ABRABANEL. ABRAHAM.
(li) Bartol.Blbl. Rabb.Tom. II,fi- 875 -
placable , qu’il témoignoit contre les Chrétiens en écrivant ( O ), ne l’empêchoit pas de vi-vre avec eux d’une maniéré civile, enjouée, douce, & flateuse {b).
(O) Qu il témoignoit contre les Chrétiens en écrivant. ] SesCommentaires .fur l’Ecriture , & principalement ceux qu’ila faits fur les Prophètes, font fi remplis de venin contreJésus- Christ, contre l’Eglife , contre le Pape , contre lesCardinaux 8c tout le Clergé , 8c contre tous les Chrétiensen général, mais plus encore contre les Catholiques Ro-mains , que le Pere Bartolocci auroit voulu que l’on n'en
eût point permis la lecture aux Juifs (39). Aussi remarque-t-il que celle des Commentaires fur les derniers Prophètesleur a été interdite , 8c qu’ils n’osent pas les garder. In hisetiam pluribus in lods cantno dente Chrìstianatn Religionemmordet e/ lacerai , ideoque merit'o illorum leiiio or retentiofu-dds interdiíía est , nec eos apud fe retinere audent, public'e fal-tem b palam , propter metum Chrtftianorum (40).
(39) Bat-folocci,Biblioth.Rabbin.Tom, m ,?. 876, 87*
(40) Idem .ibid, p. S78,
(<i) C*cft) félon-ies Hébreux , le3J2 depuis leDéluge , & le2008 depuis laCréation duMonde.
(b) Genefe,
XX, 31.
(c) Votez,í* firtide deSara.
(d) Votez,V-Artiele
d' Agak,
(t) Suïdas,»»
( ; ) M fiGenebrard.in Chron.
( 3 ) Philo,
apnd Saiian.Tom, /, pag,387.
(4) Maïmo*nides, MorsNevoch.
Cap. XXIX,
( S ) Joseph.
Antiq. Libr.1 , Cap. VILVoiez aujjlRccognit.Ciemenr.Libr. L( 6 ) Vos peresent habité jadisnu delà dufleuve , Tarépere d? ^Abra-ham dr de Na-thor , ér ontservi à d'ati-tres Dieux.Josué, Chap.XXIV ,> f % 2.
(7) ÇPÎP 1 ’.
adverl. ticc-res Libr. /,fi- 7 > *•(SjXsiZAií-«“«s
A^ovov.Ter longumîempus Chai -daïco imbutusdelirio. Philo,dc Abraha-
mOjpag, 3 $i,
ABRAHAM , le pere & la souche des croians, étoit fils de Tharé. II descendoit de Noé parSem , dont il étoit éloigné de neuf dégrés. L’opinion , qui le fait naître l’an 120 de Tharé (a)me paroit plus vraisemblable , que celle qui le fait naître l’an 70 du même Tharé. II v a beau-coup d’aparence qu’il naquit dans la même ville d’où l’Ecriture Sainte nous aprend que Ton perese retira , pour aller au pais de Canaan (b). C etoit une ville de Chaldée , qui s’apelloit UrAbraham en sortit avec son pere , & s’arrêta avec lui à Charan , jusques à ce que son pere v fûtmort. Après cela, il reprit son prémier desi'ein , qui avoit été le voiage de la Palestine * On peutvoir dans l’Ecriture les diverses stations qu’il fit dans la Terre de Canaan : son voiage d’E°ypteoîi on lui enleva fa femme , qui étoit aussi fa sœur de pere (r) : son autre voiage en Guérar oíielle lui fut pareillement enlevée , & puis rendue, tout comme la prémiere fois : k victoire qu’ilremporta fur quatre Princes, qui avoient pillé Sodome : fa complaisance pour sa femme, qui vou-lut qu’il se servît d’Agar leur servante , afin d’avoir des enfans (d) : l’alliance que Dieu traita aveclui, scellée du signe de la Circoncision: son obéissance à l’ordre qu’il avoit reçu de Dieu d’immo-ler son fils unique : la maniéré dont cet acte fut empêché : son mariage avec Ketura ■ fa mort àl’âge de 175 ans : & fa sépulture , auprès de Sara , là prémiere femme , dans la caverne de Mac-pela. 11 leroit inutile de s’étendre fur ces choses. Ceux de la Religion les savent sur le bout dudoit } ils vont les prendre à 1 a source , dès leurs plus tendres années : &, pour ce qui est des Ca-tholiques Romains, ils n’ont pas besoin qu’un nouveau Dictionaire les en instruise j celui de MrSimon, & celui de Moréri, le font assez. II seroit plus du caractère de cette Compilation de s’ar-rêter aux fausserez, & aux traditions incertaines , qui regardent Abraham ; mais le nombre fe"roi t capable de rebuter les plus infatigables Ecrivains. Car que n’a-t-on point fupole touchantles motifs de fa conversion (A) ? Quels exploits ne lui a-t-on pas fait faire contre l’ídolatrie (e)
