(45J Dans ÇaEabiica dclMondo, quiejì un DiSiio-naire fur'EtOC-
cace, Dante,Pétrarque ,ècc , imprimeÀ Venise , en1588 ,tn folio,
(4 6) Com-ment. sur lesEmblèmesd’Alciat,pag.624 de t*Ed t.de Thuilius,à Padoue , en16ÓI, in 4.
(47) Deci-mator inThesauroLinguarum.C est un grosin folio , im-prime À Leip-
Jic , Can 1606,
pour la pre-mière fois .
(48) Homer.Iliad Mb.lX.
t- 44-.
(49) Id. ib id.f. 4S2.
(50) Le pre-mier ^Auteurde te Thésau-rus , s*apelleBasilius Fa-ber, Soramis,Il étoit 'sec-teur d*un (.al-légé àErford ,dr il publiason Livre Can1571 > *prèsavoir emploie'1<S ans à ensei-gner la langueLatine . U Ou-vrage fut rim-primé enl6z$>avec les Cor-rections cr les«.Additions deBuchnerus,€ful ejlmort enl66l, à C âgede 70 ans ,après avoir étéProfejfeur enPoésie pendant45 ans, & enEloquencepen-dant 30 ans, àWìttemberg. Utorrigea encoredr augmen*a ceDictionaire,pour C Editionde 1655- En-fin 9 Chriiìo-phîe Ceîla-lius C a corri-gé tout denou-veau , prémie-rement pourP Edition def année 1686;tnfuite pour ;;telle de 1692,dr enfin pourtelle de 1696.
(51) Demps-teri Paralip.
ad Rosinum,
Lìbr. 11 ,Cap . XL,(52) Homer.Ilia à.Lìb.iXm
p 44 °,
56 ' ACHILLE.
pénibles ; il lui orna auílî l’ame de plusieurs belles connoissances. Mais, si nous en croions Homère,c’eít à Phénix , & non pas à Chiron (C) , qu’il faut donner la qUalité de Précepteur , Sc de pere
nourri-
derniere erreur. Fu nutrito , dit-il (45) , nel monte Pelio daChirone Centauro , ne mat in quel tempio mangio cibo cotto,perche fu nomìnato Achille , perche a in Greco fignificafenza, erchilos c 1 b o c o t -r o. II y en a, qui, prenant le mot %iM hsimplement pour nourriture, fondent í’étymologie d’Achillesur ce que son Précepteur Chiron , au bout d’un certaintems , ne lui fournit plus ni mortelle de bêtes sauvages , niquoi que ce soit à manger , de sorte qu’il fut obligé de vi-vre de ce qu’il prenoit à la chasse (46). Mais étoir-ce vivrefans nourriture ? Cette explication est peut-être pire que lesprécédentes.
(C) Si nous en croions Homere, c est a Phénix , c 7 non sas àChiron, zsrc.] II y a bien des gens, qui neprenent point gardeà cela. Decimator dit qu’Achille, après avoir été élevé parChiron , qui lui enseigna l’Art militaire , la Musique , & laMorale, fut mis sous la direction de Phénix, qui lui aprit &à bien parler, & à bien vivre, comme il s'en vante lui-mê-me (47). 11 prouve cela, à l’égard de la Musique & de la Mo-rale, par ces vers d’Ovide au I Livre de Arte amandi. f. n.
Phyllirides puerum citharn pnfecit Achillem ,
Atque animas molli contudit arte feros.
Je les raporte fans rien changer, ni à l’orthographe, ni àcithars. prttfectt, qui doit être changé en citharà perfecit. Cha-cun peut voir qu’il ne s agit là que de la Musique , & nulle-ment de l’étude de la Morale. Ses preuves à l'égard de Phé-nix font ces paroles d’Homere :
T H 9 fx.cc iii or^oítmi 0 toxTxl txvi xí T*L yr«v7« ,
Muâ-oiíi ri fr.Tvip ’ífuvai , orçiynípce te tpym (48).Profterea me mifit ut docerem ifta omnia ,
Verborumque orator efsem , aótorque rerum.
