2.6 ABELLY. ABERDON. ABGILLUS. ABYDE.
Jansénistes (13). II a fait aussi la Vie de Vincent de Paul , Instituteur & prémier Supérieur Généralde la Congrégation de la Mission ; un Livre fur les Principes de la Morale Chrétienne j un autre furles Hérésies ; un autre fur la Tradition de P Eglise touchant le Culte de la Sainte Vierge , &c. Ce der-nier Ouvrage , imprimé pour la seconde fois à Paris, l’an i6/y , fit un grand plaisir aux Protef-tans , parce qu’il leur fournit de bonnes armes contre les Convertisseurs , qui vouloient leur faireaccroire , que s’il y avoir quelque chose d’excessif dans cette espèce de Dévotion , ce n’étoit quedes pensées Monacales , ou des abus que les Evêques corrigeoient journellement. Ce même Livreic) intitulé servit à ceux de ía Religion contre celui de Mr. l’Evê que de Condom (c). En effet, Mr. Abellyde P hDoc rendit le Protecteur des pensées les plus outrées concernant la Dévotion envers la Vierge Marie.trine 1 de° C ' C’étoit ruiner les efforts de l’autre Prélat, & les vues de ceux qui ont publié ou aprouvé lescathoii- -dvit salutaires de la Sainte Vierge à ses Dévots indiscrets. Mr. Abelly étoit Docteur en Théologie° 1 de la Faculté de Paris : il fut fait Evêque de Rhodez , lors que Mr. de Péréfixe, Précepteur duRoi , monta à l’Archevêché de Paris : & il résigna son Evêché à un autre , lors que son grandâge ne lui permit plus d’en éxercer les fonctions, & fe retira dans la Maison de St. Lazare. IIrévéla , dans la Vie de Mr. Vincent, un fécret qui plut à beaucoup de monde (C).
(4) Nouvel^ìes de laRép.des Lettres,Oft. 1684,Un. V .*ÍCe desseina été exécu-té depuis lamort de Mr.Eayle par Mr.Brojfeîc. Ilpublia eni7isàGene-ve les Oeu-vres de Def 1préaux avecdes Eclair-cissemensHistoriquesdonnez parl’Auteur mê-me , 2 Vol.in 4. On les
d’extravagance en extravagance, & accumuler de chimè-res. En cet endroit, comme en plusieurs autres, verroit-on vérifiée l’espérance dont il est parlé dans la IX Satire deMr. Boileau :
Et déjà. vous croiez dans vos 'Rimes obscures,
Aux Saumaìfes futurs préparer des tortures.
Quelqu’un a dit qu’il feroit à souhaiter qu’on fît déjà unbon Commentaire sur les Satires de cet Auteur (4)*. II estcertain que cette sorte d’Ecrits deviennent bien-tôt obscurs,quant à un grand nombre de choses. Le Catholicon d'LT-pagne, & la Confession Catholique de Sancy, en font unepreuve. Le Public est fort redevable à l’Auteur, qui publiades Remarques fur la derniere de ces deux Satires l’an 1693,& fur la prémiere l’an 1696. II est curieux , & pénétrant,& fort propre pour ce travail.
