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D E
s ACCORDS. A C C U R S E . 1
(d) vottz. La rot, son pere, qui fut Avocat au Parlement de Dijon, Conseiller du Roi & Maitre extraordi-croix du naire de la Chambre des Comptes, est fort loué par Pierre de St. Julien, dans le Livre de l'Qrigine jg«r. <udes'Bourguignons {d). II mourut le 24 de Juillet 1 s6i, dans fa 46année (e). ' /<"> F,lí ’
Maine, pageIJá.
825 -
en fa réponse me baptisa du nom du Seigneur des Accords,„ comme aussi son pere nsappella ainsi plusieurs fois : qui.„ a esté cause, qu’en tous mes discours de ce tcmps-la, j’ay
„ choisy ce surhom, & même en Ces Livres,,. II se don-na par Anagramme le nom de Torvobatius, comme l’assureMr.Baillet (30). 607,
ACGURSE, Professeur en Jurisprudence, au XIII siecle, étoit Florentin
aquit un
fi) T iró deTanzirol. deClaris Le-gúm Interpr.l.:íy. 2 2, Cap.XXIX. pag.
147, & M-
(l) Arth.Duck deUsii& Author.Juris Civ.Rom. Libr. 7 ,Cap. V, apudTope BlountCens. celebr.Auror. pag.28 5 .
( c ) ForsteriHistor. JurisCivil. L dr.
122, cap.XII.
grès, qu’il fit dans le Droit Civil, furent si grands, qu’il devint un célébré Professeur en cette
Science. II renseigna à Boulogne j & puis j s’enfonçant dans la retraite , il composa une Glosecontinue sur tout le Droit , laquelle parut si commode & si utile aux jeunes gens , qu’on ne parlaplus des Gloses qui avoient précédé celle-là, & qui, fans doute, n’étoient point si bien disposées,ni si complettes.. Les contradictions, que l'on reiparque dans Accurfe , viennent, selon quel-ques-uns, non pas de son inconstance, ou d’un défaut de mémoire ; mais, de ce qu’en raportànt.les diverses opinions de ceux qui l’avoient précédé , il ne faifoit conoître les Auteurs que pair laprémiere lettre de leur nom. On veut que cette lettre, étant disparue de divers endroits, ait étécause que les - Lecteurs aient pris pour son sentiment ce qu’il n’avoit dit que comme témoin de ladoctrine d’un autre. Son autorité étoit autrefois si grande (L), que quelques-uns l’ont nommél’Idole des Avocats (a). La’plupart des Interprètes ont pris autant (b) ou plus (f) de soin d’expli-quer fa Glose, que de commenter le texte même des Loix. Quelques Critiques, grands amateursde la politesse du langage, ont horriblement crié contre la barbarie de cet Auteur (C) -, mais ,on convient aísez généralement que c’étoit un grand génie, & que ses défauts viennent-du siecleoù il a vécu ( D). II vécut fort à son aise, aiant belle maison à la ville, belle maison à la cam-pagne, & deux fils qui étudioient bien, comme on le verra bien-tot. II y a des gens, qui lui don-nent une fille fort savante ( E ), & installée à la profession du Dreit Civil. II mourut l’an i zzp(F), à l’âge de 78 ans. Son tombeau se voit à Boulogne, dans l’Eglise des Cordeliers , aveccette inscription très-courte & très-simple, Sepilchrum Accurfú Glojsatoris Legum , Q Francisci ejus
filiï .
(î) Tanzirol.dè clar. Leg.Interpr. Libr.11 , Cap.XXIX.
( 2) PopeBlount,Cens. Ce-lebr. Autor.p dp. 28S.
( î ) Forst.Histor. JurisCivil. Libr.III,Cap.
XII,
( A ) Et cpu il avoit bien quarante 'ans. ] D autres disentqu’il n’en avoit que vint-huit. Jamquadrugenarìus, vel,utalii fcribunt, XXVIII annos natus , Jus civile ab Ascomaudivit. C’est ainlì que parle Panzirole, dans la page 147 dela seconde Edition, qui est celle de Venise, eh 1655(1).Mr. Pope Blount, citant Panzirole & Konig,met trente-sept «ns, & non vint-huit (2). La citation de Konig estbpnne : mais celle de Panzirole ne P est pas ; à moins quemon Edition ne soit différente de la prémiere. Forsterusauroit été plus propre à être cité; car il raporte qu’Ac-curse devint disciple d’Azo, à l’âge de trente-sept ans ( 3 ).Volez ci-deflous -la Remarque ( F).
