DES
accords;
47
imprimes quelques Sonnets {c) : ce que n’ont point su, niVau-Privas. L’Ouvrage , qu’il intitula Les Louches , sut imprimé à Paris , l’an if8f (b). C’estun recueil de Poésies ingénieuses, à la vérité ; mais la plupart fur des. matières obscènes , &qu’il traitoit trop librement, selon la mauvaise coutume d’alors. II régné un semblable esprit dansses Bigarrures. On lui en fit des reproches, qui l’obligérent à se justifier (C). On lui attribueun Diïïionaire des Rimes Françoise s (D). Au reste, la Seigneurie des Accords est un fief imaginairequ’il ne sonda que lur la devise de ses aieux (E). Remarquez que Guillaume Tabou--
R O T,
la Croix du Maine, ni du Verdier O *
■ ' — * - - / V. Livre di
ses Bigarru-res, Edi-lion de Parts >chez, M&ttcr$y %en 1662., in
12 , pc %. 477-1
st°) Préfacet IV. LivreBigar-r A Ur es > f os,
A u j.
(n) Dansf Epître Dé-dicatoire .
(12^ Cccî
infirme qu* il
7ìe dtíjérafoint auxAvis <£ E~íienne Pa-pier.
O3) EpîtreïdédicAtoiredes Touches.
(14) cr-oisement destouches im~primées avecles Bigairu-ÏCS.
C 1 í ) Dansla ‘Remarque(M) de^Article
Marot.
( 16 ) Andréïaïquet,Avis au Lec-teur au devant
des Bigarru-res.
0 -XVI. *í.
Catm.
trouve-t-on mauvais que je laisse aller le tems ( que les autresjouent ), à cette honneste occupation , qui ri’est pas du tout vaineC? Jans fruit, fi l'on y regarde de pris ?
Voici une autre raison , qui marque en particulier , qu’ilne plioit que pendant un tems fous les attaques de ses Cen-seurs , & qu’il n’avoitpas dessein de suprimer le II Livre,quoi qu’un peu lascif. „ Au second „ ,dít-il (10), „ je„ traicte de mesme'les Périphrases^ Hyperboles, Métonymies,
„ Métaphores, Synechdochcs, t&c , avec la plus propre dic-„ tion Françoise que j’ay peu choisir, 8c si gracieux éxem-„ pies , qu’on ne les pourroit lire lans plaisir. Mais p®ur„ ce qu’si y en a d’auffi lascifs & chatouilleux aux oreilles„ de.nos veaux critiques, que les prémiers : je les laisse„ pour une autre saison ; & suis expressément fauté au„ quatriésme de plein vol, pour contenter les plus sérieux„ esprits, qui auront dequoy me sçavoir gré d’aucunes In-„ ventions non touchées., que je sçache , par aucuns cy-„ devant”.
(B) L’Ouvrage , qu il intitula Les Touches, fut impri-mé à Paris, l'an 1585.] 11 le divisa en trois Livres , 8cdédia le premier à un Prélat, à Pontus de Tyard, Seigneurde Bissy , Sc Evêque de Chaloir. II se vante (11) de les 'avoir faits en deux mois , à Verdun fur Saône , l’an1585 (12.) ; & il dit que ce font des Epigrammes , à qui lesurnom de Touches convient 'véritablement : Car c est uneefpece de lègere escrime , oh , avec l'épée rabatue, je donne sim-plement une Touche , qui perce à grand’ peine la peau, o* nepeut vivement entamer la chair (13). On avertit ailleurs (14),que Touches , selon V Autheur, est un mot tiré des escrimeurs,qui appellent Touche le coup qu ils donnent avec leurs efpées ra-batues, , duquel la marque apparoïfl fur l’habit de celui qui efitouche , d, cause de la ct aye dont on blanchit l’espée ; cxc. LesTouches du Seigneur des Accords, qui s’impriment ordi-nairement à la luite de ses Bigarrures , font différentes decelles dont je viens de parler.
(C) On lui fit des reproches fur ses obscénitez , qui T obligé*rent à se justifier.'] J’ai cité .ailleurs (15) son apologie; &j'ajoute ici, que son Imprimeur lui a rendu un témoigna-ge , qui la pourroit confirmer. „ Qui m’a occasionné „
, dit-il (16), „de mettre en lumière ce que j’en a vois de co-„ pié , avec les libres adjonctions des mots , tant sales &
„ lubriques que vous pourries dire ; pourveu qu’ils soient,> ingénieux: car encore que l’Auteur -ayt voulu avoir égard„ aux chastes aureilles, & sciemment obmettre plusieurs„ propos , si est-ce que luy ayant ouy dire à luy-mesme,
„ que c estoit ìpsum evitare Priapum, 8c qu’il y avoit infinis„ beaux traits, qui perdaient leur grâce, fans cette liberté;
,, j ay enfin mieux aymé suivre fa conception, que son con-„ íéil. II me pardonnera, si je sonde fi avant ce qu’il a dans,3 le cœur, & prendray pour ma défense envers luy ces vers„ de Catulle :
„ Caftum ejfe decet pium Po’ètam
,, Ipsum ; verficulos nihil neceffe efi ,
„ Am tum denique habent falem e" leporem ,
„ Si funt mollìculi ZV parum pudici : *
„ T)es Amadis (18).
