A C H
I L L E.
( 4J Homer.Iliad. Libr.XXII, f. 312.
</) au.
Libr. XXIV.f. 555-(m) QuintusCalab. Libr.III , f. 62.luripid. inJhilottcte.
Ména-ge , Obíerv.lui Malhet-ì>-> pag. 37 2 *
(95) 'ApudNatal. Co-mitem, My-thol. Libr.ix, cap. xii.
Tzetzes surEycophron ,} a &> 36 , entouche quelquechose . Ce queje raporte » drNataJisCornesreporte pas,se.trouve dans leSciioJiaste dePindare in$km. Od.lV.
^96) Serviusin yEneïd.Lìbr. l y
'483.
(97)Mr. Mé-nage, Obser-vât. sur Mal-herbe , pa%.44I , croîtqu*elle en com -prend beaucoupmoins.
f98) Mal-herbe, PocsLîvr. V ,P*g. I U*
(99) Ména-ge , Obier,vat. sarMalherbe,t a £- 44'.
(100) Ho-mer. llìad.Libr. /,
^ 361.
(toOHoïat.Sat. X, Libr ./, f. 68.
(roa) Virgil.âueid. Libr ./, Vs. 4*3.
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après (G) > Achille se bâtit avec Hector (k) , & l’aiant tué rattacha à son chariot, 8c le traînaautour des murailles de Troie {H). Priam en personne lui alla demander le cadavre , & l’obtintmoiennant une groslè rançon (/). II y a plusieurs opinions fur la mort d’Achille : les uns disentqu’Apollon le tua (m) , ou qu’il aida Paris à le tuer (») , en dirigeant fa flèche fur la partie quin’étoit point invulnérable ; les autres diíènt que Paris ìe tua en trahison dans un Temple où Achil-le s’étoit rendu , pour y traiter de son mariage avec Philoxene fille de Priam ( 0 ). Les Grecs luifirent de magnifiques funérailles , dont le Dictionaire de Moréri a touché quelques circonstancesavec trés-peu d’exactitude (/) , pour ne rien dire de pis. Ils l’enterrérent au Promontoire de
fées à son fils, que penser, qu’outre qu’elle lui avoit charmele corps , les armes qu’elle lui donna étoient à l’épreuve.Mr.Ménage, qui ccnlure justement l’équivoque de 1 expres-sion , reconnoit d’ailleurs que Thetis uia de ce double expé-dient, qui dans le fond ne choque pas le vraiiemblable (94).De plus, ce n’eit pas à l’Auteur d’un Dictionaire à supri-mer une chose, sous ombre qu’elle a été faite inutilement.11 lui suffit qu elle se trouve dans les Livres,sauf a lui à nousfortifier dans le besoin par ses sages réflexions. Or il estcertain qu’un ancien Auteur, nommé Philarque , ou Phy-larque, avoit laissé par écrit, que Thetis, voiant quelle nepouvoit éviter qu A drille n’allât au fiége de Troie , fut su-plier Vulcain de Lire des armes pour Achille , à l’épreuvede toute force hhmaine (95)- Vulcain, aiant fait ces armes,déclara qu’il ne les livreroit point, qu’après avoir obtenude Thetis ce quelle pouvoit accorder de plus précieux. Elles’en défendit, offrant de témoigner fa reconoiffance partoute forte d'autres services : mais voiant qu’il ne vouloirque le service personnel, elle lui promit de palet de fa per-sonne , pourvu que les armes fussent propres à Achille ; cequ’il faudroit effaier fur elle-même , qui étoit de la taille deson fils. Vulcain, content de son marché, livra les armes àThetis, qui les endossa , 8c s’enfuit. Ce pauvre boiteux ,ne pouvant l'atteindre , lui jetta son marteau, & la blessaau talon.
On a donc pu dire en général, que Thetis fit faire à sonfils des armes impénétrables pour fa prémiere campagne.Mais , puis qu’Homere est la principale source où il faloitpuiser pour cet Article , il ne faloit pas oublier , qu’après lamort de Patrocle, à qui Hector avoit ôté les armes d’Achil-le , Thetis en obtint d’autres de Vulcain. C’est un des plusbeaux Episodes de l’Iliade, 8c il a servi de modele à Virgile,pour l’un des meilleurs morceaux de l’Enéide. II méritoitdonc bien qu’on en touchât quelque mot. Remarquez, queselon Setvius > les armes que Patrocle portoit, quand il futtué , avaient été faites à Pelée par Vulcain (96).
(G) La mort de Patrocle fut vengée bien-tet aprés.] Moréria eu raison de dire quAchille reprit bíen-tôt les armes, quela perte de Brifeïs lui avoit fait mettre bas. En effet, puisque toute l’Iliade ne comprend qu’une année (97) , selonle sentiment du P. Mambrun , dans son Traité du PoèmeEpique , il faut que depuis la retraite d’Achille, julqu’à sonretour à l’Armée après la mort de Patrocle , il ne se soitpassé que peu de mois. Ainsi , Malherbe tomba dans uneétrange bévue , lors qu’il débita comme un fait certain,qu’Achille avoit été neuf ans devant la ville de Troie fansse batte.