(A) Touchant Us motifs de fa conversion."] C’cít une opi-nion allez commune , qu’Abraham suça avec le lait ìe poi-son de f Idolâtrie ; Sc que Tharé > son pere , falloir desstatues, Sc enseignoit qu’il les faloit adorer comme desDieux (1). Quelques Juifs ont débité, qu’Abraham exerçaassez long-teins le métier de Tharé (1) ; c’est-à-dire , qu'iífit des Idoles, & qu’il en vendit. /D’autres disent, quel’impiété , qui régnoit en Ce païs-la , étant l’adoration duSoleil & des Etoiles , Abrahamcxoupit long-tems dans cemalheureux bourbier. Ipsum íóngo tempore Chaldeorum deli-rio de aflrorum divinitate innutritum fuisse (3). Maïmonidesdonne pour un fait certain , qu’Abraham fut élevé dans laReligion des Zabiens, qui ne reconnoissoicnt d’autre Dieuque les Etoiles (4). II s’cn tira par Ics véfléxions qu’il fit furla nature des Astres. II en admirait les mouvemens, labeauté , l’ordre ; mais il y remarquoit aussi des imperfec-tions : & il conclut de tout cela , qu’il y avoit un Etre su-périeur à toute la machine du Monde, un Auteur Sc un Di-recteur de l’Univers. Suidas cite bien fission , pour prou-ver qu’Abraham s’éleva jusques à la connoiffance de Dieupar ces fortes de réflexions ; mais comme il raporte, furla foi du même Auteur, qu’Abraham dès l’âge de 14 ans,avoit atteint ce haut degré de lumière , 8c avoit eu le cou-rage de dire à Tharé , Renoncez, à ce pernicieux trafic d’Ido-les , avec quoi vous trompez le monde , nous 11’avons pas iciun délateur uniforme de la longue idolâtrie d’Abraham. IIest certain que Josephe , fans avouer que ce Fatriarche aitété pendant quelque tems infecté d’idolàtrie , soutient, quepar son esprit, 8c par la considération de l'Univers, il co-ît ut l’unité de Dieu , 8c la Providence ; Sc qu’il fut le pré-mier , qui osa combattre là-dessus l’erreur populaire (5). 11trouva une oposition assez redoutable , pour se résoudre àabandonner sa Patrie. Voilà peut-être la prémiere foisqu’on s’est exposé au bannissement par zèle de Religion.Abraham, sur ce pied-là, seroit par raport à ce genre de pei-ne , sous la Loi de Nature , ce que St. Etienne a été , parraport au dernier suplice , sous la Loi de Grâce. II seroit lcPatriarche des Réfugiés, non moins que le Pere des Croians.Je ne voi pas qu’on puisse nier que son pere n’ait été unidolâtre, puis que l’Ecriture Sainte l’assûre, en le nommantpar son nom (61 ; mais tout ce qu’on pourrait inférer delà , seroit qu’Abraham , avant l’âge de discernement, au-roit été de la Religion de son pere. C’est le sort inévitabledes enlàns, d’être en cela les fidèles sectateurs des person-nes qui les élèvent. A quatorze ans, comme le raporteSuidas, il fit ufaçe de fa Raison : il conut habitue où sonpere étoit plongé , 8c il l’en retira, de sorte que , quandDieu lui commanda de sortir de son pais, Tharé voulutêtre du voiage. St. Epiphane raporte , que l’Idolâtrie aiantcommencé au tems de Sarug , bis-aieul du Patriarche Abra-ham , les idoles ne consistèrent qu’en plate peinture ; 8cque ce fut Tharé, qui commença d’en faire d’argille (7).
