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ABRAHAM. A B R A M. ABSTEMIUS.
Voici encore quelques rêveries des Rabins. Ils disent que la servitude d’Egypte fut la puni-tion de quelques fautes qu’Abraham avoit commises ; car il avoit contraint les disciples de lasagesse à prendre les armes , 8c permis que des personnes instruites en la Loi de Dieu fe replon-(i>) Genefe, geassènt dans l’Idolâtrie. C’cít ainsi qu'ils entendent les paroles de l’Ecriture où il est dit, qu'ilvfrs. fs’ arma 318 de ses serviteurs nez dans Ja maison {h) ,8c qu’il rendit (i) les personnes que le Roi de 80-(")Lkmime, ciome lui redemandoit (k). Le Pere Bartolocci s’échaufe beaucoup íur cette matière , & n’em-zu ploie pas une bonne réfutation (A).Ils disent aussi , I, que la vue d’une pierre précieuse, quitocci! Bibi". pendoit du cou d’Abraham , guérislòit tous les malades ; 8c que Dieu pendit cette pierre au 1 b-Rabbìn. ] e ,l 5 gplès la mort d’Abraham (/) : II, que ce Patriarche enseigna la Magie aux enfans qu’ilsssís’ avoit eus de fes Concubines {m).
prétend qu’Abraham ait quelquefois cherché la fraî-cheur (44). On a dit que ce chêne vivoit encore fous l'Em-pire de Constans (45). Drys , id est , quereus Mambre juxtaHébron, in qua, u/que ad ntatem infantie me& est Constant 'n Ré-gis imperium , terebynthus monstrabatur pervetus, w annosmagnitudìne indicans, jub qua habituait Abraham ., Mire au-tem cuit a ab Ethnicis habita est , cr yelut quodam infigni no-mme confecrata (46). Et quelques-uns mente ont poufféI’extravagance jusques à dire qu’on 1 a vu il n y a que troiscens ans. II ne faut pas , disent-ils, le distinguer de cettecanne deSeth, que le VoiageurMandeville (ôquel témoin!)vit proche de la ville d’Hébron (47).
(44) La Ver -jìon des Sep-tante, Gene-íe, XVIII,
Vers, ï , fa-vorise cela.
( 45 ) Isidor.
Libr. XVII,
Cap. VI/,apud. Bonifa-ciura , His-tor. Ludicr.pag. 28j. R
eût mieux fait,
s'il eut cité <e que je cite de St. Jérôme.
(46) Hieron. in Lods Hebr. Litt. D.
Barcochebas.
(47) Voiez. Bonifacii Hist. Ludicr. pag. 2S9. SonLivrefut imprimé àVcnifc, cbez. Balconius.,en 1652, in 45 & rimprimé i Bruxelles, chez. J. Mommanius , en 16;6 , aujsi in 4.
Voiez. la T^emarque ( C ) de F Article
(h) Et n’emploie pas une bonne réfutation .] II prétendque ces paroles du Roi de Sodome : Donnez.-moi les person-nes , Zfi prenez, les biens pour vous (48) , signifient selon lesens litéral òí véritable , laistez. rentrer dans le culte des Idolesceux que vous avez. instruits en votre foi ; mais qu’Abrahamprotesta devant tout le peuple, qu’il n’en feroit rien. L’Au-teur cite les versets zz & 23 du Chapitre XIV de la Ge-nèse , & puis il accuse d’impudence & de blasphème lesThalmudistes, qui ont dit que le Patriarche aquiesça aux dé-sirs du Roi de Sodome. II a raison de les condamner, ence qu’ils suposent que ce Prince redemandoit des personnesconverties à la vraie Religion ; car on ne redemandoitpoint les domestiques du Patriarche , on redemandoit seu-lement les Sujets que les quatre Rois avoient pris en pillantSodome (49). Mais le Pere Bartolocci a grand tort desupolér qu’Abraham ne les rendit pas. Ce qu’il cite de l’E-criture est visiblement la condamnation.
(a) Tiré deNathan. So-tiiel , Bibl.Societ. Je£u,pag. 622.
(r) Ex Na-than. Sotuel,Bibl. Scrip-tor. Societ.jesn, pag.622.
(z) Impri-mé à Paris,en 1648, in
folio .
(3) C'est uneerreur. Fran-çois Nairsius»qiiì donna un tEdition deNonnus, Van15,89, est le•véritable Mtt-teur de cet en-droit fupléé.Mr. de laCroze nVa a-•vertì tjue Mr.Simon parlede cela , à lasage 3 5.0 deson HistoireCritìq. desCommenta-teurs.
