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Tome premier. A - B.
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A B E' L A R D.

(b) Nous di-sons dansC ^Article

Paracíet

pourquoi ildonna ce nom kson Oratoire t& nous rapor-terons les chi-canes qu? on luifit à ce sujet,

(i) Volez, la'fiemarqùe(E)de l 9 ^Article de( Jean Paul )

Alciat.

(h) Jncidì inChYÌjliams f.t-qtfe ManAchoì,gentìbus lonçèsvuiores atquepejores. Aox-

iardi Epist.í ,a S- 32 .

(37) PaulivEmilii Hist.Franc. inLuàovko VU .

(38) DuHailían ,Hist. deFrance,soifs LqhïsVII.

(39) H knom-j»eBaliardus,in Supplcm.Ciuon. ad^in. II 3 S.

(40) Histoired’Eloïse &d’Abelard,avec la Let-tre passion-née qu’ellelui écrivit.Imprimé à UUnie , en1693, inu.

(41 ) E-vang.de St. Luc,Ch. XXIII.Vers. z.

{42) Ecoles

Chap. I, Vers.

IX.

(43 ) Des-preaux, Sar.AX, 305,306.

Ge Concile, fans avoir donné lieu à Abélard de se défendre , le condamna à jetter lui-méme foriLivre au feu , & à s’enferraer dans le Cloître de St. Médard. On lui ordonna , peu après , deretourner au Couvent de St. Denis , où la liberté qu’il s’étoit donnée de censurer les mœurscorrompues de l’Abbé & des Religieux , savoir exposé à la haine de tant de gens. II lui écha-pa de dire , qu’il ne croioit pas que leur Saint Denis fût Denis PAréopagite , dont il ell parlédans l’Ecriture. Cela fut relevé tout auffi-tôt, 6c raporté à PAbbé, qui en eut beaucoup dejoie ; parce qu’il se voioit en main un prétexte de mêler aux accusations de fausse Doctrine lesaccusations de Crime d’Etat (O) : chose que ees Messieurs ne manquent jamais de pratiquer,pour satisfaire sûrement leur vengeance. L’Abbé assembla son Chapitre , sans perdre tems , 6cdéclara qu’il alloit livrer à la Juitice du Roi celui qui avoir l’audace de renverser la Gloire 6c laCouronne du Roiaume. Abélard ne jugeant point que de pareilles menaces fussent peu de cho-se , sc íauva de nuit en Champagne , 6c obtint , après la mort de PAbbé, la permission de vivremonastiquement ou il voudroit. Les raisons politiques, qui concoururent à cela , font assez cu-rieuses (f). Enssiite de cette permission , il se choisit une Solitude dans le Diocèse de Troies,6c y bâtit un Oratoire , qu’il nomma le Paracíet (li). Une glande multitude d’Ecoliers l’y al-lèrent joindre ; ce qui réveilla l’cnvie qui P avoir tant de fois persécute. Mais , à ce coup , iltomba dans les plus dangereuses mains du' monde; je veux dire, qu’il fut en bute à deux soi-diíânsRestaurateurs de PancienneDiscipline, 6cgransZélateurs, qui, comme de nouveaux Apôtres (g>),s’étoient aquis la faveur des Peuples. 11s répandirent tant de médisances contre fa personne,qu’ils lui débauchèrent les principaux de ses Amis, 8c qu’ils contraignirent ceux qui l’aimoient en-core à n’oscr le lui témoigner. 11s lui rendirent la vie tellement amere, qu’il fut fur le point d’a-bandonner le Pais de Chrétienté (i) ; mais son étoile ne lui permit pas de sc procurer ce repos,6c l’attacha tout de nouveau à des Chrétiens, 6c à des Moines, pires que des Turcs (k). Les Moi-nes

