A B D I A S.
A B D I S S î.
f d) Jo. Alb.Éabricius ìnCodice Apo-crypho No-vi Testam.4 DI -
(e) Et nonpas en 1581,comme u eutMoréri.
(f) Labbe,de Script.Eccles.
Tom. I,
K- 3 -
(1) RivetiOpeium
Tom. II.pag. 1076.
(3) Phtl.labbe,Diflert. deScript. Ec-cleíi Tom. /,í“í- 3.
que ceux , qui ont dit qu’elle a été insérée dans la Bibliothèque des Peres, se trompent (d).Laurent de la Barre Pinséra dans son Histoire des Peres, à Paris, en if 83 (e). Ce n’estpoint le Pape Gélasc , comme Mr. Moréri l’avance , mais le Pape Paul IV , q U i a rejettecomme Apocryphe l’Ouvrage de notre Abdias (/). Plusieurs Ecrivains, tant parmi les Catho-liques, que parmi les Protestans, ont reconnu Pimposture. Ceux-ci prétendent avoir dessilléles yeux aux autres ( B ) : on ne leur accorde point cela (C). La gloire seroit au fond très-petite } car ce Fourbe a usé de si peu d'adresse, qu’il a cité Hégésippe, qui a fleuri centtrente ans ou environ après P Ascension de notre Seigneur (g). II a parlé aussi d’un Discipledes Apôtres, nommé Crathon , qui fit , dit-il, une Histoire en dix Livres de tout ce que SaintSimon (j Saint Jude avaient fait 13 souffert dans la Perse , pendant treize ans ; laquelle Histoire ,poursuit-il, Africain F Historiographe a mise en Latin (h). Où trouveroii - on cet Africainqu’en la personne de Julius Alricanus, mort environ Pan Z30 ( f ) ?
(J 3 ) Avoir dejfiUé les yeux aux autres. ] Consultez, Rivet,au Chapitre VI du I Livre de son Criticussacer, où, aprèsavoir observé la prévention de Lazius, & l’autorité qu’Har-dingus & Bellarmin ont donnée à notre Abdias , il ajoute :Ejus nugas zv mendacia non est quod operofius persequamur ,quia jam oculatiorïbus Fontific'tis ita patent , ex nostroxumanimadversionibus, ut eos tam puttdì cammenti pu-deat (z). II cite Baronius, Molanus, Possevin , & mêmeBellarmin devenu plus sage ; il les cite , dis-je, comme desAuteurs qui convenoient de la bâtardise de cette Histoiredes Apôtres.
(C) On ne leur accorde point cela. ] Le Pere Labbe s’em-poite d’une étrange maniéré contre Rivet, à cause du pas-sage que l’on vient de voir. II peut avoir raison de soute-nir que les Catholiques ont reconu l’Imposture , avant queles. Protestans leur fournissent là-dessus aucune lumière :mais on ne sauroit l’excuser de son aigreur injurieuse ; carvoici comme il parle (3). Hafce quisquilias ab otiofi Fabula-tore , qut merito jure pfeudo-Abdias dicitur , confiélas interpo-lât afve nullìus fidei atque auCloritatis ejfe apud Eruditos docue-runt jampridem Catholici Traflatores , Sixtus Senenfis , Joan-nes Hejjélius , Joannes Molanus , Cardin. Baronius , Postevi-nus , Salmero, Minus , aliique , ut fileam Vojjìum , Cocum,
Rivetum , stmilesque Heterodoxos Criticos, ìn alienis ab EcclefiâCatholicâ Castrïs militantes , atque ex Catholicorum duntaxatScriptis zv Obfervationìbus fuffarcìnatos. Mentitur enìm pro mo-re Andréas Rivetus , qui Libri I, Cap. VI, effutire aufus est ,oculatiores Pontificios ex suorum , hoc est , Hnreticorum Homi-num Animadverfionibus edodtos, nugas es 1 mendacìa illius Ope-ris deprehendiste , ita ut eos tam putidì commenti puàeat. Sed,amabo , quis Calvini Catulus hoc commentum fubodoratus estante Heffeïmm , Molanum, Sixtum , ipsumque adeo Paulum IV,Romanum Pontificéin , qui inter Script a à fe damnata rejicit?Je croi que l’on condamna encore ce Livre à Rome depuisla mort de Paul IV : car je ne pense pas que Claude d’Es-pense veuille parler de la condamnation faite sous ce Pa-pe , lors qu’il dit , §lualiscumque Autor sit Abdias , fuperiorecerte quant hac fcriberemus Anno , a Romanis Inquifitoribuspro-fcriptus est. Ces paroles font dans le Chapitre V du Livre Vde la Continence. Le Continuateur de Magirus a tort d’enconclure (4) , que saunée , dont il s’agit là , est 1568. CetOuvrage de la Continence ne fut-il pas imprimé en 1565 (5)?Pierre Paul Verger , Auteur Protestant, mort en 1565,avoit crié contre l’imposture de cet Abdias, dans son Ido-lum Lauretanum , composé en Italien , traduit en Latin,& imprimé en 1554, in 4.