(a) Voiez.GruteriThés Crit.Tom. I , pag.S7S0
(í) Opnscu-jum de non-juillis Locis©bscuris. Vi-de Epist. dédi-ent. ejus He-«atomythii.
ABRAM (Nicolas) Jésuite Lorrain , né au Diocèse de Toul, l’an 1789, entra dans 1 aSociété en 1606 , & fit profession du quatrième vœu en 1613. II étoit bon Humaniste j 8c ilparut à lès Supérieurs assez grand Théologien, pour être élevé à la profession en Théologie dansl’Université de Pont-à-Mousson. 11 éxerça cette charge pendant 17 ans ; <Sc mourut le 7 jour deSeptembre 16ff. II avoit enseigné les Humanitez , avant que de commencer la profession enThéologie (a). 11 publia plusieurs Livres (A ). C’est une chose assez étrange , qu’aiant été un
Auteur de distinétion , il ait été si peu conu dans les païs étrangers (B).
{A) Il publia plusieurs Livres.] Des Notes fur la Para-phrase de tEvangile de Saint Jean, composée en vers Grecspar Nonnus un Commentaire fur quelques Oraisons de Cicé-ron : un Commentaire fur Virgile : un Récueií de TraitésIdéologiques , intitulé Pharus Veteris Tefiamenti , five fa-crarum Gfunstìonutn Libri XV : les Axiomes de la Vie Chré-tienne : & une Grammaire Hébraïque , en vers Latins. II atraduit en François de l’Italien de Bartoli la Vie de VincentCaraffa , Y Homme de Lettres , & la Pauvreté contente (i).Son Commentaire fur Cicéron est un Ouvrage d’un grandtravail ; les analyses de Logique y font bonnes & exactes ;les Notes y font remplies de beaucoup de litérature : maiscomme il a versé là-dedans avec trop de profusion les fruitsde ses veilles , il est tombé dans une longueur qui rebuteles moins paresseux. Ce Commentaire ne comprend queles Oraisons du dernier Volume, jusques à la II Philippiqueinclusivement ; & , néanmoins, il est en deux Tomes infolio. Ils furent imprimez à Paris, l’an 1631. Le Com-mentaire fur Virgile est beaucoup plus court ; ce qui estcause qu’il a rendu plus de service dans les Ecoles. On voità la fin dc son Pharus Veteris Testamenti ( z ) , un long Traitéde Veritate <& Mendacio , où il ne donne pas dans les Maxi-mes des Casuïstes rigides.
Mr. de la Monnoie m’a averti, I, que ce Jésuite afupléé , en soixante & onze vers Grecs de fa façon , l’his-toirc de la femme adultéré , qui manquoit au VIII Cha-pitre de la Paraphrase de Nonnus (3) : II, que Reinésiusparle de ce Nicolas Abram dans la page 155 de ses Lettresad Hojfmamum <s? Rupertum. J ai consulté cet endroit-là,
êc j y ai trouvé cet eloge : Si me cum tot raiionibus a n direhic noies , vel hujus (Nie. Abrami) auSíoritati cedt. Est enimfane quàm doâfijfîmus , & tnaximé idoneus explìcando Hillio.Joignons à ce témoignage celui d’un autre Savant du mê-me pais. Ad intelligendas , adque ad ufum transferendas ,Orationes Ciceronis sujstcit Commentarius Jo. Thomse Freigii,ni fi quis addere malit prolixos Commentarios Nicolai AbramiJesuitse multa rerum varietate instruites (4).
(R) Si peu conu dans les pais étrangers.] Ses Notes fur laParaphrase de Nonnus furent imprimées à Paris , chez Sé-bastien Cramoisi , l’an ióiz , 8c il ne parait pas qu’Hein-sius en eut conoiffance, lors qu’en 1627, il publia cette mê-me Paraphrase, avec un grand Commentaire. C’est ce qu’ilnomme Aristarchus Sacer. Mr. Cave n’avoit point non plusouï parler des Notes de ce Jésuite , puis qu’il n’en dit riendans l’endroit où il raporte les différentes éditions de Non-nus (5). Aubert le Mire , & le Pere Oudin , n’en disentpas davantage : celui-là , dans son Auélarium de ScriptoribusEcclesiafticis, imprimé l’an 1639 ; celui-ci, dans son Supple-mentum de Scriptoribus Ecclefìaflicis , imprimé l’an 1686. Dela maniéré que Mr. Simon cite plusieurs fois cet Ouvragedu P. Abram (6), on voit bien qu’il en fait cas, & que cen’est pas un Livre qui méritât d’être inconu. Mais voiciun fait plus singulier. Martin Schoockius , dont le fortétoit une vaste & prodigieuse lecture , déclara fur ses vieuxjours, qu’il n’avoit jamais ouï parler d’un Auteur qui s’a-pellât Nicolas Abraham. Hanc fi tuitus fuerit nefeio quis Ni-colaus Abrahamus ( jam primitus eum nofje incipio ) proltxo exa-mine haud opusfuistet (7).