(B) Des maximes des Jansénistes .] Un de ces Messieurss’est plaint fort amèrement, de ce que Mr. de la Berchere,Archevêque d’Aix , avoir ordonné au Directeur de son Sé-minaire de suivre Abelly , Bc de ne plus enseigner la Théolo-gie Morale (5) de Grenoble. II dit qu’on trouve dans la Me-dulla Théologien de Mr. Abelly trois médians principes, dontle I renverse la plus certaine Réglé de la bonne Conscience , re-conue par les Payens mêmes , qui n ont pas cru qu il fût permisde faire une chose dont l'on doute fi elle efl juste , ou injuste,réduit à rien le plus grand de tous les Commandemcns,
Le íll est direflement oposé au soin qu a pris Mr. le CardinalGrimaldi de faire observer les Réglés de St. Charles dans le Sa-crement de Pénitence , en marquant un grand nombre de Casdans lesquels les Confejseurs doivent, ou refuser, ou dijsérer l’Ab-solution. On accuse donc Mr. Abelly cTenseigner , I, Sju el'on peut suivre une Opinion moins probable cy moins sure , enfaisant ce qui est péché selon l'Opinion contraire, qui nous paraîtplus probable .-II, Gjù’il n efl point certain que le Précepte d'ai-mer Dieu plus que toutes choses oblige jamais par lui-même-, maïsseulement par accident III , §lu’o» peut sans scrupule absou-dre toujours ceux dont la vie est une continuelle vicissitude deConfessions cy de Crimes. Voiez XAvis aux Révérends PeresJésuites â'Aix en Provence , fur un imprimé qui a pour Titre ,„ Ballet dansé à la Réception de Monseigneur VArchevêque„ d’Aix.” On publia cet Avis, l’an 1687 , in 12.
11 est aisé de conoître qu’il s’agit du Livre de Mr. Abellydans cet endroit du Menagiana. „ Comme on parloir de la„ moelle d’A..., Mr. F Abbé le Camus, à présent Cardinal,dit: la Lune étoit en détours , quand il fit cela (fi).” Nou-velle preuve du mépris des Jansénistes pour cet Ouvrage.
(C) Un fécret, qui plut à beaucoup de monde. ] I] a faitsavoir au Public , que Mr. Vincent ne voulut plus avoir deliaison avec l’Abbé de St. Cyran , après lui avoir entendudire , que le Concile de Trente n’étoit qu 'une Cabale , cyme Assemblée des Schólaftiques cy du Pape (7).
Un homme , qui íeroit persuadé de cela , ne pourroitpas être Catholique Romain.
Le n
qui est celui qui nous oblige d'aimer Dieu plus que toutes choses
a reimpn- J
mées à Amsterdam en 171s , in sel. 5 c in 4. Eu 1622 à la Haye, en 4 Vol. in 12. Add. de l’FJ. d ’ Mmfi.)
(S) Composée par Mr. Genet , que U Cardinal Grimaldi , Prédeeejsim de Mr. de la Berchere , avoit sait venir dam son Séminaire * „ r ■ , . . „
Morale, & qui a aepms ete sait Evcque de Vaison. J ùem,mfre > peur y enseigner lui-meme sa
(d) ApuiBaudrand,Lexici Géo-graphe^
ABERDON Ville Episcopale d’Ecoffc, sons l’Archevêque de St. André, avec une Acadé-mie Les Ecoffois la nomment Aberdeen. On peut la considérer comme divisée en deux; car il y aAberdon à VEmbouchure de la Done , & Aberdon a l’Embouchure de la Dee. La premiere íenomme la vieille Aberdon, Old-Aberdeen , & Vautre la nouvelle Aberdon, New-Aberdeen. Elles nefont éloignées l’une de Vautre, que de mille pas. Le Siégé de VEvêché, & VAcadémie, sont à lavieille Aberdon : Vautre est plus riche, & plus marchande. L’Académie fut créée Van 1480. L’E-vêché y est depuis Van 1100 : il y fut transféré de Murtlac , comme nous Vaprend Hector Boé-thkis Historien Ecoffois (a). Cette Ville fe nomme en Latin indifféremment Abredonia , Aberdo-nium ’ & Aberdona. Mr. Moréri a voulu rafiner fur cet Article (A), Sc n’y a pas trop réussi.
