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Tome premier. A - B.
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ACHILLE.

en cette rencontre : ils ont mis à profit cette tradition ; car ils prétendent que c’est de là qu’est

venu

s7) StatiiAclúlleïd.j Libr. II,

3 8 2 .

(8) Philos-trat. in He-I oie. pag.

705, B ; &in Icon. II,7»i, C.

(p) Tertullian,L ibr. I, pag.

I,

Girac a malnié qu’ A-chiUe aitété nourride mouellede lion.

(12) Répli-qué à Cos-tar , Secs,

VII , pag.

$S Edit. deliait. in 8.

II.Preuvesqu’AchilIefut nourride mouellede lion.

(n) In ïro-gymn. Rh e -toricis exJHennogene.

(14) StatiiAchill. Libr.II, ir. 382-2 ?entres lì~sent íubensou libens,dons ce der-nier Vers.

III.

Passage dePlut arquemal traduit.

(1 S) Vigé-nere, Com-ment. íùrPhiJ ostr. dela Nourrit.d’Achille,Edit. in 4 ,M- 544 *

V 6 } îlutar-que , desPropos deTable, Livr.ÌY, Chnp.I,

entrailles & la mouëlle du lion , ou , selon la leçon dequelques vieux Manuscrits , les entrailles de lion > Se lamouëlle de louve (7). Voiez ci-dessous num. 11 . Philos-trate joint au miel 8c au lait la mouelle des faons de bi-che , 8c la mouelle des chevreuils (8) : Tertullien se con-tente de parler simplement 8c d’une maniéré indéterminéede mouelle de bêtes sauvages (9) : Eustathius s’exprime d’unefaçon encore plus vague, puis qu’il ne parle que de mouel-le d'animaux (10) : Suidas dit simplement mouelle (11).

, de Pallio 3 voiez. ci -dessous num. VIII. ( 10) Eufíath. tn Iliad.II, Vers. 28. (11) Suidas, verbe

Au reste , c’est une tradition st vulgaire parmi les An-ciens , que Ghiron nourrit Achille de mouelle de Lion,qu’on ne sauroit assez admirer qu’un aussi savant hommeque 1 etoit Mr. de Girac , ait accusé Mr. Costar d’une gros-jiere ignorance (iz) , pour s’être servi de ces paroles : Vousvous étiés nourri des votre enfance du suc, de la substance, c?de lame des bons livres, tout ainfi qu Achille de la mouelle deslions. Mr. de Girac fait là-dessus une demande , qui n’estpas d’un Critique éxact , puis qu’elle change l’état de laquestion , 6c qu’elle fait dire à Mr. Costar plus qu’il n’a dit.Où est-ce qu’il a trouvé, dit-il, qu Achille ne (e nourristoit quede la mouelle des lions ? Mais voici bien pis. Aiant alléguéentre plusteurs autres raisons, pour soutenir son sentiment,que selon Plutarque , Achille fut nourri de choses qui n ontf oint de sang , il ajoute , qu il ne croit point qu aucun Auteurdigne de foi ait écrit qu Achille fut nourri de mouelle de lions:& , néanmoins, il cite lui-même tout autfi-tôt St. Grégoirede Nazianze remarquant que St. Bafíle n’avoitpas eu, com-me Achille, un Centaure auprès de foi, qui lui présentât desmouelles fabuleuses de lions ét de cerfs.Ce qui fait voir , poursuit Mr. de Girac , que St. Grégoire atenu cela four une chose feinte er impossible. Soit : mais il nelaissera pas d’être un témoin digne de foi. Car, pour hêtreen ces choses-là , il n’est pas nécessaire , ni que l’on (bitpersuadé des faits qu’on raporte, ni qu’ils existent réelle-ment , ni même qu'ils soient possibles : il suffit que l’on neforge pas de fa tête ce que l’on avance. Or, fans aucundoute, St. Grégoire de Nazianze est dans le cas. 11 n'assurepoint, fans savoir lu , ce qu’il raporte du Centaure Chi-ron , 8c d’Achille. II ne le croit pas , je l’avoue ; mais

à savoir de viandes non sanglantes (17). On pouvoít enve-loper Xylander dans la même erreur ; car fa traductionLatine porte , Noftrum autem quo paëio Achillem Chiron nu-triens ìste flatìm a natalibus sanguine c a r e n t i b u s. IIy a une lacune dans ce passage de Plutarque ; mais le motn’en devoir pas être moins intelligible pour lesens d'au rebours, que les Dictionaires lui donnent commu-nément.

