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Tome premier. A - B.
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(í) Naudé,Addic. àPHist. deLouis XI.fAg. 160.

(62) ^ApudFi, d’Am-boifc, Prœf..*Aj>ol. Ope-rum Abx-laidi.

(6$) Vol.i lesparoles d y <Xl-eia; j Adebaurem exísti-mata est dif-iìciliSjUt Fé-lins Baylai-dus, non in-ceîebristem-pestate suaTroseísor,in-génue faillisáit eaui à fenon inteili-

g : *

(<>4;Pâquier,Recherch.dela Fr. L'.vr.V l , Chap,XVII.

(6$) Crinitusde. honestâDiícipl.

Lib. XXV.Cap. IV,

(66) Jacob.Thomas ìnVitâ PétriAbslardi ,nurn. z.

(67) Volez,ci-dejsui , Ci-tation (3 9 ).

(6$) Volez,torride

Ikne'rius.

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ABE'LA R D.

A B E' L I E N S.

& que l’on regarde comme le Fondateur de la Secte des Nominaux. II a eu de rattachement luiauíli pour cette Secte , qu’il trouva très-propre à la %ìvacité de son esprit pénétrant , aigu , £5? in-ventif {t). II effraioit les gens par le moien de cette Science , Í5> les foudroioit fcf terrajsoìt par tant desortes d’Ergoteries & de Syllogismes , qu'il ne les rendoit pas moins estonnez que confus. Je ne croi pasqu’il se soit jamais mêlé de l’Explication du Droit Civil [A A) , comme quelques-uns le préten-dent. On verra , dans la derniere Remarque , le Catalogue des erreurs de Mr. Moréri {BB).Vous trouverez dans un Ouvrage du Pere Jacob lu) une longue Liste d’Auteurs qui ont

parlé d’Abélard.

(A A) De l'Explication du Droit Civil. ] François d’Am-boise se trompe , ce me semble , lors qu’il croit qu’Accuríea parlé de notre Pierre Abélard , dans la Glose sur la LoiQuinque pedum prafcriptione. Voici les paroles d’Accurse:Sed Petrus Bailardus , qui fe jaélavit quod ex qualibet qtian-tumcunque dijficili litera traheret fanum intelleSîum > hic dixítN E s c 1 o (62). Alciat loue la modestie de'ce Pierre Bai-lard , qui avoiioit de fl bonne foi son ignorance là-deffus :Magnus ille Andréas Alciatus in illo quem de quirtque pedumpràfcriptione fcripfit Traèlatu, postquam Petrum Bailardum ce-lebretn sua tempestate Profejsoretn laudavit quod ingénue sajfusejïet eam Legem à fe non intelligi, C r c. C eft ainii que parleFrançois d’Amboise (63) : 8c ses propres expressions suffi-sent à le condamner ; car, afin qu’Alciat ait raisonné juste,il faut que le Profefíeur célébré qu’il a loué ait été Profes-seur en Droit. Quelle merveille seroit-ce , qu’un Professeurde Dialectique avouât qu’il n’entend point un certain en-droit embrouillé du Code ? Aussi, voions-nous que ce Bai-lard est un Professeur en Droit dans Pierre Crinitus , qui lenomme Joannes Bajalardus. Concluons qu’il ne s’agit pointici de notre Pierre Abélard , & que Pâquier , qui a cru fai-re une Remarque qui 11e devoir pas- être oubliée , en luiapliquant ce qu’a dit Accurfe (64) , auroit mieux fait den’en rien dire. Au moins, devoit-il bien prendre garde qu’ily a dans le Passage d’Accurse , non pas Petrus Abellardus ,comme il le prétend ; mais, Petrus Baylardus. Que s’il étoitvrai, que ce Glossateur eût eu en vue notre Abélard, ilfaudroit dire , ce me semble > qu’il se seroit abusé ; car onne volt aucune raison de croire qu’Abélard se soit mêlé deJurisprudence. Volons les paroles de Crinitus. Qu&fitum estfuperiori atate à viris doâlioribus quidnam in Jure noflro civtliprafcriptio quinque pedum fignaret, qualifque foret in ea intel-leihts. Quam rem Laurentius Veilla zv alii complures cum nonfuis perciperent hac una fe ratione defendebant , quod JoannesBajalardus, inter eos qui Jus civile profiientïïr Virconfultiffimus, ingénue affrmavit, fe illud ìgnorare (65). Tho-mafíus ne devoir pas conclure de ce passage , que PierreAbélard ait été quelquefois nommé Baialard ( 66 ).

