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Tome premier. A - B.
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(K) Lauren-tius Begerus.Aon Livre aété imprimé àBerlin , ìn 4,^ «An 1691.

szs) 7 /«r com-mis bien d y au-tres fautes .Votez les T(e-Tnaryucs (<A),

(0 ér (£).

(40) 7 / í/î/« rlesProver-

bes , stfsst-quent la Nor-mandie & IaG ascogne, fontfonciez* fur desdéfauts perma-nens & d 3 ha-bitude,qui pas-sent de généra-tìonen généra-tion.

(41) DansC Edition deHollande de/,» Dictio-naiie.

ABDERE, ABDIAS, i f

dans toutes les Rues je ne sai combien de ces Acteurs pâles 8c maigres, qui faiíoîent des exclama-tions tragiques. Cela dura jusques à l’Hiver suivant , qui fut fort froid , & par là plus propre àfaire cesser cette rêverie. Mr. Moréri raporte crès-mal ce fait (/). Mr. Béger (k) , qui a publiéses Conjectures fur une Médaille des Abdérites ( K) , qu’il croioit avoir été frapée pour être .unMonument de cette fâcheuse Maladie , a changé de lentiment, lors qu’il a vu la belle Disserta-tion qui lui a été écrite fur ce sujet (7), où l’on trouve bien des choses concernant la Ville d’Ab-dere. J’en raporte quelques-unes dans la derniere Remarque. 11 se faisoit à certains jours dans cet-te Ville une espèce de Cérémonie , qu’on pourroit apeller en quelque maniéré Auto de Fé ; carc’étoit , sans doute , un acte de Religion. On dévoùoit une personne , & puis on Passommoit àcoups de pierre. Je croi qu’il n’y a qu’Ovide , qui en parle 5 il met cela entre les Malédictionsqu’il souhaite à son Ennemi :

Aut te devoveat certis Abdera diebus ,

Saxaque devotum grandine plura pétant (m).

Les Commentateurs font muets fur ce Passage. 11 faut qu’on ne trouve pas l’origine ni lescirconstances de cette Cérémonie. Je dirai ailleurs {n) , qu’il y avoit dans Àbdere un Templede Jason, que Parménion fit détruire.

(l) Mr. Moréri raporte tres-mal ce fait (39).] II n’estpas vrai que les Abdérites mourussent fur les Théâtres, nique la Maladie qu’ils eurent alors ait donné lieu au Pro-verbe , Abderitica Mens. On mettroit bien en peine les gens,fl on les obligeoit de prouver qu’il y a eu autrefois un telProverbe : il ne fuffiroit pas de soutenir que les Abdéritespassoient communément pour des sots : il faudrait mon-trer , qu’on fe fervoit des propres termes, Abderitica Mens,pour signifier cette opinion générale : or il est sûr qu’E-rasme n’a cité personne , qui ait emploie ces termes. Maislaissons cet incident ; abandonnons même , comme fausse,la réflexion que voici : c’est qu’une chose aussi passagèreque le fut cette maladie des Abdérites , de laquelle Lucienest le seul qui ait parlé ; & encore ne l’a-t-il fait , que pouren former l’exorde dune Dissertation: c’est, dis-je , qu’unfait comme celui-là ne semble pas pouvoir donner lieu àun Proverbe qui diffame éternellement tout un Peuple.Car, fl l’on me dit, par éxemple , que le Sero fapiunt Phry-ges , pouvoit n’avoir été fondé que fur une feule faute desPhrygiens, je donnerai d’abord une bonne différence ; puisqu’il est certain , que dès que la chose eut été tournée enProverbe , on ne l’apliquoit pas aux Phrygiens , plus qu’àune autre Nation : au lieu que les reproches, qu’on fai-soit aux Abdérites , les regardoient litéralement & conti-nuellement , 8c de la maniéré que ceux qu’on fait aux Nor-mans, 8c aux Gascons, regardent ceux à qui on les fait (40).Mais, encore un coup , traitons cela de fausse chicane , 8ccontentons-nous de ce coup à bout-portant. Le Proverbede Mr. Moréri, Abderitica Mens , ne fervoit qu’à impu-ter aux Abdérites beaucoup de bêtise ; or la maladie, dontparle Lucien , n’étoit point bêtise ; ce n’étoit qu’une ima-gination déréglée , 8c une sorte de folie , qui attaque plu-tôt les gens de beaucoup d’esprit, qu’un sot 8c un hébé-té : donc Mr. Moréti a eu tort de dire , que son Pro-verbe eût pour fondement la fureur que Lucien a rapor-tée. Si je nomme Lucien , ce n’est pas que je ne sache que.Mr. Moréri n’a cité que Cœlius Rhodiginus, comme onle lui a déjà reproché iqt). C’est Charles Etienne > qui luia fourni cette citation. Lui, 8c une infinité d’autres gens,ont rempli, 8c remplissent tous les jours, les espérancesque cet Auteur Italien conçut, en fe résolvant de ne pointciter. II espéra qu’on le citéroit lui-même ; ce que l’on n’au-roit point fait, s’il avoit mis à la marge de son Livre lenom des Anciens qu’il copioit.

