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Tome premier. A - B.
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ACCIUS. ACCO.

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eut en ce même tems un assez bon Orateur nommé Accius, contre lequel Cicéron défen-dit Cluentius 11 étoit de Pisaure} & cela peut le sure palier pour parent de notre Poete(O).11 n’eít ooint vrai que Cicéron parie auffi d'un autre célébré Orateur de ce nom ì Jurnommé Navius.Mr Moréri a fait là une bévue : il n’a pas considéré que cet Jccius Navius n’est pas différentdu "fameux Devin ( f ), dont il parle quelques pages âpres, dans 1 Article A c t r u s Navius.11 né fe trompe pas moins, lors qu’il distingue du Poete tragique celui qui a fait les Anna-les citées par Macrobe. Ce qu’il ajoute, qu 'Aulu-Gelle parle aujji Ì Accius l'Historien , distinctdu Poète tragique , chapitre 9 du Z livre , est doublement faux. Cet Auteur ne parle d’aucunAccius cn cet endroit-là ; & par tout ailleurs, lors qu il parle d Accius, c est le Poete tra-Pioue ou’il faut entendre. II y a eu des gens, qui se font exposez à la raillerie, pour avoirunité ou admiré le Latin de cet Accius (P) , dans les siécles d’une meilleure latinité.

{ 4 ? ) Huns’Ajme.rque

OC).

( 4 * ) Ovi-' àis, Amor ,Libr. /,

xv,t. 19.

(4s) Pater-rul- Libr. II,fy. IX.

(s o) Acron

L Hoiat.Epist. I,Libr. 11 ,

(51) Colu-wella de ReRust. Libr.

I , Irxf.

(si) Cicerode LegibusLib.[ initio.

(si) Voff.deHist. Lat.Libr. /,

Cap. X.

(54) Vell.Tatercul.

Libr. 11,Cap. IX.

( S S ) InChxon.

Euseb.

18 76.

f f) Scalig.■Anim, inEl >scb. Mi.f ïatercu-

lo > Lìbr.I,

fy. X V.

ouï (47) le témoignage qu’Horace & Quintilien lui ontrendu Jà-dessus. Joignons-y deux vers d’Ovide, & unarrêt décisif de Paterculus.

Ennuis arte caréns , h n i m o s i qjj e Accius oris,Cafurum nttllo tempore nomen kabent (48).

Clara etiam per idem &vì fpatium fuere ingénia , in togatisAfranii , m Tragœdiis Pacuvii atque Attiì pt/que in Grscorumcomparationem evecti , magnumque inter hes ipfos facientisoperi fuo locum ; adeo quidem ut in illis lima , in hoc pene plusvideatur fuisse sanguinis (49). Si le nouveau témoin,que je vais produire, étoit de la force des précédens, cequi fuit enchériroit de beaucoup fur tout ce que j’ai déjaraporté ; car voici Accius fur la tête du grand Euripide :Accius poeta junior fuo ingénia pncelluit Euripidem, qui fuit al~tus za ingenio fublimis (50). Un autre nous donne Accius &Virgile pour les deux plus excelleras Poètes de Rome : AnLatii Muse non solos adytis fuis Accium zsr Virgilium recepere,fed corum ar proximis , or procul à fecnndis , sacras concefferefedes (51) t Quelle aparencc qu’un tel homme ait Lit uneHistoire digne de cette censure de Cicéron ? Nam quid Ac-cium memorem, cujus loquacitas habet aliquid argutiarum, necid t amen ex illa érudit a Grscorum copia, Jed ex librariolis La-tinis ? In orationibus autem multus zy ineptus, ad summam im-pudentiam (52.).- Remarquer, bien que les Annales du PoèteTragique Accius étoient en vers, & que Cicéron ne parlelà que de ceux qui avcîìent écrit l’Histoire en prose Latine ;car il ne dit rien d’Ennius. Nos meilleurs Critiques pen-sent que ce passage de Cicéron est corrompu , & qu’il fautlire, non pas Accium , mais Macrum. Ainsi la censure tom-bera sur f Historien Lìcinius Macer. Voisins embrasse cesentiment 153) ; mais lors qu’il aporte en preuve l'amitiéqui étoit entre Sifenna & celui que Ciceroii maltraite ; lors,dis-je , qu’il en conclut que Cicéron n’a point parlé d'Ac-crus , il fe trompe : car, ne lui en déplaise , Accius & Si-fenna ont eu à-peu-près le même âge. Sifenna étoit vieuxaprès la guerre civile de Marius & de Sylla (54), c’est-à-dire , vers fan 672 de Rome , & Accius n’étoit point morten 665.

