A B E' L A R D.
(!) Vtmpjuis-<jm dt pro-prtis orenmarfupù's sefr concubinessuas cum filiisfr fiUabiíisubstentaret.AbxlardiEpist.
P--L- 33 .
( m ) Voie si laVie de St.Eeinard ,pai-Geofroi,
Moine de
Cïairvaux,E'*« III,Chap y, fr la
ClXXXIXEcttre de*. Bernard.Ehe e/i íîìJc -*ée dans les
Oeuvres«!’Abélard,îuge 172.
(** ) I c/t t,la UettreCX Cl V de•St. Bernardfr les Oeu-vres d’A-bel. pag.roi.
(0 Votez, laLettre* cetcAbbé à. In-nocent II,dajjs les Oeu-vres d’Abe-lard, pag.33J.
nés de l’Abbaie de Rúis, au Diocèse de Vannes, l’élurent pour leur Supérieur (Â) : il Êspéïa que’ce seroit pour lui un asyle ; mais il éprouva qu’il n'avoir fait que changer de mal. Les mœursincorrigibles des Moines, & la violence d'un Seigneur qui leur ôtoit la meilleure partie de leursrevenus, de forte qu’ils étoient contrains de nourrir de leur propre bourse leurs Concubines 6c
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(5i) Th.Raynaud.de Eunu-ehis, pa?,3 - 3 ».
unes de ses Compagnes. Depuis ce tems-là, il fit souvent des volages de Bretagne en Champa-gne, pour les intérêts d’Héloïse, 6c pour se délasser un peu des embarras de son Abbaïe. On encausa, nonobstant la mutilation (2"), que ce pauvre homme avoir autrefois souferte. Voilà jus-qu’où il a conduit l’Histoire de ses malheurs , dans une Lettre qui subsiste encore. Le reste de íàVie doit être cherché dans d’autres Ecrits, 6c consiste principalement en cè qu’il eut un nouveauprocès d’Hérésie devant l’Archevêque de Sens. II demanda qu’il lui fût permis dé justifier fa Doc-trine dans une Assemblée publique. Cela lui fut accordé : on convoqua un Concile à Sens , au-quel le Roi Louis VII voulut astister en personne. Ce fut l’an 1140. St. Bernard y fut mandé,pour y soutenir le personnage d’Accusateur. On lut d’abord à s Assemblée les Propositions quiavoient été extraites des Livres de Pierre Abélard : 6c cette Leóture fit tant de peuî à l’Accufë,qu’jl interjetta Apel au Pape. Le Concile ne laissa pas de condamner les Propositions (m) j maisil réordonna rien contre la Personne accusée , 6c rendit compte de tout au Pape Innocent II, enle priant de confirmer la Condamnation. Le Pape n’y manqua pas (ri) : il ordonna que les Livresd’Abélard fussent brûlez, 6c qu’on renfermât; 6c lui défendit de plus enseigner. II s’apaisa quel-que tems après , à la sollicitation de Pierre le Vénérable , qui avoit reçu fort humainement cetHérétique dans son Abbaíe de Clugni , 6c qui l’avoit même réconcilié avec St. Bernard (o) , lepromoteur de l’opreffion (F) , que l’innocence avoit souferte dans ce Concile. La Retraite deClugni fut la derniere dont Abélard eut besoin. II y trouva toute sorte de charité: il y fit des Le-çons aux Moines ; il y fut également humble 6c laborieux. Enfin, étant devenu infirme, persé-cuté de la gale (p) , 6c de plusieurs autres incommoditez, on l’envoia dans le Prieuré de St. Mar-cel , Lieu très-agréàble fur la Saône , auprès de Chalon. II y mourut le 21 d’Avril* 1142 (X) ,à l’âge de 63 ans. Son corps fut envoié à Héloïfe ( T) , qui le fit enterrer au Parader (q). Nousparlons de ses Ecrits dans l’Article de François M A mboise; 6c, pour ce qui est de ses erreurs,6 c de ses persécutions Synodales , nous en toucherons quelque chose dans l’Article de Be'ren-ge r de Poitiers. II eít remarquable , qu’il ne se fit nul scrupule de son Mariage, quoi qu’il fûtdans la Clericature , & possesseur d’un Canonicat (r). J’ai été surpris de voir qu’il ne fait aucu-ne mention de son Maître (s) Roscelin (Z) , qui passoit en ce tems-là pour un subtil Logicien,
Sc
(+*) DuBreuil, An-tiq. de Pa-lis, pag. 888Edition de3639 , r»4.(49) CelleAbélard,Çwi contient laRelation de/4 Vie»
( $0) Ab**lardi Ope-
Ia = P a g- 35,& 40.