Voici une Observation , que Mr. de la Monnoie mecommuniqua , après avoir lu ma Remarque (AA). Je fuissùr que l'on aura plus d’avances , pour se bien déterminer,quand on aura comparé ses pensées avec les miennes ; c estpourquoi je me persuade qu’il nie permettra de mettretous mes Lecteurs en état de comparer. Je fuis persuadé,dit-il, que c est d'Abélard qu Accurfe, fur la Loi Quinque pe-dum , a entendu parler. Abélard, j'en conviens, nefaifoit pasprofession de Jurisprudence ; mais il pajfoit pour universel, ZApour un Homme qui prétendait ne rien trouver au dejfus de sonintelligence ; qui totum scibile sciebat, comme on a dit de luidans son Epitaphe. Accurfe , dans tendrait cité , ne nous endonne point'd’autre idée que celle-là ; ZA ceux, qui, fur les pa-roles du Glossateur , ont cru que Petrus Baylardus , ou Bailar-dus , avoit été un célébré Professeur en Droit , fe font trompez,.Il ri y en a jamais eu de ce nom-là. Bailardus n est autre qu’A-bélard , ZA c est une des dix ou douze maniérés dont on a écritle nom de cet Auteur. Les Italiens , tris-sujets à ces fortes deretranchemens , ont dit Bailardus pour Abailardus , commeRagona pour Aragona, Naldo pour Arnaldo , Berto pour Al-berto ou Lamberto. On ne niera pas, du moins, que JaquesPhilippe de Bergame , Moine Augustin , naît apellé notre Abé-lard Bailardus (67). C’est l’Observation de Mr. de la Mon-noie. Je m’en vais dire une chose , dont je ne m’avisai pasdans la prémiere Edition. Je croi qu’Abélard mourut avantque l’Etude du Droit Romain fut connue en France. O11l’avoit resuscitée en Italie quelques années auparavant (68),& l’on peut bien s’imaginer que l’Etifance de cette nouvellevie dura quelque tems. II est donc hors d’aparence , qu’onait eu recours à notre Dialecticien François , pour l’expli-cation cl’une Loi particulière , difficile au souverain point,& d’un très-petit usage. On ne s’amuse guere à débrouil-ler de pareilles choies, qu’après qu’on prétend avoir éclair-

ci les plus importantes, ou lors qu’on tâche de renchérirfur les premiers Interprètes. II se passe donc du tems, avantqu’on en vienne-là. S’il étoit permis d’emploier les Réglésde Mr. Ménage, on diroit peut-être, que le Bailardus d’Ac-curse est une corruption du mot Bulgarus , Bulgarus , Bal-garus , Bailgarus, Bailgardus, Bailardus. Ceux qui copientmal les Noms propres , & ceux qui ne les prononcent pasbien , peuvent introduire peu-à-peu de grands changemens.Feut-être avoit-on dit du Jurisconsulte Bulgarus, ce qu’Ac-curse , trompé par ces corruptions de nom , attribua à Pe-trus Bailardus.

(BB) Des Erreurs de Mr. Moréri. ] I. II est faux qu’A-bélard ait enseigné la Théologie à Corbeil > 8c à Melun.

II. Dire que tous les Auteurs avouent qu’Héloïse étoit Niè-ce du Chanoine Fulbert, est une mauvaise preuve contrePapyre Masson , qui a dit qu’elle étoit Fille naturelle d’uuChanoine. Rien n empêche que Fulbert n’ait eu une Sœur,qui ne se soit pas bien conduite : je dis une Sœur; car ilétoit Oncle maternel d’Héloïse , Avunculus. Je m’étonnequ André du Chêne (69) ait cru pouvoir réfuter PapyreMasson , par la même preuve dont Mr. Moréri se sert.

III. II ne paroit pas qtt’Abélard se soit introduit chez leChanoine , sous prétexte d’enseigner la Théologie à Héloï-se : pourquoi spécifie-t-on ce que les Auteurs qu’on doitsuivre ne disent qu'en général ? Ces termes , Erat cupidusille valdé , atque erga neptim fuam ut amplius femper in dot-trinam proficeret literatoriam plurimum ftudiofus (70) , ne dé-lignent-ils pas moins la Théologie qu’une autre Science?

