( b ) xAçítdSalianum,Tom. /, pag.190, <ár apudBiíïelium,Ruinai. ií-lustr. Déca-de I , pag.221,273.
(21) Autormirab. Sa-cras Script.apud August.Tom. 111 ,Libr. I j ûip.///, citanteSaliano,AnnalimnTom. 1 > pag.184.
(2z)Eataphr,Hieiofolym.apudlc agium,citante Salia-no , Tom. I .pag. 188..Eoà fur cesujet diversJeux de %hé~torique deJean Biíse-ïius , Jésuite^AllemandIllustr. Rui-naium De~end 1 , pag.228, irfeq.
( 23 ) Mtl-
retus, Orat.111 , Vol. IL
(24) EuïychiiAnnales. Jeme fers de ■ laTraduction deEocockius.
If Imprimeurde ^HistoriaPatriarch.Heidegg.Tom. 1 >*pag,I92 , a misïrocopius.
(25) Eutjr-chius. VideHottinger,HistoriamOrient, pag,27 -
(26) Horat,Satira 111 ,
Lib. 1,V. 107.
(27) Hévéti -q ms , dontSaint Epi-phane parle yHaieli XL.
(28) VansjíeideggexiHistoriaOrient, pag.391. Votez,atíjji Selde-nus, de JureNat. &Gent. Lib.III . Cap. ILqui cite Rab-bi Eliezerin Pirke,
Cap. XXL
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A B E L. A B E' L A R D.
lui fit. Les uns veulent que leur différent ait été une dispute de Religion (JE) ; les autres, qufilsse soient brouillés pour une femme (F). On rie parle pas moins diversement de la maniéré dont sefit cet abominable Fratricide (G). Quant à la maniéré dont ils conurent la préférence que Dieudonna-à l’oblation d’Abel, il n’y a pas tant de disputes. On croit assez communément, qu’iltomba un feu céleste fur la Victime d’Abel (H) , & que rien de semblable ne parut sur les Of-frandes de Caïn. Mais comme on n’a que trop de panchant à entasser supositions fur supositions,afin de faire trouver du merveilleux en toutes choses, il s’est trouvé des gens, qui ont dit (b)qu’il parut une Figure de Lion au milieu des fiâmes qui tombèrent fur le Sacrifice d’Abel ; cequi, selon eux , avoit relation au Lion de la Tribu de Juda , dont la venue avoit déjà été pro-mise. J’ai rassemblé dans les Remarques un assez grand nombre de différens scntimens fur les cho-ses qui concernent Abel. C'est avoir rassemblé bien des mensonges., & bien des fautes. Or,comme c’est le but Lc l’eíprit de ce Dictionaire , le Lecteur ne doit point donner son Jugementsur ce ramas, fans se souvenir de ce but. Et cela soit dit une fois peur toutes.
teur , qui lui attribue ces trois belles qualitez (2.1). Mais,s’il salait que la Tradition d’Euty chius, qui fera raportéeci-dessous , fût véritable , il ne faudrait plus révoquer endoute la Virginité d’Abel ; car fa mort, selon cette Tradi-tion , précéda le Mariage des deux Freres.
(/t) Ait été une dispute de Religion . J Te Targum de Jéru-salem débite,que lors que Caïn & Abel furent aux Champs,celui-là soutint, qu’il n’y avoit ni Jugement, ni Juge, niVie éternelle , ni récompense pour les Justes, ni peinepour les Impies ; 8c que le Monde n’avoit pas été créé parla Miséricorde de Dieu , ni n’étoit point gouverné par faMiséricorde : attendu , dit-il à son Frété , que mon oblationn a. pas été acceptée , cr que la vôtre l'a été , ^ Abel lui répon-dit selon les mêmes paroles dont Caïn s’étoit servi ; si cen’est qu’il mit le oui, où l’autre avoit mis le non : &, quantau principal grief, fa réponse fut de dire , que parce quef es œuvres avoient été meilleures que celles de Caïn , sonOblation avoit plu , Lc non pas celle de Caïn. La disputes’étant échauffée , Caïn fe jetta fur Abel 8c le tua (22). Cefut un mauvais commencement des Disputes de Reli-gion , & un fâcheux présage des désordres épouvantablesqu’elles dévoient causer dans le Monde. Voilà de plus unexemple de la sotte vanité de l’Homme : il n’est jamaistant porté à douter de la Providence , que lors que les cho-ses n’arrivent pas selon ses souhaits. Quand elles lui fontfavorables, il dissipe ses doutes : c’est qu’il s’imagine tenirun rang assez relevé dans l’Univers , pour ne pouvoir êtreméprisé par un Dispensateur équitable & judicieux des biens& des maux. Eftis ìo Superi , ait Statuts, cum convaluijfet àpcriculofo morbo vir eximh probitatis Rutilius Gallicus. Atcontra , ubi quid contigerat contra quam aquum ejfe confèrent ,Deos aut nullos ejfe, aut crudeles, avA injustos effe dicebant ......
ltaque in Morte Tibulli Ovidius ,
Cum rapiant mala fata bonos , ignofeite faffo,
Sollicitor nullos ejfe putare Deos.
