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Tome premier. A - B.
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A C C I U S.

(d) Votez U^Remarque

(*?h

(e) Notatum abxAxfòoribtts &L. ^AcciumPotiam in Ca-wanarum ademaxima for-ma Statuantsibi poftíijse ,cu7n brevis ad-modurn fuis-ses. Piinius,Hist. Nar.

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à ses précurseurs Ce n'est pas que la dureté de style naît été jamais reprochée à Aceius, qui bail-leurs a été un Poëte fort estimé {d). On peut voir dans Aulugelle la réfléxìon de bon sens qu’ilo.pola à ce reproche (K). La réponse qu’il fit à ceux qui lui demandoient pourquoi il ne plaiuoitpas , lui qui réuffissoit si bien fur le théâtre, n’est pas moins sensée (L). II étoit de petite taille jcependant il se fit dresser une très-grande statue dans le Temple des Muses (c). La considérationqu’on avoit pour lui fut telle , que l’on châtia un Comédien {M) , qui n’avoit fait que le nom-mer sur le théâtre. Nous verrons, dans les Remarqúes, si on peut lui attribuer ce que ValereMaxime raconte d’un Poëte Accius , qui ne se leva jamais pour faire honneur à Jules Césardans les assemblées des Poëtes. Cicéron a parlé avec beaucoup de mépris d’un Accius, qui avoitfait une Histoire : Lc , comme le Poëte tragique a composé des Annales , il y en a qui veulentque ce soit lui que Cicéron ait maltraité en cet endroit-là. D’autres ne le croient point (N). II y

eut

Lìb.xxxir,Cap v ; chas-les Etiennedit jaxfsemcntque Dec. Bru-tus lui drefsâcette Statue*Lloyd, &Hofmanon; adoptecette faute%

(tf)C tfl alnstque Voíïïus ,de Pc et. Lat«pag. 7 rangeies parmes deIncinius.

(30) Cicerode Finit).

L br. 2, cinainit.

(zi) .ApudA. Gell.Libr. X V,Cap. XXZV.(32) fecroique VoíïÌLlS»de Poet.X,at. pag. 8fe trompetouchant Mi-crobe,

<zz) Sueton.

tnCxfaz.Capo

LXXXIY*

(H) Aul.Geliius,Libr. XIII ,Cap. II*

6s) uîps.in Institut.Ipistol.

(jí) Balzac,îpist. Selec-

il faut juger de ceux qui méprisent leur propre langue , &les Auteurs dc leur Nation. -A quibus tantum diffentk , utcum Sophocles vel optìmè feripferit EleSlram , t amen mais con-verfam Attìlii mihi legendam putem , de quo Licinius ,

Ferrent» (29) scriptorem opiner, verum scriptorem tamenVt legendus fit.

Rudem enim ejse omnino in noflris poétis’aut inertistìma fegnit'uest , aut faftidii delicatistimi. Mihi quidem nulli fatis eruditi•videntur quibus nostra ignotasunt (30). Suetone fait mentionde l’Electra d'Attilius, comme nous le ferons voir dans l'Ar-ticle de ce Poëte. L’Electra étoit fans doute une Tragédie :cependant Attilius n’est compté qu’au nombre des Poëtescomiques, dans le catalogue de Volcatius Sedigitus (31); &,selon la remarque de Vossms, les morceaux que Cicéron,Varron, & Macrobe (32) , citent de lui, sentent plus le co-mique , que le tragique. Qui prétendrait faire de cela unedifficulté , seroit dans une grande illusion. Mrs. Corneille &Racine ne sont-ils point des Poëtes tragiques simplement &absolument ? néanmoins , ils ont fait des Comédies ; & siMolière s’étoìt avisé de composer quelque Tragédie , com-me on dit que Scarron s’en voulut enfin mêler , eut-il cesséd’être tout court un Poëte comique? A majoripartesumiturdenominatio. Voiez la Remarque (F). Mais, pour revenirà la prétendue accusation contre le style d'Accrus, je doisdire que Cicéron a cité souvent ce Poëte , & que dans l’O-raison pour Sextius , il l’a traité de grand Poëte : Summìpoète, ingenìum non folum arte fua,fed etiam dolore exprimtbat.L’endroit est curieux : on y voit que le fameux Acteur Eso-pe se servoit des vers d’Accius , qui avoient quelque raportà l’éxil de Cicéron ; qu’il s’en servoit, dis-je, pour fairesentir au peuple cette injustice. Les Romains étoient fortaccoutumez à faire des aplications au tems présent, lorsqu’ils entendoient certaines pensées à la Comédie. VoiezSuetone (33) & la I & la X Pìrilipprque de Cicéron : ellesnous aprenent, que pendant qu'on j oíioit une Tragédie d’Ac-cius , le peuple ne cessoit de témoigner, par ses aplaudis-semens l’amitié qu’il avoit pourBratus.

