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Tome premier. A - B.
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abrabanel:

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son Pere. Ôn dit que Samuel embrassii le Christianisme à Ferrare , & qu’il y réçut le nomd’Alfonse, qui étoit celui du Duc. Abrabanel a fait plusieurs autres Livres ( K) , dont on ne fau-roi t marquer la date , & dont quelques-uns n’ont pas encore été imprimez. Plusieurs NoblesVénitiens, & les principaux des Juifs, célébrèrent ses Funérailles avec assez de pompe. SonCorps fut enterré à Padoue, dans un Cimetière qui étoit hors de la Ville. On enterra peu aprèsau méme lieu le Rabin Juda Menz , qui avoit été Recteur de l’Académie. Le Siégé de l’anif op ruina de telle forte les environs de la Place , qu’on ne sauroit plus discerner ce Cimetière.

Abrabanel avoit de grands dons : il va de pair avec le fameux Maïmonides ; ct il y a même desgens , qui le mettent au dessus de lui. Les Juifs prétendent, qu’il a ruiné de fond en combletoutes les raisons & toutes les objections des Chrétiens. Ceux - ci , méprisant avec raison toutce qu’il a dit concernant nos Controverses Judaïques , font beaucoup de cas de ses autres inter-prétations. Ils le trouvent subtil, clair , savant, sincere. II ne canonise point les Opinions deíes Maîtres, & il censure assez librement le Plagiat, & les autres fautes dont il les trouve cou-pables. Son grand défaut est d’avoir été trop sensible aux persécutions, que les Juifs avoientfouffertes , & ausquelles il avoit eu fa bonne part. Le souvenir de cette infortune l'animoit d’u-ne telle fureur contre les Chrétiens , qu’il les traite avec le dernier emportement. II n’a pres-que point fait de Livre , ou il n’ait marqué les traits de son désir de vang ance , & de son in-dignation j & il ramenoit à force de bras & de machines toutes sortes de matières à l’état misé-rable où ía Nation étoit réduite. II efpéroit de ranimer par ce moien la Synagogue mouran-te (g) -, & je croi aussi, qu’il trouvoit là un soulagement à l’opression de sa bile, qui l’auroit ex a au

étouffé peut-être , s’il ne s’en étoit déchargé fur le papier. Il ne feroit pas le seul, qui se seroitbien trouvé de ce remède. On connoit des gens , qili en ont eu grand besoin , quoi qu’ils n’i- Mms. no-gnorassent pas comme lui les Préceptes de l’f vangile. Je ne trouve point son Professorat de Pa- p C ^ r S 'J S *$,doue (L), ni son Voiage d’Orient (M). Ce sont des Faits où. Mr. Moréri s’est lourdement abusé.

Je n’en dis guere moins du Voiage d’Allemagne (N).

Abrabanel étoit un Homme infatigable dans le travail de l’Etude : il y passoit des’nuits en-tieres j ct il pouvoit jeûner fort long-tems. II écrivoit avec une grande facilité : la haine im-

pla-

( 26 ) Baito-loccì, Bibl.R.abbìn.

881.

< 27 ) Idem,íbìd,

<28 ) Idem ,

pag.

688 , ex * 3 ?

ÏVAvidç

Çanz.

< 29 ) Idem ,ibìd. pag t 88 r.

<3«) Actrairipfl Nov,3686 j pag,5 zr.

<3i) âeft-t *~dire , Ca-fwt Fidei.

At a ute tra~d iit tn Li-*'» f m Guil-laume Vois-íius, fyfrmé , aveeI e5 Notes , aAmsterdam,

- 1638. ní-

*?/- Anton.Sibl. Hisp.Tom. i , p a „«JS.

C») Oelf-à-

“'™, Ouvra-ges de Dieu.■Íí y traitedoctement deta Création ditMonde , fydxamine d'oìiMoïse a trisce cjui estécrit dans led-.ivrt de

ta Genefe.Simon, Hist.Crit. du v.1 '«st.p í ^.S 3 7 .

< 33 ) Spizelii

^.v niVe ,

Hist.

5; nt - du

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luis en François. On en cite ordinairement l’Auteur fousle nom de Léo Hebr&us. 11 est nommé Mestrs Léon Abar-banel Medico Hebreo, dans la Traduction Espagnole impriméeà Venise , l’an 1568 , in 4.