ABSTEMIUS (Laurent) né à Macerata, dans la Marche d’ Ancone, s’attacha à l’é-tude des belles Lettres, 8c y fit assez de progrès. II les enseigna dans Urbin , Lc y fut Bibliothé-caire du Duc Guido Ubaldo (a) , auquel il dédia un petit Livre , où il expliquoit quelques passa-ges difficiles des anciens Auteurs (b). Ce fut fous le Pontificat d’Aléxandre \^L, qu’il publia cetOuvrage , 8c un autre , qui a pour titre Hecatomythium , 8c qui fut dédié à Gctavien Ubaldini,Comte de Mercatelli. La raison de ce titre sut tirée de ce que l’Ouvrage étoit un recueil de centfables (f). II en doubla le nombre dans la fuite. On les a souvent imprimées (A ), avec cellesdes anciens faiseurs d’Apologues, Esope , Phedre , Gabrias, Avienus, 8cc , que Névelet a ras-semblées en un corps, 8c accompagnées de quelques Notes. Abstemius nes’est pas toujours bornéà l’idée de ces anciens originaux ; il mêle quelquefois parmi ses fables ce que l’on appelle un contepour rire, Sc il n’épargne pas toujours le Clergé (B). O11 trouve de ses conjectures fur quel-
(A) On les a souvent imprimées.] Gefner marque sédi-tion de Strasbourg , en i;zz. Celle , dont Névelet a eusoin , est plus moderne de 88 ans. Les Notes, qu’il y ajointes, sont peu de chose ; & ce n’est point fans doutepour l’amour d’elles, qu’on a renouvelle souvent l’impref-lìon. II n’en a point fait íur les fables d’Abstemius : aussin’en avoient-estes pas besoin.
(B) Il n épargna pas toujours le Clergé. ] En voici unepreuve. La CIV de fes fables est qu’un Prêtre fut commispar son Prélat à la garde d’un Couvent, où il y avoit cinqReligieuses, de chacune defquestes il eut un garçon au boutde l’an. L’Evêque , aprenant cette nouvelle , s en facha,fit venir le Prêtre , lui fit une rude mercuriale , & le traitade perfide, de sacrilège, d’homme qui avoit osé vider le
ques
Temple du Saint Esprit. Seigneur , lui répondit-on , vousrriaviés commis cinq talens, voici f en ai gagné cinq autres p.idessus. Le Prélat' prit tant de plaisir à une réponse si face ■tieuse , qu’st donna pleine absolution au Prêtre. §uo dictatam faceto permotus Epifcopus , homini veniam dédit. La moralité , que l’Autenr a mise au bas de la fable , ne vaut pasmieux que la fable même , par raport à de semblables pro-fanations de l’Ecriture. Puis qu on ne peut pas, dit-il(i),fe justifier d’un crime par de bonnes raisons , il faut recourir àquelque plaisanterie. II est certain que cela a réúlïi en plusieurs rencontres ; mais un Evêque , qui sc paieroit duneprofanation aussi goguenarde que celle qu’on vient de lire,ne feroit gueres mieux son devoir, que k Gardien des cinqReligieuses.
(!) Bartoloc-ci, Bïbliot.Rabbin.Tww.111 , pag. JÍ2.
( m)Idem,ibìd.pag. 5S4 irTam. I , pag,
7°Z-
(48) GenefeiChap. XIV,Vers. 21,
(49) Il'stdHah Verset 16,qu* Mbrahamramena Lot,son Frere, H*atijst le s Fem-mes & le pem
(4) Joh. An-dréas Boíïusde Prudentiâ& Eloquen-tiâ compa-landâ, pag .400.
(5 ) Histo-ria LiterariaScriptorumEcdesiasti-corum, pag.299, dc l f Edi-tion dc Lon-dres, cn 1688,in folio.
(6) Hist,Crit. desComment*du Nouv.Testam.
Ch. XXIII, m
(7) Schooc-îcius de Fœ-nore uncia-rio, pag. 107.Il est imprime.Van 1668,
(c) Voiezre»VEpitre dc *dilatoire*
(*)FaluVa in »dicat, peccata,cum rationenequeant, tir -bmitate* di-luenda. At>^stemii Fa-bul, CIV,