(p) Vlussolitifcabic &btifdam corpo -ris incommodétdtibus grava*batxt. Abx-lardi Oper.
pag. 341.
(?) VàiâZilitLettré dePieíre leVénérableá Héloïfe idans les Oeu-vres d'Abé- ‘lard »
337.
(r) QuidteCléricum ni-que Canoni *cum facereop or t ct.AbailardíEpist. I.
P“g. 16.
(s) Oths>Friíïng. daGest. Frid.!Libr. I, Cap ■XLVII.AventinïAnnal. Bo-jor. Lib. VI,
(R) Les Moines de l’Abbaie de Ruts î i . t élurent four leurSupérieur. ] Le Bénédictin , qui a tant travaillé fur les An-tiquitez de Paris, a eu grand tort de censurer Belleforêt,qui -avoit dit qu’Abélard posséda une Abbaïe dans la Breta-gne. 6 ìu’U ait esté Abbé en Bretagne, cela est faulx : car , auJùrtìr du Paradis , il p retira a Cluny , zsr a persévéré en icelleCongrégation jusques a la mort (48). Voilà un Auteur bienmal informé. 11 ignore que Pierre Abélard eut une Abbaïeen Bretagne , avant & après la cession du Paraclet. S’ilavoit bien lu la Lettre (49) , dont il cite quelques passages,il y auroit vu cela avec la derniere évidence.
(íj Et même aux plus grands dangers.) Les Moines tâchè-rent souvent de f empoisonner ; & , ne pouvant en venir àbout dans les viandes ordinaires, à cause de ses précautions,ils essaiérent de Vempoisonner par le Pain & par le Vin del’Eucharistie. Un jour , n’aiant pas mangé d’une viande,qui lui avoit été préparée , il vit mourir son Compagnon,qui la mangea. Les Excommunications, dont il foudroioitles plus mutins de ses Religieux , ne remédièrent pas audésordre. Enfin , il craignit plus le poignard que le poison,& se compara à celui que le Tyran de Syracuse fit mettre àsa Table , sous une Epée qui ne pendoir qu a un fil (yo).
(T) On en causa, nonobstant fa mutilations] La médisan-ce se déchaînoit fi furieusement contre ce pauvre homme,qu’encore qu’on sut qu’il n’avoit plus de quoi contenter unefemme , on ne laiffoit pas de dire qu’un reste de voluptésensuelle le tenoit attaché à son ancienne Maîtresse. §uodme facere fìncera charitas compellebat, solita derogantium pra--vitas impudentijstme accusabat , dicens me adhuc quadam car-nalis concupiscent’ut oblelìatione teneri, qui pristim dileâïa substì-nere absentiam vix aut nunquam paterer. C’est la plainte quel’on trouve dans la page 3; de íá Relation. II se consola parl’exemple de St. Jérôme , dont F amitié pour Paule servitd’entretien aux médisans ; & il crut réfuter invinciblementla calomnie, en remarquant que les plus jaloux commettentleurs femmes à la garde des Eunuques. Le P. ThéophileRaynaud s’est moqué de cette raison , parce qu’il avoit luquantité d’exemples de commerce impur entre des Femmes& des Hommes mutilez. Ex quìbus omnibus liquet quam fri-gidafuerit Pétri Abelardi apologìa , cum redargutus de nimiâ.familiaritate cum arnica quidern suâ Helóisa zp aliis MonialibusParaclitenfibus repesuit, eunuchos, qualis ipfe faSlus erat, tuto& absque omni periculo pose versari cum fœminis (51). J’endirai quelque chose dans l’Article Combabds. Héloïfeaimoit si ardemment Abélard , quoi qu’on le lui eût châtré,que les vertus de cet homme pouvoient courir de grandsrisques auprès d’elle. Voiez nos Remarques fur l’Article decette Femme. Ces paroles de Virgile,
î,V) Virgi-l 1 à cid.
- - - - Notumque fttrens quid femina pojfitTriste per augurium Teucrorum peélora ducunt (51),
représentent en quelque maniéré la conduite de ceux quicraindroient que la passion d’Héloïse EÚit 6U trop de foíCCsur la chasteté de son Abélard.
(P) Lepromoteur de /’ oprefflon.] C’est de quoi nous par-lerons dans l’Article de B e'b. e n e e r de Poitiers.