{K) Sur une Médaille des Abdérites.'] D’un côté, elle re-présente un Gryphon , 8c de l’autre , une Tête d’Homme,sans barbe , couronnée de Laurier, avec ces mots, ïni-Aios AAlor. Mr. Béger conjecturait que cette Mé-daille , consacrée à Apollon , sous le Titre de Jupiter mal-faisant , fub j love finifiro , la même choie qu a Rome subVejove , avoit été destinée à signifier les trop chaudes influen-

ces du Soleil, qui étoient cause des imperfections pour les-quelles on diffamoit les Abdérites, 8c qui, cependant, lesrendoient de bons Disciples d’Apollon. Mr. de Spanlieimentend par cette Inscription le Préteur, ou le Gouverneurd’Abdere (41) ; 8c il dit que le Gryphon aiant été le Sym-bole de Téos, comme il paraît par plusieurs Médailles, ilne se faut pas étonner que les Habitans d’Abdere , Colo-nie des Teiens, aient marqué le même Symbole dans leursMonumens publics. C’est ainsi que les Colonies en usoientà F égard de leur Ville Mere : l’exemple de Syracuse , 8cde Corfou, qui avoient pour Armes un Pégase, à limi-tation de Corinthe , en est une preuve. Pour ce qui est dela Tête couronnée de Laurier , elle représente , ou Abdé-rus le Mignon d’Hercule , ou Tilàménes le Claiomé-nien , révéré comme un Héros par les Teiens domici-liés à Abdere (43). Isác Vossius entend , par l’Inscriptionde cette Médaillé , Jupiter frumentarius ; comme fi Zfvça«ï»s étoit la même chose que (44) : 8c il

fonde son explication sur ce que la Ville d'Abdere étoit en-vironnée d’un bon Terroir , propre par tout, ou aux Mois-sons , ou aux Pâturages ; d’où vient que les Triballes, dansleur extrême disette , se jettent là , selon Diodore de Sici-le , comme fur la plus fertile Campagne que l’on pût trou-ver (45). Mr. de Spanheim ne lui nie point cela , 8c ilraporte un autre passage de Diodore de Sicile, où Abdereest comptee pour lune des plus puissantes Villes qui fussentalors dans la Thrace (46). II cn raporte aussi un dune Let-tre attribuée à Hippocrate , où l’on se contente de direqu’Abdere n’est pas une Ville obscure , /t!a rroMm où*. «.<?■,,.

: mais il ne laisse pas de réfuter Vossius fur le sens dela Médaille. Je ne finirai point, fans remarquer qu’on au-rait grand tort de prendre pour une preuve de peu d’es-prit ce qui se passa entre ceux d’Abdere 8c Hippocrate , ausujet de Démocrite (47). Le grand intérêt qu’ils prirent àla santé de ce fameux Philosophe, leur Concitoien, faithonneur à leur jugement. II est vrai qu’Hippocrate ne con-firma point l’opinion qu’ils avoient conçue touchant Dé-mocrite : ils le croioient fou ; 8c il parut plus sage qu’euxà Hippocrate. Cela n’y fait rien ; je suis sûr, que dans tou-tes les Villes de la Grece, on aurait jugé de Démocrite,comme ses Compatriotes en jugèrent. On en serait aujour-d’hui autant d’un Philosophe , qui se moquerait de tout;qui dirait que l’Air est rempli d’Images ; qui étudierait lechant des Oiseaux; qui s’enfermeroit dans les Sépulcres,8cc ; 8c il n’y auroit que les Esprits du premier ordre , Lcqui volent au-dessus des Préjugés, qui fussent capables dejuger sainement de lui : or ces gens-là font très rares , entout tems , 8c en tous lieux. Ils sont aussi rares , 8cpeut-êtie plus, que les gens-de-bien > qui, au dire deJuvénal , égalent à peine le nombre des Embouchuresdu Nil (48).