(B) Son autorité étoit autrefois p grandefj Je ne iàuroisrien alléguer ici de plus à propos, ni de plus divertissant,qu un passage cité par un des Jurisconsultes modernes, quiont le moins estimé les Glossateurs^ Noftis quanta fit auto■>rit as glojsatoris.. Nonne heri dixit Gyn. glojfam timendam prop-ter pr&fcriptam idololatriam per advocatos, fignificansquodfientantiqui adorabant idola pro Dtis, ita advocati adorant glojfato-res pro Evangelifiis. Volo enim potius pro me glojjatorem quamtextum ; nam fi. allego textum , dicunt advocati diverfepartis■ ex etiam judices , credis tu qtlod gloffa nòn ita viderit illumtextum fient tu, & non ita bene intellexerit sicut tu ? Egorecordor (ex fi illustpronovo ) quod , dum effem Scholaris, eramfatis acutus, ex dum fimel ejfemus mulft focii ìnuna collaticne,aufus fui unum textum allegare contra fententiam Doâloris met :tantam audaciam habui. Dixit unus focius, Tu loqueris con-tra gloffam quae dicit fie. Et ego refpondi, Etsi gloffa dicitsic, ego dico sic; ignarus auctorìtatis glossatorum. Crede-bam enim quod ejjént communes apoftilU, qualesfuntinlibrîsgrammatica ,' ficut super Virgilio zx Ovidio : sed t amen non itaest ; suerunt enim glojfatores maxima fcientìs. viri ex auéíori-tatis. Etfi aliud non efiet quam gloffarum ordinatio, zx dequi-bus potest dici id quod arbitrer de nullo dicipojfe, videlicet quodtotum Corpus Juris viderunt. Magis ergo standum est eis quividerunt , quam nobìt qui non vìdimus (4). Hotman citequelques autres passages du même Auteur, qui confirmentla meme chose, & qui nous aprenent, que devant les Ju-ges , la Glose, mise én balance contre le sentiment de deuxlnterpietes, 1 emportoit toujours.. Si fententia glojsatorisduo-bus Doéîorìbus est contraria, profetío ìn ludicïis pr&valeret sen-tentut ipfius glosa ( 5 ),
(C) Crié contre la barbarie dé cet Auteur. ] Louis Vivesest un de ceux-la (6). Voiez aulîì Bernartius dans sonTrai-té du profit qu’aporte la lecture de l’Histoire. II s’est trou-vé, parmi, les Juriítoníultes du XVI. siecle , bien des Au-teurs , qui ont censuré cette barbarie. II semble qu’Alciatles ait mis en branle, & qu’il ait commencé de donner dugoût pour l’union des belles Lettres & du Droit Civil. Bri-dée, l'un des plus ardens censeurs d’Accurse, a contribuéaussi à cela (7 ). On ne peut nier que l’ignorance des bel-les Lettres naît fait tomber les Gloflateurs dans plusieurs bé-vues. Albéric Gentil s’est fort déclaré leur partisan: il n ’ apas voulu avouer qu’Accurfe ait mis en usage la maxime,Gr&cum est, non potest legi (8), qui lui a• été reprochée (9).II croit que ces paroles ne se trouvent nulle part dans ceGlossateur, & il le fait plus habile dans la langue Grecque,Gentflis de Juris Interprètes, fol. 29. (9) Vide Sich, mPrafat.ai Codi-
cem Tkçodosiwuua, ár Alriamw, 5-7. X F 7 . LA. 77
(4) RaphaëlFulgollus inR,Si in Solu-tum, G. deAction. 8cOblig. apudFr. Hdtto-mannum >Fris. Con-siliorum.,
( j ) Idemìbid. apudturadtm.
(6) Ludbv.Vives, deÇausis cor-l’upt. ArtinmLibr. /, pag.52. ir Libr.
■ Vil , pag.
Vide etiamBraílicanum•inter I pilt ol,HobanlHelE. .
(7) Voiez.ìâquier.Re-«fheich. de laFrance,Lw.r. IX,ChapitreXXXIX ,pag. 9 or,
<ptii donne le•premier rangà Budée, K»le second ceAÍciat.
(S) Alb.
qtfon ne le pense ordinairement. Quoiqu’il en soit, le pro-verbe, Gracum est , non potest legi, passe pour avoir, tiré-sonorigine de la coutume des Glossateurs. On prétend , quelors qu’ils tomboient fur un mot Grec, ils cessoient d’inter-préter, & en donnoíent pour raison que c’étoit du Grec,qui ne pouvoit être lu; &, après avoir ainsi fauté cettefosse, ils reprenoient l’explication du Latin.
