ABE'LIENS. ABELLI. ABELLY.
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ne trouvoit point bon, & ne souffroit point que l’Hommé fût seul j il faloit, félonies Statutsde l’Ordre, qu’il eût une Aide semblable à lui : mais, il ne lui étoit pas permis de s’apuier furcette Aide ; je veux dire, de s’unir corporellement avec fa Femme : c’étoit pour lui l’Arbrede Science de bien & de mal, dont le fruit lui étoit sévèrement défendu. Ges gens-là régloientle Mariage fur le pié du Paradis terrestre , où il n’y eut entre Adam & Eve que l’union ducœur : ou plutôt, ils fe régloient fur l’exemple d’Abel : car ils prétendoient qu’Abel avoitété marié} mais, qu’il étoit pourtant mort, fans avoir jamais conu de femme. C’étoit de lui,que leur Secte avoit pris son nom (s). Quand un homme & une femme étoient entrez en cet-te forte de Société , ils adoptoient deux enfans , un garçon & une fille , qui fuccédoient à leursBiens, & qui fe marioient fous les mêmes conditions de ne faire point d’enfans -, mais d’enadopter deux , qui différassent en Sexe. 11 s ne manquoient pas de trouver de pauvres gensdans le voisinage , qui leur fournissoient des enfans à adopter. Voilà ce que St. Augustin nousen aprend (b) -, èc , comme il est presque le seul qui en parle , il faut croire que cette Secte nefut contre qu’en peu de lieux , & qu’elle ne dura pas long-tems. On croit qu’elle commenca fousl'Empire d’Arcadius, & qu’elle finit fous celui de Théodofe le Jeune. Tous ceux qui lacompofoient, réduits enfin à un seul Village , fe réunirent à l’Eglise Catholique.
cipal, & pour la différence spécifique. C’est celui-là, quel’on nomme k Consommation du Mariage : sans celui-là,le Contract le plus solennel, les Fiançailles, la Bénédictionnuptiale, ne passent que pour des Préliminaires, dont onse dégage facilement. C’est celui-là qui serre le nœud , 8 cqui le rend indissoluble. C’est la fin , le but, Sc la couron-ne de l’œuvre ; c’est le non plus ultra. II y avoit donc peud’aparence que beaucoup de gens , même après que la nou-veauté du Dogme seroit passée , voulussent avoir le nomSc le lien de Gens mariez , 8 c fe priver de ce que le Céli-bat avoit dès lors de plus éclatant, fans goûter les fruits Scles délices du Mariage. II n’a donc pas été nécessaire, quand
j’ai dit que les principes de cette Secte étoient peu propresà k faire durer, que je fisse quelque allusion au bon-motqu’on attribue à Sixte V : Non fi chiava in qúefla Religione,non durara (3). Les adoptions y tenoient lieu de généra-tions ; Sc, à cause de cela, on ne pouvoir pas dire des Abé-liens, ce que Florus remarque touchant les premiers Ha-bitans de Rome : Res erat unius atatis , populus virorum (4).Si d’autres causes ne s’en fussent pas mêlées, cette Secteauroit pu durer éternellement : Per feculorum milita ( incre-dibile dittu ) gens aterna est in qua nemo nafcitur. C’est ce quePline a dit des Esséniens (5), Sc ce que l’on dit tous lesjours des Moines.
(<í) Voiez.'ÊQ*chart,Geogf.fìicr. Libr. II.Cap. XVI,qui croit quela Fable de lacontinencect ^Adat/iy p en-dant 130 ans ,après la mortd*^Abel, adon-né lieu au nomde ces- Héréti-ques,
(b) Augufí-,de Hsr. Cap mLXXXVIIy,Vide ibìLambert.VanLum.