Juda Abrabanel quitta son pere , lors que lesFrançois conquirent le Roiaume de Naples ; & se retiraà Genes , pour y exercer la Médécine (.16). SamuelAbrabanel vivoìt encore fous le Pontificat de JulesIII, comme il parait par la Requête qu’il présenta auCardinal Sirlet, Protecteur des Néophytes (17). 11 se re-tira de Naples , l’an 1540 , 8c emporta avec foi la va-leur de deux cens mille Ecus (28). Son Pere lui dé-dia le Commentaire in Pirke Avoth , qu’il composa l’an1496 (29). ....

( 2 C) Abrabanel a fait plusieurs autres Livres, J Voici ceuxqu’on marque dans le Journal de Leipsic (30) : des Com-mentaires fur la Genefe , fur le Lévitique , ejr fur les Nombres :Rajch Amana (31) : Sepher Jefchuoth Mefchicho , qui est unOuvrage fur les Traditions qui concernent le Meilie ; ZedekOlamim ; cela regarde les Peines 8c les Récompenses del’autre Vie ■ Sepher Jemoth Olam ; c’est une Histoire depuisAdam. Maamar Maehafe Schaddaì ; c’est un Traité de laProphétie , 8c de la Vision d’Ezéchiel, contre le RabinMaïmonides: Sepher AterethSekenim : MiphalothElohim (32);Sepher Schamaim Chadafchtm : Lahakath Nebhiim. Le SieurThéophile Spizélius remarque que Jean Buxtorfe le Fils luia montré un grand nombre de Dissertations tirées des Ou-vrages d’Abrabanel, lesquelles il avoit traduites en La-tin (. 33 )- Elles ne peuvent qu’être semblables à cellesdu même Rabin , que le même Buxtorfe a traduites 8cpubliées avec le Livre Cofri. II montra aussi d’autresTraductions , qu’il avoit faites de quelques Livres de ceRabin. Le Commentaire fur Haggée a été traduit en Lan-gue Latine par Adam Scherzerus, 8c inféré dans le Trì-j'Jtum Orientale , publié à Leipsic , l’an 1663. On a pu-blié dans la même Ville , en 1686 , in folio , le Com-mentaire fur Jofué , fur les Juges , cr fur Samuel. Voiezce que l’on a dit de cette Edition dans le Journal de Leip-sic , d’où j’ai tiré cet Article. En la même année 1686 ,on imprima à Leide le Commentaire fur Hofée , avec laPréface fur les XII petits Prophètes ; le tout traduit en La-tin , 8c accompagné de Notes, par François ab Hufen.Monsieur de Veil, Juif converti, publia à Londres, í’an1683 , la Préface f Abrabanel fur le Lévitique. Voiez le Jour-nal de Leipsic , au mois de Janvier 1684. Nicolas Anto-nio vous donnera les Titres de quelques autres Ouvragesde ce Rabin , avec le tems 8c le Heu de l’Impreffîonquelquefois, selon que la Bibliothèque Rabinique de Plan-ta vit a pu le lui aprendre. Mr. Moréri ne devoir pas direqu’Abrabanel a écrit un Commentaire fur le Thalmud ;mais seulement une Piéce du Thalmud , intitulée PirkeAvoth. Nicolas Antonio , son unique source , lui a puíi bien expliquer cela , qu’il ne devoir point s’y tromper.Le Pere Simon , qui aprend beaucoup de choses curieusestouchant les Livres d’Abrabanel, observe qne le Livrecomposé par ce Rabin , fous le Titre de Nahalat Avoth ,Profession des Peres , est un Commentaire fur le TraitéPirke Avoth , er que l'un ex Vautre ont été imprimez, à Ve-nise , in quarto, en 1345 ; qu il y a une savante Préface de cetAuteur au commencement de son Livre Nahalat Avoth , oh ilexplique la Succefion de la ïradition parmi les Juifs, ce qui estune chose fort embarraffée (^4).