(O) Passer pour parent de notre Poetes St. Jerôme remar-que , en parlant du Poète Accius , qu’il fut mené à Pilan-te , lors que les Romains y envolèrent une Colonie ; &

15 6 Olympiade (58) , & k grande réputation d’Accius fousla 2 année de la 160 Olympiade. II ne peut sortir de là quedes confusions pour ceux qui lavent que Pacuvivis avoir50 ans plus qu’Accius. Car , si 1 on suposoit que Pacuviusmourut âgé d’environ 90 ans , en Tannée fous laquelle St.Jerôme parle de fa mort, il faudroit dire qu’Accius étoitâgé d’euviron 40 ans Ta,3 année de la 156 Olympiade ; <k ,cependant, il naquit , selon St. Jerôme , sous le Consulatde Mancinus & de Serranus, qui tombe fur Ta 2 année de Ta152 Olympiade. II faut donc, comme je l’ai dit dans la se-conde Remarque, se défier ici un peu de ce Chronologue.

{P) Le Latin de cet Accius. ] Perle & Martial se sont bienmoqués de ces gens-là :

Est nunc Prisai (59) quem venosus liber Accì ,

Sunt quos Pacuvmfquc zjr verrucosa moreturAntiopa , srumnis cor lutíificabile fulta (60).

Voici ce qu’en dit MartialII livre,

dans Tépigramme XCI du

Attonitusque legis terrai frugiferdi ,

Accius zjr qitidquid Pacuviitsque vomunt.

Si l’on avoit imité ces vieux Auteurs , comme nos plusbeaux esprits imitent aujourd’hui Marot, & les autres Poè-tes du XVI siécle, dans des Contes, dans des Balades, dansdes Odes Pindariques, dans des Rondeaux, &c , laits ex-près en vieux Tangage , je ne voi pas que personne eût puraisonnablement y trouver à mordre ; mais, aparemment,c’étoit tout de bon , qu’on emploioit ce style moisi & sur-anné : on le prenoit pour la parfaite éloquence , soit qu’onk débitât tout pur , soit qu’on le mêlât avec celui de sonsiécle. Volez les bons conseils que Phavorin donne à unjeune homme de ce gout-là (6 1). On n’est point sujet au-jourd’hui à cette sorte de maladie, & Ton trouve beaucoupplus de gens, qui fe dégoûtent trop tôt d’un mot ordinaire,ou qui courent trop ardemment après les mots nouveauxnez , qu’on n’en trouve qui veuillent retenir avec trop d’af-fectation (6z) les vieux termes. Si Ton emploie le vieuxlangage , c’est par forme de plaisanterie , c’elt par jeu d’es-prit, c’est pour un Ouvrage burlesque. Ce n’est qu’en La-tin , qu’il se trouve encore des Auteurs, qui fe plaisent à dé-

(f) Cicerort,

Libr. I deDivinatione,m conte f His-toire. iVloréiicite libr. deDivin, inVerr. qui ejiune fausseCitation*

(sS)PacttvimBrundufinusT ragœiiarumscript or claruihabélur'yvixh^que '\omce.ijtiond piettì-ram exercuit&fabulasven -didit. X) c indeTarcntîim1 ranfgrejsuspropè nonage -narivis diemobiit . Chron vEuíeb. num»I86z.

(59) Casau-boii 5 fur cetendroit de Per-se , conjecturequ il 'faut UreBriseis,#* queC étoit le Titref une Trage-'d e d’Accius.Scrivcrius,in Tefiiin. deAttio, a tortde croire quePerse ne parlepas du PoUtûtragique .

(60) Pers.Sat.l,

qu’il v avoit mrorès de la ville une terre nomrn ézfundnsAc- , biter les plus vieilles phrases. II y avoit fans doute parmi lesdams (<<). C’etoit k portion , qui lui échut, dans le par- anciens Romains une autre espèce de gens, lors que le La-

W J., _ _ t ..... v iv Hn fils ttíimi n A navfii Ai l' 1 * ~ — *-

( 57 ) Cice-10 »» Bmto ,fy- 78 .fyex. aK jpl Jj r ùson pro

'“Leatio.