( K ) La réflexion de bon sens qu il opofa à te reproche. ]Accius, allant en Asie , passa par latente, & y vit Pacu-ve , qui s’y étoit retiré far ses vieux jours. II fut le voir laTragédie d’Atrée cn poche , ôc lui en fit la lecture. Tellesgens ne séparent guere ces choses-là. Pacuve y trouva d’uncôté beaucoup de grandeur & de cadence ; & de l’autre,beaucoup de dureté & de crudité. Accius avoua la detteavec joie , & en tira un bon augure pour ses productions àvenir ; les esprits étant semblables aux pommes, qui ne va-lent jamais rien , si elles ne font dures & vertes avant quede mûrir. Mais il vaut mieux peser les paroles de l’origi-nal. Tune Pacuvium dixiste aima, Jonora quidem effe qus ferip-fiffet cygrandia, sed videri ea tamen fibi duriora paulumey acer-Inora. Ita eft, inquit, Accius, uti dìcis, neque id fane mepœ-nitet, tneliora enim fore fpero qm deinceps jeribam. Nam quodin pomis eft , itìdem , inquit, effe aiunt in ingérais, qu& duracy acerba nafeuntur , poft fiunt mitia cy jucunda: fedquagig-nuntur ftatim vieta çr mollìa , atquetn prtneipio f mit uvìda,non matura mox fiunt , Jed putria. Relinquendum igitur •vifum'eft in ingénia quod dies atque atas mitificet (34). Cela me faitsouvenir d’un conseil que Lipse donnoit .aux jeunés gens.La passion énorme , qu’il avoit conçue pour je ne sai quelstyle concis > qui dégoûte ou qui fait rire la plupart de ceuxqui lisent les Lettres de ce grand homme , ne l’empêcha pasde condamner la jeunesse qui affecte la brièveté. II disoirque c’étoit le chemin de la maigreur , & qu’il saloir avoir àcet âge-là plusieurs fuperfluitez , que l'on donnât à émon-der aux années suivantes. Adeò ? dit-il (35) , juventutemad Irevitatem non vòco , m etiam abfierream, five quia tutoadfumere vi* poteft, çy brevitatis imitatío facillimè atatem hanodecipit : five quia nec utiliser poteft , cy j::venili illo brevitfitisstudio artd’ts plerumque cy exfuccus flilus evadit , nec facile adlaudatam illam temperiem venitur , nifi initia ubertas qu&damcy luxuries fit quam atas paullatim depafeat. Balzac étoit dansle mênre sentiment. Amputanda plura fient ejflorefcenti illiatati quam inferenda, facíleque efi remedium ubertatis , sterilianullo labore fuperantur (36). Mais, pour revenir à Accius jon n’a pas eu tort de dire dans le Dictionaire de CharlesEtienne, & dans ceux qui ont été bâtis fur le même fond,que Quìntihen l’a excusé sur le rems où il vivoit. TragœdUJcriptores Accius atque Pactevtus clarijfimi gravitait fententia-rum , verborum pondéré , cy autoritate personarum. Caterumnitor, cysumma in excolmdis operibus manus, magis videri potefttemporibus quàm ipfis defuiffe. Viriur» tamen Accio plus tri-luitur , Pacuvium videri doSìiorem , qui effe doíîi affectant ,

volant (37). On dirait que Quintilien copie ces versd’Horace :

Ambigitur quoties uter utro fit prior , aufert

Pacuvius dotlt famam fenis , Accius alti (38).

II y a un passage d’Ovide , qui semble reprocher je ne saiquoi de sauvage & de farouche au style de notre Accius ;mais, tout bien compté , j aimerais mieux entendre par làles actions cruelles dont il avoit fait la description dans sesTragédies. La pensée d’Ovide est que si l’on jugeoit desmœurs d’un homme par ses Ecrits , Accius seroit féroce ;Terence armerait la bonne chere; ceux qui décrivent laguerre seraient braves;

Accius effet atrox , convìva Terentius effet,

Ejjènt pugnaces , qui fera bella canunt (39).