( x ) Le 21 d'Avril 1142.] Cela montre que ie nouvelAuteur de la Vie d’Abélard s’est fort abusé, en le faisantvivre l’an 1170. Je parle de l’Auteur d’un petit Livre im-primé à la Haie , en 1693 , où l’on trouve , avec VHistoireabrégée d’Elóise zv d’Abélard , trois autres petites Pieces.
(T) Son corps fut envoié à Héloïfe.] Pâquier assure qu’A-bélard , par son Testament, ordonna d.'être inhumé dans le Mo~nastere du Paraclet (53). François d’Amboisc l’assûre aussi (54):mais il n’en donne point d’autre preuve , que le témoigna-ge de Pâquier. Ce qui me rend incrédule là-dessus est quePierre le Vénérable n’en fait aucune mention dans la Let-tre qu’il écrit à Héloïfe , où il lui rend compte des dernie-res heures d’Abélard Bien plus, F Absolution d’Abé-
lafd fait foi, que l’on n'envola son corps au Paraclet, qu’a-fin de gratifier Héloïfe. C’est une marque quelle avoit de-mandé cette faveur. Or quel droit auroit eu l’Abbé déClugni, de faire d’une Disposition testamentaire la matièred’un bienfait. Le Kalendrier de F Abbaïe du Paraclet con-firme puissamment tout ceci ; car on y trouve ces paroles :viii Kal. Januar. obiit Petrus Cluniacenfis Abbascujus c on-ce s s u habet Ecclefia noftra corpus Magtstri nostri Pétri (56).Le silence d’André du Chesne , dans lès Notes fur l’Epitre' où Abélard raconte ses infortunes , est une grande raisonpour moi contre Pâquier. II y en a, qui, sans parler de Tes-tament , disent qu’on donna à Héloïfe le corps de feu sonMari, comme il avoit témoigné par ses Lettres qu’il fou-haitoit que l’on fît (57) : mais on ne cite , ni ces Lettresni personne qui les ait citées. J’ai trouvé F endroit à la palge 53 de ses Oeuvres. II étoit alors dans son Abbaïe deRuis , & craignoit d’êtrë assassiné de jour en jour. Gjuodstme Dominas in manibus inhnkorum tradiderit (écrit-il à Hé-loise ) Jcilicet ut ipfi pravalentes me interficiant, aut quoeun-que ca/u viam universa carnis abstens a vobis ingrediar, cada-ver obstero noftrum ubicunqm velsepultum , vel exposttum pa-cuerit, ad cimiterium veftrum deserrifaciatis , ttbi filin nofira,imo in Christo sororcs , fepulcrum noftrum stpitís vìdentes adpreces pro me Domino fundendas amplïus invitentur. VoiciF Absolution d’Abélard : elle devoir être mise sur son Tom-beau ; & c’est pour un tel usage qu’Héloïse l’avoit deman-dée à Pierre le Vénérable (y8). Ego Petrus, Cluniacenfis Ab-bas , qui Petrum Abnlardum in Monachum Cluniacenfiem rece-pi, zfr corpus ejussurtim delatum Heloijsn Abbatifiit z? Monia-libus Paracleti concejfi, authoritate omnipotentisDeì zp omniumSantlornm àbfiolvo eum pro oststcio ab omnibus peccatis fuis (59).Belleforêt a débité un grand mensonge > lors qu’il a dit queles os de Pierre Abélard 'furent déterrez & brûlez (60).La Préface Apologétique du Sieur d’Amboise réfute celainvinciblement.
(z) Son Maître Roscelin. J Salabert, Prêtre d’Agen , ré-voque en doute dans fa Dissertation sur la Secte des No-minaux (61) , que Roscelin ait été Précepteur de PierreAbélard. Nous examinerons ses raisons dans l’ArticleRosceiin.
Cí 3)PâquícriRecheich.dela France,Ltvr. VI,Chap. XVII .,
154) Praf.Mpolaget.Oper. Ab*.lardi.
(ss) In Ope-r ib. Abslar-à'hfag. 5,7,
<57) Cave,Histor. Li-ter Script.Ecclet pag.652.
(st) Voilàtes Oeuvresd’Abelard,î a l- 343.
(59) In ope»rib. Ah*I. 't“g. 34?.
(60) Bellesforest ,Chroniq.deFrance.
s«i) Bile apour Titre,FhilosophiaNominaliumvindicara,fr est impri-mée i Paris rCtiHSb i» 3 ,