(l) Conseil*Cathoì. deSanjy, u VmJ , Chap. f,(4) Florus,
C : b. I , Cap J,
( 5 ) Píinius ,Libr. V 9Cap, XVII %
ABELLI (Antoine) Docteur en Théologie, Jacobin, Abbé de Notre-Dame de Livrien l’Aulnoi , Confesseur de la Reine Mere, & auparavant son Prédicateur v fit imprimer desSermons fur les Lamentations de Jérémie , à Paris , l’an i f8z. Je ne fais que copier la Croix duMaine, & du Verdier Vau-Privas ; &, si je ne corrige point les fautes , qu’ils peuvent avoircommises, au moins, propoferai-je mes doutes {J). Si Mr. Moréri en avoit fait autant,peut-être fauroit-on aujourd’hui la vérité} car rien ne pousse davantage les Curieux à fairepart au public de leurs éclaircissemens , que l’aveu , que font les Auteurs , qu’ils ne savent pastelle ou telle chose. C’est ce qui m’obligera à proposer souvent mes doutes. Mr. M >réri avoittant d’occasions, que je n’ai pas, de consulter ceux qui pouvoient rectifier ces sortes de cho-ses , qu’il devoir plus faire ici que copier la Croix du Maine.
{A) Propoferai-je mes doutes. ] II me paroit un peu étran-ge , qu’un Jacobin jouisse d’une Abbaïe , & qu’on lui en( 1 ) Valez. donne le nom. Je ne connois point de Pais en France, quil’ Etat de la s’apelle l’Aulnoi. Si l’on a voulu dire le Laonois, c’est unefiance, im- autre chose : mais, d’ailleurs, je ne trouve aucune AbbaïeíiotT?/ 680 ’ nommée Livri dans le Diocèse de Laon (1). L’Abbaïe defis 3:1, jn. oe nom est au Diocèse de Paris. Enfin, je trouve dansl’-Acte , par lequel l’Univerlìté de Paris préta Serment de fi-la) Vouz. délité à Henri IV, le rz d’Avril 1594 ; j’y trouve, dis-je,/Histoire du entre ceux qui le signèrent, un François Abély , Abbé d’I-Navane 1 V1 * ' Prédicateur & Aumônier du Roi (1). Cest à ceux, quiMr. de Lau- en auront les occasions fous k main , à vérifier fi l’on n’au-372 _ xoit pas ici assemblé fur une feule personne ce qui ne con-(3 )CeU„\ r . venoit qu a plusieurs (3).
rive que trop Mes doutes m’ont procuré un bon éclaircissement ,px Bibiiogm- que j’inlére ici. „ L’Aunoi, ou L’Aulnoi, est fort bien.
„ C’est VAbbaïe de Notre-Dame de Livri, en L’Aunoi, in„ Alneto (4) , de l’Ordre de St. Augustin , dans le Doienné WClímci:„ de Chelles, Diocèse de Paris. 11 faut supolèr, que pour Jtobcrtiis,„ parvenir à cette Abbaïe > Antoine Abelli passa de l’Or- èïatunuU»!„ dre de St. Dominique dans celui de St. Augustin , ce qui batìarum '„ est une chose fort aisée, & qui se pratique tous les jours. Gallk,
„ A 1 égard de François Abély , Abbé d’Ivri, je crois qu’il„ y a faute , & que ce François, qui fut aparemment Suc-„ cesseur d’Antoine , doit être qualifié Abbé de Livri, n’y„ aiant en France nulle Abbaïe du nom d’Ivri.” Cet éclair-cissement m’a été communiqué par Mr. de k Monnoie. '
Mr. F Abbé Baudrand m’a fait savoir que cette Abbaïe de Li-vri est a trois Lieues de Paris , en allant vers Meaux , dans unpetit Quartier qu on apelle l'Aulnoy , ou il y a dix ou douz.eVil-lages » çr dont on ne fait plus les Confins. Ces deux écìairciírsemens levent suffisamment mes difficultez.
0 ) Meicn-re Galant^ Otí. lôpi.
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OeuvresDes-
nnm IV.