(A) Mr. Moréri a voulu rafiner fur cet Article. ] 11 trou-ve mauvais que quelques-uns aient dit qu’Aberdonne ouAberdoen, Aberdonìa, Aberdona, ou Devana, est une Vil-le. ll n y a point de Ville , poursuit-il , qui porte ces noms entoute ïEcosse ; mats il y a deux villes , dont l'une eft nomméeNeu-Aberdon , cy l'autre Old-Aberdon : cy fi ce nom fe ren-contre , ce n efl qu en quelques Livres ou Cartes peu éxaâies. IIIeroit mutile de prouver , que non seulement dans le Lan-gage ordinaire , on ne fe sert point de la distinction de
vieille & de nouvelle Aberdon ; mais aussi , qu’on s’en serttrès-peu dans les Livres. Car où font les Auteurs , qui ontdit t Evêché de la vieille Aberdon , ï Académie de la vieilleAberdon ? Où font les Historiens , qui ne se contentent pasde dire Aberdon tout court, quand ils veulent désigner cet-te Ville Episcopale ? Mr. Moréri ne se souvenoit pas apa-remment de fa Critique , lors que dans F Article d’Ecosse ildifoit, Saint André a une Université , ey Aber dorme ï autre-,car , autrement, il auroit dû dire Old-Aberdon.
ABGILLUS (Jean ) Fils d’un Roi des Frisons, mena une vie si exemplaire, qu’on le sur-nomma le Prêtre. II accompagna Charlemagne à V Expédition de la Palestine ; ct, au lieu de s’enretourner en Europe, comme fit Charlemagne , âpres la prise de Jérusalem , il pouffa jusques auxIndes , y fit de vastes Conquêtes , & y fonda l’Empire des Abyssins, qui, de son nom, fut apel-lé l'Empire du Prêtre Jean. II a composé deux Histoires, dont l’une comprend le Voiage de Char-lemagne à la Terre Sainte, & Vautre l’Expédition qu’il fit lui-même aux Indes. Ce dernier Ou-vrage contient la description du Païs , & celle des différens Peuples qui Vhabitent. Si Suffridusta) ii parie de Pétri (a) a été capable de s’imaginer que ces Histoires soient autre chose qu’un des ces médiansut Auteur & Romans, qu’on faisoit dans les Siécles d’ignorance , ct où Von faisoit entrer Charlemagne , avecautant de hardiesse, que si c’eût été un Héros imaginaire , un Palmérin d’Olive , un Huon deTrasté de Bourdeaux , un Geofroi à la grand’ dent : si, dis-je , Suffridus Pétri a été capable de s’imaginerST cela, il est digne de toutes les duretez que Vossius lui a dites (b) : car que peut-on débiterde plus fabuleux , que la Conquête de Jérusalem par Charlemagne ?
A B Y D E , Ville d’Egypte. Etienne de Byzance veut qu’elle ait été une Colonie de Milé-siens (A) , à laquelle un Homme, nommé Abyde, ait donné son nom. Strabon en parle comme
( A) Vne Colonie de Mìlésiens. ] Cela n’est gueres aparent.J’avoue qu’ils établirent des Colonies en Egypte ; mais cefut proche des Embouchures du Nil : leur puissance con-fistoit alors en forces de Mer , 8c leur Commerce ne de-maudoit pas qu’ils eussent un poste fl éloigné de la Côte,
d’une
que l’étoit Abyde. De plus , ils ne Rétablirent en Egypte,qu’au tems de Cyaxare , Roi des Medes (1). ' Or Abydeétoit considérable avant ce tems-là ; puis que Memnon yavoit non feulement établi fa Cour , mais encore, y avoitfait bâtir un Palais magnifique.
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(6) Mena-
de U 1 Edit4de Hollande-
(7) Abelly*'Vie de Vin-cent de Paul*Liv. 11 , Chap-XII. Votez, laPréjugés lé-gitimes con-tre le Jansé-nisme* pag*
(b )0 homtitu*valdè Jimplî • J
cem, ac propèdìxerìm inJì- Mpientem , juivanis adeo acJlultîs com-mentis habite*,rit fident IVoffius deHistor. Las,
(1) StraboLibr. XVhï a Sr SS I»