(D) %ue c étoit un grand génie, zx que' fes défauts vien-nent du fiecle ou il a vécu. ] Je ne citerai que deux Auteurs.Hanc stgnificatìonem in animo habuit F. Accurfius Glossatorumveterum Coryphaits, homo ingenii prorfus stupendi, qui in tan-tis difeiptinarum tenebris ipfam disápltnarum disciplinam accu-ratistime ìntellexìt, cum non jurifdiétionem,_/crt! jurisditionemsenbendum censuit (10). Voilà ce que dit un Allemand;yoions ce tju a dit un François: Antiqui, (interprètes juris) •inter quos Accurfius zx Fartolusprincipatumtenent , defermo-ne non valdè anxii, rerum quas trustant curam folam habue-runt : quas cum noffent , quantum in. tlla barbarie zx codicirgidépravations nojfe poterant, explicare nifi incondite zx barbarenequtverunt , quod non tam eis quam feculo illi tribuendum, quolingua zx bona litera prorfus jacebant (11). Notez queBar-thìus donne à Accuríè le prénom Francisons : il n’est pas leseul qui le fasse (iz). J’avois suivi ces gens-là dans la pré-miere Edition; mais je les abandonne dans celle-ci.
(E) Une fille fort savante. ] Panzirole n’en parle que parun on dit. Filiam quoque habuijfé dicitur , qua jus civile Bono-n'u publiée docuit (13). Dès qu’un tait de cette nature estdouteux, il s’en faut très-peu qu’il ne soit faux; car detelles choses font trop singulières, pour demeurer dans l’in-certitude, quand elles font véritables. Ainsi , je n’ajontepas beaucoup de foi à ce que je viens de lire dans le Théâ-tre de Paul Fréher, qu’Accurse eut quelques filles, qui, àcause de leur excellente érudition, surent entploiées à fairedes Leçons publiques à Boulogne (14). Fréher agréera, s’illui plait, que je me défie de Jean Frauenlobius, dont il citeun Livre Allemand.
(F) Il mourut l’an 1219.] Vous ne voiez rien de sem-blable dans le Théâtre de Paul Fréher , qui a été compiléavec tant de peine , & pendant un si long-tems. Vous yvoiez, au contraire, qu’Accurse florissoit Fan 1236; qu’ilmourut Fan Í279; & qu’il fit les Gloses fur les Authenti-ques, Fan 1236 (15). Il est cité lui-même , pour ce der-nier fait, par Jean Fichard, dans la Vie des Jurisconsul-tes (16).
Cette citation est fausse ; car voici une observation quim’a été communiquée de bon lieu (17). „ Volaterran
„ dit qu’Accurse commença d’étudier en Droit à quaran-,, te ans, & qu’il mourut Fan 1279, en la 78 année de„ son âge (18); d’où il s’ensuivroit qu’il seroit né Fan„ 1201. Cependant. Accurse lui-même nous aprend, sur' „ l’Authentique ut prap. nom. Imper, au mot indiâìiones,>, qu’il écrívoit.actufcUement en Tannée 1220; &, fur la„ loi penultieme au Co àe de accufationibus, qu’il écrivoit„ en l’année 1227 : ce qu’il n’auroit pu faire, si le calcul„ de Volaterran avoit lieu; autrement, Accurse auroit tra-„ vaille sur le Droit long-tems avant que d’y avoir étudié.„ Ces époques de 1220; & de 1227, excluent celle de,, 12,36, qui est fautive, & qui ne peut être admise par» ceux qui mettent la mort d’Accurse en 1229
( lojBarthS^Aslimad.ad Claudiasti•inRufin.Libr. II. f,85 ìpag.liQOx1201.
(n ) Ro-llandus Ma-lefius, EpilLX L , Libr. F,pag. 176,177,Edit. Lipf.
^í. 1687.
(12) ArthusDuck, ix To-pe Blount,le font aujji-Voiez Pope. Blount CenLcel'. Aut. pag,28S.
( 1} ) Tanzí-rol. de cl.
• Leg. Interjy-Libr. II, Cáp-XXIX, pag,149.
(14) Paul»Fieher.Tlieatr. Ví-ïor. Liudlt,pag. 784.
( 1; )ldcmì
(16) ^ipudFreher. ibid,
1 ct
par Mr. de W
Monnoie.
(18) vola-
terr, Libr. ,
• XXI, paS*
781.11 re-marque^«’Accurfecommença iet “te Etude fi»*t Empire de :
TT«» lAA*t r T I»