r es.

de Babylone , Auteur qui mérite d’être placé parmi les plus hardis Légendai-Imposteur , qui fe vante d’avoir vu nôtre Seigneur Jésus-Christ , d’avoir été l’un

(4) Médecin dsienne en^Au-tricbe, & tìif-toriographe del EmpereurFerdinand 7 .Voiez* l 3 Epître■Dédicatoire deson Edition.

ABDIAS deC’est un

des soixante-douze Disciples, d’avoir assisté aux actions & à la mort de plusieurs Apôtres, d’avoirsuivi en Perse Saint Simon & Saint Jude, 8c d’avoir été établi par eux le premier Evêque de Ba-bylone. L’Ouvrage, qui court sous son nom, est divisé en dix Livres, 8c a pour titre , Historia,Certaminis Afoflolïci. Wolfgang Lazius (a) en trouva le Manuscrit dans une Caverne de Carin-thie , & , quoi qu’il fût habile homme , il se laissa tellement tromper par cet Ecrivain fabuleux,qu’il se prépara à le donner au Public comme une Piéce importante. J1 ajoûta soi à l’Inscriptíonde ce Manuscrit, qui portoit qu’Abdias , Evêque de Babylone , établi par les Apôtres mêmes,avoit composé en Hébreu cette Histoire de leurs actions , 8c qu’Eutropius savoir traduite enGrec ( b ) , 8c Africanus en Latin.j II la publia à Bâle (c) , l’an iff i , avec quelques autres Viesde Saints. Elle a été depuis imprimée plusieurs sois en divers Lieux {A). Mr. Fabrice remarque

(A) Impriméeplufieurs fois en divers Lieux.] Mr. duPin,quia marqué les Editions de 1557 , de 1560, 3 c de 1571,C) (f 1 est ainsi Sc, outre cela, une Edition de Bâle, de 1532. (1), 8c une de'jstf-si a dans d Paris, de 1583, a oublié la prémiere, qui étoit la plus digned'ifmtì " â être marquée. Comme je n’ai point fa Bibliothèque Ecclé -dam. ToZ~.i fiajlique de l’Edition de Paris , je isolerais mettre fur sonu, ‘ ’ compte la prétendue Edition de Bâle de 15:31. Or , à causequ’il ne marque qu’ une Edition de Paris, qui est celle de

que

1583 , ses Lecteurs ont lieu de croire que les autres, qu’il amarquées , ne font point de Paris : cependant il est certain,que cet Ouvrage y fut publié l’an 1560 , in 8 , avec la Pré-face d’un Docteur de Sorbonne , nommé Jean Faber. L’A-bréviateur de Gesner , 8c Mr. Cave , en marquent unede Paris, en 1571 , in 8. Dans Y Eponymologium de Ma-girus, on avance faussement que cet Ouvrage fut impriméla prémiere fois à Paris, en 1551.

(I) Paf Mr tEzechielSpanheim,Elle efl impri -niée avec teTraité de Mr*Bcger.

(m) Ovid.in Ibim,Vers 494-

(n) Dansl 3 ÍArticle

Jason,

(42) EpidiusLaìi Filius*

( 43 ) C'estainsi que Mr.de Spanheim,nomme celui9»’Herodoteapelle

T i[í-,}trieç.

(44) If VoP-íïnsinPomp,Melam,

M- 05 -( 41 ) Diod.Sienl. Lib.

X V, pag.354 -

(46) Idem,Libr. XIU;pag. 194,

(47) Voiez. lesLettres écri-tes de part A»d*autre à cefuies parmicelles d’Hip-pocrate.

(48) •starquippe boni •Numerus viotest totidem *qucd Theba-rum Porta yotit divitisOftia Nili .Juvénal.Satir. X/// sVers r6.

(b) La Préfet- 1 'ce âe JuliusAfricanus dit>^«’Eutropjusétoit Discipled’Abdias.

(c) Chez* Opo^rin, infolio s