(L) K’est pas moins sensée. ] C’est Quintilien , qui nousa conservé ce petit fait. Ajunt Accium interrogatum cur cau-sas non ageret , cìirn apud eum in tragœdiis tanta vis effet, hancreddidiffe rationem , quod illic ea dicerentur qu& ipfe vellet , inforo diùíuri adverfarïi estent qutt minime vellet % ^40). ,, Dans

,, mes Tragédies,, ,répondit-il, ,,jedis tout ce qu’il meplait;„ mais > dans le Barreau , rl me faudroit entendre ce que je„ ne voudrois pas”, je conoisun homme d’esprit, qui em-plois une semblable raison , pour détourner son fils de l’étu-de de la Jurisprudence , & pour l’encourager à l’étude de laThéologie. Quoi de plus commode , lui disoit-il, que de par-ler devant des gens qui ne vous contredisent pas ? Cefi Vavan-tage des Prédicateurs : cy quoi de plus incommode, que d’être obli-gé à entendre, dès que vous avez. ceffé de parler , un hommequi vous réfute, cy qui vous fait rendre compte Jans quartier detout ce que vous avez dit ? C' eft la condition dé un Avocat.

Cela me fait souvenir d’une pensée de Montagne.„ An don d’éloquence,, , dit-il (41), „ les uns ont la faci-„ lité & la promtitude , & ce qu’on dit le boute-hors , fi„ aisé , qu a chaque bout de champ ils sont prests : les au-„ tres, plus tardifs, ne parlent jamais rien qu elabouré &

„ prémédité.Si j’avois à conseiller de mesures en ces

„ deux divers avantages de l'éloquence, de laquelle il„ semble en notre siécle que les Prescheurs & les Advocats„ fassent principale profession, le tardif seroit mieux Pres-„ cireur, & l’autre mieux Advocat: parce que la charge de„ celuy-là siuy donne autant qu’il luy plaiss de loisir pour se„ préparer ; Sc puis sa carrière se passe d’un fil & d’une suite„ sans interruption : là où les commoditez de P Advocat le„ pressent à toute heure de se mettre en lice ; & les respon-„• ses imprévues de fa partie adverse le rejettent de son„ branle , où il luy faut sur le champ prendre nouveau par-„ ty. . . . . La part de l’Advocat,, , ajout e-t-il (42) , „est„ plus difficile que celle du Prescheur : & nous trouvons ,„ ce me semble , plus de passables Advocats que de Pres-„ cheurs , au moins en France.”

{M) Que l'on châtia un Comédien. ] Se voiant traduit de-vant fes Juges , en réparation d’injure , il dit pour fa défen-se , qu’il étoit permis de nommer un homme qui donnoitfes pièces de théâtre à représenter. Publius Mutins , devantqui la cause fut débatue^, le condamna. Le Poëte satiriqueLucilius n’eut pas le même succès ; car on renvoia absousle Comédien qui l’avoit nommément offensé sur le théâtre :tant il est vrai que les Juges ne font pas tous de la mêmehumeur , ou qu’il y a des gens que l'on considéré plus qued’autres. Celui qui nous aprend ces deux procès, s’exprimeainsi : Mimus quidam nominatim Accium po'étam compellavitin feena : cum eo Accius injuriam agit : hic nibil défendit,nifi liceri nominari eum , cujus nomine feripta àentur agen-da ... . (43). Cajus Cœtius judex abfolvit eum injuriarum,qui Lucilium po'étam in feena nominatum Uferat: Publius Mu-tins eum , qui L. Accium po'étam nominaverat , condemna-vit (44). Glandorp n’a point su où l’on trouvoit cette his-toire : il ne la raporte (45) que sur la foi d’un Auteur mo-derne , dont il copie la fausse glose ; savoir, que le défen-deur fut condamné, parce qu’il avoit prononcé tout sim-plement le nom d’Accius, fans titres d’honneur , ni com-plimens , Sine prxfatione honoris nominaverat (46).

(N) D’autres ne le croient point.] Si j’avois à prendre par-ti » je me rangerais au leur ; car , outre que Cicéron , quia tant de fois nommé, & tant de fois cité notre Accius,ou avec éloge , ou fans le blâmer, aurait mauvaise grâce delui venir dire des injures dans le I livre des Loix ; je remar-que que ces injures font tout-à-fait oposées au caractère decelui qui fait le sujet de cet Article. L’élévation , la gran-deur la force, étoient le caractère d’Accius; & nous avons

ouï

( 37 ) Quiri'til. Institut.Orat. Lib. X,Cap. I.

(38) Horat.Epist. I,Lîbr. I /,f. S o.

(39) Ovid.T lift Libr»U, f. 359 *

(40) Quintiî»Inst. Orat.Libr. V 9XIII.

(41) Essais diMontaigne,Livr. /, Chas*X 9 om com -mencemciít ,

§2 » SU

(42) Là

(43) AutorRhctoricoí*ad HeiexuuLibr* I.

(44) IbìdmLibr. 11 ,

(45) Glan-dorp. Ono-ma n. pag. 3-

(46) Cata-nxus, dor#Glandorpcite pas Vêtirdroit 3 maison le troHVtdans U CoftFment aire iniPlin. Epist-III, Libr. f 1pag. r-i.