tage que Ton fit des terres LUX habitans de cette nouvelleColonie. Sur cela, Scaliger observe, que Ta Colonie de Pi-saure ne fut établie que quatre ans après celle de Boulo-gne ; c’est-à-dire , Tan de Rome 568 , quinze ans avant lanaissance d’Accius (56). Disons donc que St. Jerôme s’esttrompé : Rome étoit un séjour plus propre qu’une Colonieà un Poète qui étoit la gloire du théâtre en ce tems-Tà:mais ne croions pas que ce mensonge soit sans aucun fon-dement. Le pere d’Accius suivit peut-être ceux qui con-duisirent la Colonie de Pilante ; & peut-être que le patronauquel il devoir sa liberté , fut un des principaux Commis-saires de ce nouvel établissement. En cas qu’il eût suivi sonpatron , il y auroit -pu être partagé de Ta terre que Tonapella dans Ta fuite fundus Accianus , & il auroit pu laisserentre autres eníàns le pere de TOrateur Accius. Voicicomment Cicéron a parlé de cet Orateur. T. Accium Pi-saurensem , cujus accusatïoni respondit pro A. Cluentio , qui vaccurate âicebat zxsatis copiose, eratque pr&terea dobíus Herma-gora prxceptis , quibus etfi ornamenta non fatis optima dicendi,t amen ut hasts, velitibus amentats , fie apta quidam zx par at afingulis causarum generibus argumenta traduntur (57). Scali-ger ne censure pas St. Jerôme, d’avoir mis pêle-mêle la gran-de réputation tk la mort de Pacuvius fous Ta 3 année de la

tin fut venu à fa perfection. Ces gens-là étoient admi-rateurs perpétuels des vieux Poètes, fans se servir, ou sansvouloir que Ton se servît de leurs expressions surannées :ils vouloient seulement mortifier les Ecrivains de leur teins,en les mettant au dessous des vieux Auteurs. Horace avoitbien compris leur intention ;

Sic fautor •veterum , ut tabulas peccare •vêtantes ,

6 )uas bis qu'mque viri fanxerunt : faedera regmnVel Gabiis , -jel cum rigidis squata Sahinis ,

Pontificum libros , anhosa •volumina -vatum ,

Diílitet Albarm Musas in monte locutas.

Jam Saliare Nums carnem qui laudat , zv illud<S)uod mecum ignorât , filus vult scire viderì ,

Ingeniis non Me favet , plauditque sepultis ,

Noftra fed tmpugnat , nos noflraqui íividus oiit. (63).

C’est encore une maladie dont notre siécle est éxemt. Onsc contente de mettre la Grece & Tancienne Rome au des-sus de notre siécle ; mais on ne préféré pas les Harangues& les Poésies du XV & du XVI siécle à celles qu’on faitaujourd’hui.

(«k AptiiAul. GdJ.Libr, l , Cap *X , quem vid*etiam ibid „Cap. VII.(62) VOra-teur Sifennaavoit atte af~feètation. Ci-eeï. inBruto*Salluste en aété aaufé ,Sueton. inAug. Cap mLXXXVI t& in Vit.Gramm.

Cap. XV 3 &de 'attesta-tion contraire >c eji -k- dire$de forger desmots non*veaux. Aul»Gell. Libr*

I, Cap. xy\

(6$ ) Hoiati,Èpist. I,Libr, II,f- -Z.

ACCO. Charles Etienne débite que c’étoit une vieille Femme , qui devint folle de chagrin,en voiant dans un miroir de quelle maniéré la vieillesse l’avoit enlaidie. II cite le chapitre XV duVI Livre de Cœlius Rhodigínus ; mais on n’y trouve rien qui aproche de cela (a). Le Conti-nuateur de Moréri ajoute que cette femme fe plaifoii à parler avec son image devant un miroir , Uque souvent elle f ai soit semblant de réfuser ce qu 1 elle souhait oit fort. Plutarque ajoute , pouríuit-il, que ‘Lithodígi'c'est un mot dont les meres fe stervoìent polir épouvanter les petits enfans , (3 les retenir cn leur devoir. ,U1S sfsts"II cite le XVI Livre de Cœlius Rhodiginus , & Cicéron z ad Jtticum : je ferai ci-dessous la cZp. uscritique de ce passage ( A). En attendant, voici ce que dit Rhodiginus dans un lieu qu’on ne cite

point.

(4) Llûyd «echange rien, fice tfeft qtfiL

( A) La critique de ce passage. ] I. Nul des trois Auteursqu’on cite n’a dit, qu’Acco devint folle , pour s’être vuelaide dans un miroir , & qu’elle faisoit semblant de refuserce qu’elle souhaitoit fort. C’est à Plutarque nommément,

que Ton attribue d’avoir dit cela ; puis qu’après avoir ra-porté la folie d’Acco , ses illusions touchant son image , &sa dissimulation , on s’exprime ainsi, Plutarque ajoute. C estdire que Plutarque a débité ‘ ces trois faits ; &, par consé-p 3 quent,