l’année 1145 , & qu’il se passa 20 années entre la tenue duConcile de Soifíbns, 8 c h tenue du Concile de Sens. Onsoutient que TEvêque de Préneste , qui présida au Concilede Soissons, en qualité de Légat du Pape , sortit de Fran-ce environ Tan 1120 , & qu'ìl n’y revint plus. O11 pouvoitremarquer plus d’une foute dans ces paroles de Platine ,qu’on a citées : Qui ( Abaelardus) prxfonte etiam LodovlcoRege , rationibus viiíus , nm modo fententiam mutavit , fedetiam monasticam v'ttam zv religions?n induit , ac 'de'mceps unàcum difcipulis quìbufdam in loco deferto fanùftjfime vixit. Pre-mièrement , il est certain qu’Abélard s’étoit foit Moine ,avant que l’on tînt aucun Concile contre lui. En secondlieu , c’elt au Concile de Sens, que Louis VII assista, pourvoir ce qui se passerait dans la cause de cet Hérétique.Or il est faux que dans ce Concile Abélard se soit tenduaux raisons de ses Adversaires, 8 c qu’il ait abjuré ses op»nions. II demanda dès l’entrée, qu’on le renvoiât au Pape.En troisième lieu , il 11’est pas moins faux qu’il ait vécu de-puis ce tems-là dans un Lieu désert avec quelques Disciples;car il passa tout le reste de ses jours chez les Moines deClugni. On volt bien que Platine a mis pêle-mêle ce quiregarde les deux Conciles assemblez contre Abélard. Laplupart des foutes , que je viens de relever, font reprochéesa Belleforêt dans la Préface mentionnée ci-dessus ; où, bail-leurs , on le censure avec raison d’avoir glosé sur l’Epitaphed’Abélard , comme si les louanges outrées que l’on y litétosent une preuve de son imprudence , & de son orgueilìnsuportable. II est certain que cette Epitaphe fut composéepar f Abbé de Clugni , après la mort d’Abélard. PlusieursHistoriens ont mal distingué les deux Conciles, qui traitè-rent la cause de ce Personnage. Paul Emile veut que celui deSens soit le prémier où elle ait été examinée (37) : du Hail-lan débite le même mensonge, & raccompagne de plusieursautres (z8) ; comme qu’Abélard n’osa comparaître ; quetous ses Ecrits furent condamnez au feu ; & que la secondefois qu’il fut cité , les Prélats disputèrent longuement, avantque de le condamner. Philippe de Bergame soutient queTHérctique ( 39 ) aiant été convaincu en présence du RoiLouis, par les puiffimí es raisons de ces doctes 8 c catholiquesPrélats, abjura ses fausses Doctrines , se fit Moine , & pas-sa le reste de ses jours fort saintement dans un Désert avecquelques-uns de ses Disciples. On trouverait mille Chroni-queurs , qui ont copié les uns des autres ces mêmes men-songes. Un petit Livre (40) , que j’ai déjà cité , met dansla bouche d’Héloïse ces paroles , Que n avencêrent point cesdeux faux Prophètes , qui déclamèrent fi fortement contre vousau Concile de Rhcìms? Ces deux faux Prophètes font St. Ber-nard , & St. Norbert. H éloïse ria point dit qu’ils aient criédans quelque Concile ; 8c , en tout cas, ce n’est point danscelui de Rheims.

(O) Les accusations de Crime d’Etat.] Cest un artifice,dont on s’est servi tant de fois, depuis que les Juifs l’em-ploiérent contre nôtre Seigneur (41), qu’il e st étrange qu’onT ose emploier encore aujourd’hui. Ne devroit-on pas crain-dre qu’une lâcheté , aulîì usée de vieillesse que celle-là , nefiât incapable de séduire ? Non , on ne le doit pas craindre;le monde est trop indisciplinable, pour profiter des maladiesdes Siécles passez. Chaque Siecle se comporte comme s’ilétoit le premier venu ; & , comme l’Efprit de persécution& de vengeance a tâché jusqu’à présent d'intéresser les Sou-verains dans ses querelles particulières , il tâchera de les ymêler jusques à la fin cîu Monde : & nous pouvons bienapliquer ici la Sentence de Salomon , Ce qui a été , cest cequi fera ; CV ce qui a été fait , cest ce qui Je fera (42). Nosdescendans diront, aussi-bien que nous,

