dit ,qvlaíi lieuâ’A'j&blgÍTK,il faut lireKÍÌSéps,qui ejí lequ ^Ipallodore

bertate conjunítam , anteponit amplis opibus , sed obnoxiis fir- íonfusW°«-vituti. Cujus fintentit non refragor ; nam damnatus est Abde- „ e ' au Mignonritarum aêr zs“ itempafeua. Voiez liàc Voffius fur Pompo- "issus Mêla (8).

( D ) |\ui attribué k Hercule la Fondation de cette Ville. ]

Mr. de Saumaise (9) n’a prouvé, que par le témoigna-ge de Tzetzès, que la Foijdation d'Abdere ait été attri-buée à Hercule : il pouvoit en donner un meilleur garant :car nous aprenons d’Apollodore (10) qu’HercuIè aiantenlevé les Cavales de Diomede , fut averti que les Lisionsavoient pris les Armes ; que là-dessus , il donna ces Cava-les à garder à un jeune homme qu’il aimoit, nommé Ab-dere , & marcha contre les Bistons ; qu’il en tua une par- Apollonius,tie ; qu’tl mit les autres en fuite; qu’il tua auísi Diomede; irn’apasprismais, qu’à son retour, il trouva que les Cavales avoient mis &*r rfe c ’*'Abdere en pièces ; qu’il bâtit une Ville auprès du Tombeau •de ce jeune homme; &C qu’il livra ces Cavales à Eurysthée. eúdîrSZre,Etienne de Byzance dit seulement, que k Ville d’Abdere fut dam Saumai-ainfinommée, à cause d’Abdere , Mignon d’Hercule (ïi)-; fcpur Apol-il ne dit point si ce fut Hercule qui la bâtit , ou fi ce fut le lo J ore -jeune Mignon. Ce dernier Sentiment est raporte par Mar- f vhïìàa™trcien d’Héraclée (iz). Le VII Livre de Strabon, si on sa-voir tout entier, décideroit peut-être k chose : les Ex-traits , que son en a, marquent seulement , que le nom dela Ville d’Abdere est celui d’un Homme , qui fut mangépar les Chevaux de Diomede. Remarquez qu’Hygin sem-ble dire fort clairement , qu’Abdere étoit un des Domesti-ques de Diomede, & qu’il fut tué par Hercule : Diomedem,

Regem Thracia, ztr Equos quatuor ejus, qui carne humana véf-cebantur , cum Abdero Famulo interfecit (13). Mr.de Sau-maise dit là-dessus, qu’il ne faut point chercher l’unifor-mité dans les Fables ; il a raison ; on trouve le blanc & lenoir sur les mêmes choses dans les Ecrivains du Tems fa-buleux ; mais, peut-être, qu’on pourroit dire qu’Hygin avoulu signifier, qu’Hercule, secondé d’Abdere, tua ce cruelRoi de Thrace , qui noitrrissoit de chair humaine ses Che-vaux. Je ne garantis point ce sens. Vigénere avoit déjà re-marqué l’opoíìtion , qui se trouve entre Hygin & Phìlos-trate (14). On pouvoit encore dire , que ce dernier est très-différent d’Apollodore ; car il veut (13) que Diomede aitabandonné Abdere à ses Cavalles ; qu’Hercule , allant dé-livrer son Favori, sait trouvé à demi mangé; & que, pourpunir Diomede , si sait fait servir de nourriture à ses Ca- ìÛicônikB Z va-

d* Hercule,

îinédo, ìxBerkeliusdifmt (jn* {Lfaut corrigerainsi ; mais ,ils n*avertis-sent pasSaumaise/V*voit remarquéavant eux. Le-premier cite

(îi) ^ApuiSaìmalïjExercit*Flinian.pag t 60*.

(13) HvginîEab. XXX.

(14) Vigéne-re, Annotât,fur le Sépul-cre d’Abderede Philostra-te.

( ijjFhilostr,