Qui voudra voir ces Escrits,
„ Les lise auprès de s’aniie,
„ Car ils donneront envie„ A tous deux d’estre lascifs.
D’un Lecteur d’Amadis, qui blasmoit les Bigarrures,
,, Toi, qui permets les lectures„ D’Amadis, & ne veux pas„ Qu’on lise les Bigarrures,
„ Cauteleusement tu as„ Apperceu que les mots gras„ N’entrent vivement dans Paine,
„ Pour suborner ùne dame ,
„ Comme les mignards appas”.
fit) DèsAccords 9*ux Touchesimpriméesavec les Bi -garrures, kParis chezMattcroy , en1662 , in 12 182.
frp) Soïéij,'Remarquesíur leBcrgétextravagant*Livre a 1 1379>Edition deT^ouen, en1646 y en zVolumes in
(20) Là mé-
(22) Lamé-me,page 222 J& notez qi*iL
dit que ceDictionnai-re des BJth~mes Fran-çoises fut im-primé à Pétris^chez GaiiûtdtàPré, Pari '
1572.
(2 3) Des Aocoras, Bigar-rures UvreIV , ChapitreIII } touî à la,
Í17) Voler,mon Eclail-c siîemcntIur les obs-*énitez,
Et oseray bien dire , que tant s’en faut que cela offensepersonne (hormis quelques hypocrites; ) qu’au contraire,
. cela servira à la jeunesse d’advertissemesit de ne se pas, tant amuser à ces recherches curieuses, puisqu’elle les ver-, ra icy toutes aprestées, & en telle quantité , que l’abon-
> dance leur en engendrera un dégoust, qui les occasionne-, ra de mettre le nez aux bons Livres & lire chose dont ils, pourront retirer du fruit : car je fuis ferme en cette opi-, nion , que la multitude & facilité grande des Livres que
> nous avons aujourd’hui abastardissent les esprits de re-, chercher & lire curieusement les bons Livres, mesinés, quand ils s’estiment assurez d’avoir des recueils, qui leur, enseignent où gist le lievre , 8c où sont les viandes tou-, tes maschéeí prestes à avaler. Quant à la lasciveté , je ne, puis penser quelle les puisse tant offenser , que les Pria-, pées de Virgile , Epigrammes de Catulle, de Martial,
, Amours d’Ovide, Comédies de Térence, Pétronius Ar-„ biter, & bref tout ce qui est de plus beau & rare en l’An->, tiquité, qu’on leur propose, comme choses sérieuses & à„ imiter , devant les yeux ; au lieu que les lasciveíez scy„ rapportées représentent folastrement ce qui y est comme„ chose légere & de peu d’effect. Du surplus , ìl n’y a rien„ que curieux, gentil, & ingénieux en ce Livre; 8c ne s’en„ devroit pas l’Auteur cacher, fous ombre qu’il estime le su-„ ject si léger”. Cela veut dire que Des Accords se don-,noit cette licence , non pas pour favoriser les passions ducœur ; mais pour amuser l’esprit, & pour n’ôter pas à sesvers le sel qui Iqs pouvoit rendre plus agréables & plus pi-quans, selon le goût qui régnait.depuis plusieurs siécles. IIn’ignoroìt pas la Maxime, Que lessaletez,grojfieresfont moinsdangereuses, que les délicates (17) ; cítf VOÌCÌ COlIUllC il k lllit
en œuvre, pour se disculper.
Je me souviens ici d’une pensée de Sorel. Les Poètes , dit-il (19) , qui composent des Ouvrages sujets à la censure dela Jus-tice , 8c que l’on brujle en place de Greve , font de grands Jets,car ils s’imaginent que cela efi fort agréable à ceux qui aimentle plaisir âes femmes : cjr cependant, Von ne fiauroit lire leur Ca-binet Satyrique , que l'on riait envie de quitter le déduit pourlong-temps, à cause que cela est fi sale e? st vilain, que cela saitde l'horreur. Pour ne rien dissimuler , il íaut que j’obl'ervequ’il ajoute un correctif à cela. Mais, quand fy pense, pour- me ’fiait—ìl í^zo), en ce cas-là l’on me pourroit dire qu il rien faudroit Biblio-donc pas défendre la leblure, puisqu elle fait hayr le vice : maiscecy riejl entendu que par les bons esprits, csr l’on ne doit pas 155, ’donner âes pénitences qui puis ent faire entrer en tentation. Ilriy a qu» trop de’personnes , qui fe plaisent à vivre dans bor-dure.