Mais, pour peu qu’on lise avec réflexion le Livre de f Iliade,d’où cette autorité est empruntée , on verra que Decimators’est abusé. Les expressions de Phénix témoignent qu’ii futle premier Précepteur d’Achille. Vous ne vouliés rien manger,repréfente-t-il à ce Héros , à moins que je ne vous priste furmes genoux , e? que je ne vous coupasse les morceaux. Le vin,que vous vomijstés fur ma poitrine , pendant vetre enfance mal-aisée , a souvent sali mes habits.
- - - - EVe’ì isk lîtíXtFx .£5 olfì aXX.q>
Oilr £5 f xi v' ìívxi , Sr £v fisyáçoiFi sruFXTV xiIlpit y on f' lor ìfusítrf» lya ySí.xTFí xxÙìfxg ,,
o’hfy T* ClFsltfU TTÇCTXIXOJV , XXI Ò ÍVG v eVir^à» ,
IΫAAí*«í O-'.i xctréà'ivFCii ltr\ fvS-iffí yízai’.xOiW , «TrofAuÇa1» ly rr, 7 tli 7 í ÙÁíyetvj (49)-
- Non enim volebas cum alto
Neque ad convivium ire , neque in adibus cìbum fumtrt :Ante quam te mets ego genibus impofitum ,
Opfonio fatiavt fecato anteà , CT' vinum admovens ,
Sape mihi rigasti ad petfora veftemVino , ejeôlans in infantiâ difficili.
II a falu nécessairement que je citasse ce Grec ; car c’estun discours si étrange , qu’on auroit cru aisément qu’il n estpas tel que je le traduis. Voiez ci-dessous le paragraphe XI.Mais, quoi qu’il en soit, cela montre , que si l’on veut feservir de l’autorité d’Homere à l’égard de Phénix , il fautrenoncer à ce que d’autres raportent touchant Chiron ; ouque , du moins, il ne faut pas donner à Chiron la prémie-re éducation d’Achille , & moins encore la faire durer jus-ques à ce qu’il eut apris à son disciple F Art militaire, la Mu-sique , & la Morale. Quand on est en état d’aprendre ceschoses , on ne mange plus fur le giron de son pere nourri-cier , & on ne lui rejette point du vin fur ses habits. _ Joi-gnez à cela , que ceux qui font élever Achille par Chiron ,disent qu’il fut tiré de dessous fa discipline , pour être en-voie sous l’habit de fille à la Cour du Roi Lycomede , oùson déguisement lui facilita bien-tôt les occasions de voir deprès la fille du Roi, comme il y parut par Pensant qu’ellemit au monde. Or, depuis qu’il fut pere , il n’y a pointd’aparence qu’on lui ait donné de Précepteur : par consé-quent, point de tems où placer les fonctions de Phénix aprèscelles de Chiron. Les fautes de Decimator se trouvent dansle Thésaurus Scholastics. Eruditionis de la derniere édition ,quoi que cet Ouvrage ait été souvent corrigé par de doctesHumanistes (50). Dempsterus a dit aussi, qu’Achille, aiantété instruit par Chiron pendant son enfance , fut élevé parPhénix , quand il fut devenu plus grand (51). Remarquezque je n’entens point nier , que depuis qu’Achille fut pere ,on n’ait recommandé à Phénix de lui enseigner commentil se faut conduire dans le métier des armes, & dans lesconseils de guerre (5*)- Mais je n’apelle point cela luiavoir donné un Précepteur. . .
Je ne sai si Malherbe avoit jamais pris garde a ceci ;mais il est sûr qu’il s’est exprimé en homme qui auroitbien observé qu*il ne faut donner qu un Précepteur a Achil-le. Voici comme il parle de ce guerrier au IV Livre dc sesPoésies, page 106 :
De quelque adresse qu au giron ,
Ou de Phénix , ou de Chiron ,ll eut fait son aprentiffage.