il) VoieZ.Voíïms, deHist. Gis-
cis, pag.
200.
(h) AbdixHist. Cer-tain. Apost.Libr. VI,pAg. 83.
( i) Cave,Histor.Litel,ptig. 72.
(4) Epony-tnol. Critic,pctg. 2 .
( S ) Votez,LaunoiiHist. Colleg,Navarr.pAg. 710,
(a) Elle etldans Onu-fre, iu VitaTií IV;dans Surius,Commeri-tar. pag.
754 ; & dansSponde,Contin.Annal, aiAnn. 1562.
( 1) Pan-vin. m Vi-tâ Pii IV.
(2) Thuan.
Histor.
Libr.
XXXII.
(?) Aub.Mirxus,Tolirix Ec-cleL Lib.ll,Cap. V,pag. 217.
(4) Mr. deThou lemomme Sala-ka : Mr. deSponde,Sulaca.
Votez, la Te-tnarque {Aj,de C Article
Hebed-
Jesu.
AB DIS SI {A) , Patriárche de Muzal, dans l’Assyrie, au delà de l’Eufrate , vint à Romel’an 1 f 6 z i & , aiant rendu ses bornages à Pie IV , reçut de lui le Pallium. Comme le Con-cile de Trente étoit alors aflèmblé , le Cardinal da Mula , Protecteur des Chrétiens Orientaux,ne manqua pas d’écrire fur ce sujet à cette Assemblée. Ses Lettres furent lues dans la XXII Ses-sion. Elles aprenoient , que les Peuples sujets à ce Patriarche avoient été instruits à la Foi parles Apôtres Saint Thomas & Saint Thadée , & par un des Disciples , nommé Marc ; queleur Créance étoit tout-à-fait semblable à la Romaine ; qu’ils avoient les mêmes SacremensSc les mêmes Cérémonies ; qu’ils en gardoient des Livres écrits dès le tems des Apôtres ;que ce Patriarchat s’étend jusque dans le cœur des Indes , Sc comprend beaucoup de Peuples,les uns Sujets du Turc, les autres du Sophi de Perse, les autres du Roi de Portugal. L’Am-bassadeur de ce dernier protesta tout auífi-tôt, que les Evêques Orientaux , qui etoient Su-jets du Roi son Maître , ne reconoissoient aucun Patriarche. On lut ensuite la Confession deFoi d’Abdilsi , datée du 7 de Mars iy 6 z (a) , ' où il promettoit d’avoir & d’enseigner à sesInférieurs une parfaite & perpétuelle conformité de Sentimens avec l’Eglise Romaine. Enfin,on lut les Lettres qu’il écrivoit au Concile, pour s’excuser de ce qu’il n’y alloit pas (B ), &pour suplicr les Peres de lui envoier leurs Décrets , qu’il promettoit de faire observer ponctuelle- Hist dl ,ment. Tontes ces choses avoient été déjà lues dans une Congrégation, fans exciter autrement Concile dcles réfléxions de personne ; mais 1a Protestation de l’Ambassadeur de Portugal fit prendre garde Ist^vr.aux absurditez de ce récit : on commençoit à murmurer ; les Evêques Portugais alloient pren- (c) d«dre la parole , quand le Promoteur , au nom des Légats , détourna le coup. Voilà comment ^ nideFia Paolo conte le fait ( h) : nous examinerons ceci en un autre lieu (c). Iesu^”
A BEL,