(B) Quels exploits ne lui a-t-on pas fait faire contre /’ Idolâ-trie?] Je ne voudrois pas accuser Philon de s'être contredit:encore qu’on vienne de voir qu’il débite dans l’un de sesOuvrages, qu’Abraham a été long-tems infecté des extra-vagances des Chaldéens (8) ; Sc dans le Dictionaire de Sui-das , qu’Abraham coyut à l’âge de quatorze ans les absur-
soit
ditcz de l’îdoíâtrie : car quel fond y a-t-il à faire , eu égardaux nombres 8c aux citations, fur un Auteur aussi estropié8c aussi falsifié que lc Suidas d’aujourd’hui? Peut-être avoit-il écrit, non pas quatorze ans ; mais, cinquante ans. II ya une vieille Tradition , qui donne ce dernier âge à Abra-ham sortant du giron de lldolàtrie. On conte (9) que sonpere , aiant entrepris un voiage , lui commit la vente deses statues ; 8c qu’un homme , qui faifoit semblant d’enacheter , lui demanda , Quel âge as-tu ? Cinquante ans , luirépondit Abraham. Malheureux que tu es , reprit l’autre ,tu adores , à l'áge de cinquante ans , un Etre qui ria qu unjour ! Cela confondit Abraham. Quelque terps après , unefemme lui vint aporter de la farine , afin qu’il l’oftrît auxstatues : mais il prit une hache Sc les brisa , puis mit cettehache entre les mains de la plus grande. Tharé de retourdemande d’où est venu ce fracas ? Abraham lui répond,qu’il s’étoit élevé une dispute entre ces Idoles, à qui com-mencerait de manger s offrande qu’une femme avoit apor-tee ; la-dejfus , ce Dieu , que vous voiez plus grand que lesautres , s"est levé £7 les a brisez tous à. coups de hache. Tharélui répond , que c’est fe moquer de lui, 8c que ces Idolesn’avoient pas l'csprit de faire cela. Abraham tourna toutaussi-tôt contre le culte de ces faux Dieux ces paroles deson pere : mais Tharé n’entendit point raillerie ; il livrason fils à l’Inquisition. Nimrod , le grand Inquisiteur, aussibien que le Conquérant du pais, exhorta d’abord Abrahamà l’adoration du feu ; ensuite , après quelques réponses 8cquelques répliqués de part 8c d’autre , il le fit jetter aumilieu des fiâmes : Que ton Dieu vienne t en trier^ , lui dit-il.Haran , frere d'Abraham , fut fort attentif a 1 événement;car il résolut en lui-même de suivre le parti qui vaincrait;d’ctre de la Religion de Nimrod , fi le feu brûloir Abra-ham > Sc de la Religion d’Abraham , fi le feu ne le brúloitpas. Abraham sortit sain 8c sauf du milieu des fiâmes ; 8calors Nimrod aiant demandé ïen qui crois-tu à Haran , 8creçu cette réponse, fe croi au Dieu dé Abraham , le fit jetterdans une fournaise. Haran y fut si maltraité, qu’il en mou-rut peu de tems après , en présence de son pere (10). Laraison > pourquoi le feu eut tant de prise sur lui, est quefa foi n’étoit pas aussi vive que celle d’Abraham , Scqu’il n’étoit pas prédestiné à de grandes choses, commeAbraham (11). Cette tradition n'est pas nouvelle ; puis queSt. Jérôme la raporte : 8c il semble même l’adopter , en cequi concerne la conservation miraculeuse d’Abraham aumilieu des fiâmes (12) ; car ", pour la cruauté superstitieusede Tharé , revêtant le personnage de Délateur au St. Officecontre son propre fils, il n’en parle pas. St. Epiphane, quin’en parle point non plus, soutient, au contraire , queTharé survécut à Haran son fils, en punition de l’audacequ’il avoit eue de faire des Dieux d’argille ; Sc , qu’ávantlui, aucun pere n’avoit vu mourir de mort naturelle sesenfans (13). L’équivoque du mot O (14) a pu donner lieuà ces fables. Ceux qui pressent les paroles où Dieu dit àAbraham , fe fuis VEternel qui t’ai retiré d'Ur des Cal-déens (15) , s'imaginent qu’il le sauva d’une grande persé-cution , puis qu’il fe servit de la. même phrase à la tete duDécalogue , pour signifier la délivrance d'Egypte (16) ;mais c’est chercher des mystères faus nécessité. Nous ne
volons
(9) st. Ma-ses Haddaí-schan in Ee-reíchit Rab-ba , apudHeidegger.Histor. Pa-triarch. TomiII, fag.ì 6 ,
(10) User.fuient eeîtecinetisternefrr Genefe,
XI, *8- /
(11) JudA,apud
num ir Toi-tatuiti, citent eSaïiano -Annal. To»*<
1 , n- + 01 '
Tradit.biaic. inGe-ncúm.
(u)tpiph.
de RLief. .
Lìbr.I,p*í -* 4
(14) é'efi
U mm piPf
fune Ville,.
il siS,n‘fst tC
eujfi le íia-II Ltvt»^íridras,
Chef. 1 X y
Ia Ver fiers Lee.
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Qui eleg’ ftl«m deChald*o-ium.
( i S ) Genè-se, XV, 7-
(16) TaulusBuigenÇ S >
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jost'dlatnLyiani i® .Gènes Ot*XX,