II fout lui donner seulement Phénix , fi l’on veut s’en re-
porter à Homere , qui ne fait nulle mention du'précepto-rat de Chiron ; & il faut ne lui donner que Chiron , si l’ons’en raporte à la foule des Auteurs. Mr. Ménage a dit néan-moins, dans ses Notes fur cet endroit de Malherbe, que Chi-ron fut le premier Gouverneur d’Achille , e? Phénix le second.Je ne rn arrête point à l’autorité de Tzetzes , qui, par uneexplication allégorique de ce qu’il avoir lu dans quelquesAuteurs, que Phénix, aveuglé par son propre pere, fut me-né à Chiron , qui lui rendit la vue , prétend que cela veutdire que Chiron lui mit en main le jeune Achille ; car ou-tre qu’il n’y a rien de plus froid, ni de plus forcé, que cettepensée , il fout savoir que Tzetzes ne prouve nullement lefait. II veut accorder, par ses prétendues allégories, Home-re avec Lycophron : mais comment accordera-t-ií Homè-re, qui dit qu’Achille, tout petit enfant encore, étoit fousla conduite de Phénix : comment, dis-je , accordera-t-ilcela avec ceux qui font élever Achille par Chiron depuisl’âge de six ans , jufqu’à l’àge de puberté (53) , jusques à ceque non seulement il eut apris à se tenir à cheval sur le dosde son Précepteur (54) ; mais aussi, qu’il sc fût endurci auxexercices les plus rudes (55) : fans compter tant d’autreschoses que Chiron lui enseigna, l’Art militaire, la Musique,la Morale , ( comme Decimator vient de nous le dire, ) laMédecine , & en particulier la Botanique , & la Jurispru-dence , comme un ancien Auteur nommé Staphylus (56) ,& plusieurs autres nous l’aprennent ? Statius, au II Livrede l’Achilleïde; Claudien, dans son Ouvrage fur le III Con-sulat d’Honorius ; Sidonius Apollinaris , dans son Poè-me IX ; spécifient ce qu’Achille aprit de Chiron. Notezque l’on donne à Chiron dans les Commentaires fur les Em-blèmes d’Alciat, 8 c cela fur le témoignage d’Homere ,ce qui ne convient qu a Phénix, fi nous en croions Ho-mere. Rien n’est plus fréquent que ces qui pro quo parmiles Auteurs.
J’ai dit qu’Homere n’a point parlé du préceptorat deChiron. Que veulent donc dire, me demandera-1-on,ces paroles d’Eurypyle à Patrocle dans f onzième Livre del'iliade ;
- - - - EVí T nortet tpáofiaxx tuo-fi
EV. 9 -A« , Tí 5 Ft TrÇiTl tpXFÍÍI A ^(AAÎ’k? ,
0*'y Xe/jwv ÉiFuùelf tì'ixa.iÓTitltí K-itTaupav (57).
Mettez.sur ma blessure les médicament salutaires que l'on dit quevous avez apris dé Achille, qui a été instruit par Chiron le plusjuste des Centaures! Je répons qu’elles signifient, non pas queChiron ait été Précepteur d’Achille ; mais seulement, qu’illui aprit des remedes. Chacun volt la différence de ces deuxchoses. Monconis, dPts sesVoiages, nomme cent person-nes qui lui aprenoient des receptes , & des secrets de gué-rison : ces gens-là pourtant n’avoient pas été ses pédago-gues , ne l’avoient point élevé dans son enfance. Les Pro-fesseurs en Médecine , qui enseignent, ou publiquementcent bons remedes à leurs Auditeurs, ou en particulier quel-ques receptes fort rares à des amis distingués, sont-ils pourcela ce qu’on apelle Précepteur ou Gouverneur d’un jeunehomme? Et, sens sortir de ce passage d’Homere, ne voions-nous pas Achille , qui aprend des remedes à Patrocle , du-quel néanmoins il n’avoit pas été Précepteur ? Pour entrerdonc dans la pensée d’Homere , il font dire qu’Achille futélevé par Phénix depuis lage de trois ou quatre ans, jusqu al’âge où l’on peut aprendre à bien parler , & à faire de bel-les actions ; mais qu’il ne laissa pas, dans cet intervalle detems , ou après, d’ouïr les leçons de Chiron. C’est ainsiqu’un Scholiaste a pris la pensée d’Homere : car il remar-que qu’Apollonius, ,qui feint que Chiron descendit au bordde la mer , pour souhaiter un bon voiage aux Argonautes:& que fa femme Fy accompagna, tenant Achille entre sesbras, & le montrant à Pelée, a suivi les Poètes qui sont ve-nus après Homère , & suposé avec eux que Chiron nourritle petit Achille, chose dont Homere n’avoit fait aucune
mention. H’*oAíf3-)!<r£vAViiAAiiíyí«5 t» 7 s fiiS-'Ú‘'impôt Troinrxíp,vsro Xiípoiv «ç A íyt» rot A'^iAAe» rçctipiíveii. S"t «Js,
Tothtro? Xtyit (58).