Achille , a qui la Grece a donné cette marque ,
V’avoir eu le courage aufft haut que les cieux ,
Put en la même peine , ex ne put faire mieux ,
6 }ue soupirer neuf ans dans le fond d’une barque (98).
Sarrazin , trompé aparemment par cet endroit de Mal-herbe , qu’il voulut imiter , avoit dit dans une Ode qui estfort belle,
Achille , heau comme le jour ,
Et vaillant tomme son épée ,
Pleura neuf ans pour son amour ,
Comme un enfant pour fa poupée.
Mais Mr. Ménage a corrigé cette faute (99) dans l’E-dition qu’il a procurée des Oeuvres de Sarrazin : il fit met-tre neuf mois , au lieu de neuf ans. Au reste, cette compa-rution d’Achiíle avec un enfant qui pleure pour Ja poupée , ason fondement dans l’Iliade , ou nous volons quAchille,après avoir perdu fa concubine Brifeïs, court fondant enlarmes faire ses plaintes à fa mere , 8c que fa bonne mere leconsole , tout comme s’il eût été un petit garçon.
Xttpi T£ fxiy 5 1 Tr s ; r’ ’icpuT Ik t ,
Tébvbv , Ti jcLccíê/ç ; ri Pé p-t eppeyccç 'Iaéto 7 t£v. 9 -bç ;
, pe-'O >ecS 3 -e via, ub'oife.sy ufjtípa (100).
Manuque ipjum demulfit , verbumque dixit ex nomen :
Fili quià fies ? quis vero tib 't mtntem invafit moeror ,
Vie , ne cela animo , ut Jciamus ambo.
La majesté de l’Epopée souffrait ces naïvetez en ce tems-là.N’en disons donc rien. Convenons du beau génie d’Home-re , convenons de la fécondité 8c de l’éloquence de fa Muse;mais disons auffi, Sed ille,fl s> r ct hoc nofirum fau dilatas inavurn , exc. (101).
(H) te traîna autour des murailles de Troie.] Personnepeut-être n’avoit dit avant Virgile, que le cadavre d’Hectorfut traîné trois fois autour des murailles de Troie. Ter cir-cum Iliacos raptaverat Heclora muros {lOZ). Homere n’avoitmarqué le nombre des tours, que par raport au íépulcre de
Patrocle ; 8c il n'est pas hors d’aparence que Virgile aitconverti en trois circuits autour des murailles les trois cir-cuits autour du sépulcre , desquels Homere avoit expressé-ment fait mention (103) : quilles ait, dis-je , convertis decette forte , ou par un défaut de mémoire, 011 pour faireun meilleur vers. La liberté de cette métamorphose n’a étéimitée presque de personne: vous ne volez pas plus les tioiscircuits des murailles dans les Auteurs qui ont vécu aprèsVirgile, que dans ceux qui Pont précédé. Sophocle (104),Euripide (105) , Ovide (,106), Seneque (107), Stace íjq&),Dictys de Grete (109) , Platon (no), Cicéron m), Hy-gin (nz), Philostrate (113), Libanius (114), Servius (115',Tzetzes (116) , Eustathius (117) , parlent bien du traine-ment d’Hector ; mais non pas du nombre des tours. IIn’y a que 1 Auteur de la petite Iliade en vers Latins, au-tant qu’il m’en peut souvenir, qui ait marqué nommémenttrois courses autour des murailles, 8c trois courses autourdu tombeau. Cet Auteur le nomme PindarusThebanus : ila été cité parle vieux Scholiaste de Stace ; ce que Vostîusn’a point lu (118). Bavthius a souvent parlé de lui dans legros volume de ses Adverfaria , 8c ailleurs (119). Je faiqu’Ausone , dans le sommaire du XXII Livre de l’Iliade,débite qu’Hectoi fut traîné trois fois autour des murailles deTroie ; mais je fai aussi qu’il en a été censuré , 8c que cet-te faute a fait croire à l'un de ses Commentateurs, qu’Au-sone n’a point fait tous les sommaires que nous avons fousson nom (120). Au reste, le trainement de ce cadavre, lesdiscours quAchille tint à Hector prêt à expirer , la libertéqu’il accorda à qui voulut d’insulter 8c de fraper ce corpsmort, cette ame vénale > qui se laissa enfin persuader, àforce de riches présens > de rendre à Priam le corps de sonfils , font des choses fi éloignées , je ne dirai pas de Ja vertuhéroïque , mais de la générosité la plus commune , qu’ilfaut nécessairement juger, ou qu’Homere n’avoit aucuneidée de l’Héroïsme , ou qu’il n’a eu dessein que de peindrele caractère d’un brutal. II nous représente Achille, qui sou-haite d’avoir assez de brutalité pour manger crue la chaird’Hector:
A? iraq ccuróv fie fitevoç xece 3 -v/tcoç civet#
Sispd uvd]ctfjLvófA.evov fcçecc Kiev et t
Vtinam enim ullo paíìo ipfum me furor ex animus fismularet
Crudas dijfecantem carnes comedere.