. (L) Je ne trouve point son Professorat de Padoue.~\ Voiezçi- dessus la Remarque (jS). Les savans Hommes, qujj

nous ont donné (35) un Abrégé historique de la Vie d’A- t is ) DMS uibrabanel, 8c qui l’ont suivi presque d’année en année , de- Àct-i Lip-puis fa sortie d’Espagne , jusques à fa mort, naîtraient pas ss-ff .w.laissé passer une circonstance si remarquable : ainsi , je con- 1686 >élus, que puis qu’ils n’en parlent pas, l’Auteur n’en a point slSparlé. Or il n’y a gueres d’aparence , qu’aiant dit beau-coup de choses , qui ne lui pouvoient pas faire autantd’honneur qu’une Profession à Padoue , il n’eât rien ditde cette Charge , s’il en avoit été actuellement revêtu. Et,si d’autres que lui en avoient parlé avec quelque fonde-ment , je croi que Messieurs de Leipsic ne sauraient pasignore , ni voulu passer fous silenre. C’est donc un faitun peu apocryphe , pour ne rien dire de pis.

Joignez à cela , que le Pere Bartolocci, qui a donnéune fuite exacte des Avantures de ce Rabin , ne parle pointde Cet Emploi.

{M) ...... ni son Voiage d’Orient.] Je le tiens pour

faux , par la raison que je viens de raporter , tirée du si-lence de ces Messieurs : mais, quand même ce Voiage au-rait été effectif , Mr. Moréri ne laisserait pas d’avancerune grande fausseté. II supose , 1 , qu’Abrabanel ensei-gnoit la Langue Hébraïque à Padoue , en 1510: 8c, en2 lieu , que l’envie de faire éclater sa haine contre lesChrétiens l’obligea à passer en Orient , pour y vivre avec ceuxde fa SeVte , c T que ce fut alors qu il composa ce grand nombred’Ouvrages que nous avons de lui. Nous avons vu qu’il mou-rut l’an 1508 : c’est assez pour juger qu’on vient de nousdire des chimères.

( N ) ..... Ce font des Laits ou Moréri s'est lourdementabusé. Je n en dis guere moins du Voiage d'Allemagne. 1 Jen’oiois le traiter de faux , pendant que j’étois persuadéque Don Nicolas Antonio avoit bien cité Buxtorfe ; car,en supofant qu’il l’a bien cité , on doit croire qu’Abra-banel a parlé de son Voiage d’AUemagne , dans son Com-mentaire sur Pirke Avoth. Profitgus ergo is in Germaniamvenit , quod ipfe ait in Commentariis ad librum Talmudi-cum Pirke Avoth.. .. Buxtorfio teste in Traôlatu de Abbre-viaturis Hebrteorum , pag. 100 (36). Je me reduisois donc sî«) Nie;à dire dans cette suposition, qu’il étoit du moins certain , \ nton .qu’Abrabanel n’allá pas en Allemagne dès qu’il fut exilé Bibl ‘ Hif ^* >des Terres du Roi Catholique; puis qu’en les quitant ils’embarqua pour le Roiaume de Naples , 8c qu’il y arrivaquelque tems après. Ainsi je ne laiffòis pas de trouverencore en faute Mr. Moréri ; Abarbinel, dit-il , fut dunombre des Exilez. Jlfe retira en Allemagne, or puis en Ita-lie. Et j’avois lieu d’être d’autant plus surpris de cette fau-te , que je savois que Don Nicolas Antonio savoir corri-gée , après avoir été nueux instruit par le Pere Bartolocci,

Mais , aiant consulté le Livre qu’on a cité , j’ai vu quel’Auteur ne dit nullement qu'Abrabanel dise qu’il a voiagéen Allemagne. Voici ce que dit Buxtorfe : Hic titulus(Morenu, id est , Doctornoster) novus est , insra ducentosannos natus in Cermaniâ , inde in Italìam traduRus , quod,valdé mirât us fuit Don Isaac Abarbinel ex Hifpantà in has ter-ras venìens , ut ipfemet feribit in Commentario Pirke Abhoth,

Cap. 6 (37). Je ne saurais plus douter que Don Nicolas GtlBimbrf.Antonio n’ait mal entendu Buxtorfe ; 8c c’est une mé- ààkàviar,prise , dont il ne s’est pas rétracté dans fendrait où il He b^ornous aprend ce que le Pere Bartolocci lui avoit dit concer- Ed,u

nant Abrabanel. Notez que ce Pere prouve démonstra- cm *'tivement la fausseté de ce Voiage d’Allemagne, duquel CsjBarto-,dit-il (38) , quelques-uns parlent , en citant Buxtorfe. loc jîîbl.

Je ne doute point que cela n’arrête la course de cettefausse Citation, ’ fT'Jss*