(A) AB DIS S II] Onufre Panvini le nomme Abdysu, cequi , dit-il, signifie Servus Jesu (i). Surius , & Mr. deSponde , lui donnent le même nom ; Mr. de Thou lenomme Abifius , & ajoute qu’il étoit fils de Jean , de DomoMarcìa , de 1 a Ville de Gezire fur le Tigre (z). J’avouëque je n’entens pas assez ce que c’est que ce Domus Mar-cia, pour me contenter de la traduction Françoise quej’enpourrois faire. Je n’aquieíce donc pas à cette Maison deMarc , qu’il a plu à Mr. Moréri d’emploier. Aubert leMire nomme Abdiesu le Patriarche en question , & dit qu’ilétoit Religieux de l’Ordre de Saint Pachôme ( 3 ) ; qu’ilavoit succédé au Patriarche Simon Sulacha (4) , Moine dumême Ordre , qui étoit venu fe soumettre au Pape JulesIII ; qui étoit d’une Erudition admirable ; qu’il entendoitbeaucoup de Langues , & qu’il savoir extrêmement bienles Saintes Lettres. Les Mémoires de Mr. de Thou por-toient que cet Homme entendoit le Chaldéen , l’Arabe, &le Syriaque , & qu’il répondait pertinemment aux ques-tions très-difficiles qu’on lui fiiifoit. Panvini, Surius , &Mr. de Sponde , assurent la même chose avec plus decirconstances. Dans la Profession de Foi, qu’ils reportent,il dit qu’il avoit été Moine de St. Antoine, dans le Mo-nastère des Saints Rochas & Jean , Frétés. II avoit fait foirebeaucoup de progrès à la F oi Romaine , si nous en croionsAubert le Mire : mais ses Successeurs laissèrent tout dépé-rir ; de forte que Léonard Abel, Evêque de Sidon , Non-ce Apostolique en ces Pais-là , en Tannée 1583 , trouvaque le Patriarche Donha Simon, qui étoit le second de-
puis Abdiesu , s’étoit retiré vers les Confins de la Perse.
Les affaires du Pape n’étoient pas en meilleur état, lorsque Pierre Strozza , Secrétaire de Paul V , publia à Ro-me , & à Cologne, en 1617 , fa Dispute de chald&orumDogmatihus (5). (sjAubeitus
(B) Pour s'excuser de ce qu’tl n y alloit pas,] Cela montre Mirxus, ro-que Mr. Moréri s’est fort trompé , lors qu’il a dit qu Ab- fis j : / ccleí 'dijfîfe trouva au Concile de Trente , cv qu il y présenta sa Pro- Ca p s. ’ ^feston de Foi , en la Sestwn XXII. Aubert îe Mire a commis 219.la même faute , qui zv Tridentino Conïilio interfuiq , dit-il (6) , en parlant de son Abdiesu. Ce qu’il y a de plus fur- ( s ) idem,prenant est que Moréri a cité Mrs. de Thou & de Sponde , ibidem, pag,dont le premier ne dit pas un mot de ce prétendu Voiage 2I7-du Patriarche au Concile , & le dernier dit expressémentqu’on lut les Lettres où Abdysu faisoit ses excuses , de cequ’il svalloit pas à Trente. Je remarquerai par occasionune foute qui s’est assurément glissée dans Mr. de Thou ;il dit (7) que ce Patriarche étoit venu Ad Apoftolorum li- (y) Thuanïmina Pontificem saíutaturus , ut ab eo confirmatus partem de • Hist. Libr.Corpore SanSli Pétri acciperet. Qui ne s’imagineroit là-dessus, XXX u,qu’il étoit venu pour demander le Bras, ou quelque autre ssfffst,morceau du Corps de St. Pierre : car c’est faire fa Cour Framof.à Rome , que de déclarer qu’on y est venu pour en rem- Armi 1625.porter de tels préfens ? Mais je fuis persuadé , qu’au lieude partem , il faut lire Pallium , comme il y a dans Mr. de •
Sponde , qui, à cela près > fe sert des mêmes expressionsque Mr. de Thou. C’est ce qu’on peut voir dans fa Conti-;nuation des Annales de Baromus, à Vannée 1561,