Apollonius a été fort excusable, puis qu’il n’a Lit quesuivre la foule ; car qui n’a point parlé de Chiron commede celui qui avoit élevé Achille ? N’est-ce point ce qu’Or-phée (jçJ , ce que Pindare (60) , ce qu’Euripide (61) , ceque tant d’autres Poètes (62) ont chanté ? Xenophon (63),Platon (64), Apollodore (65) , Pline (66), Plutarque (67),Paufonias (68), Clément d'Alexandrie (69), PhilostrateQo),Libanius (71) , St. Grégoire de Nazianze (72), & plusieursautres moins anciens (73) , n’ont-i!s point dit la même cho-se ? Mais, d’.autre côté , ceux qui ont fait mention du pré-
cepto-
(s3) Pin-dar. Nem.Od. n j.
(54) T?
aùrSi TTû P.c*xtu J'fJítS—XUÁaiM-eiop.
Eodem tttens& fulh &praccptorc.Greg. Na-zianzOiat. XX.
(ss) StatiíAchil. Uít.U, if. 382.(56) 11 est citépar Natal.Cornes, Liv.IX , Chap.XIì, fr dar»fcCoDimes-t aires fur IeSEmblèmesd’Alciat.
IX.
Examend’un passageoù Homere
parle de Chi-ron.
(S7) Ho-mer. Iliad.Lilr. XI,
f. 82».
(5*) Schol.Apollon, in.I Libr.t■ 558.
X.
Auteurs quíont parlé d upréceptoratde Chiron SCde celui dcPhénix.
( 59) Argo-naut. f
(6a) Nem.Od. III.
t 6s) Iphig. in Aul, f 109, 709. (6z) Senec. Troad. A£i. 111, f. 83.3, Stat.Silv. I, Libr. il, f 8 9; Achil. Libr. I, f. 196, fr pnjstm alibi ; Val. E1 accus»Lilr. t, y. 254, fr 407; Ausonius, Protrept. f. 20 ; Claudian de III Conlìil. Ho-nor. f. 61. (Lz) De Venat. pag, 973 , ^i„fr 974 c. ( «4) Hipp. Tom. I>P a g- 371 , C. 3. de Republ. Tom. II , pag. 391 , B. (65) Biblioth. Lib. IIL(66) Hist. Nat. Libr. XXV > Cap. V, (67) Sympos. Libr. IV. Cap. I, pag.660, F ; fr de Music. pag 1146, -X. (68) In Lacon. pag. 197. (69) Stro-
matán Libr. I, pag. 306 , B (70) In H croie. pag. 682 , A , fr 70s ,
(71) l’rogymn. pag. 71 - Ai pag. 97, C-, pag. 12 9, A ; pag. 142 , Ci pag. r 43 , Aifr Declamat. IV , pag. 259 , D. (72) Orat. XX , pag. 324. (73) Eustath-
in Homer. pag. n, 34, ir 840 ; Scholiast. Homeri ia Iliad. Libr. I, jt. i o » &Libr. XVI , p. 14 , & 36.