II n’a pas même compris, que pour faire plus d’honneurà son Héros , il ne faloit pas donner à son ennemi autantde lâcheté 8c de faiblesse qu’il lui en donne.
( 1 ) Funérailles, dont le Viâlionaire de Moréri a touché quel-ques circonstances avec trés-peu d'exactitudes Cet Auteur a ditque les Dieux pleurèrent dix-sept jours la mort d’Achille ;mais il ne faloit pas citer Homere , fans coter le lLu oùil parle de cela. Ce ne peut pas être dans l’Iliade ; car il ya fort bien observé la réglé , qui défend d’ensevelir le Hé-ros d’un Poème Epique dans le Poème même. Virgile l’aobservée auffi. 11 eut donc falu dire > qu’Homere parle desfunérailles d’Achille dans le XXIV Livre de l’Odyffée , oùil amene cet épisode à Toccasion des Galans de Penelopetuez par Ulysse. C’estàtort, que dans l’Edition d Amster-dam , on a fait venir les Continuateurs d’Homere à la pla-ce d’Homere. Ce n’est pas tout : il n’eût point falu dire lesVieux en général, fans spécifier ce qu’Homere marque, queThetis , accompagnée des Déesses Marines , vint au Campdes Grecs, pour rendre à son fils les devoirs funèbres con-jointement avec eux , 8c que les neuf Muses y tinrent bienleur partie par leurs chants lugubres. On pouvoit citer Pin-dare , pour ce dernier fait.
Tsv fiev srt âáscìiT âôiìcìi
CL (ttovt’. Ù'/Xíí 0 i
vccpú té ptvpà'i , Tucpci
SP E Atxávisst 7 txpêév»i
teety , £ 7 tí S'pqvoy770-
lipciu-ty c/,£Volì. ’éìl'e-
|ev T «Íítvároís
ìe-Xoy ye (paru xa) <p 6 ífityot ú-
fcyoiç ©£«y pioéfiey (122).
Gjuem ne mortuum quidem carmina defecerunt : fed ex ejus regoex fepulcro HeliconU virgines adstiterunt, exlamentationem me-morabilem ejfuderunt. Placuit ergo immortalibus firenuum vi-rum etiam m rtuum hymnis Vearum tradere. Ce que le Dic-tionaire ajoûte, fur la foi d’Homere encore , qu’ensuite deces dix-scpt jours, les jeunes gens de Thejfalie. firent les funérail-les d’Achille , ot* ils pleurèrent couronnez, de fleurs d'Amaran-tbe K devroit être naturellement au même endroit de l’Odys-fée, où est le deuil de dix-sept j ours. Cependant,il n’y est pas;8c j'ai bien peur que Mr. Moréri ne se soit servi de quelqueLivre , où l’on avoit mal raporté la cérémonie, dont Phi-
lostrats
(») virga.tEh, Libr. VLVs 57-Ovidius, Me*tam. Libr.XÏIy Vs 580 .
fal-lu) DiftysCrct. Lib.IV.D ares Phiy-gìus. Hygi-nus, Cap. CX,Servius invEneïd. VI,Vs. 57.
(T03) Ho-mer. Iliad.Libr. XXIIIyVs. \ì -, &XXIV,
Vs. 16 .
(104) /B Aja-ce, vs 104j.( 105 In An.drom. Vs.108, 399.(toc) Me*tam. Libr.XII. Vs. s or,Amor. Libr.
II , Eleg. I,vs. 32 , &ía
Ibin, vs. 333-
O07J InTroad.
III, F/.413Ìér in Agam.-AS. III,
Vs. 447-
(108) Achil-le: d. Lïr.I,Vs. 6.
(109) Libr.III.
(no)DeRe-publ. Lib.III,Tom. II,pag. 391, B.
(jíi) Tuf-cul. 7.
(112) Cap.CVI.
(113) /* He-idic.pag.6sj.í114) Pro-gymn. p«g.100, D.
{ n S ) InVirgil. EcLIX, Vs. 6.(116; Pag.
7 S-
(>17) InHomeriIliad. x *v s- 401.(:i8j Vos-fius, HistooLar .pag. 819.
( 119) Voies,fa Com-mentaire futStace, T«m.I.pag. 340 ,&Tom. III, pag.393 , 1609.
(120) Volet-tes Diatribe*de Mariang.Accacíius
Ausone.
(121) lliaLX , Vs. 34 *•
star ) Fin-dar. ísthnuOd. VIII ,pag- 753-