C’est ainsi que parle l’un des meilleurs Orateurs du XVISiecle (23).
(F) Se soient brouillés popir une femme.] Euty chius , Pa-triarche d’Alexandrie, dit dans ses Annales (24), qu’Eve en-fanta, avec Caïn, une Fille nommée Azrun ; 8c, avec Abel,une Fille nommée Owain : 8c que le tems de marier lesdeux Fils étant venu, Adam destina Owain à Caïn , 8cAzrun à Abel ; 8c mal-traita Caïn , parce qu’il voidoit faSœur jumelle, qui étoit plus belle. Eutychius ajoute , quependant que les deux Freres allaient présenter lents Obé-rions sur une Montagne, par ordre d’Adam, qui voulut qu’ilsfissent cet acte de Religion, avant que d’épouser leurs Fem-mes , & que le succès de leur Sacrifice décidât de leur diffé-rent , Satan inspira secrètement à Caïn de se défaire d’Abel,pour l’amour d’Azrun : ce qui empêchant que son Ofrandene tut agréable à Dieu , augmenta le dépit de Caïn corttreson Frété ; de sorte qu’ils ne furent pas plutôt descendus dela Montagne , qu’il lui donna un coup de pierre fur la tête,8c le tua. La belle Azrun, que Caïn épousa après cecoup (25) , & qu’il amena avec lui dans son exil, fut doncla cause du crime de Caïn. 11 est vrai qu’elle en fut la causeinnocente ; mais c’est toujours vérifier ce qu’a dit un PoèteLatin , touchant 1 antiquité des Guerres suscitées pour desFemmes: Nam fuit ante Helenam cunnus teterrima belli caufi-fa (26). Les Archontiqucs (27) & les Cabbalistes (28), s’ac-çordent avec cette Tradition d’Eutychius. J’ai lu dans le'Commentaire du Pere Mersenne sur la Genèse , à si page1415 , 8c à la 1431 , qu’il y a quelques Rabins, qui disent
qu’Abel eut deux Sœurs jumelles , & que Caïn souhaita deles épouser. Ce fut, disent-ils , la cause de la dispute. Ledésir de la Polygamie soroit donc bien vieux. Au reste , ilparoit, 8c par le récit du Targum, & par celui de ce Patriar-che d’Aléxandrie, que la mort d’Abel suivit de près le Sacri-fice où Dieu fe déclara pour lui. Gette Chronologie est mil-le fois plus probable que la vulgaire , qui met un espace detrente ans entre l’Oblation des deux Freres , Le le Fratricidede Caïn.
(6) De la maniéré dont fe fit cet abominable Fratricide.]■Nous venons de voir que ce fut avec un coup de pierre, se-lon quelques-uns. D’autres disent que Caïn déchira son Frétéà belles dents. Uebraorum nonnulli tradunt eumfuiffe morfibusà Caïn dilaceratum (29). D’autres, qu’il l’assomma avec uneMâchoire d’Ane : les Peintres se regient sur cette supofítion.•D'antres veulent qu’il se soit servi d’une fourche. St. Chry-sostôme lui met en main une épée ; St. Irénée lui donneune faulx ; Prudence lui donne une maniéré de serpe :
Frater probata fanéîitatis amulus
Cermana curvo colla frangit farculo (30).
Voiez Salìan & Bissélius : celui-là , à la page 189 du I Vo-lume de ses Annales ; celui-ci, à la page 234 Sc à la 237 dupremier Tome des Illustrium Ruinarum. En tcut cas dit—on (31) , Abel ne fut ni noie , ni étranglé ; car l'Ecriture té-moigne qu il périt avec effusion de sang. Quelques-uns supo-sent qu’il se défendit courageusement, Lc qu’il eut d’abordtout l’avantage : il jetta Caïn par .terre , & lui fit un bonquartier,; mais Caïn fe releva, Lc Je tua. Le Pere Mersennetaporte cette Vision dans la page 1431 de son Commentairesur la Genese.