Ce que j’ai dit, en prouvant la validité du témoignagede St. Grégoire, montre que Mr. de Girac a cité mal-à-propos Elien , Pline , 8c Aristote , pour montrer que leslions n’ont point de mouelle ; ou , que s’ils en ont, c’estsi feu que rien. II auroit pu citer aussi Galicn , au Livre XIde ì’uíàge des parties, Chap. XVIII : & íl ne semble pasque ce fait doive être révoqué en doute , puis qu'ordinai-rement les Modernes le passent aux anciens Naturalistes,lors même qu’ils les accusent de plusieurs méprises fur lesujet des lions. Consultez Vossius au Chapitre LII duIII Livre de Origine Z? Progrestu Idololatria , Franzius & Bo-chart aux Livres de Animalibus Sacra Scriftura , le PereHardouïn dans son Commentaire fur le Chapitre XXXVIIdu Livre onzième de Pline, 8cc (18). Si l’on en croioitVossius, on prétendrait qu’Athénée auroit chicané Aristotefur ce fait-là : mais, quand on consulte Athénée même ,011 voit qu’il ne dit rien touchant la mouelle , Lc qu’il secontente d’attaquer la dureté des os du lion (19) , laquelleAristote fait st grande , qu’il dit que lors qu’ils s’entrecho-quent, il en fort des étincelles , comme d’un caillou. Onpourrait nier cela , fans douter qu’ils ne fussent destituezde mouelle. Ce pourrait donc etre un fait constant, 8cque Mr. Furetiere auroit dú mêler parmi les autres remar-ques qu’il raporte sons le mot Lion , st l’on'n’avoit enfinvérifié le contraire. Borrichius parle de deux anato-mies de lion faites à Coppenhagen , lune il y avoir seizeans, l’autre depuis deux ans , & il assure quelles firentvoir beaucoup de mouelle , coptofam tnedullam , dans lesos de cet animal, 8c même dans la plupart des os ; 8c ilcite Severin , qui raporte que Tibere Garrafa nourrit unlion , dont les os furent trouvez creux 6c mouelleux, com-me ceux des autres bêtes (zo\ Mais, quand même il seroitconstant que les lions n’ont point de mouelle , M. de Giracn’auroit pas dû recourir à cette raison, puis que ce n’est

1— c-.v. —-— ' ■>-

(17) Mézî-ria c , Epî-tres d’Ovi-d e,pag. 249s

IV.

Propriétédes os dulion. S’il eftvrai qu’iisíoient fanamouelle»

(18) Notaspn’Hofman,Continuât.Lexici uni-vers Tam. I,pag. 1002 .n attribue celatjlt aux dentdu lien, & dtjeter des étitt'celles en fechoquant.(i9)Athen£ÏDeipnosoph»Libr. VIII,Cap. XI.

il ne survente pas auffi: Lc cela suffit*pour ìe rendre digne de P aS àst qu’on réfute les faits empruntez de la Mythologiefoi. On ne doit demander là-dessus, ni la vérité morale, ni païenne , & principalement lors qu’on a dit qu’aucun Au-la vérité physique ; mais, seulement, la vérité de relation. ~ s

Mr. dc Girac , qui veut que la mouelle des cerfs ait été lafeule nourriture du Héros d'Homere , suivant ïopinion commu-

ne des Anciens, a trouvé sans doute dignes de foi les Au-teurs qui le raportent, quoi qu’il n’y ait aucun lieu de croi-re , ni qu’ils salent cru effectivement, ni que la chose soitvéritable. II a mis fans doute dans le même rang St. Gré-goire de Nazianze , pour ce qui regarde la mouelle decerf. II ne peut donc point le récuser , quant à celle delion ; 8c, par conséquent, il a lui-même produit un té-moin digne de foi , immédiatement après avoir dit qu’il necroioit pas qu’il y en eût. . •

Je trouve moins surprenant qu’il ait cité là St. Grégoirede Nazianze , que de voir qu’il ait ignoré ce que deux Au-teurs modernes > qui font entre les mains de tout le mon-de , avoient mis dans la derniere évidence. L’un est Mr.de Méziriac, qui a prouvé, par le témoignage du Scholiasted’Homere fur le XVI de l’Iliade ; par celui de Libanius,dans ses deux Harangues , l’une pour, 8c l’autre contreAchille : 8c par celui de Stace > au II Livre de l’Achilleï-de ; que ce Héros fut nourri de mouelle de lion. L’autreest Barthius, qui, fur ce passage de Stace , a cité pour Jemême fait, outre les deux textes de Libanius, ces parolesde Priscien : Deinde fequitur vidlus, ut tn Achille, quod m e-duliis l e o n u m fasius est (yf). Ces témoins sont aussivalables , que ceux que Mr. de Girac produit, pour justi-fier que l’on donnoit à A drille une autre nourriture.

II ne faut pas dissimuler que Barthius nous ôte le té-moignage de Stace pour la mouelle de lion : car , au lieude Iubens , il prétend qu’il faut lire lupa , dans le passage oùAchille parle ainfi :

Hicor v in teneris & adhuc crefcentibus annisThejfalus ut rigide senior me monte recepit,

Non ullas ex more das es habuisiè , nec almisVberibus fatiajfe famem , fed fpijfa leonumVijeera , femianimefque lupa traxisie medullas (14).