IV. II ne paroit point qu’Héloïse ait eu beaucoup d’esti-me pour Abélard, avant même qu’ils fussent logés ensemble.

V. II n’est pas vrai qu’il la mena en Bretagne , quand ellese fut dérobée de chez son Oncle : il l'envoia bien dans cet-te Province ; mais il se tint à Paris, se précautionnant lemieux qu’il pouvoit contre les entreprises de Fulbert, jus-ques à ce qu’il l’eût apaisé , en lui promettant d’épouser saNièce. Alors il fut la joindre en Bretagne , comme on levolt dans la Relation de ses infortunes. L’Histoire abrégéed’Eldife za d’Abélard , qu’on a imprimée depuis peu (71) ,n’est point éxacte fur ce point. On y fupofe qu’Abélardsortit de Paris en même tems que de la Maison du Cha-noine ; qu’il y retourna , quand il eut su que son Ecoliereétoit grosse ; & qu’il tenleva de nuit , afin de P épouser clan-destinement , en attendant que fes Parens lui permissent de ïé-pouserpubliquement. II n’avoit nul dessein de lepouser, quandil l’enleva > & il ne prétendit jamais que son Mariage dûtêtre connu dans le monde. VI. Héloïse ne lui dit point fran-chement , quelle ne prétendoit pas par ce Mariage de priver...I Eglise d un Dofíeur , qui, selon son espérance , y seroit bien-tôt un illustre Prélat. Rien de semblable ne se trouve dansla longue déduction qu’Abélard nous a laissée des faifon-nemens d’Héloïse contre leur Mariage. Voiez f ArticledHE'LoïsE (72). VII. 11 ne dit point qu’il lait épousée

pour le repos de fa conscience : pourquoi Mr. Moréri veut-flmieux savoir les motifs de ce Mariage , qu’Abélard mêmene les a fus ? VIII. II ne saloir pas joindre ensemble lesNoces, & le Couvent d’Argenteuil : il y eut un milieu en-tre ces deux choses. Héloïse ne fut envolée daris ce Cou-vent , que parce que son Oncle la mal-traitoit, fâché de cequ’clle nioit fortement son Mariage. IX. C’est donc uneétrange fausseté , que de dire que ce Mariage ne fut pas stsecret que Fulbert rien fût averti ; car, ce fut en sa présence,qu’on bénit les Noces dans une Eglise. Post paucos dies,noéhJecretis orationum vigilis in quaiam Ecclefia celebratis , ibidemfummo mane avunculo ejus _ atque quibuflam nostris vel ipfiusamicis astìftentibus nuptiali lenedìtíione confœderamur (73).X. II n est pas vrai qu Abélard ait fait leçon à un grandnombre d’Ecoliers en Champagne , depuis que la mauvaisevie des Moines de Ruis l’eut contraint d’y retourner, &dans le tems que l’Abbé Suger fit sortir les Religieuses d’Ar-genteuil. Le Pere 1 Enfant a copié quelques-unes de cesfautes (74),

AB E LIENS , ou Ab e' l on i e n s , Secte d’Hereriques , qui s’étoit formée à la Campa-gne proche d’Hippone , & qui étoit déja éteinte du tems de St. Augustin. Elle avoit d’étrangesPrincipes, & peu propres à la faire durer {A). Elle ordonnoit à chacun d’avoir fa chacune j elle

ne

(A) Peu propres à la faire durer. ] C’étoit un état tropviolent, que celui de continence , entre un homme & unefemme, qui avoient d’ailleurs toutes choses communes , &dont la Société étoit censée un vrai Mariage : c’étoit, dis-je, un état trop violent, pour durer beaucoup ; nullum vio-lentum durabile. Les Abéliens n’étoient que des Encratites& des N ovariens mitigés : ceux-ci condamnoient hautementle Mariage ; les Abéliens le loiioient, 8c le rctenoient. _ IIest vrai que ce n’étoit presque que de nom : ils en avoientl’aparence ; mais Us en reniaient la force. Hi nomen quidemconjugii zy mptiarum retinuemnt, vitn mttem z? esfetlum ea-

rum prorfus fuftuîerunt (i). S’ils avoient cru que le Maria-ge étoit un Sacrement, ils auroient été sor cet article ceque les Zuinglìens ont été sor celui de l’Eucharistie : ilsn’cussent admis, que la figure > & point du tout de réalité.Or c’est ce qui a dû contribuer à lextinction de la Secte.[Vous trouverez dans le Dictionaire de Furetiere (2) , que]

Boire ZA manger , coucher ensemble ,

C’est Mariage , ce me semble.

Voilà l’idée naturelle, qu’on se forme de cet état; 8c, danscette idée , le dernier des trois Attributs passe pour le. prin-cipal,

(u) C est ce-lui De cla-ns Scripto-ribus Cabi-lonenfibus,pag. 142,

(69) Norsad Hist,calamit.Abalaidi,

(70) A ba:-'lardi OpeL,î“g. 11.

(71) A U

Haie, enlísHin 12,

(■72) A U

\emarqtu

(X).

( 71 ) Abâ-tardi Oper,

pag. 16 .

(74) L’En-fant, aÇkL-gimx Domi-nicain, Hist,génér. detous les Sié-cles, au ztAvril. Ccstv.n Ouvrageen 6 Volttmm 12 , diviséselon les joursde V^Annéei& imprimé àParis , C1684.

(i J Danzusin Libr. Au-gustin] dè'HœreC CapmLXXXVII .

(2) Furetie-re , au MotMariage,