ABELLY (Louis) Evêque & Comte de Rhodez, mort le 4 d’Octobre 1691, âgé de88 ans (a) , étoit de Paris , Sc il y fut Curé de Saint Jolîè. II a composé divers Ouvrages , &,entre autres , un Traité de Théologie, intitulé Medulla T’heologica (b) , qui a été cause que Mr.Despréaux lui a donné l’Epithète de moelleux (J ), & qui est fort éloigné des Maximes des
Janfé-
{Aj L’Epithète de moelleux.'] Ne faisons pas difficulté deremonter un peu haut, en raportant ce passage ; car, outrequ’il ne faut pas craindre que k longueur de k Citationdéplaise à personne , elle servira à confirmer ce que je doisdire dans la Remarque suivante.
Alain touffe & fe leve , Alain (x) , ce savant Homme,Qui de Bauni vingt fois a lu toute la Somme,
Qui poffede Abelli , qui fait tout Raconis ,
Et- même entend , dit-on , le Latin d'A Kempìs.
N'en doutez, point , leur dit ce savant Canonise,
Ce coup part , f en fuis sûr , â'une main Janséniste ;
Mes yeux en font témoins : f ai vu moi-même hierEntrer chez. le Prélat le Chapelain Garnier.
Arnaud , cet Hérétique ardent a nous détruire ,
Par ce Ministre adroit tente de le séduire.
Sans doute il aura lu dans son Saint AugustinQu autrefois Saint Louis érigea ce Lutrin.
Il va nous inonder des torrens de fa Plume,llfaut , pour lui répondre , ouvrir plus d’Un Volume.Consultons fur ce point quelque Auteur signalé;
Voions, fi des Lutrins Bauni ria point parlé.
Etudions enfin , il en est tems encore ,
Et , pour ce grand Projet , tantôt , des que ïAuroreRallumera le jour dans tonde enfèveli ,
Afss chacun-prenne en main U moeeeux Abeei W*t o m. I.
Quand ces Vers ne contiendraient autre chose que l’acco-lade de Bauni & d’Abelli, ils signifieraient assez l’Anti-Jan-sénisme de ce dernier ; mais ils contiennent plusieurs au-tres traits , qui vont au même but, & qui portent coup,L’Auteur a mis en marge une Note , qui explique la raisonde l’Epithête , & il á bien fait. Quand je songe aux con-jectures, que formeraient les Critiques, fila Langue Fran-çoise avoit un jour le destin qu’a eu 1 a Langue Latine, Stque les Oeuvres de Mr. Despréaux se conservassent, je meteprélénte bien des chimères. Car suposons que la Medul-la Théologien de Mr. Abelly fut entièrement perdue , Sc quepresque aucun Auteur qui en eût parlé ne subsistât, & qu’iln’y eût point de Note à la marge du Lutrin vis-à-vis demoelleux ; quels mouvemensles Critiques ne se donneroient-ils point, pour trouver k raison de cette Epithète, Sc com-bien dc fâussetez'ne diroient-ils pas (3) ? Je m'imagine quequelqu’un , mal satisfait des conjectures de tous ses Prédé-cesseurs , áiroit enfin , que l’Ecrivaín Abelly avoit été ca-ractérisé par cette Epithète , à cause qu’on avoit voulu faireallusion aux Offrandes d’Abel, qui ne furent point sèchescomme celles de Caïn ; mais un véritable Sacrifice de Bê-tes. II citerait fur cela le Sacrum pingue dabo , nec rhacrumfacrificabo : II dirait que les parties des Victimes n’étoientpas toutes également considérables, & que k graisse , fouslaquelle il faut aussi comprendre la moelle , étoit d’un usa-ge singulier. Plus il seroit docte , plus le verroit-on courirD d’extra-
(b) La pre-mier e Editiontst de Paris yen 1651. Otiy en fit unefixiéme cnz Vol. in iz JPan 1
(ï) Conférezcc que dit leP. Bouhoursdans le IVDialogue de
la Manieiede bien peu»fer, page zsz,au f ’djet de cesparoles de Mr^Despréaux ,Proses dansFOidre deçCoteaux,