(D) On lui attribue un Dictionaire des Rimes Françoi-ses.J La Croix du Maine Pavait fait Auteur du Livre intitulédes Rithmes Françaises (21) ; mais il fe rétracta-, & il recon-nut (22) qu’il salait l’attribuer à Jean le Fevre , natif deDijon, Sécrétasse,du Cardinal de -Civil, 8c Chanoine deLangres. Cette rétractation est juste ; car Des Accords re-conoit que cet Ouvrage ne lui apartient point. Votons cequ’il dit, en finissant son chapitre de la Poésie Françoise.
Je réserve , dit-il (13) , d’en dire plus amplement mon opinionau recueil que je fais des arts poétiques François : oh Pelletiera fort dobíement b laborieusement, Ronsard divinement CVsortà propos, comme toute chose, Z7 le Quintil Censeur assez, gentil-lement selon son temps, ont desja deffriché les e fpines, avec quel- F -, 4»4
ques autres ; desquels, avec mention de leur nom, z? rapport de j' ‘leur propre texte, je m aiderai-en bries, pour faire une Suittedu Dictionaire des Rimes Françaises de nostre oncle Monsieurle Fevre, que jeferay voir un de ces jours.
Ce qui me fait croire, qu’il a tenu fa parole, est un pas-sage que je trouve dans la Préface du Dìâlionaire des RimesFrancises, imprimé l’an 1596, par les héritiers d’EustacheVigmn, in octavo. L’Auteur débute de cette façon.- J’aypremièrement recueilli, dit-il (24 ), par maniéré de pajfe-temps,ce Dictionaire, ( à peu près tel qutl est pour la quantité desmots, defireux de subvenir d la désectuosttê de ma trompeuzemémoire. Depuis, méfiant venu en main celuy du SeigneurDes Accordz, enrichi de plusieurs annotations pour la rime, ilm’a pris envie de revoir le mien, e? philosopher aufft un peu surce subject-, ce qui ri’a.point esté sans profit.
(L) La Seigneurie des Accords est un fiesimqgìnaire, qu’il 11 cl,a P‘ f"ne fonda que fur la devise de ses aieux.] Lai fions le parler lui- L,v /Í
même. „ Et pour ce que „ , dit-il ( 2 5 ) , ,, par le discours du W. ""T .„ changement de surnom (26), je bíasme ceux qui l’entre-„ prennent; & qu’il semble, que pour m’estre appellé Sei- uìrfZiM'„ gneur des Accords, je me déclare digne de k peine que je Lettre dr. t„ veux être donné à -autruy :jeveuxbíen quetusçaches, que chopine est,, je n’ay point tant desdaigné ces escrits, qu’és Lettres Ac- Un E ’ “ lte,, crostiches (27) des chapitres du premier Livre, je n’aye A '
,. mis mon nom; 8c, au second, tu cognoistras encor l’an 8c f„; te ^^4„ le lieu où il fut fait. Mais, comme le sujet estoit de lé- u pimimd*„ gere estasse, je n’y mis pas mon nom, mais une Seigngu- chapitre„ rie prise sur ma devise , le corps de laquelle est un xvjA ut 'ft„ Tambour (28), & pour l’esprit j’ay mis ces mots, A,, tous Accords, selon qne mes pere , ayeul, &bifayeul,
,, Pavaient porté de suite. Tu verras, au chapitre des par-„ ticulieres remarques fur la poésie Françoise , Poccasion„ pourquoy cesse devise fut érigée en Seigneurie. „ II estbon de voir ce qu’il raconte dans le chapitre où il nous ren-voie. II avoit envoie un Sonnet à ,, une honefte & gra--- cieuse Damoiselle, fille de feu ce grand 8cdoctePrésident
j. -d _ u. ,^„^i. . stif-ii f ^ ..... jp r Affixe
(24) Préfacéde ce Dìctio-nairedef Ri-mes.
(25 ) Préfacedifi IV. Livredes Bigarru-res.
(26) Ces U
un T: & par-la toutes en-semble font
Es tien-ne Ta-bou k. o t,
D'atiîresavoient déjet
de Bourgogne, Mr. Bégat, lequél „ , dit-il (29) , ,, mefaisait cet honneur dem’aymer: — Etpource,, , con-tinue-t-il, „ qu’au dessous du Sonnet j’-avois mis feule-ment ma de vile , A tous Accords , ce fut laprémiere, qui
„ en.
dans ses Au-teurs dégui-sés , pages
442-446.
(28) t’t>,í>í/o«c»»eD.evisepátlante, i? une^íllttsimmanifeste* fort Nm Tabeúrpf,(29j Bigarrures Livn IV, Chap. m,pages 491 , 4?*» *