Ce que Mr. de Girac fait dire à Plutarque nous décou-vre qu’il n’a pas consulté le Grec : 8c , comme il allégué làquelques-unes des remarques dont Vigénere s’est servi dansses Notes fur Philostrate , il fe pourrait bien faire qu’iî n’apoint eu d’autre mauvais guide , que ces paroles de Vigé-nere : Plutarque dit que Chiron nourrit Achille des fa naissan-ce de choses qui n avoient point de sang (15). II y a déjà biendes années que Méziriac a fait voir , dans son Commentai-re fur l’Epitre de'Briseïde à Achille, qu’Amiot avoit en celatrompé Vigénere, 8c qu’-au lieu de dire avec Amiot , Maisce Philinus ici, comme un nouveau Chiron , nourrit Jon fils enla maniéré que fut estevé Achille des son enfance , de viandedont il n’a point esté tiré de sang, c eft-à-favoir des fruits de laterre (16) , il faut dire , Mais ce nouveau Chiron nourrit cegarçon tout rebours d'Achille ( àftrsiçius tst AsitMeï )

teur digne de foi n’en parle. Le seul témoignage de quel-ques Auteurs anciens suffit alors à faire perdre hautementle procès, quand même les Naturalistes nous aprendroientl’impoffibilité de la chose.

D’où parait que Barthius s’engage dans une réfutationsuperflue , lors qu en commentant les vers de Stace, quej’ai reportez ci-destus , il s’écrie fort sérieusement : C'estune étrange fable, ingens fabula ; puis qu un enfant, qui prert-droit quelque chose de semblable , ne fút-ce qu en supant, péri-rait , riy ayant pas jusqu’à l’haleine des lions , qui ne soit ve-nimeuse , principalement pour un tel âge. Ensuite de quoi > ilcite un passage d’Aristotc , portant que les lions n’ont pointde-mouelle. Peine perdue que tout cela; parce que lesAnciens eux-mêmes, qui avoient un peu éxaminé les cho-ses , ne regardoient tous ces contes que comme des jeuxd’efprit. Ne seroit-on pas bien de loisir , st son s’amusoità réfuter par la Physique ce qui a été dit du talon du mê-me Achille , 8c de sa levre brûlée ? On a dit que sa mersl’aiant plongé dans les eaux du Styx , pour le rendre invul-nérable , ne put procurer cet avantage au talon , parcequ’elle tenoit son fils par là. Fulgence, au Chapitre VIIdu III Livre , 8c 1 e Scholiaste d’Horace , fur l'Ode XIIIdu Livre V , marquent qu’este le tint par le talon. Ceuxqui disent qu’il mourut d’nne blessuie au talon , commeHygin , au Chapitre CVII, 8c Quintus Calaber au vers61 du III Livre , conviennent au fond avec les deux au-tres. Servius > fur le vers 57 du VI Livre de l’Eneïde, diten général qu’st étoit invulnérable > excepta parte qua à ma-ire tentas est. V autres ont dit, que pour consumer tout ceque le corps de son fils avoit de mortel, elle le mettoit fousla braise toutes les nuits > & que le jour este l’oignoit d’am-brosie ; 8c qu’íl n’y eut qu une des levres dé l’enfant qnì futbrûlée; ce qui avint à cause qu’il seroit léché cette partie.

II y a plusieurs Auteurs, qui reportent cette conduite deThetis, 6c qui disent même, que par ce m-anege, este avoitfait périr six de ses enfaus, lors que son mari l’y aiant sur-prise , fut cause qu’Achille , qui étoit le septième, enré-chapa(zr). Néanmoins, Tzetzes s’inscriten faux contrece conte , Lc dit qu’il ne fait d’ou Lycophron a pu pêcher cettementerie , que Thetis eut sept enfans de Peleús (11). Autreexemple à joindre à celui de Mr. de Girac , pour montrerle danger à quoi l’on s’expose par une confiance trop décisi-ve: car Mr. de Méziriac cite quatre Auteurs fort graves, quitous s'accordent à ce queferit Lycophron. ■ On a bien raison dedire, lors qu’on entend parler, ou de quelque phrase extra-ordinaire, ou de quelque fait inouï, que cela est bon peur at-traper les parieurs, c’est à-dire certains Savans téméraires, quisont toujours prêts, en ces sortes de rencontres, à parier,que l’on ne trouvera point une telle chose dans aucun Au-teur. Us ne manquent gueres de perdre. Mais, ce qu’il ya de plus étonnant, c’esl qu’ils ment quelquefois les chosesles plus aisées à trouver. J’en donnérai divers éxemples danscç Dictionaire.

Na

(zo) Dom stnTraité p r oHermetis,^Egyptio-nim, & Chc-niicorum Sa-picniiâ, >nr-primé à lofpcnhagtn, l’onI« 74 , in 4.

V.

Remarquescontre Bar-thius. Au-teurs déci-sifs s’y trot»*vent quel-quefoisatrapez.

(21) Apol-lodor. Bi-blioth. Libr mIII-, Schol.HomeriIliad. ILf. 36-, Scbo-liast. Aril-toph. Pag.184,

( 22) Voitzs-les Epîtresd’Ovide deMéziriac »

pag. 24Ï.