(if) Qu il tomba un feu céleste.'] St. Jérôme a raporté cetteTradition (32) , Lc l’a confirmée par Théodotion , qui l’a-voit suivie dans fa Version de l’Ecriture. Nifi illa imerpreta-tio vera effet, quam Théodotion postât , Et inflammavit Domi-nus super Abel er super Sacrificium ejus ; supra Coin terô z? Sa-crifie ium ejus non inflammayit (33). Elle est communémentaprouvée par lesPeres del’Eglise. Ce qui la rend vraisembla-ble , est qu’en plusieurs occasions un feu descendu du Ciela fait connoître que Dieu agréoit le Sacrifice. A la consécra-tion d’Aaron, on eut ce signe de l’aprobation de Dieu (34).Gédéon, David, Salomon, (quelques-uns y ajoutentNéhé-mie,) ont été aussi honorez de cette faveur spéciale dansquelques-uns de leurs Sacrifices (33). Cornélius à Lapidedit que Calvin Lc Luther fe font moqués, comme d’uneFable Judaïque, de cette descente du feu céleste sur la Vic-time d’Abel (36) ; mais Mr. Heidegger lui cite un passagede Luther, qni témoigne visiblement le contraire. F.tfi Mo-Jes illud fignum , quo Deus ofiendit stbi Abel munera grata ejfe,non ofiendit , t amen verifimile eft fuijfe ignem cœlo demijjum ,quo oblatio haufta zsr consumpta in octilis omnium (37). LesThéologiens Protestans ont donné en foule dans cette Hy-pothèse (38) , & quelques-uns deux l’ont confirmée par lesparoles d’un Pseaume lys) » que Clément Marot a traduitesde cette façon :
De tes Offertes & Services
Se veuille souvenir,
Et faire tous tes Sacrifices
En cendre devenir.
Les Païens fe font vantez de cette forte de marques ex-traordinaires de l’aprobation du Ciel en quelques lieux,comme nous le montrerons dans l’Article E o n a t i a. Onfait assez que le Diable est le Singe du vrai Dieu.
' A B E' L A R D (Pierre) en Latin Abcelardus , a été un des plus fameux Docteurs duXII Siecle. II naquit au Village de Palais {A) , à quatre lieues de Nantes en Bretagne ; &comme il avoit l’esprit fort subtil, il n’y eut rien dans ses études, à quoi il s’apliquât avec au-tant de succès, qu’à la Logique. II voiagea en divers lieux, par la feule envie de s’aguerrir danscette Science ; disputant par tout, lançant de toutes parts ses Syllogismes , & cherchant avec ar-deur les occasions de se signaler contre une Thèse. Jamais Chevalier errant ne chercha avec plusd’avidité les occasions de rompre une lance en l'honneur des Dames. Abélard termina ses cour-ses
{A) Il naquit au Village de Palais.] Son Pere avoit tin
peu étudié , avant que de porter les armes, & il eut grandfoin de faire instruire tous ses Enfans, Lc fur tout lamé.On ne sauroit bien dire si Abélard étoit cet aîné ; car ilparle sur cela d’une maniéré qui a donné lieu a deux opi-nions différentes, yoici ses paroles : Prmogenitum fuum
quanto chanorem habebat , tanto diligentiits crudité curavit .Ego vero , quanto amplius in studio literarum profeci , tantoardentius in eis inh&fi , CA in tanto earum amore illeéìus fum ,ut militaris gloria pompam cum hareditate <y pr&rogativa pri-mogemurum meorum fratribus derelinquens , Martis curh pe-nitus abdkarem ut Minerve, grtmie tducarer. kâqnier, en vertu
de
(29) Pères,’in Gènes.Lib. VII,ad Vers. 8 ir9, Cas. IV.
OojPrudenl.in Hamar-tig. pia:f.
(ïi) Pere-rius, in Ge-nelìm, Cap.IV, V.t, 9 .(32) Hieroa,Tradition.Hebiaic.
(ri) Hie-ion. QuadQHebiaic.
(3:4) Levit,
Cap, ix.(îS) Consul-tez, le Livredes Juges,Chap. VI,le I Livredes Rois,Chap. XVIII}le I des
Chroaiq.chap. xxr,
le II desChroniq.Chap. VII}le 11 desMacab.
Chap. 1 .
H«) Corne!,a Lapide inGenes cap „IV, V. 4,pag. 97 .
(37) Luthí*
rus ad Genes.Cap. IV, V. 3.apud Hei-degg. Hist.Patnarch.Tom. I,pag±184.
L 8} Voie-
SaldeniOtia Thrai,pag- 337.
(3 9 ) C'eji
le XX,