fui méprise Cotin , n estime point son Roi,

Ft na , selon Cotin , ni Dieu , ni Foi , ni Loi (43),

(P) Sont assez, curieuses.'] Abélard, he pouvant avoir dePAbbé de St. Denis la permission de se retirer, eut recoursaux machines de 1 a Politique. II sovoit que plus les Moi-nes de St. Denis se plongeoient dans le désordre, plus laCour exerçoit d’autorité fur cette Abbaïe , & en tirait duprofit. II fit donc entendre au Roi & à son Conseil, qu’iln’étoit pas de T intérêt de Sa Majesté, qu’un Religieux com-me lui, qui censurait éternellement la mauvaise vie de cesMoines , demeurât long-tems parmi eux. On entendit àdemi mot ce que cela vouloir dire ; & Ton donna ordre àTun des principaux de la Cour de demander à T Abbé , 8caux conftdens de T Abbé, pour quelle raison ils verdoient re-tenir par force un Moine dont la vie ne s’accordoit pas avecla leur ; & qui, à cause de cela , ne leur étoit bon à rien,& pouvoit aisément leur procurer quelque honte. La con-clusion fut qu’Abélard se retira. Je me souviens , à ce pro-pos , d’avoir demandé un jour à un homme , qui me cou-rait mille 8c mille déréglemens des Ecclésiastiques de Venise,comment il se pouvoit faire que le Sénat souffrît des chosesqui festoient si peu d’honneur à la Religion 8c à T Etat. Onme fit réponse que le Bien public obligeoit le Souverain àuser de cette indulgence : 8c , pour m’expliquer cette énig-me, on ajouta que 1 e Sénat étoit bien aise que le peuple eutle dernier mépris pour les Prêtres & pour les Moines ; car,dès lors, ils font moins capables de le foire soulever. L'unedes raijons , nie dit-on , pourquoi les Jésuites ne plaisent pointlà au Souverain , cest quils gardent mieux le Décorum deleur Caraìíere ; C? quainfi , fo faisant plus rejpeéïer au menuPeuple , par un extérieur plus réglé , ils font plus en état d’ex-citer une Sédition. J’ai de la peine à m'imaginer qu’uft dés-ordre aussi affreux que celui-là-soit véritable. Où en serai»on, fi T Autorité Souveraine avoir besoin de se maintenirpar un tel expédient, & fi le Clergé se rendoit plus formi-dable par ses bonnes que par ses mauvaises mœurs ? Cedésordre serait mille fois plus déplorable que celui dont par-le Tacite , lors qu’il dit , que fous un mauvais Gouverne-ment , la grande réputation n’expose pas à moins de périls,que la mauvaise. Intravit ammum militaris gloria cupìdo ,ingrata temporìbus , quibus finistra erga eminentes interpma-tio , nec minus perìculum ex magna fama , quam ex malá (44).Mais volons les paroles mêmes d’Abélard. Intervenientilusamiús quibusdam nostris Regem c? Confilium ejus super hoc com-pellavi , esr sic quod volebam impetravi. Stephanus quippe Régistune Dapifer , vocato in partem Abbate zsr familiaribus ejus,quifivit ab eis cur invitum retinere vellent , ex quo incurrerej'aciïe scandalum pojsent , e? 1 nullam utilìtatetn habere ; cumnullatenus vit a mea cr ipsorum convenire postent. Sciebam au-tem in hoc Régit Confilii fententiam esté , ut quo minus regula-ris Abbatia illa effet , magis Régi effet subjeéîa atque utilis ,quantum videlscet ad lucra temporalia. Vnde me facile Régis&fìtorum affensum consequi credideram, sicque aùlum est (43).Quelques pages après, il dit qu’un Seigneur Breton s’étoitprévalu de k mauvaise vie des Moines de Ruis , afin des’cmparer de leurs biens (46). Oter à des gens, qui, par-ia sainteté de leur vie se iont aquis k vénération des peu-ples : ôter , dis-je, à de telles gens ce que la charité desRidelles leur a donné , n’est pas une petite entreprise ; maison ne croit pas risquer beaucoup, en l’ôtant à des personnesqui scandalisent le Tublic.

(Sff) Qui, comme de nouveaux Apôtres .] Lisez ce qui suit.Quosdam adversum me novos Apostolos quibus mundits pluri-mum credebat excitaverant. . Quorum alter ( c’étoit St. Nor-bert ) Regularium Canontcorum vitam ; alter (c’étoit S. Ber-nard ) Monachorum se resuscitaffe gloriabatur (47). Héloïse;à k page quarante-deuxième , les nomme de feux Apô-tres. Voiez ci-dessus la fin de 1 a Remarque (N) , oùTon réfute T Auteur de h nouvelle Histoire d'Eloïse 8cd’Abélard.

PoirHQtroíle Sénat deVenise aime,dit-on, lesdérèglementdu Clergé,

(44) Tac»

tus in VitaAgricol*,Cap. V,

(45) Abâ-tardi Oper,î a i- 27-

( 46 ) Rxìnor-dinatione fct-~lìcet ipfiwM<t~nafìerìi naftxsoccafionem.Abâtardi O-per. jt«g t zr-,

(47) Abz-larai

Oper,

t«i- 3 1 .